Lucas, ingénieur/rider chez Völkl
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Lucas, ingénieur/rider chez Völkl

Plongée au coeur du développement d'un modèle de ski 2019-2020
Texte Loïc Giaccone
Photos Pally Learmond
Plongée au coeur du développement d'un modèle de ski 2019-2020
Texte Loïc Giaccone
Photos Pally Learmond

Cet article est une production skipass.com, réalisée avec le soutien de Völkl.

La marque Völkl présente en ce moment ses nouveautés pour l'hiver 2019-2020, celles que vous verrez arriver dans les magasins l'automne prochain. Parmi elles, le "fat" ski de freestyle-backcountry le Revolt a été entièrement retravaillé pour devenir le Revolt 121.

Ce projet de refonte du modèle, appelé "Built Together", a été un peu particulier car les athlètes ont été beaucoup plus intégrés au processus de création que d'ordinaire. Pour faire le lien entre les riders et l'équipe de production, un élément clé : Lucas Romain, ingénieur chez Völkl et ancien membre du team freestyle. Nous lui avons posé quelques questions sur la manière dont ils imaginent, testent et valident un nouveau modèle de ski.

L'équipe de développement en plein travail : 

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- Salut Lucas, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

- Je suis Lucas Romain, j'ai 25 ans et je viens de gap (Hautes-Alpes). Ma passion est le ski freestyle. J’ai commencé cette discipline relativement tard (16 ans) mais j’ai tout de suite su que ce serait la voie dans laquelle je veux aller. J'ai donc très vite été confronté au difficile choix entre compétition à haut niveau ou études… J’ai choisi les études mais je suis quand même resté dans la compétition (niveau FIS, sans faire de résultats incroyables).

C’était un peu galère de combiner les cours à l’université (école d’ingénieur, mécanique des matériaux) et les entrainements, mais l’école m’a bien aidé avec des cours plus ou moins adaptés à mes absences. Tous mes entrainements se sont déroulés au sein du Club Free Snow Gap, coaché par Mathias Wecxsteen.

Pendant cette période, j‘ai intégré la team Völkl-Marker-Dalbello grâce a Maxime Moynat, et sans qui je n’aurais pas pu aller si loin dans le ski. A la fin de mes études, j’ai eu grâce à lui le contact de Tobias Heil (directeur du bureau de Recherche et Développement de Völkl) et ai réussi à avoir un projet. Après mon stage, je suis parti en Australie (à Thredbo) en tant que moniteur de ski et coach freestyle (je suivais la formation du DE français). J’ai vite été présenté au Team Manager australien Nick Hill, qui en fin de saison m'a dit de recontacter Tobias car la situation chez Völkl avait changé.

Lucas en action à gauche, à l'été 2017 lors du One Hit Wonder en Australie, puis à Méribel  et enfin lors du trip de développement en Argentine :

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- Quel est ton poste actuel ?

- Je suis actuellement ingénieur chez Völkl (à Straubing, en Allemagne NDLR), je m’occupe des skis freestyle et freeride ainsi que d’une partie des skis junior. En plus de la partie conception, je participe aussi aux tests sur neige. Grâce à mon expérience dans le freestyle, je comprends bien ce qu’attendent les athlètes et leur propose aussi des nouveaux concepts qui pourraient changer la donne pour les skis à venir.

- Quels sont les nouveaux modèles qui arrivent l'hiver prochain dans la gamme freeski ?

- La nouveauté pour la saison 2019/2020 est le Revolt 121, il remplacera les anciens skis freeride/freestyle-backcountry de la collection (Bash 135, Revolt 124, Bash 116)

L'équipe au mastic lors des essais sur neige :

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- Quelles sont les différences avec les modèles précédents ?

- Ce nouveau ski est beaucoup plus polyvalent que ses prédécesseurs et sans compromis en terme de performances. Son poids léger est un atout en terme d’approche en peau et pour tout ce qui est freestyle (à peine plus lourd que le Revolt 87 !), lors des rotations. Un autre bon point pour ce ski est son comportement sur piste, il est très stable et facile a piloter grâce à la technologie 3 radius (on y revient plus loin).

- Quel a été ton travail sur ces skis ?

- Grâce à ce projet que nous avons appelé "Built Together", j’étais le liens entre les attentes des athlètes et le développement du ski. J’ai aussi participé aux test sur neige, et me suis occupé des ajustement suite aux résultats que nous obtenions. A travers Built Together, nous avons tous participé avec une implications égale dans le projet (Product manager, Ingénieur, Athlètes, Artiste). C'est quelque chose de nouveau et exceptionnel pour nous. Nous avons fait intervenir un artiste néo-zélandais pour les topsheets qui a fait un superbe travail, Ken Griffen, vous verrez bientôt la gamme il a fait un super travail. Et ce n'est que le début ! Cette façon de collaborer, ce qu'on fait avec Built Together, ça va continuer... 

