Pauline_23 (03/02/2026) disait:
Bonjour à tous !
Je me tourne vers vous car j'ai un projet qui me tient à cœur : devenir monitrice de ski. J'ai 23 ans et je n'ai pas le parcours classique : pas de club, un bon niveau de ski "loisir" toutes neiges, mais aucune base en slalom (pas de niveau Flèche/Chamois).
Pour être honnête, je me sens un peu démunie. J'ai essayé de demander conseil dans plusieurs ESF, mais au lieu de m'aider, beaucoup m'ont jugée et m'ont dit d'abandonner à cause de mon âge et de mon manque de compétition.
L'ESF n'est pas forcément l'endroit le plus empathique de la planète ...
Officiellement, la barre du monitorat est placée très haut pour des raisons qualitatives: les moniteurs doivent avoir un niveau de ski irréprochable.
Dans la réalité, c'est essentiellement une mesure protectionniste pour maintenir ces jobs dans les stations en interdisant quasiment de fait, l'accès aux non-compétiteurs.
D'où le peu de soutien pour les gens hors sérail ...
Ensuite, la compétition est une école très dure qui forme très bien à la technique ski mais aucunement à l'instruction.
D'où nombre de monos excellents skieurs mais plutôt incompétents pour former des autres, notamment des enfants, qui, mine de rien, représentent la grande partie des clients.
Ceci dit, ils ont raison sur un point: du fait de ce numerus clausus qui ne dit pas son nom, le parcours du monitorat français est difficile.
D'autres t'ont indiqué un fil où Mathilde, elle aussi non compétitrice, est passée par ce chemin avec succès, donc c'est difficile, oui, clairement, mais possible.
Et puis, si c'est ton rêve, il faut essayer.
Que tu y arrives ou pas est finalement assez secondaire, le voyage sera aussi intéressant que la destination.
Ce qu'ils ne savent pas, c'est que je me relève d'une période familiale difficile qui m'a pas mal impactée. À cause de ça, j'ai pris du poids et mon corps n'est plus mon meilleur allié pour l'instant. Mais justement, ce projet de monitorat, c'est mon moteur pour me reprendre en main, retrouver ma condition physique et me reconstruire à travers la montagne.
C'est un bon moyen pour résoudre ces problèmes mais il faudra trouver un environnement avec un minimum d'empathie.
Le travail physique et technique, avec les progrès qui vont forcément arriver, va te motiver.
Et aussi aider à retrouver un physique dans lequel ta tête se sentira mieux.
D'un cercle négatif, passer progressivement à un cercle vertueux et, à 23 ans, tu es encore très jeune pour y arriver !
Je suis parfaitement consciente de la difficulté et je sais que ça ne se fera pas en 2 ans. Je suis prête à m'investir, à prendre le temps (3, 4, 5 ans s'il le faut) et à charbonner pour retrouver la caisse et le niveau technique. La saison est déjà entamée, mais je regarde aussi très sérieusement du côté de l'Italie.
J'ai besoin de vos lumières sur ces points précis :
1. Sur le mental : Comment avez-vous géré le regard des autres ou les remarques négatives quand vous avez débuté sur le tard ?
Plusieurs choses:
Comprendre que le regard des autres est le problème ... des autres, pas le tien.
Comprendre que tu n'es pas inférieure aux autres et même si tu n'est pas la meilleure dans un domaine précis, ça ne l'est certainement pas sur tout. Ça s'appelle l'estime de soi et ça s'apprend graduellement, par exemple, en mettant en valeur ce que tu fais de bien.
Si des gens de l'extérieur le font aussi avec toi, ça simplifie la vie, d'où le choix de l'entourage, il n'y a rien à gagner en restant avec des toxiques ...
Les remarques négatives sont de deux ordres, celles constructives qu'il vaut la peine de comprendre et en prendre ce qu'il y a de bon et celles destructives, qui ne sont que du harcèlement, là, c'est plus un problème de celui qui les fait.
Bon, c'est plus facile à écrire qu'à appliquer et c'est un long travail sur soi ...
2. Sur l'Italie : Quelqu'un connaît-il concrètement les étapes pour le diplôme là-bas ? Est-ce que l'ambiance est plus ouverte aux profils motivés ?
Je ne connais pas vraiment leur système mais, étant d'origine italienne, je peux me renseigner, en attendant quelques liens.
Une explication générale: lucascialo.it
La fédération nationale: collegionazionalemaestridisci.it
L'association Valdôtaine: maestridisci.com
Il semblerait que l'enseignement/certification soit faite par les associations régionales.
Mais parles-tu l'italien ? Parce que même si tu veux travailler en Vallée d'Aoste, le gros des clients ne sera pas Valdôtain.
Accessoirement, il est aussi utile de parler d'autres langues, notamment l'anglais.
Je ne sais où tu vis et si, dans ce projet aux allures de changement de vie, tu prévois de te relocaliser ailleurs ou pas.
Si oui, as-tu envisagé la Suisse ? Si pas la Suisse, du moins tout près pour pouvoir y travailler comme frontalier.
Je m'explique, le monitorat suisse est très différent de celui français, tu peux enseigner très rapidement dès le début du cursus.
