Test Columbia platinum peak II 2026

Note moyenne : 8,8/10
Biidou

La tenue qui t'inspire un roman

Profil du testeur : 33 ans | 1,75m | 65kg | Expert | Grenoble
Conditions du test : +/- 10 sorties entre mars et mai dans toutes les conditions, du re-froid aux températures printanières en passant par une journée de l'apocalypse et une autre en freerando

Points forts

Respirabilité
Étanchéité
Légèreté
Position des poches
Sobriété du look

Points faibles

Pas de filet pare neige aux aérations
Pas d'essuie masque
Coupe "pattes d'eph" du pantalon
Solidité : une pression qui pète dès le premier essayage

  • Avant propos

Heureux gagnant du 2ème concours Skipass Live & Columbia de la saison, je goûte mon plaisir d'avoir été récompensé avec une sortie Freeride improbable dans le secteur de la Sure (Autrans). #onlyfreeridecanjudgeme : oui, et maintenant c'est mon tour de juger.

  • Préface

"Ah ouais, tout en couleur sable, on dirait un vrai. Il s'y croit à fond, il doit s'imaginer en train de rider l'Alaska.

Le problème, c'est que maintenant je le confonds avec le blanc de la neige.  

Avant, avec son pantalon jaune et sa veste bleue, au moins je le repérais quand il se mettait une boîte dans la poudre." 

Lalpine, à propos de l'auteur

  • Prologue

Surtout, ne pas se fier aux premières impressions.

Ouverture du carton, séance d'essayage. Ma parole, ça taille (très) grand. D'habitude je prends plutôt du M, cette fois j'ai choisi du S. La veste me tombe à mi-cuisse, je nage dedans si je porte juste en t-shirt, et un pli se forme au nombril. Le pantalon traine par terre quand je suis pieds nus, j'ai des grosses pattes d'eph' à la mode des snowboarders.

Heureusement, il est possible d'ajuster la tenue. La ceinture en velcro du pantalon corrige l'effet baggy ; on ne verra pas mon caleçon sur le tire fesse. Je plie le bas de la veste vers l'intérieur, ni vu ni connu. Je resserre aussi les élastiques pour une coupe plus ajustée.

Paradoxalement, le pare-jupe est très serré. Tellement qu'une des pressions casse dès le premier essayage. Un mauvais signe pour la solidité des matériaux. Ouf, il en reste une ; espérons qu'elle tienne dans la durée. Content de voir qu'il est possible d'attacher veste et pantalon ensemble.

Comme c'est ma première tenue 3L, je suis d'abord très surpris par sa légèreté. 700g pour la veste, 550g pour le pantalon. Je me dis qu'elle ne va pas beaucoup me protéger du froid, mais j'ai appris par la suite que c'était un peu le principe d'une 3L ; il faudra porter une couche supplémentaire en dessous.

  • Chapitre 1: "Quitte à avoir une paire de [...], autant la garder au chaud"

Passée la référence à la blague de vestiaire bien grasse qui a servi à l'équipe marketing de Columbia, il y a matière à discuter le critère chaleur.

Car ce n'est pas la tenue qui me permet de me protéger du fond de l'air bien froid, mais bien la couche supplémentaire que je dois enfiler: polaire en haut, legging ou short en bas. Ça change de mes habitudes.

Et ce n'est pas gênant, c'est même un mal pour un bien côté confort. Car, en ajoutant quelques couches, j'ai beaucoup moins l'impression de nager dans ma veste, surtout au niveau des bras. Par contre, les multiples couches en bas, ce n'est pas bien pratique pour la pause pipi.

  • Chapitre 2: "Conçu pour les jours qui ressemblent au dernier"

Parlons imperméabilité. Notons que je n'ai pas fait face à des journées entières sous des averses de pluie/neige. Mais quelques rouler-bouler dans la poudreuse m'ont confirmé que je resterai toujours au sec. Les coutures sont étanches, RAS. La membrane est bien déperlante, ça fait des jolis photos.

L'Omni-Tech 20k protège très bien du vent : on ne se laisse pas refroidir par les rafales sur les crêtes. Le bas de veste élastiqué empêche justement le vent de passer, et la tenue n'est finalement pas trop large et bien ajustée au torse (pas d'effet parachute/prise au vent). 

