Devenir moniteur/monitrice de ski l'avis d'un moniteur (partie 1).

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Devenir moniteur/monitrice de ski l'avis d'un moniteur (partie 1).

En quoi consiste la formation de moniteur de ski. Quel niveau faut il, quels sont les coûts et qu'en est t'il des équivalences internationales.
Manoushlight
Texte :
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Organisation des articles.

Ayant à de nombreuse occasions entendu et lu des questions au sujet du métier de moniteur de ski, j'ai pris la décision de fournir un article très complet. Cependant vu la longueur de l'article, j'ai décidé de le découper en plusieurs parties.


1. La formation (+ international).

2. Le métier, le mode de vie (+international)

3. Mes conseils, mon parcours personnel.

Chaque partie sera détaillée et longue, mais cela devrait permettre aux personnes désirant devenir moniteur/monitrice de ski, d'être bien renseignée et de pouvoir faire un choix éclairé.

La formation.

Comme vous le savez sûrement, l'accès à la profession de moniteur/monitrice de ski n'est pas des plus simple.

Je ne vais pas vous encourager ou dissuader d'entamer votre formation, mais je veux juste vous mettre au courant de ce que ça implique... du coût en temps, en énergie et en argent. Je vais aussi essayer de vous informer au mieux de ce qui se fait à l'international.

Donc, avant de commencer il est important de comprendre qu'il existe plusieurs modèles de formations que je serais incapable de décrire tant ils sont nombreux, cependant, je vais essayer de résumer le mieux possible les options principales de formation professionnelle de moniteur de ski.

A l'échelle internationale, il existe différentes associations de moniteurs de ski et ce sont souvent ces associations qui seront en mesure d'offrir une formation et/ou un diplôme.

L'ISIA.

La plus grosse association s'appelle ISIA (International Ski Instructor Association) : https://isia.ski/?lang=en

L'association comprend de nombreux pays membres (associations nationales), mais parmi les plus réputées il y a la Suisse, la Suède et la Nouvelle-Zélande. Ces associations nationales se sont mises d'accord sur un programme et des équivalences de niveaux.

 La plupart des pays fonctionnent plus ou moins comme ceci :

- Niveau 1 : niveau assez basique, ne nécessitant pas un excellent niveau de ski, le niveau est orienté pédagogie et se situe entre le ski et l'animation de jeunes. La durée de formation se situe souvent entre 6 j et 12 j et le prix varie entre 600 € et 1200 €. En général, ce niveau ne permet pas d'enseigner à un niveau supérieur à celui de chasse-neige tournant. Le salaire qui découle de ce niveau est assez bas et la plupart des personnes ayant ce diplôme n'enseigne qu'une saison ou deux avec (soit elles arrêtent, soit elles passent au niveau supérieur).

- Niveau 2 : niveau légèrement supérieur, relativement accessible en terme de ski, cette formation est toujours orienté pédagogie, mais sur le plan technique elle nécessite souvent d'avoir un niveau honnête en virage court, en carving, en bosse et en démonstrations. La durée de formation est souvent la même que celle du niveau 1 et le prix légèrement supérieur. Ce niveau permet en général d'enseigner jusqu'au virage parallèle dérapé, le salaire augmente légèrement, mais est difficilement tenable à long terme.

- Niveau 3 : le niveau devient sérieux, il y a d'ailleurs un réel écrémage entre le niveau 2 et 3, car la différence est bien présente. L'orientation devient plus technique, tant sur le plan de l'analyse que du niveau personnel. Il est souvent demandé d'être assez solide en bosse, solide en carving, solide en virage court, avoir de l'aisance en hors-piste et être correct dans un slalom géant de 40 portes et bien sur d'augmenter la qualité des démonstrations. La durée de formation avoisine en général les 25 jours répartis en différents modules. Le prix augmente en conséquence, il faut la plupart du temps compter entre 2000 € et 3000 €. Le salaire en découlant est augmenté et il est possible de vivre de son métier à l'issue de ce diplôme. Un bon nombre de moniteurs visent à atteindre ce niveau et arrêtent de se former une fois ce niveau atteint.

