A la recherche de l’effet latéral

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A la recherche de l’effet latéral

Une semaine de quête sur le domaine des Arcs
NobruDude
Texte :
Photos :
NobruDude, Clem, Tophe
Cet article est issu du mag communautaire skipass.com, dans lequel les membres de notre communauté peuvent partager librement leurs plus belles histoires de montagne. Publiez la votre !

Définition

Tout a commencé par une discussion entendue sur un télésiège : assis à côté de coureurs à l’entrainement, ces derniers manifestaient beaucoup d’intérêt pour l’effet latéral !! Mais p…, qu’est-ce que c’est ? Pour ne pas mourir idiots, il a fallu se renseigner et tenter de comprendre un peu de quoi il retournait. Pour la culture, aussi !

Après un peu de Google, on finit par percevoir ce dont il s’agit : on parle du rôle des genoux, de la prise de carre et de l’angle de celle-ci. Cet angle de prise de carres est directement lié à l’inclinaison latérale du tibia, et plusieurs facteurs entrent en jeu, l’inclinaison latérale du corps, l’angulation et la poussée latérale des genoux !

Fort de cet enseignement, et étant pour une semaine à Arc1950 avec plusieurs potes, il nous fallait tester tout ça dans toutes les conditions possibles, et enfin statuer si oui ou non, on maitrisait l’effet latéral !!!

Sur les cailloux ?

Le début de notre quête de cette vérité en ce 1er jour les skis aux pieds est frappé d’une évidence : c’est super sec ! Habitués que nous sommes des pentes Pyrénéennes, très bien servies en terme de neige en cette saison 21/22, notre surprise est à la hauteur du manque criant de manteau neigeux dans les Alpes ! Non seulement, les précipitations n’ont apparemment pas été abondantes, mais ce qui est tombé a dû être bien soufflé ; il en résulte que pas mal de coins qui passent normalement en skis, ne sont plus accessibles sans déchausser et marcher un peu dans les cailloux.

C’est ce que nous constatons sur le spot dit « des paravalanches » au-dessus d’Arc2000, à ce niveau-là, on ne parle plus de requins pour y accéder, il n’y a carrément pas de neige du tout ! Là, honnêtement, pas vraiment d’histoire d’effet latéral, mieux vaut avoir des pompes de rando avec les semelles Vibram que les pompes de slalom… ou alors l’effet latéral, c’est celui qui vous fout le --- biiip ---- sur les rochers !!

A noter quand même qu’une fois la crête franchie, le ski, sur ce versant N-NW, était pas si mal bien qu’un peu irrégulier, avec des alternances de poudre encore froide, et de passages beaucoup plus lourds. Il faut mentionner aussi (le « pisteur » se reconnaitra) un joli passage de barre en mode glissade périlleuse sur le flanc, pas dit que la note artistique soit bien élevée, mais plus de peur que de mal.

Dans la pow pow ?

Suite à cette première journée, décision est prise d’aller chasser la poudre là où, potentiellement, il en reste. C’est un des avantages de bien connaitre le domaine, il reste toujours des trucs à faire, même 10 jours après les dernières chutes. L’effet latéral dans la poudre, ça doit être quelque chose !

Nous voilà donc partis dans un 1er temps vers un itinéraire que je ne détaillerai pas plus ici, d’une part parce qu’il est très exposé au départ, et aussi parce qu’il faut bien se garder quand même quelques jardins secrets. Toujours est-il qu’après quelques virages très bons dans une partie à la fois protégée du soleil et bien penchée, nous voilà en mode sanglier avant de rejoindre la 2ième partie de la ligne : là, c’est pas d’effet latéral dont on a besoin, mais plus d’une tronçonneuse ou d’un coupe-coupe !

Le bas de la ligne est un magnifique champ de poudre avec quelques arcosses bien écartés, quasi vierge : là, on lâche les chevaux, c’est très très bon, et je pense qu’on peut affirmer à ce stade qu’il n’y a pas beaucoup d’effet latéral, on est bien équilibrés sur nos 2 fats, et le plaisir est maximum.

