Je tenais à écrire un avis complet sur les Black Crows Atris 2018, une paire que je possède depuis 2020 et dont je ne me lasse toujours pas. Saison après saison, ils continuent de m’accompagner dans les grosses conditions et me donnent toujours autant de plaisir. Après plusieurs années d’utilisation, ils méritaient largement un retour détaillé et honnête.
Le Black Crows Atris 2018 est présenté comme le freeride polyvalent emblématique de la marque : un ski large, joueur, stable, capable d’envoyer en grande courbe tout en restant maniable grâce à son double rocker. Avec ses 108 mm au patin, il se positionne comme un ski “big mountain accessible”, pensé pour flotter, pivoter et rester sain dans toutes les neiges.
Black Crows met en avant :
4.1 Comportement général
Dès les premiers virages, on sent qu’on est sur un ski long et large, pensé pour faire du tout droit. Le 189,4 peut faire peur sur le papier, surtout pour mon gabarit (1m76), mais en réalité il reste étonnamment facile à skier grâce au double rocker avant/arrière qui allège énormément l’entrée de courbe et le pivot.
Le ski donne une sensation de bateau stable : ça trace, ça amortit, ça flotte, et ça reste propre même quand la neige devient compliquée.
Sur neige verglacée, j’ai noté que l’avant et l’arrière ont tendance à vibrer, ce qui est logique pour un 108 mm au matin et de longueur 189 lol. On ne va pas faire des grandes prises de carre dans ces conditions, ce n’est pas son programme.
Malgré tout, pour un ski de cette largeur, il reste plus stable que prévu sur piste. Le rayon de 20 m donne une sensation de rails, et tant qu’on reste en grandes courbes, ça tient. Pour les petits virages, c’est possible… mais il faut forcer comme un "âne". Ce n’est clairement pas un ski fait pour ça.
4.2 Sur piste
Ce n’est pas son terrain naturel, mais il se défend mieux que ce qu’on pourrait imaginer pour un 108 mm. En grandes courbes, il reste stable, posé et prévisible. En petits virages, ça passe, mais il faut pousser fort pour le plier. Sur neige dure, il reste correct mais limité, et sur glace, les vibrations en spatule et talon réduisent l’accroche. Rien d’anormal pour un ski de cette largeur.
4.3 Neige dure
Ce n’est pas son domaine, et il ne cherche pas à faire semblant. Il reste prévisible, ne décroche pas brutalement, mais on sent clairement que ce n’est pas un ski de piste. Rien de choquant : un freeride de 108 mm n’a pas vocation à briller sur de la neige béton.
4.4 Trafolle et neige transformée
C’est là qu’il devient excellent. Le ski se comporte littéralement comme un bateau : il absorbe tout, écrase les irrégularités, ne tape jamais et reste fluide même à bonne vitesse. Je n’ai jamais réussi à enfourner les skis, même en me mettant franchement sur l’avant, ce qui est assez impressionnant pour un ski aussi long. On peut descendre tout droit, envoyer, faire des sauts droits, jouer avec le terrain… mais ce n’est pas un ski pour les figures ou les réceptions techniques. On est dans du freeride pur, pas du freestyle.
4.5 Poudreuse
C’est son terrain de jeu, et là il devient magique. Dans 40, 50 cm ou plus, il flotte sans aucun effort. On ne s’enfonce jamais, même en neige lourde ou en terrain raide. Le double rocker le rend très maniable malgré la longueur, et pour mon gabarit, je le trouve même étonnamment facile à skier. C’est un ski plaisir, un ski qui donne envie d’aller chercher les pentes vierges, un ski que je sors systématiquement quand il y a de la grosse poudre.
4.6 Polyvalence
Je ne parlerais pas d’une polyvalence “tous terrains / toutes neiges” comme un all‑mountain. Pour moi, c’est un ski polyvalent dans le freeride, pas en station. Je le sors quand il y a de la poudre, quand les conditions sont mauvaises, quand la neige est profonde, lourde ou trafollée, ou quand la piste n’a plus aucun intérêt. Ce n’est pas un ski pour rester sur piste : c’est un ski pour sortir des sentiers battus, pour aller chercher la neige fraîche ou les zones défoncées.
Faction CT 3.0 : L’Atris est plus accessible, plus tolérant, moins exigeant, moins raide.
Rossignol Soul 7 : L’Atris est plus stable, moins “jouet”, plus sérieux à haute vitesse.
Design : très propre, typique Black Crows.
Semelle : probablement la plus solide que j’ai eue. Même en passant sur des cailloux, elle marque très peu. Je les ai depuis 2018 et je les ai rebouchés très rarement.
Carres : rien à dire, ça ne bouge pas. Affûtage annuel suffisant.
Topsheet : c’est le point faible. Le topsheet 2018 a tendance à s’écailler, surtout en spatule. Sa durabilité n’est pas au niveau du reste du ski.
Le Black Crows Atris (2018 en 189,4 cm) est un freeride pur, fait pour la poudre, la trafolle, les neiges compliquées et les grandes lignes. Il flotte, il amortit, il reste stable et permet d’envoyer sans se poser de questions. Sur piste, il fait le job, mais ce n’est pas son monde. En poudreuse, c’est un régal absolu. En trafolle, c’est un bulldozer joueur. En neige dure, il survit, mais ce n’est pas son objectif. C’est un ski que je garde depuis 2018 et que je continue de sortir dès que les conditions deviennent sérieuses !