Une découverte sans a priori
J’ai essayé les VAN DEER Freeride 98 lors du Ski Force Pro à Courchevel, le même jour que les Blizzard Rustler 9 et les Majesty HNXL Ti (et d'autre comme le Rossignol Soul 92, Majesty CTI,..), sur les mêmes runs et dans les mêmes conditions.
À ce moment-là, je ne connaissais pas la marque. Je suis donc arrivé sans attente particulière. En découvrant le ski et son positionnement, j’ai même eu une petite hésitation : est-ce que je n’allais pas me retrouver sur quelque chose de trop exigeant pour moi ?
Deux descentes plus tard, je les rendais avec une grosse banane. Une sacrée découverte !
VAN DEER, c’est quoi ?
VAN DEER est une marque autrichienne lancée en 2021 par Marcel Hirscher, huit fois vainqueur du classement général de la Coupe du monde, qui s’est ensuite associé à Red Bull. À l’origine, il voulait fabriquer des skis haut de gamme pour lui, sa famille et ses amis. Le projet a pris une tout autre dimension, avec l’idée de mettre son expérience et son exigence du matériel au service de sa propre marque.
Le Freeride 98 est le modèle polyvalent de la gamme freeride. Quelques repères techniques annoncés par la marque :
On est clairement sur du haut de gamme. La qualité de fabrication donne une belle impression, et une fois sur la neige, on sent qu’il y a du matériel sous les pieds.
Prise en main : du caractère, mais ça me parle
La construction et la rigidité se ressentent assez vite. Le Freeride 98 a de la consistance, un vrai caractère, et je comprends qu’il puisse sembler exigeant à certains.
De mon côté, je l’ai trouvé plutôt "facile" (j'insite sur les " ") à prendre en main. Il faut remettre ce ressenti dans son contexte : je skie déjà sur des Majesty Adventure GT Ti et des Havoc 110 Ti. J’aime les skis rigides, stables, avec de l’appui. Ce qui peut paraître un peu physique ou intimidant à d’autres correspond assez bien à mes goûts.
Je ne dirais donc pas que c’est un ski pour tout le monde. Mais pour moi, la rencontre a été immédiate. Je me suis rapidement senti en confiance, avec l’envie de voir ce qu’il avait dans le ventre.
Sur piste : 98 mm et un vrai plaisir à carver
C’est probablement ce qui m’a le plus impressionné. Pour un ski de 98 mm au patin, annoncé freeride, la facilité à mettre sur l’angle et à carver est vraiment réjouissante.
La mise sur la carre se fait naturellement, le ski accroche et la conduite est précise. On peut vraiment s’amuser sur piste avec ces skis, et pas seulement rejoindre la prochaine zone de neige fraîche.
Dans les passages durs et verglacés du test, la tenue m’a également beaucoup plu. Sur toutes les neiges rencontrées pendant ces deux descentes, j’ai retrouvé des appuis solides et un comportement rassurant.
Et puis il prend de la vitesse. Beaucoup. Assez facilement, même. La stabilité donne envie de laisser courir et de prolonger les courbes. Le genre de ski avec lequel on peut rapidement aller plus vite que prévu, justement parce qu’il reste très posé sous les pieds.
Neige retournée et trafolle : il gomme le terrain
Les conditions du jour permettaient de passer assez vite d’une portion bien damée à une neige nettement moins accueillante. De la neige brassée, des accumulations, de la slush… un bon petit mélange.
Le Freeride 98 m’a impressionné par sa capacité à gommer les irrégularités. Il traverse, absorbe, garde sa stabilité et permet de continuer à skier avec confiance quand la piste se dégrade.
Je retrouve là quelque chose que j’aime sur mes Majesty : ce côté solide qui permet d’aborder la neige retournée sans avoir l’impression de subir chaque tas. Sur ces VAN DEER, le mélange entre précision de conduite et capacité à encaisser le terrain m’a franchement séduit et est même encore plus exacerbé que sur mes skis ! On sent que le ski peut faire beaucoup de choses, et qu’il a de la réserve.
En bord de piste : envie d’aller beaucoup plus loin
Même impression lors des incursions en bord de piste : dans les conditions rencontrées, ça passe, ça reste stable et ça donne envie de continuer.
Je n’ai pas fait de véritable sortie hors-piste ni testé ces skis dans une vraie épaisseur de poudreuse. Je garde donc cet aspect à découvrir.
Mais mon envie de les essayer dans la poudreuse est très forte. Avec les Majesty HNXL, j’avais notamment une interrogation sur la spatule et le déjaugeage. Avec les Freeride 98, je suis surtout curieux de voir jusqu’où ils peuvent aller : vu ce qu’ils m’ont montré sur cet essai, je me dis qu’il doit y avoir moyen de se faire vraiment plaisir.
Ça donne envie d’attendre une bonne chute et de les reprendre pour une journée complète.
Le gros point faible : le prix
À 1 150 € sans fixations, il faut quand même avoir très envie de se faire plaisir.
La fabrication est soignée et les performances ressenties sont excellentes. Je comprends le positionnement haut de gamme. Mais le tarif reste un très gros frein, et c’est clairement le principal reproche que je leur fais à l’issue de ce test.
Ils peuvent être exigeants à skier pour certains. À acheter, en revanche, ils sont très exigeants pour le portefeuille !
En les rendant, je me suis dit que, si le budget suivait, je leur ferais volontiers une place dans ma collection. Un achat plaisir, clairement. Et quel plaisir…
En conclusion
Un gros coup de cœur sur ces deux runs. J’ai découvert une marque que je ne connaissais pas et un ski qui correspond très bien à ce que j’aime : de la rigidité, une grosse accroche, de la stabilité et une conduite précise. La facilité à carver pour cette largeur m’a particulièrement surpris, tout comme son comportement dans la neige retournée. Pour mon profil et mes habitudes, la prise en main a été rapide et le plaisir immédiat. Le prix reste le gros point faible. Pour le reste, je suis surtout reparti avec l’envie de les skier plus longtemps et de découvrir ce qu’ils donnent dans une vraie journée de poudreuse.
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