Les « 3000 » à skis – EP 3 - Le Vignemale

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Les « 3000 » à skis – EP 3 - Le Vignemale

Randonnée à ski
yrlab
Texte :
Photos :
Aurélien Labry
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Massif du Vignemale, Pique Longue (3298m)

Avec les massifs de Gavarnie et du Mont-Perdu, le troisième spot du sanctuaire des Pyrénées est le massif du Vignemale. Pour peu qu’on s’intéresse un fragment de seconde à l’histoire de la conquête de ces massifs, on ne peut pas passer à côté du plus haut point des Pyrénées françaises, le sommet de la Pique Longue (3298 m).

J’ai vite appris que des grottes sous ce sommet avaient été creusées au 19ème siècle par un illustre pionnier pyrénéiste, le Comte Henry Russel. Un homme qui a régné, pendant près d’un demi-siècle, en maître incontestable découvreur et primo-accédant d’une bonne quarantaine de sommets partagés entre la France et l’Espagne. Il a aussi réussi à obtenir une concession de 99 ans de 200 Ha sur le Vignemale et le glacier d’Ossoue ! L’histoire sur cette montagne est donc vraiment riche et elle en porte encore les stigmates. Ainsi, pour moi mais pour beaucoup de montagnards passionnés, la Pique Longue (3298m) est un 3000 à découvrir absolument.

Nous avons de magnifiques randonnées à ski à faire au printemps mais nous avons aussi des routes hivernales fermées jusqu’au milieu du printemps. Même si la route est déneigée depuis un bon moment, certaines routes n’ouvrent pas avant le 20 mai. Bref, on n'est pas aidé par le Conseil Général ! La route conduisant au barrage d’Ossoue (1834m), point de départ de la randonnée, n’ouvre pas avant début mai. La fenêtre est donc assez réduite pour ne pas faire « trop » de portage..

La difficulté principale de ce genre de course est la longueur de près de 20 km aller-retour avec un bon 1500 mètres de dénivelé positif.. La montagne ça se gagne, et encore plus les bijoux !

Autant partir tôt surtout quand on ne sait pas encore à quelle altitude les skis vont pouvoir être posés sur la neige. Le lever de soleil sur la crête du Vignemale qui devient rose vous motive de surcroît pour quitter au plus vite la voiture et traverser la platitude d’un bon kilomètre du plateau d’Ossoue. Il faut alors remonter la rive droite du barranco d’Ossoue par le sentier d’été. La pente devient sérieuse de suite et teste bien le confort de son sac chargé de briques. Selon les années, il reste encore de bons névés dans les pentes fortes du sentier. Il vaut mieux être bien chaussé d’une bonne semelle pour certains passages. La neige se trouve entre 2000 et 2300 m selon l’hiver passé. En 2020, il m’a fallu faire 450 D+ de portage, en 2019 c'était un bon 300.

Au point 2236 m, le clignotant à gauche est évident pour rejoindre le glacier et le sommet de la Pique Longue. C’est ici que j’ai laissé mes baskets et 6 autres paires attendaient déjà leur proprio.

On passe au niveau des grottes Bellevue mais elles ne sont souvent pas encore visibles, il faut aller en profiter l’été ! Les marmottes sont déjà bien actives et il n’est pas rare de ralentir son ascension pour profiter du spectacle. Vers les 2700 m, les skis sont désormais sur le glacier d’Ossoue qui est généralement encore bien enneigé. Je n’ai jamais vu de crevasses au mois de mai jusqu’à ce jour. Passé les 3000, la pente s’adoucit et la base du couloir sommital apparaît. 

Abris de luxe

La traversée fait un bon 1,5 km en faux plat bien montant. Un beau désert immaculé avec une très belle couronne de pics. Juste avant le couloir pour le sommet, la brèche de Gaube vaut son pesant de cacahouètes ! La vue sur le mythique couloir de Gaube et la vallée dominant Cauterets fait partie de mes pêchés mignons.

Après le glacier, on laisse les skis souvent 150 mètres sous le sommet et souvent avec quelques outils piquants, il ne reste plus qu’à remonter le couloir de 40/45° max. Mais il est aussi tout à fait possible de monter les skis du moment que le cerveau est d’accord ! C’est quand même bon de pouvoir commencer la descente depuis le point le plus haut..

Du haut de cette espèce de cathédrale céleste, je voyais sous mes pieds la chaîne des Pyrénées.. J'étais au centre d'un paradis de neige !

Comte Henry Russel, février 1869

Glisse bien méritée

La descente de récompense est idyllique : seul au milieu d’un glacier large d’un kilomètre, vous ne pouvez que kiffer la vue offerte sur le massif de Gavarnie dominé par le Mont-Perdu ! C’est une très belle piste bleue qui se transforme en rouge avec peu d’exposition. L’avantage de ce cirque de haute altitude est la possibilité d’enchainer plusieurs pics à 3000 (10 !) en rajoutant très peu de dénivelé..

Au final, le dénivelé négatif de ski varie entre 900 et 1200 mètres. Quand le barranco est encore bien rempli de neige, on déchausse vers 2100 et en plus c’et vraiment plaisant car joueur comme le cours d’un canyon. Le retour dans le sens inverse permet de prendre un peu de raccourcis et même de découvrir des névés sous un autre angle de vue !

To Do List

C’est une course d’envergure avec un bon portage mais le regret de l'entreprendre n’est pas possible. Le panorama d’altitude est magnifique. Outre les sommets français, les profondes entrailles des sierras espagnoles dont celle du rio Ara donnent envie de passer une nuit là-haut. Ce ne sont pas les grottes qui manquent, il y a en 7, plus ou moins faciles d’accès, et perché jusqu’à 3200 m. Et accessoirement, cet itinéraire est celui de la première grande ascension hivernale en Europe (11 février 1869) faite par Russel et ses guides. Adishatz !

yrlab
Texte yrlab
"Ascensionner, sentir, écrire"
Henri Béraldi
2 commentaires
NobruDude
Statut : Gourou
inscrit le 25/04/13
Stations : 19 avisMatos : 44 avis
Un bon souvenir ce combo Vignemale/Cerbillona, avec surtout la descente du glacier à Mac12, c'était cool :P :D
yrlab
Statut : Gourou
inscrit le 03/01/16
Stations : 6 avis
Oui vraiment un beau glacier à skier mais on comprend bien pourquoi ça se bouscule pas trop quand c'est l'ouverture ! :)
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