Les deux questions à se poser concernant les assurances de ski sont : où suis-je secouru (ce qui détermine si le secours est gratuit ou pas) ? Que couvre mon assurance ?

Première étape : il faut déterminer où tu te trouves. Le domaine skiable d'une commune, c?est tout le territoire où il est possible de faire du ski par gravité à partir des remontées mécaniques, sur pistes ou hors pistes. Comme tu as acheté un forfait pour prendre la benne, tu as conclu un contrat avec la société de remontées mécaniques. Le secours sera donc effectué par des pisteurs secouristes engagés par la société de remontées mécaniques et sera payant. Au-dessus des remontées mécaniques, c?est la haute-montagne, où l?on va à peaux de phoques, sans forfait. Là, le secours sera gratuit puisqu'il s?agit d?un « vrai » hors-piste, ce seront les gendarmes, les CRS secouristes ou le PGHM qui viendront te chercher.

Dans le cas d'un secours payant, il vaut mieux être bien assuré. A priori, tous les skieurs sont couverts au minimum (mutuelle, carte Visa, licence, assurance individuelle), pas forcément besoin de prendre l?assurance que la gentille hôtesse de caisse de la remontée mécanique propose systématiquement. C?est Guillaume Ignace, de la fédération française des sociétés d?assurance qui nous l?explique : « tout dépend des garanties dont bénéficie déjà le skieur dans ses assurances personnelles. La garantie responsabilité civile de son contrat d?assurance habitation couvre les dommages qu?il peut causer à un tiers en cas d?accident. Victime d?un accident, il peut faire intervenir l?assurance individuelle accidents ou la garantie des accidents de la vie (GAV). Ces contrats peuvent inclure également des garanties d?assistance, tel que le rapatriement des malades ou des blessés. »

Si tu es encore à l?école ou chez papa-maman, et que tu n?as donc pas toutes ces assurances à ton nom, tu dois être en principe couvert par l?assurance de tes parents, qui, s?ils sont sympas, t?ont déclaré ! Ou encore par ton assurance scolaire ou extrascolaire, si tu en as une.

Les cartes bancaires incluent, selon leur type, différentes assurances pour le ski. D?abord la garantie frais de secours sur pistes avec une carte internationale (Maestro MasterCard et la carte internationale affiliée MasterCard), puis l?assurance Neige et Montagne, avec les cartes « haut de gamme » de Visa et Mastercard, comme la Visa Premier ou la Gold Mastercard. Cette assurance joue pour tous les accidents survenus en pratiquant le ski, le surf, les rando à ski ou à raquettes. Elle prend en charge les frais de recherche et de secours, le premier transport, et elle rembourse les frais médicaux, les forfaits non utilisés... Mais attention, il y a des plafonds et, pour que ça marche, il faut avoir payé un élément du séjour, ton forfait par exemple, avec ladite carte bancaire.

Autre possibilité : les assurances des clubs ou des fédérations (CAF, FFME ou FFS) qui incluent un gros package de garanties supplémentaires (prise en charge directe des frais de secours et de recherche en montagne, le remboursement des frais médicaux en complément des régimes de prévoyance, le règlement d?un capital en cas de décès ou d?invalidité, le remboursement des frais de séjour, des remontées mécaniques et cours de ski non utilisés).

« Si le skieur n?a pas souscrit ces assurances ou s?il estime que ses garanties sont insuffisantes, il existe plusieurs assurances spécifiques dont l?assurance spéciale sports d?hiver que l?on peut souscrire pour la durée du séjour et qui comprend les garanties responsabilité civile, individuelle accidents, frais de recherche, assistance? » Dans ce cas-là, il faut dire « oui » à l?hôtesse de caisse des remontées mécaniques.

Avec trop de couvertures, on n?a pas un peu chaud ? On voit que beaucoup d?assurances se recoupent, mais pour autant, il ne faut pas les négliger et partir skier en pensant qu?il y aura bien un bout de contrat qui pourra rembourser les frais au cas où. « Il est indispensable de se couvrir en fonction des risques auxquels on s?expose et donc du niveau de ski que l?on pratique. En ce qui concerne la garantie individuelle accident qui couvre les propres dommages corporels du skieur, il faut vérifier les montants de garanties car tous les contrats ne proposent pas les mêmes montants. Un détail à ne pas négliger car, bien souvent, dans le cadre de la pratique du ski, le skieur reste en partie, ou seul responsable de ses dommages » (voir cette news).

Autre chose indispensable à vérifier : comment l?assureur couvre le ski hors-piste, le freestyle ou encore le backcountry. « Il faut lire attentivement son contrat afin de vérifier les pratiques, c'est-à-dire les risques qui peuvent être couverts et ceux pouvant faire l?objet d?une exclusion de garantie. Dans ce cas précis, l?assureur risque de ne pas intervenir dans l?indemnisation. » C?est fastidieux, on en convient, parfois il faut une loupe, mais mieux vaut prévenir que guérir !

Texte : Floriane Macaire
Photos : Guillaume Desmurs