Bye bye les mythiques œufs de la télécabine des Chenus, chamarrées à l'origine puis blancs depuis les années 90. Après 56 ans de bons et loyaux services, l'historique remontée mécanique, qui a façonné la station de Courchevel, a tiré sa révérence pour laisser place, depuis le mois de décembre, à une installation ultramoderne. Ce projet d'envergure redessine totalement le visage du front de neige de la Croisette, cœur battant et carrefour de la station.
Avant d’être une télécabine de dernière génération, Chenus est d’abord une histoire profondément liée à la naissance même du domaine skiable de Courchevel.
Dès l’hiver 1946/47, le massif de la Loze voit s’installer son tout premier téléski, rapidement doublé en 1955. À l’époque, les skieurs logeant au plateau des Tovets peuvent déjà rejoindre ces grands champs de neige, alors perçus comme un terrain d’aventure quasi infini.
La Loze devient très vite un carrefour stratégique : dès 1951, on peut lire dans une revue de la SNCF que le col de la Loze permet déjà de basculer vers Méribel et d’enchaîner des descentes de plus de 1 100 mètres de dénivelé. L’ADN du ski sans frontières est déjà là, bien avant que les Trois Vallées ne deviennent un mythe et le plus grand domaine skiable du monde.
Dans les années 60, Courchevel change de dimension. La société des remontées mécaniques lance un vaste plan de modernisation, et en 1969, Poma livre la télécabine des Chenus reliant Courchevel 1850 au sommet éponyme à 2 238 mètres d’altitude.
Deuxième télécabine 4 places du domaine après celle la Vizelle, équipée des célèbres « œufs » multicolores, elle marque une rupture technologique et visuelle.
Prouesse architecturale pour l’époque, la gare aval des Chenus est implantée dès 1969-70 sur le front de neige, avant même la construction de la Croisette, qui viendra ensuite s’organiser autour d’elle et deviendra le cœur névralgique et battant de la station. Son architecture est signée par l’Atelier d’Architecture en Montagne, fondé à Courchevel par Denys Pradelle et Laurent Chappis, figures majeures qui ont contribué à la création de Courchevel 1850.
Depuis, Chenus est restée un point de bascule majeur vers la vallée des Allues, renforcé encore en 1990 avec l’ouverture de la station de La Tania, accessible directement depuis la gare amont.
Après 56 saisons d’exploitation, la télécabine historique et ses œufs iconiques devenus blancs comme neige en 1994 tire sa révérence au printemps 2025. La S3V, qui exploite le domaine, engage alors un chantier ambitieux, débuté à l'été 2024, pour donner naissance à un appareil entièrement repensé.
Confiée à Poma, partenaire historique, la nouvelle installation est tout simplement la première télécabine de la gamme LIFE, inaugurant une nouvelle ère technologique : plus de fiabilité, plus de confort et de silence, moins d’impact avec une efficacité énergétique renforcée.
Côté pratique, les évolutions sont majeures avec un embarquement facilité. La gare aval sort en effet du bâtiment de la Croisette pour être repositionnée directement sur le front de neige.
Le débit est doublé, atteignant 2 400 personnes par heure, pour fluidifier les rotations et les plaisirs à ski.
En haut, la gare d’arrivée devient un vrai lieu de vie : salle hors-sac, sanitaires publics, terrasse panoramique et espace détente baigné de soleil en plein hiver.
La nouvelle télécabine des Chenus s'inscrit dans une stratégie d’investissement continue portée par la S3V pour maintenir Courchevel au sommet des standards mondiaux.
En dix ans à peine, le domaine a vu arriver la télécabine de l’Ariondaz (2017), la télécabine des Grangettes (2018), la télécabine du Praz (2019), le télésiège des Grandes Combes (2019) et enfin la rénovation complète du téléphérique de la Saulire (2024).
L’objectif est clair : proposer des appareils gros porteurs, confortables, sûrs et performants, capables d’absorber les flux tout en maximisant les temps de ski.
Mais cette innovation est aussi environnementale et s'inscrit dans une stratégie de protection et de préservation du milieu montagnard : matériaux triés et recyclés, réutilisation des granulats du site, plateformes de fabrication sur place pour limiter les transports .
Autrement dit, Courchevel innove en continu, non seulement pour aller plus vite et plus confortablement, mais aussi pour construire un ski plus responsable.
Si Courchevel est souvent associée à ses hôtels de classe mondiale, son shopping et son art de vivre premium, il ne faut pas oublier l’essentiel : Courchevel est d’abord une immense terre de ski et de sports d’hiver.
Joyau des Trois Vallées, plus grand domaine skiable du monde, la station offre une variété exceptionnelle de pistes, et le secteur desservi par la télécabine de Chenus en est un parfait concentré : de la verte Loze Est, à la noire de l’Éclipse créée pour les championnats du monde de ski alpin 2023, en passant par les rouges en forêt de Coqs, Chenus ou Jantzen .
Chenus, c’est aussi un accès direct au ski de haut niveau, avec le stade Émile Allais, inauguré en 1971, et régulièrement théâtre de compétitions internationales avec notamment le slalom Dames en nocturne au programme de la Coupe du monde de ski alpin.
Et demain ? Courchevel regarde déjà vers les Jeux Olympiques d’hiver 2030, avec la volonté affichée de rester une référence mondiale, aussi bien pour le ski de loisir que pour le ski de compétition.
Avec la nouvelle télécabine des Chenus, Courchevel prouve une fois encore qu’elle ne se contente pas de vivre sur son prestige et son aura. Elle innove et investit pour ses skieurs avec un ADN basé sur l'excellence.
Elle continue à faire ce pour quoi elle est née en 1946 : offrir un ski d’exception, dans un domaine pensé pour continuer à tracer l'histoire du ski alpin.
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