Test K2 Mindbender 116 C W 2024

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RaulTT

Pas cher pour flotter au Japon

K2 Mindbender 116 C W
Profil du testeur : 55 ans | m | 177kg | Expert
Taille testée : 177
Acheté : 200€ en ligne
Conditions du test : Japow, trafole, piste, rando

Points forts

Bonne flottaison : Le shape large et le Powder Rocker déjaugent facilement, le ski reste en surface et plane bien en neige profonde.
Léger pour un ski de peuf : Construction en bois et carbone sans métal suffisamment léger pour le monter en fix hybride.
Maniable : Poids de swing contenu, initiation de virage facile et pivot court, y compris dans les bois.
Tips étonnamment sains : Bonne surprise pour du carbone, peu de vibrations en spatule assez solide pour la trafole et neiges tracées.
Peut carver sur piste : Mis sur la carre, il tient une courbe correcte. Pas mal pour un 116 au patin.

Points faibles

Pas fait pour la piste : Sur le dur, ça reste un ski de poudreuse, vite lassant si on insiste.
Lent d'une carre à l'autre : Les 116 mm au patin se sentent dès qu'on veut enchaîner vite, il faut anticiper.
Doute sur le topsheet : Déjà un décapage en bordure de chant, sans toucher la carre métal. Peut-être dû aux voyages en avion et chez Yamato plutôt qu'au ski lui-même.

Le contexte de l'achat :

Pour mon voyage au Japon, je cherchais une paire de skis de poudreuse neuve, mais surtout légère, de façon à pouvoir la monter en fixations hybrides (Shift 1, aussi trovés avec un discount importante). Je savais qu'il y aurait pas mal de montées en peaux à se taper, donc le poids était un vrai critère.

Je ne voulais pas non plus y mettre une fortune : un ski de peuf, avec les conditions d'enneigement actuelles en Europe, ne sort pas si souvent. Inutile de casser la tirelire pour une paire qui passe l'essentiel de l'hiver au garage. Je suis tombé sur le modèle 2024 en version femme à 200€ neufs. Bonne affaire, d'autant que ce millésime 2024 reprend exactement la même construction et le même shape que le modèle actuel, qui ne doit évoluer qu'à la saison 2026-2027.

Version femme ou version homme :

Précision utile: la version W est identique à la version homme côté construction, elle change juste de couleurs (plus jolies à mon avis) et propose des tailles plus petites. Les deux gammes se recouvrent sur le 177 cm, qui était précisément la longueur qu'il me fallait. Donc aucune différence de comportement à attendre par rapport au modèle masculin.

La construction :

Le 116C est un ski carbone, sans métal, ce qui explique son poids modéré. C'est ce parti pris qui le rend montable en hybride et agréable à la montée. On distingue d'ailleurs la trame du Spectral Braid de K2 par transparence à travers le topsheet, ce tressage de fibres à angle variable qui donne au ski sa rigidité en torsion. Bonne surprise, malgré le carbone, je n'ai pas retrouvé les vibrations de spatule habituelles sur ce type de construction. Le ski reste plutôt sain en spatule.

À noter pour qui regarde le neuf : pour 2027, K2 a revu toute la gamme Mindbender, abandonné la distinction Ti / C et remplacé les largeurs existantes par de nouveaux 88, 96, 101 et 111. Le 116C cède donc sa place à un 111 entièrement reconçu pour 2027, avec construction unifiée, tips et tails redessinés et élargis, et surtout une construction très différente : exit le carbone seul, place à un noyau peuplier-tremble, au Titanal I-Beam et aux inserts Dark Matter (mélange TPU/acier placé en des points stratégiques pour amortir les vibrations). Bref, ce 116C 2024 est l'un des derniers de sa lignée carbone sans métal, ce qui n'est pas anodin si vous cherchez justement de la légèreté.

En poudreuse (là où il brille) :

Dans la peuf, le ski est un vrai plaisir. La flottaison est bonne, on plane et on déjauge sans y penser. Et grâce à son poids de swing léger, il reste maniable : on relance, on pivote court dans les arbres, on enchaîne sans se fatiguer. C'est exactement ce que je cherchais pour le Japon.

Sur la piste (par défaut, pas par vocation) :

Mis bien sur la carre, il sait tirer quelques courbes correctes sur le dur. Mais soyons clairs, ce n'est pas sa vocation. À la longue, il devient lassant sur piste : avec sa largeur au patin, le passage d'une carre à l'autre prend du temps, et il faut sans cesse aller chercher l'appui. Un ski à sortir pour les bons jours, pas pour faire des journées entières sur le damé.

Solidité :

Le bémol à surveiller. La construction légère a un prix. Le topsheet a déjà subi un décapage en bordure de chant, sans que la carre métal soit touchée. Difficile de faire la part des choses entre la fragilité réelle du ski et les nombreux voyages en soute et chez Yamato. À suivre sur la durée.


Pour qui ?

Pour le skieur qui veut une paire de ski de peuf légèrs, joueur et abordable, montable en hybride pour aller chercher la poudre en peaux sans se ruiner. Parfait en deuxième ou troisième paire dans le quiver, à sortir les jours de profonde. À éviter si vous cherchez un ski de charge stable à haute vitesse sur neige dure, ou un ski piste-poudre que vous laisserez sur le damé toute la journée.

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