Test Nordica Enforcer Free 104 2020

6 tests Nordica Enforcer Free 104.

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Nordica Enforcer Free 104
Marceaul

Un ski newschool performant

Avis sélectionné
Profil du testeur : 26 ans | m | Morzine
Taille testée : 191
Conditions du test : neige dure, poudreuse, traffolée fraiche, neige de printemps

Points forts

Facile mais performant

Points faibles

Trop newschool (évidemment subjectif)

Ce test s’est déroulé dans le contexte des tests privés Skipass. Les skis m’ont été donnés gratuitement, mais le test est 100% indépendant, comme vous allez d’ailleurs le voir.

J’étais intéressé par cet Enforcer 104 free comme un ski « famille », un ski facile et polyvalent, mais qui reste performant en toutes conditions. Avec 104mm sous le pied, on se situe effectivement sur une largeur qui peut rester efficace sur neige dure, mais qui offre la portance et la puissance que requièrent des neiges plus meubles ou plus traffolées.

A première vue, cet Enforcer est un peu particulier : une construction solide (titanale et tutti quanti) mais un shape newschool, avec de longs rockers qui montent très haut. Le pari de Nordica est de proposer un ski fun mais performant.


Conditions du test :


Durée du test : environ 10 sorties
Type de neige rencontrée : neige dure, poudreuse, traffolée fraiche, neige de printemps
En comparaison avec d’autres skis, souvent sur les mêmes journées 


Neige dure :


En neige dure, on sent que Nordica a voulu conserver une construction solide, avec du titanal et une bonne rigidité en torsion, pour garder un ski qui tient la route. Vu la hauteur des extrémités, j’étais plutôt inquiet et m’attendais à des vibrations qui dérangent. Pas du tout. Non seulement ça ne bouge pas, mais on peut prendre beaucoup de vitesse sans se faire peur, c’est un ski relativement stable.

En neiges dures plus compliquées, quand il y a un peu de relief, le ski est vraiment maniable, le talon se libère tout seul. On sent bien l’apport du rocker arrière. On sent également la présence du cambre, le ski reste plutôt confortable dans ce même relief dur comparé à des skis en cambre inversé.

En thème commun de cette review, le ski ne se conduit pas comme un ski alpin, il faut rester centré. Quand on attaque trop sur piste en conduite coupée avec une technique alpine, on sent qu’on est sur la limite du talon, et ça décroche un petit peu. Mais faut vraiment leur rentrer dans le lard, sinon ça accroche plutôt très bien. Ce n’est jamais flippant, ce que certains skis peuvent être.

En résumé, ça fait (très bien) le job, mais on ne ressent pas le plaisir sur neige dure que l’on peut ressentir avec un ski plus alpin. C’est bien entendu également une question de gout.


Poudre :


J’ai eu l’occasion de skier un peu de neige fraiche (environ 30cm) vierge avec les enforcer. Pour la largeur, il s’en sort vraiment pas mal ! C’est pas particulièrement surfy, mais c’est maniable. La grosse spatule prend là tout son sens et permet au ski de flotter facilement. Le rocker arrière, lui, évite au ski d’ancrer trop et il est aisé de déclencher des virages même à faible vitesse.


Traffolée :


En neige fraiche défoncée, l’enforcer est plutôt bon, par rapport à la majorité des skis du marché. Sa construction solide lui permet de défoncer les tas sans trop de problèmes, il reste confortable, par contre la position centrée n’invite pas vraiment à prendre de la vitesse. Dans ces conditions, il est plus sympa de le skier de manière agile et joueuse qu’en grandes courbes. Comme en poudre, le rocker talon permet de conserver cette touche de maniabilité qui le rend plutôt facile à skier.


Comparaisons 


Blizzard Rustler 10 en 188cm :

J’ai testé le Blizzard Rustler 10 en 188cm sur quelques descentes lors d’un ski test, en conditions printanières avec une neige molle et lourde. Malgré les espoirs que je portais en eux, les Rustler m’ont vraiment déçu. Le talon est une vraie savonnette, et de manière générale les limites du skis sont vraiment atteintes rapidement. Pourtant, ce n’était pas une neige particulièrement difficile.

Clairement, l’Enforcer est beaucoup plus costaud, heureusement ! Comme dit plus haut, le talon procure une accroche plus qu’adéquate, à part quand on le confond avec un ski plus alpin. Sur l’Enforcer, on trouve les limites en les cherchant. Sur le Rustler, on trouve les limites sans les chercher.

