La mer, l’été avec les hordes de touristes, n’étant plus trop mon truc, en tout cas en cette période de mon existence, il nous reste la montagne comme destination de vacances. Ca tombe bien, ça me va bien !
De plus, ça offre un certain dépaysement, sans partir trop loin et en découvrant d’autres régions des Alpes. Un peu de persuasion et je parviens à convaincre ma chérie que la mer, la première quinzaine d’août, c’est le mauvais plan assuré ! 
Cette année, notre choix s’est porté sur l’Oisan sauvage, tant vanté par nos voisins tricolores, et ses environs. On prend donc cette direction, sans objectif précis, on verra bien sur place.
Les cols du Telegraphe-Galibier-Lautaret, pleins de courageux cyclistes, nous mènent à bon port en nous offrant déjà de beaux paysages.



On se décide pour La Grave comme 1er stop dans nos périgrinations. C’est sûr, l’endroit est magnifique, imposant et ne laisse pas indifférent. Mais bon, on est quand même habitués aux «4000» du Valais, alors on parvient à apprécier tout ça avec un peu de distance. 
Le lendemain, comme on est encore frais comme des roses, on se dirige de l’autre côté du Lautaret pour une grimpette dans le calcaire du massif des Cerces. La voie « A nous la belle vie » à la Tête Colombe nous tend les bras, 350m en 12 longueurs bien équipées en 5c/6a, parfois assez soutenues, dans un excellent rocher, à part quelques vires caillouteuses. Une voie «muy recommandable», avec un panorama pas pire en toile de fond et une bonne ambiance montagne, notamment dans les grands rappels de descente. Une sympathique marche d’approche de deux petites heures nous mènera à pieds d’œuvre. Un bon vent frais du nord rendra également fort appréciable une petite laine pour cette pourtant belle journée ensoleillée.











Le lendemain, comme il nous faut reposer pieds et bras, le téléphérique de la Grave tombe à point nommé pour nous offrir une petite journée touristique avec ballade panoramique.



Après cette journée réparatrice, nous sommes prêts à reprendre la route, surtout que la météo n’est pas bonne. On aura droit à un titanesque orage de grêle. Ambiance fin du monde à St-Christophe-en-Oisan, avec la rue centrale recouverte de 5cm de grêlons. Cette journée maussade nous permettra de visiter le musée de l’alpinisme situé dans ce petit village, musée très bien fait, entre parenthèses.

Le jour suivant, le temps se lève. On se décide donc à monter au refuge du Soreiller ou trône la mythique Aiguille Dibona. Après une nuit au refuge, comme on a envie de passer une journée plutôt cool, on prend l’option d’une voie tranquille en face Est de la Dibona, la «Voie du Nain», 6 longueurs équipées en 4+ max, qui permet de rejoindre les 3 longueurs d’escalade en 3+ max sur l’arête nord de la Dibona, la voie normale. Une variante qui permet de découvrir le coin en toute tranquillité, tout en offrant une escalade très intéressante dans ce niveau de difficulté, avec une ambiance bien aérienne sur l’arête finale.














Puis, après être redescendus dans la vallée, on s’installe au fameux camping de la Bérarde. Comme nous n’avons pas été trop entamés par ces quelques journées plutôt tranquilles, dès le lendemain on repart pour une grimpette plaisir à La Tête de la Maye, dans la voie «Du cinq à tire-la-rigot», une voie de 450m en 15 longueurs (5c max/5b oblig.), dont une dizaine avec des passages en 5. Globalement, c’est peu soutenu et il y’a des vires, donc des longueurs de transitions en 3, mais il y’a de très jolis passages avec quelques longueurs assez soutenues. Sans parler de ce panorama superbe que l’on a au sommet !











Le lendemain, malgré le beau temps, on décide à faire un bout de route. On a les pieds un peu explosés par les chaussons après la journée de la veille. On se dirige vers LE gros coin touristique du massif, Ailefroide. Il paraît que c’est le deuxième centre d’alpinisme de France après Chamonix. C’est peut-être le cas, mais dans la réalité, ça n’a rien n’a voir avec Cham. Ici, pas de boutiques de luxe, restau et autres pièges à touristes à la pelle. Non, juste quelques mags d’alimentation, kiosques et petits shops de sport… et tout le reste est un immense camping. Par contre, c’est incroyable la circulation qu’il y’a dans cette vallée ! On n’aura pas trop de chance avec la météo dans ce coin. Pluie et fraîcheur nous donneront deux jours pour le farniente et des visites à Briançon et dans les environs. Le jour suivant, des éclaircies sont annoncées. Pas trop motivés à grimper par ce temps gris, on se décide à faire LA ballade touristique du coin, la montée au refuge du Glacier Blanc. Ca sera assez calme à la montée, mais à la descente, je n’aurai jamais vu autant de monde sur un sentier de montagne… dont pas mal de personnes ayant visiblement de la peine à marcher sur un chemin caillouteux… (ce petit récit trouvé sur C2C est assez explicite : alpinisme.camptocamp.com ) Les éclaircies du début nous permettront d’apercevoir quelques sommets saupoudrés de fraîche et le bas du glacier, puis on aura droit à de petites averses.






Après cette balade, on tentera 2-3 moules plus bas dans la vallée, mais une averse au milieu de la 2ème voie nous ramèneront à la case départ. Mais c’est pas grave, le beau temps est annoncé pour le lendemain.
Et c’est malheureusement là que notre petit trip dans les Ecrins se termine. Un petit refroidissement aura raison de la forme de ma chérie. On n’aura donc pas grimpé dans le coin d’Ailefroide, l’endroit ou doivent foisonner la plus grande concentration de voies sportives des Alpes. Il doit sûrement y avoir plein de belles voies. Par contre, ça ne grimpe que sur les socles des grandes parois qui bordent la vallée, alors c’est peut-être un peu moins sympa au niveau ambiance et point de vue que les 3 autres voies gravies. Donc pas trop de regret et on pourra toujours revenir (hors saison !) et pourquoi pas pour des voies en montagne. Je regrette plus de ne pas avoir pu grimper une autre voie dans les Cerces, un coin que j’ai trouvé vraiment sympa pour les longues voies.
Au retour, un petit barrage de vent du nord, au-dessus du Lautaret… derrière, il fait mauvais…

Et les Ecrins, tout enneigés, retrouvent le soleil



Ce retour un peu prématuré permettra, après un peu de repos, la suite du passage en revue d’escalades locales déjà pratiquées quelquefois. Il y’a un petit aperçu dans le sujet suivant :
near-and-far.ch









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