/ Texte Guillaume Desmurs _ Photos Ludovic Chauchaix et Guillaume Desmurs _ Vidéo Ludovic Chauchaix


Les marques présentes au Ski Avant Première à Méribel et au salon munichois ISPO ont dévoilé leurs gammes 2012 de skis et de chaussures. Les tendances entrevues l'année dernière se confirment pour le cru 2011/2012. Souvenez-vous, on avait parlé de l'épidémie de Rocker (spatule et/ou talon au déroulé plus ou moins progressif) et d'une famille de ski s'installant chez tous les fabricants : les skis de rando/freeride (free-rando), ou comment monter léger sans sacrifier le plaisir de la descente. Troisième tendance, l'élargissement des skis femmes (qui aurait imaginé un 117 mm au patin pour les femmes, comme en propose Rossignol ou K2, il y a seulement trois ans ?). 


C'est un véritable virus verbal. Il s'est propagé on ne sait comment. Chaque hiver, comme si les communicants s'étaient donné le mot, une phrase revient dans leurs présentations. Une leçon répétée avec constance chez quasiment tous les fabricants. Cette année, LA phrase qu'il fallait dire pour être dans le coup était à peu près celle-là : "alors là on est sur un produit vraiment toutes neiges tous terrains sur lequel on a ajouté un léger rocker pour faciliter l'entrée en courbe et le déjaugeage en poudreuse...". Faites le test, deux tiers des skis peuvent être présentés avec cette phrase magique. 

Qu'est-ce que cela montre ? Que comme dans toute industrie, il y a une poignée d'innovateurs qui prennent le risque et tous les autres qui suivent (avec plus ou moins de pertinence) quand la technologie a été validée par le marché. Le rocker en est un bel exemple et les collections 2011/2012 la parfaite démonstration. 

Le Rocker, donc, la grande affaire du moment, est présent à tous les étages, même chez des marques étrangères à l'idée jusqu'à maintenant comme Stöckli, Elan, Head, Fischer... A l'image de K2, Rossignol structure même toute sa gamme selon le profil du ski et Fischer débute son catalogue sur les trois types de rockers déclinés jusque dans sa famille all-mountain. C'est à se demander si bientôt, on ne parlera plus de rocker puisque le mot sera passé dans le vocabulaire courant et que tous les skis en seront équipés (à l'image du ski parabolique).

Du coup, on discourt beaucoup moins de construction, de ce qu'il y a dans les tripes du ski. On peut noter quelques exception avec Blizzard et son noyau bois monté à l'envers ou Rossignol avec son aramide et son basalte utilisés en noyau. Le Code de Völkl, discrètement (comme en a l'habitude la marque allemande) va encore plus loin en n'indiquant pas ses lignes de cotes sur son topsheet. Comment choisir son ski ? En fonction de son poids, de sa taille et de son niveau, un tableau donne une couleur qui correspond au ski le plus adapté (le noir étant par exemple le plus difficile). Un principe intéressant qui se débarrasse des arguments techno-geek encombrant les catalogues et complexifiant inutilement le discours. A suivre... 

Au-delà du rocker, voyons plus loin. Que provoque-t-il comme conséquences dans notre conception du ski ? Un véritable chamboulement des habitudes est annoncé par les skis 2012. Je m'explique : avant, on avait l'habitude, par simplification, de classer les skis et leur programme selon le critère de la largeur au patin : un 105 sera réservé à la poudreuse et un 85 au all mountain. Cela avait installé des automatismes. En regardant un ski, on pouvait prévoir leur plage d'utilisation : une large spatule est réservée à la poudreuse, un 119 mm au patin avec zéro cambre et double rocker long est absolument inskiable sur neige dure. Vous êtes d'accord ? Et bien tout cela devient caduque grâce à l'exploration de nouveaux profils.  

Large spatule ? 119 mm sous le pied ? Ces deux exemples
 font référence à deux skis 2012 : le premier est le BBR de Salomon (à le voir, on se demande même comment il arrive à tourner) et le second au Shiro de Völkl (impossible de le manoeuvrer sur piste dure, il est trop large - tout comme le S7 de Rossignol qui entame sa troisième saison au catalogue). Et pourtant ils tournent ! Et plutôt bien. Le BBR est un véritable ski de piste vif et accrocheur, le Shiro une surprise du même ordre, avec un comportement sur neige dure tout à fait étonnant. 
Le ski s'envisage en trois dimensions : longueur, largeur mais aussi profil.
Oublions donc nos réflexes de connaisseurs. Nos avantages acquis de skieurs expérimentés. Pensons profil, cambre et relevé de spatule. Et laissons-nous surprendre !

Découvrez les nouveautés en vidéo et les gammes complètes de chaque marque en cliquant sur le nom de la marque.

Salomon

K2

Völkl

Scott

Nordica

Movement

Rossignol

Armada

Dynastar

Black Diamond

Fischer

Elan

Black Crows

Head 

Blizzard

Faction

Line

Stöckli

Coreupt

Kästle

Klint

DPS

... et toutes les autres marques...