Salewa -  Ortles : un sommet haut de gamme

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Salewa - Ortles : un sommet haut de gamme

Récit de l'ascension du sommet éponyme à la gamme d'alpinisme de Salewa.
Salewa
Oliver Gough
Texte :
Photos :
Oliver Gough, Federico Modica

Conviés dans le Sud Tyrol par Salewa afin de découvrir quelques produits de sa nouvelle gamme Ortles, conçue pour l'alpinisme technique, nous avons eu la chance de nous voir proposer une ascension au sommet du même nom. Cette montagne a inspiré bon nombre de guides des Alpes de l'Est et comme elle revendique d'être le plus haut pic de cette région (à 3905m), nous ne pouvions qu'accepter.

Savourez ici un contenu brut et montagnard puis foncez retrouver dans notre autre article un zoom sur ces nouveaux produit Ortles par Salewa.

Pas de chichis

C'est parti pour l'ascension avec au programme pour cette première journée de montagne, 1100m d dénivelé pour rejoindre le Payer Hut sur l'arête nord de l'Ortles à 3000m d'altitude. Nous décollons donc tardivement après une présentation presse des produits Ortles à l'hôtel. Il est donc 13h15 et nous avons pour objectif de mettre 4h à atteindre notre camp d'altitude pour l' “apéritivo”. Après un départ sur une passerelle au milieu d'un somptueux lac rempli de truites et une belle vue sur le clocher du village, le sentier serpente tranquillement à travers une vieille forêt de mélèzes et de pins noirs. Les oiseaux Casse Noix circulent d'arbre en arbre pommes de pins dans le bec à disséminer les graines nécessaires au renouvellement de cette forêt vieillissante.

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Rapidement l'on sort de cet étage boisé et le sentier continue sa progression à travers d'immenses pierriers et restes de moraines, un premier refuge pointe alors le bout de son nez. Ce n'est pas le Payer mais une pause permettra de profiter un peu du soleil en terrasse et de rassembler les troupes.

A la table des guides ça débat assez intensément. En effet la météo n'est pas très favorable pour le lendemain matin avec d'épais nuages au programme et de la pluie (et neige) à partir de 10h et ils cherchent donc une solution pour que l'on ne rentre pas bredouille de ce séjour tyrolien.

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Les choses s'accélèrent...

L'annonce tombe alors presque comme une blague: Il est 15h30 et les guides proposent aux plus motivés (et expérimentés) de tenter le sommet dès ce soir, avec une arrivée en haut à 3905m vers 19h au coucher du soleil et une re-descente jusqu'au refuge Payer à la lueur de la frontale. Les calculs de dénivelé se font rapidement dans la tête de tous : Il reste 500m de D+ jusqu'au refuge où nous pourrons alléger les sacs et passer notre équipement en mode “alpi” puis 900m du refuge au sommet comprenant de longues portions d'évolution complexe dans des amas rocheux. Mais surtout une fin d'ascension glaciaire raide, technique et parsemée de crevasses suite à l'année très sèche que nous venons de vivre. Il va donc falloir être rapide, efficace et surtout en forme car avec déjà 600m de D+ dans les pattes nous n'en avons pas fait le tiers et le plus dur reste à venir ! Surtout avec un sommet proche des 4000m, atteint en un seul assaut depuis la vallée et donc sans “acclimatation”.

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Une dizaine de personnes lèvent la main pour se porter volontaire et c'est parti. Les guides infligent un rythme du diable dans les lacets raides entre les falaises pour atteindre l'arête puis le refuge Payer. En 45minutes les 500m sont avalés et ils peuvent alors faire le tri dans ceux qui ont tenu le choc de cette accélération et peuvent aller au sommet et ceux qui n'iront pas.

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"Summit in one push"

Après 15minutes de pause c'est reparti, cette fois sur un rythme certes plus lent mais soutenu quand même. En tête de 4 cordées de 2, nous marquons le pas avec mon guide Tobias pour progresser avec vitesse dans pierres et trouver la sente qui évolue tantôt sur le fil de l'arête, tantôt plus bas dans la face au soleil couchant. Les quelques passages plus délicats sont heureusement équipés de chaines ou de pieux en acier permettant de passer la corde et s'assurer sans pour jamais être à l'arrêt. Une fameuse dalle en style via-ferrata me donne l'opportunité de dégainer l'appareil et immortaliser une des parties les plus vertigineuses du tracé... Pour le moment.

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Arrivés sur le côté du glacier qui composera la deuxième moitié de cet assaut final nous chaussons les crampons. Le manque de précipitations pluvio-neigeuses de cet été se ressent... La glace est très vive et noire à de nombreux endroits, il va falloir faire attention. Heureusement subsiste une dizaine de centimètres de neige un peu molle d'un orage de la semaine précédente qui nous donne de la confiance pour la suite.

