Test Black Crows Nocta 2018

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Note moyenne : 8,5/10
Mig
Par Mig

Black Crows Nocta 185 : un surf pour les très grosses journées

Black Crows Nocta
Avis sélectionné
Profil du testeur : 43 ans | 1,79m | 83kg | Expert
Taille testée : 185
Acheté : en ligne
Conditions du test : Principalement de la poudre et de la trafolle mais quand même un peu de piste et de hors-piste en neige dure.

Points forts

Portance exceptionnelle et efficace même à faible vitesse
Pivot remarquable
Poids contenu pour un ski de 122 mm, permettant un vrai montage freerando

Points faibles

Manque de talon lorsque l'on veut réellement attaquer
Trop souple pour skier vite dans la trafolle

Le Nocta est probablement le ski le plus spécialisé que j'ai eu chez Black Crows.

Je l'ai skié une trentaine de journées en 185 cm, monté avec des ATK FR14 2.0, d'abord avec des Roxa R130 puis avec des Dynafit Hoji Free 130. Un montage un peu particulier pour un ski de 122 mm au patin, mais totalement assumé : je voulais en faire une arme pour les grosses journées de poudreuse, y compris avec une approche en randonnée.

À l'origine, ce montage devait notamment m'accompagner au Japon pour profiter d'un ski très large mais maniable en forêt. Le voyage n'a finalement toujours pas eu lieu, mais le ski a largement eu le temps de me convaincre dans la poudre autour de Chamonix.

Dans son domaine, il est assez exceptionnel. En dehors, les compromis sont beaucoup plus visibles.

Plus proche du surf que du ski de freeride classique

La première sensation avec le Nocta est assez particulière.

Avec son cambre plat, ses deux gros rockers et ses 122 mm au patin, il pivote quasiment sans effort.

En poudreuse, on peut mettre les skis en travers, slider, changer de direction instantanément et jouer avec le terrain. Il possède ce côté "surfy" que j'ai rarement retrouvé à ce niveau sur d'autres skis.

Le ski ne demande pas d'être constamment sur les languettes. Au contraire, il est particulièrement agréable avec une position assez centrée.

Et surtout, il est incroyablement facile.

La poudreuse sans mode d'emploi

C'est évidemment son terrain de prédilection.

Avec autant de largeur et ce shape, la portance est excellente. Mais ce qui est encore plus intéressant, c'est qu'il n'a pas besoin de vitesse pour fonctionner.

Même à faible allure, le Nocta reste en surface et tourne sans effort.

En forêt serrée, c'est un énorme avantage. On peut ralentir, pivoter instantanément, passer entre deux arbres puis remettre les skis dans la pente sans avoir à forcer.

C'est précisément pour ce genre de journées que je le conserve.

Plus il y a de neige, plus le Nocta a de sens.

122 mm au patin et pourtant très maniable

Sur le papier, on pourrait imaginer un énorme ski lent à passer d'une carre à l'autre.

Ce n'est vraiment pas le cas.

Le passage de carre à carre reste étonnamment rapide pour la largeur et le pivot est probablement l'une des plus grandes qualités du ski.

Même lorsque le terrain se resserre, les 185 cm ne deviennent jamais réellement gênants.

Cette combinaison largeur, pivot et facilité en fait un ski particulièrement agréable pour skier la poudreuse dans les espaces où l'on ne peut pas simplement tirer de grandes courbes.

Un gros ski qui peut randonner

Mon montage en ATK change évidemment beaucoup le programme.

Le Nocta reste un énorme ski à emmener au sommet, mais son poids relativement contenu pour son gabarit permet réellement d'envisager de randonner avec.

Il faut tout de même déplacer 122 mm au patin à chaque pas et cela se ressent sur les longues montées. Dans les dévers, la largeur finit également par tirer sur les genoux.

Je ne le choisirais certainement pas pour faire du dénivelé juste pour le plaisir de monter.

En revanche, lorsqu'une montée permet d'aller chercher une face vierge avec une grosse quantité de neige, le compromis devient beaucoup plus intéressant.

Là, son programme prend tout son sens.

