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Huck, Chuck and Two smoking barrels

Rencontre avec les auteurs de "Huck&Chuck", un dvd de ski mais pas que.
article Saison 2005-2006


On s?était donnés rencard juste après les portes ouvertes de la prestigieuse Ecole Supérieure des Arts Appliqués (ESAA) de Vevey, avenue Nestlé, 1. Je voulais y passer faire un saut, voir les installations photo de la nouvelle école du gros. Et ça tombait bien pour les frères Falquet, et pour notre discussion vu que Nicolas y avait fait ses classes, 5 ans de filière Déco au bord - et presque au bout - du lac Léman.

Attablés dans la cafétéria devant une tartine de houblon et quelques miettes de pain au chocolat (suisse?) voici donc en ce samedi de novembre, à ma droite : Loris Falquet, 25 ans, et en face de lui : Nicolas Falquet, 27 ans. Skieurs professionnels vaudois, et faiseurs d?images, deux cerveaux pas toujours à l?endroit de la scène freeride internationale (avec des barres dedans).

Auteurs d?une trilogie confidentielle (?Flipped?, ?Loser? et ?Bob?) ils sortent cette année leur premier DVD disponible à la vente, une histoire à la sauce Falquet intitulée Huck&Chuck. Interview ?vite fait? qui a réussi à finir avant le match (Suisse-Turquie, 2-0).


teaser (6Mo)



S** Qui sont les frères Falquet? et pourquoi ?les frères Falquet?...

Loris : Bon en fait je vais présenter Nico, on fait toujours comme ça. Je suis le plus jeune, né en 1980, Nico en 1978, et puis on est ?les frères Falquet? parce qu?on a toujours skié ensemble, on a eu les même sponsors, d?ailleurs nous deux on s?appelle la couille droite et la couille gauche.
Je sais pas, tu as quelque chose à rajouter sur le fait qu?on soit deux Nico?
Nico : C?est aussi pour faciliter les négociations, si on est deux tu dis ?on, on, on?, c?est beaucoup plus facile que de dire ?je, je, je?. Non, mais c?est vrai qu?on a toujours skié ensemble, du coup le jour où l?occasion s?est présentée de faire des images, on était là tous les deux.

S** Comment on vous reconnaît sur des lattes ? Dans ?Pass it on? par exemple ?

Nico : Ah, y?a une petite différence de style, tenue de bâton...
Loris : Tenue de bâton, je l?ai trop refermé, avec le poing là. Il va être corrigé, donc peut être que l?année prochaine y?aura pas ça. Il y a le coup de poignet des fois comme ça, à la sortie du virage.
Nico : Bon là on pinaille, mais je met peut être plus souvent la tête en bas, parce que des fois ça s?y prête pis j?aime bien, mais autrement il n'y a pas vraiment de grosse différence de niveau, peut-être une approche un peu différente...

Nico et Loris à la cafet' (photo © Benoit Vollmer)


S** Le ski, ça vous est venu comment, académique/piquets ou ... ?

Loris : Rien du tout. Pour le plaisir. En fait on skiait vraiment comme des ploucs il y a encore pas si longtemps, on a regardé des images quand j?avais 14-15 ans, c?était catastrophique. Et puis on a eu un petit déclic, il y a un âge où tu prends un peu de masse musculaire, c?est peut être ça... Non, on a appris sur le tas en regardant des vidéos, des journaux, et puis on s?est beaucoup corrigés en filmant, en regardant le soir et en disant : ?ça c?est nul, ça faut corriger, ...?
Nico : Bonne école, vraie école du freeride, tout appris par nous même. Ca fait quand même déjà 10 ans.

S** Et le film de ski, comment vous y êtes venu?

