Pour ceux que ça pourrait intéresser, voilà un compte-rendu en photos d’une petite virée grimpe à travers la Suisse avec ma chérie. Je mets les choses au point immédiatement, rien de dantesque dans ces escalades, cela reste toujours du niveau « plaisir », nous n’avons pas touché la barre du 6 durant ce périple. Pour ceux qui préfèrent grimper dans le 6, des possibilités existent dans tous les endroits que nous avons visités… Et pour ceux qui pensent que l’escalade commence à partir du 7, et bien je ne peux pas vous dire, mes topos « plaisir » ne mentionnent pas ces voies ! 
Un niveau en tête de 5c/6a suffit donc, et pour certaines voies, une petite connaissance dans la pose de ses propres protections est recommandée (friends, coinceurs, sangles).
Le voyage a été planifié et adapté en fonction des conditions météo sur la base des topos «Suisse Plaisir» ( du regretté J. von Känel (les 3 tomes Ouest, Sud et Est qui englobent également les zones frontalières françaises et italiennes -> http://www.filidor.ch ). Le périple ne représente qu’un petit échantillon de tous les spots qu’on peut trouver dans ces régions, certains secteurs magnifiques n’ont pas pu être visités par manque de temps et en raison des conditions météo également. En effet, même si le plus souvent nous avons pu grimper par «un temps d’éclaircies», cette 1ère quinzaine d’août n’a pas été des plus propice aux activités de montagne.
1ère étape, remontée du Valais, passage du col du Nufenen et, juste derrière, passage à la cabane de Piansecco, accessible en une petite heure de marche. Nous choisissons une voie de 8 longueurs (5c/5c/5c+/5c/5a/ puis 3 fois 4 ?) dans la Torre II, dans un superbe granit. D’autres voies plus longues dès (12L) et d’un niveau un peu supérieur (6a) existent dans le coin.
La Torre II

L1

Sur l’arête terminale

2 curieux à la descente (à pieds)

Pour continuer, nous prenons la direction du lac de Côme, puis Lecco et le Valsassina. Pour commencer, une sympathique ballade rocheuse (une douzaine de L), dans un excellent calcaire, remonte l’éperon au Zucco d’el Angellone, enchaînant les belles portions d’escalade et quelques parties de transition un peu moins grimpantes. Certains trouveront qu’il y’a un peu trop de verdure, mais quelques longueurs sont bien aériennes et l’ambiance de la voie très plaisante. La voie est de 5c max, avec des longueurs en 4 parfois suprenantes…




Puis nous nous rendons au refuge Carlo Porta (accessible en voiture, ou presque), dans le massif de la Grigna. C’est une sorte de «Petites Dolomites», avec le même rocher, le même genre de sommets, mais avec beaucoup moins d’envergure. Le temps est incertain (orages annoncés l’a-m), alors nous renonçons à la traversée des Torrione Magnaghi (une quinzaine de longueurs en 4+, mais souvent vertical) et nous nous contentons du Cigaro, 5 longueurs dont une en 5b. Dommage, car malgré quelques nuées qui nous auront enveloppés temporairement, le temps aura tenu toute la journée.




Ensuite, nous prenons la direction des Grisons, et plus précisément du massif du Bergell, aux portes de l’Engadine… Avec ses géants de granit…
Au soleil…

Et sous la neige

Et avec le temps stabilisé, nous nous rendons à la cabane Albigna, au-dessus du lac (barrage) du même nom, moyennant une montée en téléphérique et une marche d’une petite heure.
Les jolies dalles sculptées au-dessus du lac (en-dessous de la cabane) offrent deux sympathiques escalades de 4 longueurs en 5b max. Idéal pour occuper une demi-journée. Le coin regorge de longues voies en 4/5/6 dont l’équipement doit être complété.



Le lendemain, direction la pointe Balzetto qui offre une voie d’une dizaine de longueurs en 4c max, mais très peu équipée, en général uniquement sur les passages en dalle et aux relais (quand il ne se font pas sur becquet). L’occasion de pratiquer un peu l’escalade « en grosses ».