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Le glacier est raide et surplombé de quelques séracs. Le drame de Marmolada de cet été me vient tout de suite à l'esprit. Les conditions sont froides mais quand même, on ne va pas trainer trop longtemps en dessous... On serpente entre les crevasses, parfois bien bouchées, parfois en traversant des ponts de neige qui, a mes yeux semblent bien fins, mais ne font pas ralentir Tobias.

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Cordes fixes et échelles en alu...

Un nouveau crux apparait : il faut franchir une grosse crevasse et un mur de glace vertical sur 6 mètres. Une échelle permet de passer par dessus la crevasse et ce sont ensuite deux cordes à noeuds qui “sécurisent” la montée verticale dans la glace bleue. Je suis bien content d'avoir mon guide qui m'assure depuis le dessus et les noeuds bien calés dans le fond des paumes. Âmes sensibles s'abstenir, la crevasse est profonde et je ne traîne pas à regarder en bas.

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La partie raide du glacier est franchie et le sommet semble proche. On distingue bien la croix métallique qui le surmonte. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. La proximité est illusoire. Afin de rester sur le tracé le plus safe, nous mettons cap à l'ouest en contournant le dôme final. La croix, à l'est, s'éloigne et disparaît. Plus loin une immense crevasse nous oblige à un détour de 300m de long. Au niveau où on en est c'est une vraie punition d'autant plus que je commence vraiment à en baver. Il ne reste probablement plus que 100m de dénivelé mais ça me semble interminable et mon ventre est vide. La gourde aussi. Des crampes saisissent mon pied droit à répétition, probablement dues à un laçage à la hâte pour faire partie de ce groupe de tête. Bien évidemment n'ayant pas prévu de faire le sommet “le soir même” je n'avais pas géré mon eau et mon alimentation pour inclure ce petit 900m de D+.

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Fringale et altitude

Le mode zombie est enclenché, je regarde mes pieds et mes crampons attaquer la neige. Leurs pointes usées s'enfoncent dans cette matière froide mais si douce et quelque part réconfortante sous les lueurs du soleil qui se couche.

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Encordés à 4 avec de grandes longueurs entre nous depuis le ressaut raide, on avance à pas raccourcis. Chacun essayant de garder la corde tendue entre nous. J'ai basculé en 4ème position et la vue est sublime. Mon mode zombie me laisse quand même le temps de scruter un peu le paysage. Les montagnes à l'ouest disparaissent dans les nuages noirs de la perturbation qui doit nous atteindre dans la nuit. Mais pour le moment on a encore la chance d'avoir un peu de soleil. Ce ne sera pas un sunset de carte postale mais la lumière automnale rasante nous donne juste assez de chaleur et d'énergie pour atteindre le sommet.

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Sommet !

Ça y est la croix est sous nos doigts. Posée sur un monticule rocheux, elle est facile à atteindre depuis le glacier. Derrière elle, le fond de vallée et le village de Sulden d'où nous sommes partis il y a seulement 5h, se dévoile tout à l'ombre et déjà presque dans sa robe nocturne. Il est 18h30 et nous avons mis environ 2h depuis le refuge.

Quelques “sunset-summit-selfies”, tapes dans les mains, “well-done”, “awesome”, un tour d'horizon, quelques photos, une petite barre et c'est déjà le temps de redescendre. Le vent glacial qui fouette le sommet a eu raison de nos mains et nous passerons la première demi-heure de la descente à tenter de nous les réchauffer.

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Le mode “retour-maison” est enclenché. On marche vite car on veut couvrir le plus de distance possible avant que le soleil ne se couche complètement et que la nuit n'enveloppe la montagne. Plus bas nous croiserons quelques autres cordées de notre grand groupe qui n'iront finalement pas jusqu'en haut, faute de temps. Nous arriverons jusqu'en bas du glacier avant d'allumer les frontales et parcourir les cailloux piégeux jusqu'au refuge. 

La montre affiche 20h30 lorsqu'on nous tend une grande bière en arrivant sur la terrasse du refuge Payer. Mission accomplie. On aura “torché” le sommet et en guise de récompense on pourra faire la grasse matinée le lendemain.

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La chaleur de la salle de repas du refuge nous englobe. Des plats délicieux et très généreux nous sont servis. Je passe rapidement d'un état d'hypoglycémie à celui d'une panse au bord de l'explosion.

Les guides sont contents, leur plan à fonctionné (du moins pour une petite partie de l'équipe) et nous pouvons nous en réjouir en échangeant quelques breuvages maison.


Chose étrange, ils ne connaissent pas le génépi dans le Sud Tyrol - ma topette fera sensation.

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En complément de ce récit, n'oubliez pas d'aller voir l'article sur la gamme Ortles de Salewa et découvrir notamment Gabriel, alpinisme non-voyant qui lui aussi à gravi l'Ortles et d'autres !

Cet article est une production Skipass.com réalisée avec le soutien de Salewa

2 Commentaires

Carine_be Clair, ça donne envie! Faut parfois se faire bousculer et sortir de sa zone de confort, ça fait tellement de bien après ;)
 

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