-Niveau 4 : le niveau 4 est souvent un niveau qui demande de l'entraînement, du talent et de l'engagement. Il nécessite de passer un test en slalom géant qui est relativement proche de l'eurotest. Il va falloir passer dans un slalom géant de plus de 55 portes avec un temps maximal 115% du temps de l'ouvreur. L'ouvreur doit être situé entre 40 et 50 points FIS. Deux ouvreurs correspondant à ces normes vont ouvrir la course puis la fermer, la moyenne du meilleurs temps d'ouverture et de fermeture est gardée et de là en découle un temps d'admission. Souvent, d'autres tests permettant de situer la technique des moniteurs sont effectué, mais ceux-ci varient fortement d'un pays à l'autre. En effet, à part la reconnaissance de l'ISIA par le slalom géant, ce niveau à surtout de l'importance sur le plan national. C'est souvent le niveau requis pour pouvoir devenir formateur de moniteur de ski, pour pouvoir être indépendant ou pour pouvoir ouvrir sa propre école de ski. Sur le plan de la durée de formation et le prix, elle est également très variable d'un pays à l'autre, mais en général elle dépasse les 30j de formation et elle peu atteindre les 12 semaines selon le pays.

Si l'ISIA est la plus grosse association de moniteur de ski, ce n'est pas pour autant la plus réputée, en effet, si vous prenez le temps de regarder les pays membres, vous pourrez constater que l'Italie, l'Autriche et la France en sont absent, donc 3 des plus gros pays alpins ont décidé de ne pas faire partie de l'ISIA. La Suisse, quant à elle est restée membre de l'association, mais ne reconnaît les diplômes issu de l'ISIA qu'après un test effectué par un organisme de formation national.

L'Autriche, la France et l'Italie considèrent que le niveau découlant des diplômes de l'ISIA est insuffisant et s'est accordée sur d'autres barèmes (qui correspondent plus ou moins à un niveau 4 ISIA). Du côté de la Suisse, même si elle reste membre de l'ISIA, elle est réputée comme plus exigeante que les autres pays membres.

La FEMPS.

La FEMPS (Fédération Européenne des Moniteurs Professionnel de ski) : https://www.femps.eu/association-membres/.

Comme dit plus haut, 3 des plus gros pays alpins ont décidé de ne pas faire partie de l'ISIA et de créer leur propre association. Si cette association comprend moins de pays membres, sa réputation en reste néanmoins tout aussi bonne voire meilleure. Les pays membres sont donc l'Autriche, la France et l'Italie. Tout comme l'ISIA ces 3 pays se sont accordée sur des niveaux et des équivalences et sur le très célèbre Eurotest et la moins célèbre Eurosécurité.

Il existe des reconnaissances possibles entre l'ISIA et la FEMPS, mais les reconnaissances interne sont bien plus facile à obtenir et il sera souvent nécessaire de passer un test si l'on désire une reconnaissance par l'autre association.

La France : en France pour pouvoir enseigner il faut obtenir un Diplôme d'Etat via l'ENSA : https://www.ensa.sports.gouv.fr/fr/formation/diplome-etat-moniteur-ski-alpin.

Sans entrer trop dans les détails voici un résumé des étapes les plus sélectives :

- le test d'admission : il s'appelle le test technique et consiste à faire un slalom spécial avec un temps d'admission. Ce test est très exigeant pour des personnes n'ayant pas d'expérience en course. Il est possible de ne pas avoir à faire le test si vous avez moins d'un certain nombre de points FIS et/ou FFS ou si vous avez un niveau 3 d'un pays membre de l'ISIA. Pour les personnes n'ayant pas de passé en course ni de diplôme étrangé, il est conseillé de s'orienter vers des organismes ou associations vous permettant de vous préparer à ce test technique. Parmi les plus connues, il y a l'UCPA. Certains de ces organismes nécéssitent d'avoir un niveau d'entrée déjà assez élevé, d'autres ne le nécessitent, mais ce sont souvent des entraînements payant (et assez chers).