Le projet en images qui bougent et en actions :

- Ce développement était-il particulier par rapport à d'autres ? Pour toi particulièrement ?

- C’est la première fois que les athlètes sont autant impliqués dans le développement et de la même manière les ingénieurs sont très impliqués dans les tests sur neige.

C’est ma première année en tant qu’ingénieur donc je manque un peu d'éléments de comparaison mais je me sens déjà très à l'aise dans la façon de proposer aux athlètes un nouveau ski. Etant moi-même un ancien skieur semi-pro, je comprends précisément les retours des riders lors des tests.

Pour moi, c’est aussi une expérience incroyable parce que je skie avec les pros qui me faisaient rêver quand j’étais gamin. On s’entend même vraiment bien, et on prévoit de shooter ensemble cet hiver.

Quand ils testent, ils ne font pas semblant :

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Un triple rayon ?

Dans ses réponses, Lucas indique que le Revolt 121 aura un triple rayon. Kézako ? 

Pour mieux comprendre, il faut revenir au concept du rayon lui-même. Pour ceux qui sont vraiment largués à ce sujet, nous vous conseillons de relire le Dr Matos sur le shape des skis, cela vous permettra de repartir avec de bonnes bases. 

Le rayon

Le rayon d'un ski est définit par ses lignes de côtes, les trois points qui définissent le parabolisme d'un ski (la grande révolution des années 90), c'est-à-dire la parabole que dessine son côté. Sur piste, cela définit le niveau de facilité à faire tourner un ski lorsqu'on prend de l'angle. Plus le rayon est court, plus la "taille-de-guêpe" est prononcée, plus le ski tourne facilement (très visible en comparant un ski de slalom spécial et un ski de géant, aussi bien visuellement qu'en pratique).

Quand on parle de rayon, c'est le rayon du cercle rouge ci-dessous, définit par la forme du ski entre les deux lignes de côtes les plus éloignées :


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Le rayon concerne donc essentiellement le comportement du ski sur un terrain lisse et dur (type piste). En dehors des terrains damés, c'est un peu plus complexe d'expliquer son rôle : c'est la forme globale, lignes de côtes (dont le rayon n'est qu'une variable, à combiner à la largeur) et profil, c'est-à-dire cambre et rockers, qui influent sur la portance du ski dans une neige souple ou profonde.

Cependant, les fabricants jouent énormément avec le rayon avec pour s'assurer que leur ski, même orienté hors-piste ou freestyle-backcountry, aura un comportement sain sur piste, ou en-dehors dans les neiges un peu compliquées. Il est également combiné avec les rockers, car ces derniers jouent sur la maniabilité du ski en courbe sur neige dure : ils aident à amorcer le virage avec un contact ski-neige nécessitant moins de prise d'angle. 

Pourquoi trois rayons ?

Les ingénieurs de chez Völkl ont constaté que la partie qui importait pour le rayon et la conduite du ski sur piste, c'était celle qui était sous le pied. Les extrémités elles, importent moins pour tourner court, en revanche elles sont importantes dans la conduite en grandes courbes. Ils ont donc fait varier géométriquement le rayon sur ces deux zones en l'allongeant, et l'ont raccourci au niveau du patin, ce qui donne un ski avec trois rayons :


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Ainsi, le ski permet de gérer les virages courts, là où la partie centrale joue le plus, et les virages plus longs, où cette fois le rôle des extrémités devient prépondérant. L'explication du triple rayon en vidéo : 


Le Revolt 121, prêt à skier sur le skitest de Méribel et dans les mains du vainqueur de la première étape du Freeride World Tour à Hakuba, Markus Eder : 

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Le triple rayon sera également présent sur plusieurs nouveaux modèles chez Völkl qui sortiront cet automne (attention, spoilers !) : Mantra 102, Secret 102, Kendo 88, Kenja 88, Deacon 84 et Deacon 80.


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Paddy Graham observe les caractéristiques du nouveau Revolt 121, avant de vérifier qu'il marche :

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1 commentaire

trubac

inscrit le 08/04/13
Matos : 1 avis
Le triple rayon Volkl est donc l'opposé du triple rayon Scott ! long-court-long (Volkl) vs court-long(voir infini)-court (Scott) ...
 

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