Retour à la maison

Photo de couverture

Cliquez ici pour ajouter une photo de couverture, ou déposez la photo dans ce cadre. Si les dimensions sont supérieures à 2000x1045 pixels, la photo sera automatiquement redimensionnée.

L'image d'en tête sera affichée derrière le titre de votre article.
Cliquez ici pour remplacer la photo de couverture (2000x1045 pixels), ou déposez la photo dans le cadre pointillé.

Retour à la maison

Boucle sympathique en ski de rando au Pic d’Aulon (2 738m)
NobruDude
Texte :
Photos :
Cet article est issu du mag communautaire skipass.com, dans lequel les membres de notre communauté peuvent partager librement leurs plus belles histoires de montagne. Publiez la votre !

Contexte et préparation


Après avoir passé 2 semaines à dézinguer toutes les lignes qui pouvaient l’être aux Arcs et à Tignes, il fallait vite revenir à ce qu’on connait le mieux et qu’on apprécie, à savoir les Pyrénées. D’où le titre de l’article ! Ayant bien en tête qu’on était en pleine période de vacances scolaires, l’idée était alors plutôt de s’échapper loin de la foule des stations, donc en rando quelque part. Comme j’étais passé dans le coin l’année dernière lors d’une sortie au Monfaucon tout proche (article associé là https://www.skipass.com/mag/free-solo.html), je me suis dit qu’un petit tour au Pic d’Aulon (2738m) que j’avais aperçu de loin et pris en photo l’année dernière, serait une bonne idée :

Une fois que la destination est plus ou moins définie, on peut alors préparer la sortie ! Alors sans prétendre le moins du monde détenir la vérité, je vous dis comment moi je fais. Et la raison, c’est que je me rappelle il y a quelques années, je ne savais pas du tout par où commencer, et me retrouvais un peu comme une poule avec un couteau (j’ai aussi eu la question de collègues qui me disaient ne sortir qu’en bordure de station parce qu’ils ne « savaient pas »). Donc, de mon côté, je commence par taper sur Google et plus précisément dans Camp-to-Camp le sommet ou le lieu en question. Cela permet en général de trouver beaucoup d’infos :

Si vous avez du bol, vous aurez même un CR d’une sortie récente qui vous donnera des premières indications sur les conditions actuelles. Dans la majeure partie des cas, vous arriverez à trouver une trace GPX, trace que je recommande fortement quand on ne connait pas le lieu, une fois dans la montagne, tout est beau et tout se ressemble, on a vraiment vite fait de se planter… et je ne parle même pas si le temps change et qu’on n’y voit plus rien. Dans ce dernier cas, ça peut carrément vous sauver la mise !

Quand on a ça, l’étape d’après, sachant que je considère que le point météo a déjà été fait par ailleurs, c’est bien sûr la consultation du saint BERA. Ce dernier vous confortera (ou pas) dans le choix de votre itinéraire, notamment en fonction des expositions des faces que vous aurez choisies !

On constate ici que le risque est modéré, voire même faible dans la pente que je veux skier en Sud-Ouest. Au passage, et vu que les BERA sont publiés à 16h chaque jour, on voit la confirmation des conditions météo pour le lendemain : en gros, c’est tout bon !

C’est parti !

L’avantage de vouloir skier une face en neige décaillée, c’est que du coup, il n’est pas nécessaire de se lever à 4h du mat pour partir : pas la peine de monter trop tôt, sinon justement la neige n’aura pas eu le temps de transformer. Je trace donc tranquille en m’arrêtant même pour un petit café à Sarrancolin, au bar « Chez Bruno », quand je vous dis qu’on est à la maison !!

Après un passage chaud-patate sur la glace dans le chemin forestier entre Aulon et les granges de Lurgues, j’arrive au parking en me disant que j’avais eu une p… de bonne idée de monter 4 pneus neige sur mon tank ! Sans, ça ne passait clairement pas. C’est d’ailleurs paradoxal car une fois au parking, quand on regarde le sentier de départ (c’est la voie normale de l’Arbizon), c’est quand même super sec !

