Test Scarpa Maestrale RS 2018

31 Tests Scarpa Maestrale RS.

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Note moyenne : 8,7/10
Inak64700

Bientôt 10 ans !

Profil du testeur : 40 ans | 1,80m | 84kg | Expert | Hendaye
Acheté : 599€ en magasin
Conditions du test : Toutes

Points forts

skiabilité dans la catégorie full rando.

Points faibles

Aucun si vous n'êtes pas adepte des longues sorties nécessitant une f1.

J’ai possédé l’une des premières versions de la Scarpa Maestrale RS, avant de passer à la deuxième version, la 2.0, à sa sortie durant l’hiver 2017.

C’est une chaussure qui m’a accompagné dans deux trips en Norvège, dans toutes mes randonnées depuis dix ans et même durant une saison COVID à 60 sorties sans remontée mécanique. Autant dire qu’elle a eu le temps de faire ses preuves à mes pieds !

Le temps passe vite et j’ai du mal à réaliser que cela remonte déjà à bientôt dix hivers, dix collections de ça !

Alors, presque dix ans plus tard, est-elle dépassée ou toujours d’actualité ?

La réponse est simple : elle est encore complètement dans le coup, et la mienne a parfaitement résisté.

À qui s’adresse-t-elle ?

La Maestrale RS n’a pas la légèreté ni l’ADN d’une chaussure de rando pure comme la F1. Pourtant, elle reste largement plébiscitée dans le monde de la randonnée à ski.

Si on la compare aux chaussures de freerando à quatre boucles qui flirtent avec les quatre kilos la paire, on est clairement dans une autre catégorie. La Maestrale RS reste une vraie chaussure de randonnée, que je destinerais plutôt à des skis assez larges, pour skier aussi fort qu'il nous reste de jus.

Elle s’adresse aux skieurs qui sont prêts à sacrifier un peu de légèreté pour gagner en skiabilité. Avec environ 2,6 kg la paire, elle reste très légère au regard de ce qu’elle offre en descente.

Description

Je vais parler ici de la Maestrale RS 2.0.

En termes de look, c’est une question de goût, mais je la trouve magnifique. Cette cage arrière qui enveloppe le talon et le mollet, entièrement noire, associée à l’avant blanc, donne selon moi un résultat particulièrement réussi.

Elle conserve son réglage permettant de bien caler le talon au fond de la chaussure. On retrouve également son petit système de cable à l’avant, une grosse boucle et le strap. Quatre éléments différents qui permettent de fermer et d’ajuster la chaussure. Finalement, c’est plutôt bien pensé et on est dans un registre assez différent de celui d’une chaussure classique à quatre boucles.

Le chaussage est en revanche un peu plus compliqué que sur la première version. Cette dernière, avec son capot qui s’ouvrait complètement sur le côté, était probablement l’une des chaussures les plus faciles à enfiler de l’histoire.

Sur la 2.0, il y a deux méthodes.

La première consiste à ouvrir la chaussure en mode marche, à reculer toute la cage arrière pour dégager le passage. On se retrouve alors essentiellement avec le chausson, et c’est la méthode préconisée par la marque.

La deuxième consiste à rester en position alpine. On bascule alors le capot avant sur le côté gauche, avec la languette, puis on présente le pied dans la chaussure. Il suffit ensuite de faire un quart de rotation pour revenir droit et rentrer le pied correctement.

Cette deuxième méthode fonctionne finalement assez bien elle aussi, c'est celle que je préfère.

Sur la neige

J’ai essayé cette chaussure avec pas mal de skis différents. Des skis de randonnée comme les MTN 95, mais aussi des rustler 10 en low tech, des Scrapper 115, et même un Rustler 11 monté avec des Shift.