Je n’ai par contre pas eu l’occasion de skier le Rustler en neige fraiche pour le comparer à l’Enforcer.


Kabookie et monster 98 :

Je vais comparer l’Enforcer au Kabookie 187 et au Monster 98 184, qui sont déjà des skis très différents, mais qui ont malgré tout quelques points commun : un peu moins de 100 au patin, conduite alpine, talon plat ou presque.

Comparé au Monster 98, l’Enforcer est beaucoup moins stable. Comme à peu près tous les skis, en fait. Par contre, il est aussi beaucoup plus maniable et beaucoup moins physique. Là où le talon du Monster 98 est très présent et a tendance à ancrer en mauvaise neige, l’Enforcer n’est jamais traitre et déclenche tout seul. De plus, dès qu’il y a un peu d’épaisseur, l’Enforcer déjauge beaucoup plus facilement, et est à des années lumières en terme de maniabilité.

Comparé au Kabookie, par contre, l’Enforcer a moins d’atouts je trouve. Le Kabookie tient très bien sur le dur et son talon est plus rassurant que l’Enforcer, mais il reste également très agile et maniable, jamais traitre, et pas physique pour un sous. Je n’ai pas encore skié mon Kabookie en neiges plus profondes, j’imagine (et j’espère) que l’Enforcer sera meilleur, mais j’ai bon espoir dans les capacités du Kabookie à s’en sortir particulièrement bien pour un ski à 98 au patin. Au final, le Kabookie va jouer le rôle que je réservais à l’Enforcer, malgré leurs différences apparentes : un ski qui se conduit avec les oreilles mais qui reste performant, en toutes neiges. Le ski idéal en famille ou en basse visibilité.


Comparaison katana :

Après la comparaison avec des skis un peu moins large, une comparaison avec un ski plus large : Volkl Katana en 191, 112mm au patin. Bon, comme les deux autres skis en 98, le Katana est aussi un ski vraiment alpin. Pas un pet de taper, du titanal de bout en bout, un talon presque plat, un montage reculé. Par contre, il a une particularité intéressante : un cambre inversé, mais quasiment plat.

Quand on aime conduire ses skis en « tapant dans les languettes », de manière vraiment alpine, le Katana est 100x au-dessus de l’Enforcer. Plus stable en toutes circonstances (même sur le dur). En grosse traffolée, il est vraiment excellent, bien meilleur que l’Enforcer. Le cambre inversé le rend même presque aussi maniable que l’Enforcer. En neige profonde, la largeur lui permet de fonctionner plus que correctement, par contre la spatule est moins haute et moins progressive que celle de l’Enforcer, il déjauge moins instantanément à basse vitesse.

Par contre, le Katana présente quelques inconvénients par rapport à l’Enforcer. Premièrement, il demande un minimum de vitesse pour s’exprimer, contrairement à l’Enforcer. A basse vitesse, même s’il est plutôt maniable au vu de la bestiole, il est plus physique. C’est là que l’ambivalence entre performance et facilité de l’Enforcer prend le dessus. Autre avantage pour l’Enforcer : le confort dans le relief en neige dure. Le cambre inversé du Katana n’amortit quasiment rien sur le dur et à plat, là où le cambre de l’Enforcer le rend beaucoup plus confortable.


Conclusion :


En conclusion, ce ski m’a quelque peu perturbé. En général, j’arrive à dire précisément ce que je n’aime pas dans un ski. Ici, c’est un peu plus compliqué, même si c’est probablement lié à l’aspect newschool. Objectivement, il est plutôt bon dans une majorité de conditions, et à la fois relativement performant et accessible, costaud et maniable. Par contre, je n’ai pas vraiment accroché car je n’ai pas réussi à me sentir à l’aise en le skiant. C’est frustrant, mais c’est comme ça, je m’entends beaucoup mieux avec mes autres skis.

C’est un ski qui conviendra à mon avis parfaitement à un skieur en recherche d’un ski solide mais newschool, qui se conduit centré. A ce jeu-là, il est à mon avis meilleur que d’autres skis du marché, et offre une prestation plus complète en limitant les compromis.


(Photos à venir)

Pour qui ?

C’est un ski qui conviendra à mon avis parfaitement à un skieur en recherche d’un ski solide mais newschool, qui se conduit centré.

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