Quand la poudre se transforme en trafolle, les limites apparaissent

C'est probablement mon principal reproche envers le Nocta.

Dans la trafolle légère et à vitesse raisonnable, aucun problème. Il pivote, absorbe et permet de continuer à jouer.

Mais lorsque l'on commence à accélérer, le comportement change.

Je trouve le ski trop souple et surtout trop peu présent au niveau du talon. Il manque de soutien pour vraiment traverser la trafolle à haute vitesse.

Je retrouve alors nettement cet effet "rocking chair" lié au shape et aux rockers.

Personnellement, cela m'empêche d'attaquer sans réfléchir.

C'est là que je préfère très nettement un Anima, un Draco ou, dans un registre encore différent, un Sevun.

Sur neige dure : rentrer à la maison, oui. Se faire plaisir, moins.

On peut évidemment skier avec un Nocta sur neige dure.

Le comportement reste sain. On peut déraper facilement et même mettre le ski sur la carre pour couper quelques courbes.

Mais avec 122 mm sous le pied et un ski aussi marqué par ses rockers, ce n'est clairement pas l'endroit où j'ai envie de passer ma journée.

Lorsque la vitesse augmente, les vibrations apparaissent et je retrouve le manque de soutien du talon déjà ressenti dans la trafolle.

Ça fonctionne, mais ce n'est pas là que le Nocta donne envie de prolonger la descente.

Et dans les bosses ?

Étonnamment, ça passe !

La largeur reste évidemment pénalisante, mais l'incroyable facilité de pivot compense en partie.

À allure raisonnable, le ski se laisse placer assez facilement entre les bosses.

En revanche, mieux vaut ne pas chercher à transformer un champ de bosses en Derby. Dès que le rythme augmente, la largeur et le manque de soutien reprennent le dessus.

Nocta, Anima, Draco ou Sevun ?

Ayant skié ces quatre modèles, la différence de philosophie est très nette.

Dans de la poudre vierge, particulièrement lorsqu'on skie doucement ou dans une forêt serrée, le Nocta est le plus facile. Il flotte énormément et demande très peu d'énergie pour tourner.

L'Anima offre beaucoup plus de soutien lorsque la neige commence à être tracée et permet davantage d'engagement.

Le Draco apporte un équilibre remarquable entre maniabilité, stabilité et possibilité de randonner, mais n'offre évidemment pas les 122 mm de portance du Nocta.

Quant au Sevun, il appartient encore à un autre monde lorsque le programme consiste à skier vite et fort.

Finalement, c'est assez simple : je ne choisis pas le Nocta pour sa polyvalence.

Je le choisis justement lorsque je n'en ai pas besoin.

Le ski des journées où il a vraiment neigé

C'est probablement la meilleure façon de définir mon utilisation du Nocta.

Je ne le sors que lorsqu'il a beaucoup neigé sur une couche déjà conséquente, ou lorsque je prévois de randonner pour aller chercher une face encore vierge.

Dans ces conditions, je préfère son extrême facilité à la puissance supérieure de mes autres skis.

Il permet de moins réfléchir et de profiter simplement de cette sensation de glisse particulière qu'offre une grosse épaisseur de neige.

Et finalement, avoir un ski aussi spécialisé prend tout son sens lorsqu'on dispose d'autres paires pour le reste.

Verdict

Le Nocta n'est pas un couteau suisse et je pense que ce serait une erreur de le juger comme tel.

C'est un ski spécialisé pour les grosses journées de poudreuse.

Sa portance, son pivot et son comportement très surfy permettent de skier facilement dans de grosses épaisseurs, y compris à faible vitesse et dans des espaces serrés.

En contrepartie, son manque de talon et sa relative souplesse deviennent rapidement perceptibles lorsque la neige est tracée et que l'on veut accélérer.

Pour qui ?

Pour le skieur qui possède déjà un ski plus polyvalent et cherche une arme dédiée aux vraies journées de poudreuse. Il convient particulièrement bien à ceux qui aiment un comportement surfy, les forêts serrées et les terrains vierges, ou qui veulent pouvoir mettre des peaux pour aller chercher la neige là où personne n'est encore passé.

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