Après une balade forestière pour retrouver la civilisation (voir photo), l’idée est alors de challenger cet effet latéral en altitude : nous voilà donc à faire 2 rotations avec la benne de l’Aiguille Rouge. Le plan est de suivre l’itinéraire sous les câbles du téléphérique, mais comme mentionné plus haut, c’est tellement sec qu’il y a plus de requins que de neige ! On navigue donc sur la partie haute très prudemment, parce qu’avec un petit 40°, si le ski accroche, c’est pas un effet latéral mais bien vers l’avant, et dans cette « no fall zone », c’est pas préconisé. Passé la partie haute, les 2 tiers suivants sont vraiment très bons, le versant rive gauche n’a pas vu le soleil en ce mois de Janvier, et la poudre, bien qu’un peu tracée déjà, est excellente, on finit même avec le frein à main complètement relâché.

Quand ça penche un peu plus ?

Bien qu’ayant un peu déjà éprouvé le concept la veille sous le téléphérique, il nous fallait vraiment se mettre dans la pente pour valider le fameux effet latéral. Pour ce 3ième jour, on est donc allés chercher quelques couloirs en Nord, en espérant que la neige y serait encore acceptable. Après avoir discuté avec les pisteurs locaux (les vrais !!), nous comprenons que le couloir principal de l’Aiguille Grive ne passe pas, trop sec, il faudra donc aller chercher plus loin.

On contourne donc l’aiguille en passant au-dessus de tous les couloirs Nord-Ouest qui se font d’habitude mais qui sont là en piteux état et remplis de requins de toutes sortes. Arrivés sur la face Ouest, celle-ci est non seulement skiée de partout mais la neige y est vraiment moisie, une sorte de trafolle ressaisie, abomifreux ! Mais on a des ressources, et après une traversée main droite, et une nouvelle remontée de qqs dizaines de mètres skis sur le sac, on parvient à l’entrée d’un couloir entièrement vierge, et assez encaissé pour ne pas voir le soleil, jackpot !!

La neige est froide et assez profonde (même si le fond n’est pas loin !!), c’est tout simplement jouissif, à ce stade pas d’effet latéral qui compte, ça skie tout seul, c’est le pied ! Cela restera pour sûr une des meilleures lignes de la semaine, juste parfait.

La suite logique, c’était d’aller voir les couloirs Nord de Combo. Ayant pris le TSD éponyme la veille, on avait pu examiner ceux qui passaient et ceux encore trop secs. C’est donc vers le couloir du Muguet que nous nous dirigeons, avec une nouvelle belle montée à pieds où les skis étant sur le sac, on ne s’attend à aucun effet latéral :

Le couloir a déjà bien été skié, mais encore une fois, on parvient à gratter une dizaine de virages en neige vierge, froide et profonde sur la rive gauche. C’est vraiment chouette, on a tous la banane !

Et pourquoi pas sur la piste ?

Le lendemain, on n’a pas pu résister plus longtemps à l’appel de la piste… et à l’insistance de certains !! C’était le jour parfait pour tester l’effet latéral, un temps sec et froid, des pistes bien larges et extrêmement bien préparées, il n’y avait plus qu’à faire marcher les cuissots.

J'adoooore le carving, j'pourrais faire ça toute la journée !

Gourou anonyme

C’est parti donc pour le championnat du monde interrégional de cassage de genoux, là, je pense qu’on touche du doigt, ou au moins on commence à ressentir le fameux effet latéral. Les pistes étant peu fréquentées, c’est à Mach12 qu’on se penche pour se rapprocher de la courbe parfaite. Les genoux et les cuisses sont à la limite, toutes les aiguilles sont dans le rouge. C’est vraiment marrant, mais un peu fatiguant quand même de ne pas déraper !!

C’est principalement sur les pistes de Peisey-Vallandry, avec une neige de très bonne qualité, qu’on fera les meilleurs virages, le peu de fréquentation nous permettant de monter dans les tours sans mettre qui que ce soit en danger. C’est à cette occasion que notre compréhension de l’effet latéral a fait un bon quantique, même si bien sûr, rien n’est parfait !