Ce que je ne savais pas, et que je découvrirai à la descente (merci au gars croisé plus haut pour le tuyau), c’est qu’il y avait moyen de partir skis aux pieds en se garant plus bas et en partant dans la vallée, ça skiait quasiment en continu moyennant quand même quelques petits déchaussages. Il faut savoir serpenter sur les langues de neige, au milieu des noisetiers :

Vallon de Pene Grane

La majeure partie des skieurs qui jardinent dans les environs mettent en général le clignotant à gauche une fois arrivés au pied du Pic Mail à la cabane d’Espigous pour aller chercher le Portarras plus à l’ouest, ou alors à l’inverse partent carrément main droite pour aller vers l’Arbizon ou le Monfaucon. Mais finalement peu de monde part tout droit plein Nord dans le magnifique vallon de Pene Grane qui est pourtant à la fois bien orienté, et peu exposé.

Le vallon se termine par un petit raidillon vers un col culminant à 2650 environ, et c’est sur cette pente que j’ai croisé le seul « animal sauvage » de la journée, une chienne nommée Doudou qui avait l’air de s’éclater à suivre (voire même précéder) son maitre :

Le randonneur en question sera d’ailleurs aussi le seul que je croiserai sur les pentes de l’Aulon. Il sera allé uniquement au col pour redescendre en A/R par le même vallon, s’arrêtant au passage pour me saluer et me confirmer, qu’en grand habitué du lieu, il n’y a jamais grand monde ici, et c’est un super secret spot.

Instant "alpi"

Une fois au col, c’est une bataille de gagnée, mais pas la guerre, il faut encore grimper sur l’arête pour aller chercher l’antécime du pic, puis le pic lui-même. C’est « l’instant alpi » de la sortie, où, même si l’exposition n’est pas très grande, je suis bien content d’avoir mes crampons et le piolet pour parvenir à me hisser sur la crête.

Une trace semblait pourtant partir dans la direction voulue, mais le barbu a dû faire demi-tour en dessous du 1er rocher, il n’y plus rien après, toutes les anciennes traces ont dû être recouvertes, le vent de N/NO a en effet beaucoup soufflé les jours précédents. La progression est donc bien ralentie une fois sur la crête, ça brasse pas mal. En résumé, je m’enfonce et j’en chie ! Une fois parvenu au 1er cairn marquant l’antécime du Pic d’Aulon, je marque une pause et fais quelques photos, sous l’œil au loin du Pic du Midi de Bigorre, fort sec pour une fin Février.

Je finis de me cramer les cuissots et parviens enfin au Pic d’Aulon, malgré le froid (dû essentiellement au vent), je profite du panorama XXL. La visibilité en cette journée est incroyable, j’arrive à distinguer le Balaïtous qui est complètement de l’autre côté de la chaine, et bien sûr juste en face, tous les 3000s du Néouvielle que je connais bien !

A ce stade, il était temps de faire la pause ‘dwich même si l'appétit n’était pas forcément là, n'étant pas entièrement complètement serein, parce que vu du balcon un peu abrité que j’avais trouvé, la voie de descente ne me paraissait pas du tout évidente. En ces périodes assez sèches, les passages qui sont d’habitude des grands boulevards peuvent vite s’avérer piégeur, voire ne pas passer du tout.

Drop-in

Quand faut y aller… et bien faut y aller ! Je me laisse glisser main droite sans vraiment savoir si ça passe, c’est marrant comme vue d’en haut, tout semble plus compliqué. Une fois le « crux » passé et en survolant avec le drone, tout parait finalement très simple et le chemin évident, mais ce n’était pas forcément le cas vu du dessus !!

