Test Nordica Unlimited DC 2027

2 Tests Nordica Unlimited DC.

Postez le votre!
Note moyenne : 7,5/10
PitchBlue

Le ski de rando qui descend mieux que son poids ne le laisse penser

Profil du testeur : 41 ans | m | 80kg | Avancé | Saint-Georges-de-Commiers
Taille testée : 179
Conditions du test : Piste, neige dure, neige verglacée, neige de printemps, soupe, croûtée, poudreuse plutôt lourde de fin de saison. Météo, soleil ou nuage mais jamais mauvaise visibilité
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Skis Randonnée Nordica Unlimited DC

Points forts

- Poids contenu
- Très bon comportement à la montée
- Stabilité surprenante pour un ski de rando léger
- Bonne accroche sur neige dure
- Ski sain, prévisible et rassurant
- Très agréable en neige de printemps
- Guidage précis sans être exigeant
- Bonne finition
- Peut convenir à beaucoup de niveaux

Points faibles

- Déjaugeage en poudreuse, notamment lourde, pas exceptionnel
- Moins fun qu’un ski freerando plus joueur
- Pas le ski idéal pour les grosses journées de poudre profonde
- En neige croûtée, correct mais pas magique

Avant tout, un grand merci à Skipass et Nordica pour ce test privé. Recevoir une paire de skis aussi récente, quasiment en avant-première, c’est toujours un petit moment sympa. Et forcément, quand on voit écrit Nordica Unlimited DC, avec une promesse de ski de randonnée léger mais orienté descente, on a envie de vérifier si le discours marketing tient la route une fois les spatules posées sur la neige.

Pour situer un peu le testeur : j’ai 41 ans, je mesure 1m79 pour 80 kg, avec un niveau que je qualifierais d’intermédiaire confirmé en ski alpin comme en ski de randonnée. Je ne suis pas un compétiteur, je ne skie pas à Mach 12, mais j’aime les skis qui tiennent, qui répondent, qui donnent confiance et avec lesquels on peut s’amuser sans avoir l’impression de jouer sa vie à chaque changement de neige.

Mes références habituelles sont plutôt typées skis sérieux : en alpin je skie des Majesty Adventure GT, en freeride des Majesty Havoc 110 Ti, et en freerando j’utilisais jusqu’ici des Völkl Blaze 94 montés avec des Marker Kingpin M-Werks. Autant dire que je venais d’un montage plutôt costaud, pas vraiment optimisé gramme par gramme.

Les Nordica Unlimited DC testés ici ont été montés avec des ATK Raider 12, une fixation que je trouve excellente, cohérente avec le programme du ski : léger, fiable, avec de très bonnes performances en descente.

Taille testée : 179

Poids ski nu : 1777g la paire (1379g l'un, 1397g l'autre)

Montage : sur la position recommandée / neutre

Conditions rencontrées : piste, neige dure, neige verglacée, neige de printemps, soupe, croûtée, poudreuse plutôt lourde de fin de saison.


Sur le papier :

Nordica présente cet Unlimited DC comme un ski de randonnée nouvelle génération, avec une construction DC XLight, un double noyau allégé, un insert en élastomère pour filtrer les vibrations, et une construction carbone pour garder de la rigidité sans exploser le poids. Sur le papier, l’idée est claire : proposer un ski qui monte efficacement, mais qui garde un vrai comportement de ski à la descente.

Et c’est exactement le genre de promesse qui peut faire lever un sourcil. Parce qu’en ski de rando, on connaît tous le piège : un ski très léger qui fait rêver à la montée, puis qui te rappelle à la descente que la physique existe, surtout sur neige dure, trafolle ou neige regelée.

À la main, le ski donne une impression assez légère, avec un flex qui ne paraît pas ultra béton. J’avoue que j’avais une petite crainte avant les premières descentes : peur d’un ski vibrant, un peu mou, instable, pas très rassurant dès que la vitesse augmente. Bref, le classique ski de rando qu’on adore porter, mais qu’on subit un peu quand il faut descendre proprement.

Spoiler : ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé.


En station : la très bonne surprise

C’est probablement là que les Unlimited DC m’ont le plus surpris. Sur piste, en station, avec un ski aussi léger, je m’attendais à quelque chose de correct mais limité. En réalité, j’ai trouvé le ski sain, stable, prévenant et très facile à prendre en main.