La capuche peut être ajustée au casque. Fort bien, ça ne gêne pas la vue. Mais je déteste ça car ça gêne mes mouvements. 

  • Chapitre 3: En freerando

L'occasion de parler respirabilité. Un exemple concret : 2 avril, je m'engage pour 1h de montée en face Nord à 10h sans enlever ma polaire. Pas une goutte de sueur ! C'était un jeudi, mais pas un jeudi transpi.

J'ai quand même ouvert les aérations sous les bras/le long des jambes. Elles sont très faciles d'accès, j'apprécie d'avoir deux tirettes à chaque fermeture éclaire, fermetures qui glissent bien d'ailleurs. Surtout, les aérations font leur job et permettent bien de réguler la température. Seul bémol : il leur manque un filet pare-neige.

Notez que je parle ici de freerando, pas de rando. La tenue est trop ample et peut rapidement être gênante dans certaines conversions en terrain technique. Sans compter que la veste prend beaucoup de volume dans le sac à dos.

  • Chapitre 4: Point fashion week

Abstraction faite des commentaires de Lalpine, la couleur sable du modèle canoe me plait beaucoup. C'est sobre. Mais je ne suis pas duppe. Il y a fort à parier que ça salisse vite et que je me fasse de belles tâches avec le caoutchouc du sol au casier à skis.

La couleur sable se marie bien avec le noir, que l'on retrouve sur les coutures et le superbe T à l'épaule qui indique la collection Titanium. Ça tombe bien, le noir est aussi la couleur dominante de mes autres équipements (casque, sac, chaussures...).

La coupe est plus ajustée que je pensais suite au premier essayage. Ça me satisfait pour la veste, mais je ne vous cache pas que la coupe en pattes d'eph' du pantalon n'est pas à mon goût.

  • Chapitre 5: Les poches

Ici je dois commencer par dire que le positionnement des poches de main est TRÈS bien pensé. Leur accès n'est pas du tout gêné par la ceinture du sac à dos. Il n'y a que si vous portez un baudrier que vous serez embêté.

Pas de poche intérieure pour le téléphone ou la CB, mais c'est largement compensé par deux poches de poitrine très grandes (vous pourriez même y glisser une tablette #idée_à_la_con), elles aussi faciles d'accès même avec un sac à dos. Au poignet on trouve un compartiment pour le forfait qui est un chouyia trop petit.

Le compartiment à l'intérieur est destiné pour y mettre un masque. Il y a tout juste assez de place pour y glisser les peaux lors des sorties freerando, mais c'est juste.

Ce qui manque vraiment, c'est un petit essuie masque dans une des poches. Ça ne mange pas de pain, et pourtant c'est tellement l'accessoire indispensable des journées les plus humides.

  • Chapitre 6: Liberté de mouvements

La marque dit : "cette veste offre une mobilité complète pour des mouvements dynamiques lors de journées complètes en montagne". Certes. Je confirme à 80%, les 20% restants étant que ce n'est pas non plus du matos' d'alpinisme. Et elle reste aussi trop large pour un usage quotidien vélo-boulot à Grenoble. Peu polyvalente, c'est donc une veste Freeride et j'ai toujours été à l'aise dans mes mouvements en ski, même avec beaucoup de couches en dessous.

  • Conclusion

Je l'adopte. La tenue n'est pas parfaite, certes. Mais on s'accomode bien de ses imperfections. Et on apprécie surtout un contrat bien rempli côté étanchéité, respirabilité et look.

  • Appendice

Parlons marketing. On les a vues, les bannières publicitaires, sur Skipass. Oh oui ! On a même lu un slogan (au mieux) maladroit qui a créé la polémique, à juste titre. Passée cette faute de goût, je voulais quand même saluer l'originalité et le ton décalé de la campagne qui a cassé les codes beaucoup trop lisses du secteur outdoor. Pas de surenchère visuelle, exit les pentes vierges ensoleillées d'Alaska. Place aux conditions galères qui raisonnent bien avec ce qu'on attend d'une tenue Freeride ; nous protéger face aux éléments. 

  • Note de l'auteur

Il me tarde de retourner dans le Vercors vêtu de mon ensemble pour boucler la boucle.

Pour qui ?

Pour du ski par gravité dans les conditions des plus lisses aux plus apocalyptiques, jusqu'à s'échapper parfois en freerando

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