Ayez simplement en tête que pour quelqu'un ayant le niveau chamois d'argent et/ou flèche de vermeil, il vous faudra probablement un minimum de 2 saisons de préparation intensive avant d'avoir une chance au test technique. Je parlerai plus en détail de cet aspect dans la partie mon parcours.

- la préformation : après le test technique, il y a la préformation qui est un module d'une semaine (si je me souviens bien). Suite à cela il devient possible d'enseigner en France professionnellement, mais uniquement en tant que stagiaire. La durée de validité est définie dans le temps, à l'époque où je l'ai fait il y avait 3 ans de validité, ce après quoi il n'était plus permis d'enseigner, mais toujours possible de participer à l'étape suivante : l'Eurotest. En général, le salaire de moniteur de ski stagiaire se situe entre 20€ et 25€ de l'heure. Même si le salaire parait confortable, il est à noter que vus le nombre d'heures de travail et les coûts qu'engendrent les entraînement, c'est assez difficile de finir une saison en ayant gagné de l'argent avec ce niveau de formation.

- l'Eurotest : il consiste à faire un slalom géant avec des ouvreurs échelonné sur le plan européen, et ce, sans dépasser les 120% de leur temps. L'eurotest est réputé comme un test très difficile est c'est souvent le cas, cependant en France c'est le Test technique qui fait le plus gros écrémage de niveau. Une fois l'Eurotest atteint, il n'y a plus de délai et l'on entre réellement dans le monde professionnel. Les salaires sont très variables d'une école à l'autre, car certaines payent déjà au prix de diplômé complet. Cela va donc souvent entre 40€ et 65€ de l'heure.

Je ne décris pas les étapes qui suivent, même si ce sont probablement les plus importantes pour devenir un bon moniteur, mais si vous en arrivez à l'Eurotest vous aurez suffisamment le temps de vous renseigner quant à la suite et c'est bien au niveau du Test Technique et de l'Eurotest qu'il y a le plus de sélection.

L'Autriche :

L'Autriche à un système un peu à part, en effet ayant fait partie par le passé de l'ISIA sont modèle en reste assez proche.

Il y a 4 niveau (voire 5) : Anwärter, Landes 1, Landes 2, Staatliche et Skiführer.

Anwärter ressemble au niveau 1 & 2 de l'ISIA, le Landes 2 au niveau 3, le Staatliche au niveau 4 et la Skiführer est un peu spécifique à l'autriche, car c'est une formation proche de celle d'un guide de haute montagne, mais uniquement d'hivers. Jusqu'au Landes 2, les diplômes et formations sont suivie au sein d'une association régionale et les prix varient entre 800€ et 2000€ selon le niveau. Au niveau Staatliche, c'est une association nationale qui est la seule compétente pour vous former et délivrer le diplôme.

C'est au niveau Staatliche qu'à lieu l'Eurotest ainsi qu'un test de bosse extrêmement exigeant. Il est donc possible d'enseigner le ski contre rémunération en Autriche sans avoir l'eurotest et sans avoir un niveau exceptionnellement haut. Cependant, le salaire est assez bas avant le niveau Staatliche (entre 800€ et 1600€ par mois).

Le staatliche se fait sur une saison et nécessite d'avoir obtenus les autres diplômes. La formation est gratuite, mais particulièrement longue et à lieu sur différentes stations, les frais d'abonnement, d'hôtel, de matériel etc peuvent s'élever jusqu'à 10000€. Un Staatliche est reconnu comme un diplôme d'Etat en France, mais si je ne me trompe pas, l'inverse n'est pas vrai.

L'Italie :

En Italie il y a un titre nommé le "Maestro di Sci" et qui est assez proche du Diplôme d'Etat français. Différentes régions proposent de devenir aspirant Maestro di Sci ce qui permet de suivre une formation de 9 mois qui aboutit notamment sur l'Eurotest.

La plupart du temps, il y a un test d'entrée pour pouvoir être aspirant et ce test consiste à un slalom géant et un test en ski libre. La reconnaissance entree l'Italie, la France et l'Autriche est assez fluide et simple. Pour être reconnu en Suisse c'est légèrement plus compliqué, mais néanmoins accessible.