Ce n’est évidemment pas un ski de géant, ni un ski all-mountain blindé de titanal, ni un pur alpin fait pour découper la piste à très haute vitesse. Il ne faut pas lui demander ce qu’il n’est pas. Mais dans son registre, il fait très bien le travail.

À allure lente, il est facile. À allure moyenne, il devient très agréable. Et quand on accélère un peu, il garde un comportement étonnamment propre pour son poids. Il ne donne pas cette impression de ski qui flotte, qui tape ou qui cherche à s’échapper sous les pieds. Au contraire, il reste lisible, posé, rassurant.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est son côté neutre sans être ennuyeux. Il ne cherche pas à faire le show en permanence, mais il n’est pas paresseux non plus. On monte dessus, on skie, et très vite on l’oublie. Et pour moi, c’est un compliment : un bon ski de rando, c’est aussi un ski qui ne demande pas une réunion de crise à chaque virage.

Sur neige damée propre, c’est fluide. En neige de printemps et en soupe, il reste facile à guider. Et même sur neige dure ou verglacée, il m’a surpris. L’accroche n’est pas celle d’un ski de piste, mais pour un ski de randonnée, c’est vraiment rassurant. On garde du contrôle, on sent ce qui se passe, et le ski prévient plutôt que de décrocher salement.

En résumé : sur piste et neige dure, je l’ai trouvé beaucoup plus stable et accrocheur que ce que son poids pouvait laisser imaginer.


Comparaison avec mes Völkl Blaze 94

La comparaison avec mes anciens Völkl Blaze 94 est intéressante, parce qu’on est sur une largeur comparable au patin. Les Blaze sont joueurs, faciles, assez fun, mais je les ai toujours trouvés plus instables, surtout quand la neige devient mauvaise ou que la vitesse augmente.

Les Nordica Unlimited DC m’ont paru nettement plus stables, plus sérieux sous le pied, plus rassurants dans les appuis. Ils sont peut-être un peu moins “jouets” que les Blaze, mais ils compensent largement par un comportement plus propre et plus sécurisant.

En neige croûtée, je garde une petite préférence pour les Blaze, que je trouvais assez bons dans ces conditions pénibles où le ski doit se faire oublier et pivoter facilement. Les Nordica s’en sortent quand même bien, ils restent maniables, mais ils demandent peut-être un peu plus d’attention dans cette neige bâtarde qui ne pardonne pas grand-chose.


À la montée : efficace, équilibré, rassurant

À la montée, le bilan est très positif. Alors oui, je suis peut-être un peu biaisé, parce que je viens d’un montage plus lourd avec des Kingpin M-Werks. Passer sur un ski plus léger monté avec des ATK Raider 12, forcément, ça change la vie.

Mais même en essayant de rester objectif, le setup fonctionne très bien. Le ski est léger sous le pied, les conversions sont faciles, et l’ensemble permet de garder un bon rythme sans se cramer inutilement. Sur des sorties avec jusqu’à 1500 m de D+, je n’ai pas eu l’impression de traîner des enclumes.

L’équilibre du ski est bon, il revient bien dans les conversions, et on retrouve à la montée ce que j’ai ressenti à la descente : un comportement sain, prévisible, rassurant. Même sur neige dure ou glacée, l’accroche reste correcte. Et pour être honnête, je n’avais pas encore acheté les couteaux pour les fixations, donc j’ai parfois dû me débrouiller sans. Malgré ça, le ski ne m’a pas mis en difficulté de manière excessive.

On n’est évidemment pas sur un ski de compétition de ski-alpinisme. Ce n’est pas fait pour aller chercher le chrono en collant-pipette. Mais vu ce qu’il propose à la descente, le compromis à la montée est franchement très bon.


Petite mention pour les peaux fournie qui se fixe facilement avec un crochet !


En neige de printemps et neige transformée : son terrain de jeu naturel

En neige de printemps, j’ai trouvé les Unlimited DC particulièrement convaincants. C’est probablement l’un des terrains où ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Quand la neige est revenue juste comme il faut, le ski est fluide, stable, agréable à conduire. Quand ça devient plus soupe, il garde une bonne maniabilité et ne se fait pas trop embarquer. On peut cruiser tranquillement, mais aussi mettre un peu plus d’intensité si l’envie vient.

