Test Look Pivot 15 gw raw 2023

2 Tests Look Pivot 15 gw raw.

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Note moyenne : 9/10
Maxlm

Look Pivot 15 Raw : La fixation qui ne prend pas de jeu !

Profil du testeur : 34 ans | 1,73m | 70kg | Avancé | Lyon
Acheté : 150€ d'occasion
Conditions du test : 2 ans sur 3 paires de skis différentes Skis de 100 à 106 au patins

Points forts

Une talonnière très tolérante : sa grande course élastique limite les déchaussages intempestifs dans les situations engagées ou les fautes d'équilibre avant.
Une construction robuste : beaucoup de métal, peu de plastique, une fixation conçue pour durer.
Un design devenu iconique : cette pivot RAW conviendra à toutes vos paires !

Points faibles

Plage de réglage limitée : peu pratique si l'on change souvent de chaussures ou si on veux prêter les skis aux copains.
Chaussage moins intuitif.
Compatibilité GripWalk/Alpin peu pratique : changement de l'AFD qui nécessite de démonter la butée : impossible de le faire régulièrement.
Un tarif élevé : neuf comme d'occasion, la réputation des Pivot se paie.

Look Pivot 15 RAW


Quand on parle de fixations de ski sur les forums d'amateurs et de passionnés, il y a deux mondes qui s'affrontent. Un peu comme la guerre entre iPhone et Samsung, dès qu'il est question de fixations de freeride, ce sont les Look Pivot qui reviennent systématiquement dans les conseils... avec leur lot de détracteurs.

Depuis mes premiers skis fat, j'ai surtout skié sur des Salomon STH, une fixation dans laquelle j'ai confiance et à laquelle je me suis habitué. J'ai ensuite eu des Shift, avec leurs avantages et leurs inconvénients. Après huit ans passés sur les brevets Salomon et après avoir parcouru les 3 222 messages (au moment où j'écris ce test !) du sujet officiel consacré aux Look Pivot et Rossignol FKS, j'avais envie de voir par moi-même ce que ces fixations avaient de si particulier.

Un petit comparatif pour commencer : 

Pivot 15
DIN : 6 à 15
Poids : 2 490 g la paire
Hauteur : 18 mm (butée) / 19 mm (talonnière)
Course élastique : 40 mm (butée) / 28 mm (talonnière)
Plage de réglage : 20 mm (un peu optimiste, les conflits avec certains talons de chaussures sont fréquents)
Compatibilité : Alpine / GripWalk (changement de la plaque AFD, ce qui impose de démonter la butée)

        VS


Salomon STH 16
DIN : 7 à 16
Poids : 2 440 g la paire
Hauteur : 18,5 mm (butée) / 24,5 mm (talonnière)
Course élastique : 52 mm (butée) / 16 mm (talonnière)
Plage de réglage : 28 mm
Compatibilité : Alpine / WTR / GripWalk (simple réglage au tournevis)

Sur le papier, on est donc face à deux excellentes fixations de freeride, solides, éprouvées et aux caractéristiques très proches. Les deux différences qui sautent aux yeux sont finalement assez simples : la Pivot est légèrement plus basse au niveau de la talonnière et surtout possède ce qui fait couler tant d'encre depuis des années : une course élastique de talonnière presque deux fois plus importante.

La course élastique, c'est quoi ?
La course élastique correspond à la distance que peut parcourir la chaussure tout en restant maintenue par la fixation. En résumé, si votre talon se soulève de 20 mm, une STH aura déjà déclenché alors qu'une Pivot sera capable de ramener la chaussure en position.

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, je vous conseille les excellents articles de Dr Matos sur Skipass.

Le design

Avec les Pivot, on est sur un design intemporel. Après tout, cette fixation a plus de cinquante ans ! Bien sûr, elle a connu quelques évolutions techniques et esthétiques, mais la version actuelle existe déjà depuis... 2009. Avec autant d'années derrière elle, elle a aussi eu droit à quelques séries devenues mythiques : Kiwi, Rasta, Henrik Harlaut...

Pour ma part, j'ai complètement craqué pour cette version RAW. J'aime beaucoup l'aspect brut du métal. Peut-être même un peu trop brut : certaines bavures de fonderie, habituellement poncées et masquées sous la peinture, sont ici bien visibles. Cette étape a dû passer à la trappe, pas de réduction pour autant ! $$$

Sur la neige

J'ai skié ces fixations sur des Dynastar M-Pro 100 (2024), une paire de Cochise 106 montée en P18, puis sur mes Salomon QST 106 (2025). L'intérêt, c'est que je possède également une autre paire de QST 106 montée en Shift 2, dont la cinématique est très proche d'une STH et les hauteurs sont équivalentes. 