La face SW à skier en dessous de moi apparait alors magnifique. Quelques vieilles traces demeurent sur la gauche, de même qu’une petite coulée de purge, mais en dessous de moi, c’est totalement vierge, une moquette parfaite. Exactement ce que j’étais venu chercher. Intéressant de voir d’ailleurs que je serai le seul de la journée à faire ce Pic, et surtout à skier ces pentes, c’est marrant de voir que les gens ont toujours tendance à aller aux mêmes endroits ! J’en profite donc pour me faire plaisir, puisqu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, on voit donc le résultat Avant (du dessus)/Après (d'en dessous) :

Alors je vois déjà certains réagir et dire qu’on a quand même l’impression sur la photo ci-dessus que j’ai un peu resserrer les courbes par rapport à d’habitude. C’est pas faux. Et l’explication, je la revendique : quand je suis solo, et qu’il n’y a pas un humain à l’horizon, je garde toujours une marge pour ne jamais me mettre une boîte. J’en garde un peu sous la pédale comme on dit (la récente tarte qu’un de mes potes s’est mise à cause d’une reptation confirme mon approche… 3 mois d’ITT quand même !!).

La pente et les paysages en face de moi sont juste incroyables, c’est pour ces moments là qu’on vient en montagne, et qu’on accepte d’en chier autant à la montée :

Dronisme

Une fois n’est pas coutume, vu que j’allais me balader un peu loin du monde, j’avais pris mon drone pour essayer de faire quelques images aériennes. Alors je vous demanderai beaucoup d’indulgence, à la fois pour le pilotage, mais aussi pour le montage après, ce n’est pas ma spécialité, et j’ai bricolé ça avec mon portable. Un autre disclaimer, vu que j’étais tout seul, et que ledit drone a du mal à me suivre quand ça descend et que ça va un peu vite, il n’y a pas d’image de ski, mais les paysages sont quand même beaux, et c’est court !

Rossignol Nano Escaper 97

Cette sortie était aussi l’occasion de poursuivre et finaliser mon test de ces lattes, j’en profite donc pour faire un petit placement produit !! Au final, je peux dire que ces planches sont vraiment parfaites pour la rando qui descend vite ; c’est un parfait compromis entre la taille de 97mm au patin et le poids (1,3Kg par ski). La rigidité fait qu’on se sent en sécurité, à la montée comme à la descente, et quel que soit le terrain. Si vous voulez consulter le test complet, c’est par !

Topo

Pour ceux que ça intéresse, quelques chiffres sur cette sortie : on parle donc d’environ 1400 de D+, et d’une grosse dizaine de kms. La remontée du vallon de Pene Grane ne présente aucune difficulté, ça se raidit un peu sur la fin mais ce n’est pas bien méchant jusqu’au col. Comme décrit plus haut, la partie suivante pour atteindre l’antécime puis le Pic d’Aulon est un peu plus rock’n roll, c’est de l’alpi facile classé dans C2C comme 4.1 / E2 D- / S4 ; en ce qui concerne la redescente par la face S/SW, c’est du 4.1 / E1 AD+ / S4. Ci-dessous en jaune le chemin suivi depuis les granges :

En résumé, c’est une très belle balade bizarrement peu fréquentée, avec un peu de tout, et avec surtout une superbe face SW à skier en moquette décaillée, c’est juste parfait, dommage que ce soit si court !! (à noter, et c’est ce qu’a fait la seule personne croisée autour du pic avec son iench, qu’il est possible de redescendre directement du col de Pene Grane par le vallon, ça skie aussi super bien, c’est du S/SE).

NobruDude
Texte, Photos NobruDude
Enjoy the ride...

3 Commentaires

tidoudou Rhooo lala, comme c'est joliiii !! Le ski me manque, les condis dans le sud sont vraiment mauvaises :(
 

Connectez-vous pour laisser un commentaire

NobruDude Maintenant, tout est marron, on a pris une grosse pluie de sable :( faut espérer que les 10/20cm prévus aujourd'hui vont couvrir tout ça !!?!
 

Connectez-vous pour laisser un commentaire

 

Connectez-vous pour laisser un commentaire

.