C’est un ski qui donne confiance dans ces conditions de fin de saison où on peut passer d’une neige dure à l’ombre à une soupe bien lourde au soleil en quelques virages. Il n’est pas piégeux, il ne demande pas d’être ultra précis en permanence, et il conserve une vraie cohérence de comportement.

C’est peut-être là que je comprends le mieux la philosophie du ski : un outil de rando moderne, léger, mais capable de skier proprement quand les conditions sont changeantes.


En poudreuse : pas un fat, mais pas une catastrophe non plus

C’est probablement le point le plus délicat du test, parce que c’est aussi là que mon ressenti diffère le plus de l’autre test publié sur Skipass.

De mon côté, je n’ai pas eu de poudreuse parfaite de janvier, froide, légère et magique. J’ai reçu les skis début mars, donc même lors des bonnes chutes, on était plutôt sur une poudreuse de fin de saison, plus lourde, plus physique, moins facile à skier. Et forcément, ça change beaucoup le jugement.

Avec 94 mm au patin, il ne faut pas s’attendre à retrouver le comportement d’un vrai ski de freeride large. Mes Majesty Havoc 110 Ti, par exemple, sont des machines de guerre en poudreuse, y compris quand elle est lourde. À côté, les Nordica ne jouent pas dans la même catégorie.

Le déjaugeage demande un peu de travail. Il faut être présent, bien placé, aider le ski à sortir, surtout quand la neige est lourde. Ce n’est pas le ski qui remonte tout seul à la surface en mode tapis volant. Sur ce point, oui, il a une limite.

Mais je n’ai pas trouvé ça catastrophique pour autant. J’ai même été plutôt agréablement surpris par le talon. On le sent présent, il guide, il donne de l’appui, mais il ne vient pas s’accrocher désagréablement dans la neige. Ce n’est pas un talon ultra joueur ou très relevé façon ski de poudre moderne, mais il reste sain. Il m’a même rappelé certains ressentis que j’aime chez Majesty : un talon dynamique, présent, mais pas punitif.

Je pense aussi que le montage joue. J’ai choisi de monter les fixations sur la position neutre, volontairement, pour tester le ski de la manière la plus objective possible. Il est probablement possible de reculer un peu le montage pour gagner en facilité en poudreuse. Ce sera à chacun de voir selon sa pratique et ses priorités.

Donc mon avis est nuancé : ce n’est pas le meilleur déjaugeur du monde, clairement. Ce n’est pas un ski que je choisirais en priorité pour une grosse journée de poudre bien profonde. Mais dans mon test, il s’est débrouillé correctement, surtout si on accepte de skier activement. Pour moi, sa limite existe, mais elle ne ruine pas le tableau.


En neige croûtée et neiges compliquées

En neige croûtée, les Unlimited DC s’en sortent honnêtement. Ce n’est pas là que je les ai trouvés les plus magiques, et comme dit plus haut, mes Völkl Blaze 94 avaient peut-être un petit avantage dans ces conditions, avec un côté plus joueur et plus facile à faire pivoter.

Mais les Nordica restent maniables. Ils ne deviennent pas des barres à mine, ils ne punissent pas trop, et leur stabilité aide quand la neige devient irrégulière. Dans les neiges trafollées, lourdes ou changeantes, j’ai apprécié leur côté prévisible. On sait à peu près ce qui va se passer sous le pied, et ça compte beaucoup en rando, quand la neige peut changer toutes les trois minutes.


Ce que j’ai aimé

Le premier gros point fort, c’est évidemment le rapport poids / comportement à la descente. Le ski est léger, mais il ne donne pas cette impression de ski fragile ou approximatif. Il tient mieux que prévu, filtre bien les vibrations et reste stable dans des conditions où beaucoup de skis de randonnée deviennent vite flous.

J’ai aussi beaucoup aimé son guidage. Le ski est précis sans être exigeant, neutre sans être mou, facile sans être fade. C’est un équilibre difficile à trouver.

Autre point fort : son côté rassurant. Que ce soit en montée, sur neige dure, sur piste ou dans une neige de printemps bien transformée, il inspire confiance. Et en montagne, un ski qui inspire confiance, ça vaut beaucoup.