A la tombée de la nuit ??

Pour poursuivre l’expérimentation, et étendre le périmètre de nos investigations (c’est le petit côté scientifique !!), il fallait passer à une autre dimension : non seulement il fallait tester ce qu’il se passe à la montée, mais aussi à la tombée de la nuit, « voir » si ça change quelque chose. La journée « officielle » se terminant, je décide donc de monter via le TSD des Lanchettes, juste avant qu’il ne ferme, puis de mettre les peaux pour monter jusqu’au glacier.

Une fois les peaux bien collées sur mes Rossignol Nano Escaper tout neufs (test complet à venir bientôt), me voilà remontant la longue piste qui descend de l’aiguille rouge. C’est la fin de journée, celle-ci est bien râpée, donc il ne me faut pas longtemps pour mettre les couteaux, et là, c’est clair qu’il n’y a plus d’effet latéral, ça bouge plus… et heureusement, c’est le but ! Passé le petit raidillon, je peux ensuite cheminer en me retournant parfois pour admirer le soleil couchant sur le Mont Blanc et les Grandes Jorasses :

N’ayant pas vraiment de raison de m’arrêter, si ce n’est la visibilité de plus en plus faible, je continue presque jusqu’en haut du glacier du Varet. Je suis tout seul, il n’y a aucun bruit (les dameuses ne sont pas encore là), et je peux admirer le sunset sur les montagnes. Malgré le froid saisissant, c’est un moment extraordinaire :

La redescente est vraiment limite, heureusement que c’est une piste facile !! J’ai la frontale dans le sac, mais ça finira par passer sans s’en servir. Par contre, c’est clair que, là, pas d’effet latéral qui compte, le but est de rester debout et de ne pas se mettre une tarte alors qu’il fait déjà presque nuit.

Avec des skis en bois !

Ne reculant devant rien, la poursuite de la quête se concentrera cette fois sur les skis : en effet, ayant connu il y a 2 ou 3 ans un shaper artisanal local, Jules, et sa marque Allinwood, je suis repassé le voir pour discuter un peu, et aussi à l’occasion lui embarquer une paire de lattes pour les tester. Allinwood, comme son nom l’indique, c’est des skis tout en bois, fabriqués avec des bois locaux (frêne, érable, etc..). C’est les White Shadow que je récupère, et c’est donc avec ces planches très joueuses, avec un rayon assez court de 16m que je m’en vais tester l’effet latéral.

Ce coup-là, on peut dire encore une fois qu’on a touché du doigt le concept : quand on appuie et qu’on penche un peu les jambes, ça carve court, ça découpe le terrain, on est en plein dedans : vive l’effet latéral, et surtout les bonnes lattes pour le mettre en valeur. Merci à Allinwood, et surtout à Jules pour ses shapes toujours intéressant. J’ai fait un avis complet sur ces planches, si ça vous dit, c’est par là !

Dans la forêt ?

Enfin, dernier endroit où nous n’avions pas encore étendu notre expérimentation, la forêt ! Et pas de meilleur endroit pour ça que le haut de Arc1600 pour voir (ou pas) si il y a de la latéralité entre les arbres ! Et cerise sur le gâteau, une fine couche (pas plus de 5cm) est venue recouvrir les arbres en moyenne altitude en cette fin de semaine :

Le verdict est sans appel, il vaut mieux ne pas négliger l’effet latéral dans les bois, ou c’est crucifié sur un tronc que vous risqueriez de finir !

Souvenirs

Alors en plus d’une compréhension bien améliorée du fameux effet, on gardera en tête entre autre le Mont Blanc, visible depuis la fenêtre de notre appart et qui nous a émerveillé toute la semaine avec ses différentes couleurs.

On a pu aussi admirer le parc national de la Vanoise (depuis le refuge de Turia), magnifique :

NobruDude
Texte, Photos NobruDude
Enjoy the ride...

Un commentaire

yrlab L'effet latéral est-il soumis à l'influence de la latitude du run ou bien ? :)
 

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