La descente, après un rappel se fait en désescalade…

…avant de rejoindre un autre rappel, une seconde désescalade, puis à pieds pour rejoindre le sentier qui ramène à la cabane.
Pour le dernier jour à Albigna, par un froid de canard, nous choisissons la petite traversée Vergine-Al Gal (sauf erreur sur le 2è nom). Les mains frigorifiées, une cordée d’Italiens abandonne à l’attaque. Nous partons tout de même et abandonnerons après la traversée de la Vergine (plus de plaisir avec ce froid pour Anne et quelques flocons venant étouffer les derniers zestes de motivation). La traversée de la Vergine (4+) est déjà sympa.



Petite désescalade aérienne, mais pas difficile

Puis un rappel et c’est l’abandon (suite de la descente à pieds) au pieds des 3 dernières jolies longueurs en 4+ où une cordée plus motivée a continué.

Ensuite, après 2 jours de repos (notamment dans les eaux thermales grisonnes
) dus à la pluie, nous nous rendons en Suisse centrale, vers le massif du Gothard. Avec l’instabilité du temps, nous oublions les grandes envolées en altitude sur les belles arêtes du coin, mais quelques jolies grimpettes sont encore possibles.
Les beaux sommets granitiques de la région de la Furka.



Il y’a de jolies voies de 4-5 longueurs dans les grandes dalles au pied du Grossfurkahorn (cf. 1ère photo ci-dessus) pour occuper ces journées incertaines. Nous choisissons une voie en 5a max, avec peut-être les plus belles longueurs dans ce niveau que j’ai pu faire, dans un granit toujours parfait (peut-être pas les 5a les plus faciles que j’ai pu faire non plus&hellip
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Et une espèce de moutons assez originale rencontrée dans le brouillard de la descente…

Pour le dernier jour du périple, nous envisagions, comme plan B, de grimper dans les célèbres dalles du Grimsel. Mais la pluie vers ce col nous fait choisir un plan C, un petit crochet dans le Fieschertal dans notre redescente du Valais. Vers la Burghütte (1h de marche) de nombreuses voies sont équipées, pas mal de longues voies (le plus souvent faciles), mais également de nombreuses «moules» jusqu’au niveau de 7a, dont certaines lignes de fissures assez splendides (en tout cas de visu).
Nous choisissons la «Burgkante», une voie en 10 (courtes, 20-25m) longueurs de 4c à 5b qui remonte cet éperon.

La voie n’est pas franchement belle, les parties d’escalade ne sont généralement pas très longues et sont souvent entrecoupées de ressauts cassant continuellement le rythme. Mais cela constitue une «ballade rocheuse» finalement pas désagréable avec quelques jolis petits passages de grimpe quand même.




Et le dôme sommital est très pittoresque…

…avec vue sur le Fieschergletscher… mais malheureusement pas les 4000 du coin avec ces nuages…

Pour clôturer cette «session caillou», une autre sortie qui ne faisait pas vraiment partie du trip, mais qui en a prolongé l’esprit, une petite virée vers le Sanetsch le 15 août, avec la neige d’été en prime et le soleil pour changer !
Nous avons choisi une des voies les plus faciles du coin, «Pas perdus» (5c+/5c+/5c+/4b/3c), bien équipée, mais magnifique, dans un calcaire impeccable (juste 2-3 cailloux qui bougent dans la 1ère longueur). Une fin de vacances en beauté dans un tel paysage !







Et, en cours d’après-midi, le ciel qui se voile déjà sur les Alpes Valaisannes enneigées…

Voilà, peut-être un peu longuet, mais si ça peut donner des envies et des idées à quelques-uns…
PS : J’ai fait ce reportage de mémoire, je n’avais pas les topos sous les yeux lors de sa rédaction et il peut y avoir de petites imprécisions dans les noms, l’orthographe, voire les cotations…








inscrit le 16/9/04
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