Enfin, la finition et la construction donnent une impression qualitative. On sent que Nordica n’a pas simplement bricolé un Enforcer allégé : il y a une vraie volonté de proposer un ski de rando moderne et cohérent.


Ce que j’ai moins aimé

La principale limite, pour moi, concerne le déjaugeage en poudreuse lourde. Il faut travailler un peu pour faire sortir les spatules, et ceux qui cherchent un ski très facile en poudre profonde devront probablement regarder plus large ou plus typé freerando.

Ce n’est pas non plus le ski le plus fun ou le plus joueur que j’ai testé. Un Raccoon Chinook, par exemple, m’avait beaucoup marqué pour son côté ludique. Certains skis freerando Majesty ont aussi ce petit supplément de fun et de caractère que j’adore. Le Nordica est plus sérieux, plus posé, plus “bon élève qui sait aussi se lâcher de temps en temps”.

Mais ce n’est pas forcément un défaut. C’est surtout une question de programme.


Pour quel skieur ?

Je pense que ce ski peut convenir à beaucoup de monde. Pas forcément au pur débutant complet, mais dès qu’on commence à avoir une base correcte en ski de rando, il devient accessible.

Un skieur intermédiaire y trouvera un ski rassurant, facile à comprendre, qui ne demande pas une technique monstrueuse. Un skieur confirmé pourra l’emmener plus vite et apprécier sa stabilité, son accroche et son efficacité.

Pour moi, c’est un excellent choix pour quelqu’un qui cherche un ski de randonnée polyvalent, avec une vraie préférence pour la descente, mais sans vouloir monter avec un âne mort aux pieds.

Est-ce un vrai one ski quiver ? Oui, ça peut l’être, mais à condition de connaître et d’accepter ses limites en grosse poudreuse. En 94 au patin, on est dans une largeur très polyvalente : assez large pour sortir des pistes et profiter de belles conditions, assez raisonnable pour rester efficace en montée et précis sur neige dure.

Pour mon gabarit, je pense qu’on est à la limite basse de flottabilité quand la poudreuse devient lourde. Mais en contrepartie, on gagne énormément en tenue, en précision et en agrément dans toutes les autres conditions.


Bilan

Au final, j’ai été vraiment agréablement surpris par ces Nordica Unlimited DC. Je m’attendais à un ski léger, probablement efficace à la montée, mais peut-être limité à la descente. J’ai trouvé un ski beaucoup plus sérieux, stable et rassurant que prévu.

Il monte très bien, il descend très bien, il tient étonnamment bien sur le dur, il se comporte très proprement en neige de printemps, et il reste exploitable dans la plupart des conditions. Sa seule vraie limite, à mes yeux, concerne la poudreuse lourde ou profonde, où il faut skier activement et ne pas attendre la portance d’un ski plus large.

Mais pour le programme annoncé, un ski de randonnée moderne, léger, orienté descente, capable de rester sain et agréable dans beaucoup de situations, je trouve le contrat largement rempli.

Ce n’est pas le ski le plus exubérant du marché. Ce n’est pas le plus joueur, ni le plus flottant, ni le plus radical. Mais c’est un ski très cohérent, très rassurant, très bien construit, et surtout beaucoup plus performant à la descente que son poids ne le laisse imaginer.

Je lui mettrais entre 8 et 8,5 / 10 pour son programme. Pas parce qu’il est parfait partout, mais parce qu’il réussit très bien le compromis qu’il vise : monter efficacement, descendre sérieusement, et rester agréable dans un maximum de conditions.

En gros : un ski qu’on peut emmener loin, longtemps, et avec lequel on peut vraiment skier en descendant. Et ça, pour un ski de rando, c’est déjà une sacrée bonne nouvelle.


PS : j'ai revendu mes Blaze pour les garder et en faire ma paire de rando !

Pour qui ?

Pour le randonneur qui cherche un ski léger mais pas triste, efficace à la montée, rassurant à la descente, et capable de skier proprement dans des conditions très variées. Idéal pour une pratique freerando polyvalente, avec une vraie priorité donnée au compromis montée/descente. Pas forcément le ski de la grosse gavade de poudreuse, mais probablement un excellent compagnon pour tout le reste de la saison.

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