En résumé...

même si l'organisation des diplômes au sein de la FEMPS est assez différente, les équivalences sont assez rapides et simples à obtenir. Si vous souhaitez travailler plus tard comme moniteur dans l'un de ces 3 pays, il est recommandé de vous former également dans l'un de ces 3 pays. Cependant, la FEMPS à niveau d'exigences général plus élevé que l'ISIA, ce qui signifie que cela vous coûtera plus en terme d'investissement que ce soit le temps ou l'argent. Il faut noter également que certaines personnes s'entraînent dur pour obtenir l'un de ces diplômes, mais n'atteignent jamais le niveau requis.


Les cas à part :

La Suisse : en Suisse le titre le plus haut est celui de brevet fédéral de professeur de neige. C'est un niveau très difficile à atteindre, mais très différent de ce que propose la FEMPS. Ici c'est la diversité technique qui est importante, en effet pour le niveau Instructeur (souvent le plus difficile) il va falloir obtenir une moyenne suffisante après 10 tests (slalom géant, bosses, freestyle, hors piste, carving en couloir, virage court coupé, chasse neige, variation de virage court, variation carving, slope tricks). S'il est possible de compenser ses lacunes dans une discipline en étant fort sur un autre, le niveau en reste néanmoins très exigeant. En Suisse, il est possible d'obtenir le diplôme le plus élevé sans avoir un passé de racer, mais il y a de loin une majoritée de racer qui en arrivent jusque là. Le reste de la structure de formation est relativement proche de l'ISIA. La Suisse reconnaît les diplômes venant de la FEMPS, mais il y aura ensuite un test à effectuer comprenant certains tests du niveau instructeur.

L'Angleterre : En Angleterre une association appelée le BASI propose des formations correspondants dans les grandes lignes à ce que propose l'ISIA. Cependan,t le BASI est réputé assez faible, et même si le diplôme donne le droit légal de travailler dans divers pays, ce n'est pas pour autant que les écoles de ski considèrent ce diplôme sa valeur supposée. Au niveau 4 du BASI il y a également un Eurotest ce qui permet donc assez facilement de pouvoir obtenir une équivalence en France. Le cout de formation est particulièrement élevé et la réputation du diplôme particulièrement faible, ce qui n'empêche que le BASI a réussit à faire un diplôme reconnut par la FEMPS et par l'ISIA donc, techniquement, c'est probablement un des diplômes les mieux reconnut.

L'Allemagne : L'Allemagne fait partie de l'ISIA mais a une structure de formation très proche de celle d'Autriche. A la fin de la formation il y a également un Eurotest permettant d'être reconnu en France, Autriche et Italie.

Ou et comment se former ?

Avec toutes ces informations, vous savez à quoi vous attendre en terme de formation, soyez conscient que chaque pays/organisme de formation va défendre sa formation et la vendre comme la meilleure. N'écoutez pas sur parole ce qui vous est dit, vérifiez auprès de l'une des associations citée plus haut, un petit e-mail vous permettra souvent de vous éclairer et d'éviter de tomber dans un attrape-nigaud.

Ne vous lancez pas à l'aveugle dans une formation en France si vous n'êtes pas sur de vouloir faire ce métier à long terme et d'être prêt à vous battre pour obtenir votre diplôme. N'hésitez pas à tester la vie de moniteur de ski dans un pays ou l'entrée dans la profession est plus facile avant de vous lancer dans une formation à long terme. Personnellement, je considère que le niveau de formation entre les 4 pays alpins ( Suisse, France, Italie et Autriche) se vaut, mais que le processus est très différent. A vous de choisir ce qui vous convient le mieux.

Dans la 3e partie il y aura plus de détails sur mon parcours personnel et mes conseils. Mais sachez que le plus gros facteur de progression concerne l'environnement de la personne. Le nombre d'heure d'entraînement importe, mais n'est rentable que dans un environnement qui le rend efficace.

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