Cela m'a permis de comparer des skis quasiment identiques avec deux philosophies de fixation différentes.

La hauteur

Avec mes chaussures GW (environ 300 mm de semelle), la différence représente moins d'un demi degré d'inclinaison de différence. Ça a donc le même effet que l'homéopathie ! Sur une chaussure Alpine l'effet pourrait être un peu accentuer mais je n'ai plus ce types de chaussures. Concernant la hauteur générale par rapport au ski, les quelques millimètres n'ont pas fait de différence non plus pour moi. 

La course élastique

C'est LE point fort des Pivot.
Est-ce que ça change quelque chose ? 

Oui.

Avec un réglage DIN à 8 sur les deux fixations, principalement en hors-piste, je me suis retrouvé plusieurs fois dans des situations où je me suis dit : "Avec la Shift et peut-être une STH, j'étais dehors."
Lors de gros déséquilibres vers l'avant, on sent vraiment la talonnière travailler, encaisser le mouvement puis remettre la chaussure en place. Je trouve que c'est très rassurant. On comprend mieux pourquoi la fixation n'a pas déclenché.

À l'inverse, avec des fixations plus "ON/OFF", il est plus facile de se dire : "La fixation a déchaussé pour rien."
...et de sortir le tournevis pour augmenter le DIN. Ça m'est arrivé avec les Shift en particulier mais ce n'est pas toujours une bonne solution. 

C'est probablement là que réside le principal intérêt des Pivot : elles donnent davantage confiance dans le fonctionnement de la fixation.

Sur piste, en revanche, je n'ai jamais réussi à mettre les deux modèles suffisamment en difficulté pour sentir une vraie différence. On reste dans tous les cas sur deux excellentes fixations.

Chausser et déchausser

C'est le domaine où je préfère les STH.

Le chaussage est plus intuitif. Le fameux "clac" est très franc et permet de savoir immédiatement que tout est correctement verrouillé. Avec une Pivot, je jette encore régulièrement un petit coup d'œil pour vérifier que tout est bien en place.
Même constat dans un mètre de poudreuse : la STH est plus tolérante lorsqu'on chausse dans des conditions compliquées, ou un peu de neige bourre encore la fixation. 

Pour déchausser, le levier arrière ("la bouteille") est également moins accessible avec un bâton surtout avec les rondelles larges. Enfin, petit détail mais qui compte : les freins des STH maintiennent mieux les skis ensemble lorsqu'on les porte. C'est un détail mais dans les stations où les remontées où les cabines se mutliplient ce n'est pas négligeable !

Le prix €€€

Impossible de terminer sans parler du tarif.
L'inflation est passée par là et, même pour une fixation dont la conception n'évolue pas depuis plus de quinze ans, les prix ont sérieusement grimpé. Aujourd'hui, il faut souvent compter autour de 300 € pour une paire de Pivot 15 neuves. Même le marché de l'occasion reste très dynamique et élevé tant la réputation de cette fixation est bonne.
Pour autant la qualité de fabrication est bien présente ! Il n'y a que très peu de plastique, ça inspire confiance quand on la prend en main. Avec le vieillissement qui est excellent, c'est un vrai argument des Pivot. D'ailleurs pour ceux qui s'intéresse à ces fixations il ne faut pas hésiter à s'orienter vers des modèles anciens, beaucoup moins chère. (Vigilance sur la compatibilité tout de même si vous avez des chaussures Gripwalk)

Conclusion

La réputation des Pivot en matière de performances, de durabilité et de style est largement méritée.

Plus qu'un choix purement rationnel, je pense que c'est surtout une philosophie qui fera pencher vers une Pivot ou vers une autre fixation haut de gamme.

L'apport de la grande course élastique de la talonnière est réel. Sans transformer votre façon de skier, elle permet de rattraper certaines situations où d'autres fixations auraient probablement déclenché.

Pour le reste, la skiabilité est au niveau des meilleures fixations du marché, elle offre en plus ce petit supplément de tolérance sur les déséquilibres avant. On comprend facilement pourquoi on retrouve les Pivot aussi souvent sous les skis de freestyle et de freeride.

Pour ma part, elles resteront sur mes skis... et il y a de fortes chances qu'elles équipent aussi les prochaines paires qui passeront par l'atelier ! Cependant il faudra éviter cette fixations si vous changer souvent de chaussures aux semelles Alpines / GW. 

Pour qui ?

Les skieurs engagés qui aiment skier vite, fort et en terrain irrégulier : Fan de DERBY quoi ! Les freeriders et freestylers, qui profiteront pleinement de la grande élasticité de la talonnière lors des réceptions ou des déséquilibres. Les passionnés de matériel, qui recherchent une fixation éprouvée, robuste et qui ne craignent pas de la conserver pendant de nombreuses saisons.

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