Elle a répondu bien au-delà de mes espérances. Elle m’a notamment donné de meilleures sensations que la Zero G sur un ski large monté en Shift. Avec cette dernière, j’avais parfois l’impression d’avoir une chaussure trop légère, trop fitée, trop minimaliste. Attention, la Zero G reste une chaussure géniale, mais j’ai trouvé la Maestrale RS mieux construite et plus adaptée pour encaisser les contraintes d’un ski large monté en Shift.Bon, ce n’est évidemment pas sa vocation première. C’était simplement un test à part, qui peut tout de même apporter quelques éléments de réflexion.

Aujourd’hui, je la skie avec un Atomic Backland 100, un Showdown 108, et un Pure 115, tous en low tech.

Il faut toutefois être clair sur un point : on ne retrouvera jamais l’appui languette et le retour de rebond d’une véritable chaussure alpine. Il ne faut pas s’attendre à ça. Le comportement est plutôt de type on-off. Lorsqu’on accélère et qu’on appuie fort, la chaussure oppose une résistance importante au départ. Puis, elle se déforme . Mais le flex n’est pas parfaitement homogène et les sensations restent très différentes de celles d’une chaussure alpine.

Un skieur qui n'a pas l’habitude d’appuyer très fort sur ses languettes pourrait donc se sentir limité. Après plusieurs heures de montée, il peut avoir l’impression de se retrouver bloqué et de ne plus réussir à faire travailler la chaussure comme il le voudrait. C’est une possibilité à prendre en compte. Pour ce type de skieur, qui recherche davantage de progressivité et de souplesse dans le flex, la Maestrale classique sera peut-être plus adaptée ou la f1.

En montée, c’est un vrai plaisir (bon plaisir....montée...relatif). Le débattement est important, le talon reste bien calé grâce à ce fameux réglage arrière, et c’est justement l’un des gros points forts de cette chaussure. On peut garder le talon parfaitement maintenu tout en laissant le reste suffisamment ouvert pour profiter du débattement. C’est bien pensé, efficace et largement suffisant pour ma pratique.

Avec ses quelque 2,6 kg la paire en taille 26, je n’y vois finalement que des avantages. Je n’ai jamais ressenti le besoin de passer sur une F1 pour gagner en légèreté. La Maestrale RS m’offre déjà tout ce dont j’ai besoin en randonnée, tout en conservant une skiabilité qui reste très convaincante.

En conclusion

C’est un avis très personnel, mais je ne vois pas vraiment l’intérêt de privilégier une F1 dès lors que je skie avec des skis de plus de 100 mm au patin et que je pratique la randonnée avec des dénivelés raisonnables.

Pour moi, elle fait largement le job comme chaussure de randonnée unique. Elle offre un excellent compromis entre poids à la montée et comportement à la descente, sans tomber dans l’extrême légèreté qui peut parfois imposer davantage de concessions.

En revanche, je ne la choisirais pas comme chaussure d’approche pour la station, car il existe d’autres solutions plus adaptées, ni comme chaussure de tous les jours. Sa semelle Vibram n’est pas compatible avec toutes les fixations alpines et Gripwalk.

Je la vois donc plutôt comme une deuxième paire, dédiée à la randonnée, en complément d’une chaussure comme la Cochise pour la station. Elle peut aussi avoir tout son intérêt lorsqu’on se rend en station avec des skis montés en low tech et qu’on prévoit plusieurs approches dans la journée, sans avoir envie de transporter la grosse chaussure et son chausson injecté comme c'est mon cas mais cest rare.

Bref, bientôt dix ans après sa sortie, la Maestrale RS 2.0 reste une chaussure qui a encore beaucoup de sens. Elle n’est certes pas la plus légère, ni la plus performante en descente face à une vraie chaussure alpine, mais son équilibre général est toujours aussi convaincant. Et finalement, c’est peut-être ce qui explique qu’elle soit encore complètement dans le coup aujourd’hui. Je suis beaucoup moins fan de la déco actuelle.

Pour qui ?

tous le monde capable d'appuyer un peu l'avant.

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