Par exemple, avec le cursus Swiss Snow Sports, il y a 4 niveaux de qualification Level 1 à Level 4 (anciennement ZA, Aspirant, Instructor et Brevet Fédéral) et tu peux déjà enseigner avec un Level 1 qui ne demande pas un niveau de ski astronomique.
Ca te permet de mettre le pied à l'étrier rapidement et valider si cette voie te plait ou pas.
La formation Swiss Snow Sports: snowsports.ch
Il y a aussi une formation Jeunesse+Sports moins coûteuse avec des ponts entre les deux filières.
Enfin, être moniteur n'a pas que des avantages, par exemple:
- Ça ne gagne pas autant que certains peuvent le croire
- c'est assez fatiguant si tu travailles tous les jours
- La formation n'est pas donnée, dans les 800€ pour le Level 1, on passe à des 4-5000€ pour les suivants et il faut également ajouter des modules additionnels si tu veux faire tout le cursus.
- Tu as parfois des clients chiants, soit des gamins (à baffer), soit leurs parents (à baffer), soit ceux qui savent mieux que toi (à baffer), voire des collègues détenant la Vérité (à baffer), etc (à baffer aussi)...
- Selon l'école de ski, comme dans tout milieu professionnel, ça peut aussi ne pas être toujours très cordial
- ...
Moniteur en Suisse a aussi d'autres inconvénients spécifiques:
- Le coût de la vie
- Le coût de l'hébergement
- Si tu es frontalière, les formalités administratives et durée/coût des trajets
J'en oublie.
3. Sur l'entraînement : Existe-t-il des "stades de slalom" ou des clubs qui acceptent des adultes débutants en piquets pour s'entraîner sans jugement ?
Tu as des structures d'entrainement pour jeunes adultes et adultes, par exemple à Flaine:
https://www.flainesuperski.com
Ils sont bienveillants. J'y ai souvent vu des skieurs préparer leur monitorat.
Ils ont eu fait des stages d'été sur glacier à Tignes mais, vu l'état du glacier, il faudra se renseigner avec eux si c'est toujours d'actualité.
Il y a aussi des structures plus destinées aux coureurs FIS mais le niveau risque d'être très élevé et il faudra voir avec eux si ton profil rentre dans leurs activités.
Par exemple: https://www.teknski.com/
En Suisse, tu as aussi: https://skiracingcamps.ch/fr/ (ils ont aussi des camps de ski en été sur glacier à Saas-Fee et Zermatt)
Je pense que l'UCPA doit pouvoir être une option moins chère mais je laisse les autres t'en dire plus, je ne connais pas assez.
Indépendamment de la technique ski, il va falloir travailler le physique. Ca te permettra d'encaisser les entrainements ski sans trop souffrir.
A démarrer en douceur et monter progressivement en puissance pour ne pas se blesser ...
Il y a les classiques de l'endurance à faire en été: vélo, course à pied, roller inline, etc ...
Puis des exercices de puissance (fin été, début automne) et de vitesse (avant l'hiver).
Quelques liens, tu trouveras énormément d'autres choses sur le web:
Exercices de base: skipassmeribelmottaret.com
Gainage: ski.bonavolta.ch
Vidéos de jeunes compétiteurs: vimeo.com
4. Sur le matériel : Dois-je déjà investir dans des skis de slalom (SL) ou est-ce trop tôt vu mon niveau actuel ?
Ça dépend sur quoi tu skies actuellement ...
J'imagine qu'avant d'attaquer les piquets, il faudra probablement travailler la technique ski elle-même, en libre.
Et hormis les gros freerides, tu dois pouvoir le faire avec des skis de piste standard.
Tu feras certainement du géant, plus facile à appréhender que le "boxage de piquets" et qui permet de mieux travailler la technique de base.
Puis, pour le slalom, il faudra démarrer l'introduction avec des piquets. idéalement des mini-piquets au début, soit des "tubs" soit des plumeaux, question de travailler le bas du corps sans te préoccuper du haut. A ce stade, de vrais skis de slalom seront préférables, pas forcément des modèles de compétition mais pour skieur sportif.
Enfin, tu vas te battre avec des vrais piquets qui ne seront pas gentils du tout, souvent, ce sont eux qui gagnent la bagarre ...
5. Sur le timing : La saison étant lancée, quel programme physique ou technique me conseilleriez-vous pour finir l'hiver en ayant progressé au maximum ?
Skier, skier et skier ...
Si tu peux déjà faire quelques entrainements avec une structure pour améliorer la technique, tu gagneras du temps.
Il y a des exercices que font les compétiteurs, notamment durant les camps d'été pour "se mettre bien sur les skis" mais sans l'avis/correction d'un coach, c'est délicat.
Exemple de la fédé allemande pour du géant: youtube.com
Pareil en slalom: youtube.com
6. Sur les structures : Entre l'UCPA, Alpes Academy ou les CFA, laquelle est la plus adaptée pour quelqu'un qui a besoin d'un cadre bienveillant et d'un nouveau départ ?
Voir plus haut.
Je cherche du concret et surtout de la bienveillance. Merci à ceux qui m'aideront à tracer ma route !
Bonne suite et envoie au diable tous ceux qui se mettent sur ta route !
inscrit le 3/2/26
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