Nico : Déjà par rapport au monde du freeride, on se sentait bien là dedans parce qu?il n?y avait pas cet aspect de compétition, c?est bateau de dire ça mais c?est vrai. Mais quand moi je dis ça, c?est quand on m?invite à l?Extrème [de Verbier] je dis non, ça ne m?intéresse pas ce n?est pas mon truc, je respecte, Loris le fait [il a fait 5ème en 2005], mais je comprends pas le plaisir qu?on prend à se stresser...
Bref on a commencé à se filmer comme ça, on a commencé à faire des images. On a rencontré Dominique Perret, et Seb Michaud, il y a dix ans maintenant, aussi. Ils nous ont dit que c?était possible d?en vivre, d?arriver à construire quelque chose avec notre sport juste en faisant des images. c?est comme ça qu?on s?y est mis, et puis de fil en aiguille on a commencé à travailler avec d?autres personnnes, puis à trouver le financement pour acheter de la pellicule, parce que les ricains le faisaient alors il fallait que nous aussi, et puis après tu comprends pourquoi tu tournes en pellicule...



(Son : se chier en saut de barre - bien écouter la fin, 2'30, env. 2Mo)


S** L'histoire de vos trois derniers films, qui quoi pourquoi comment ?

Loris : Que dire... Le premier [Flipped] c?était un peu une réaction par rapport aux gens qui pouvaient nous traiter de fous, donc on s?est dit qu?on allait aller dans ce sens, on s?était mis dans une petite pièce avec des camisoles de force...
Nico : en fait c?était surtout pour faire un projet pilote, très court, 5 minutes. Ce qui est intéressant c?est que ça a énormément géné : quand Loris est dans sa camisole et qu?il se tape la tête contre le mur, il y a des gens qui n'ont vraiment pas apprécié ça, qui on trouvé ça vraiment pas agréable. Mais en même temps ça nous a donné une certaine notoriété, un certain sérieux par rapport à ce qu?on voulait faire, et on est moins passé pour des fous après...
Deuxième film ça n?a rien à voir, on voulait travailler avec un personnage qui fantasme sur ce qu?on fait. C?est vraiment un loser (d?ailleurs c?est le titre du film)... Le troisième film qu?on a fait, Bob, le film de l?année passée, on voulait tout remettre ensemble et créer un genre de trilogie. C?est un personnage qui rentre dans notre univers, on lui refile une pillule, c?est très imagé. Et puis au moment où il laisse tomber les drogues, il se retrouve dans le même cas que nous...
Loris : ... il prend sa vie en mains et il part skier quoi!
Nico : Et il passe pour un fou, en fait c?est ça le truc.
Et puis cette année on a fait quelque chose de complètement différent, on avait envie de travailler sur l?exemple, sur l?image qu?on pouvait donner aux jeunes. On a essayé de faire une histoire toute bête, c?est un peu nous qui nous voyons dans le futur. L'histoire d'un gamin qui fantasme sur notre parcours : Loris et moi on est des mafieux...
Loris : Déjà le gamin il fantasme parce qu?il est bombardé de clips de rap, de jeux vidéos, d?images violentes
Nico : Mais c?est un cliché, il se raconte une histoire, et puis gentiment on arrive aux images de ski en récupèrant notre matos après s?être échappés de prison. Ca finit plus ou moins mal, mais le gamin est convaincu qu?on est quand même un bon exemple, et quoi quil arrive il sait ce qu?il veut faire : il sera freerider.
C?est surtout un nouveau défi technique. Putain, j?en ai perdu des cheveux sur celui-là! Il commence à y avoir des personnages, deux-trois dialogues, aussi léger que ce soit, fallait quand même le faire, faire jouer des gens, tenir un scénario.


S** Comment se passe un tournage ?

Nico : Le problème c?est que je fais tout. Enfin, Loris m?assiste, mais on est pas super organisés dans ce sens là. Au mois de novembre, on finit à peine le film d?avant et on commence à concrétiser les premiers projets avec nos sponsors... En gros les images d?action elles sont produites pour les marques et vendues aux marques. Je négocie pas les budgets pour faire un film, parce que je serais pas crédible... L?approche est très longue, jusqu?à l?ISPO on sait pas encore quel sera notre budget pour faire le film, mais on a déjà commencé à tourner.
En général il y a Guido Perrini qui nous suit, mandaté par O?Neill pour leur faire des images, et puis après il y a Myriam Lang-Willar qui est là aussi, de temps en temps derrière la caméra, pas forcément l?appareil photo parce qu?elle aime aussi filmer. Jancsi Hadik est toujours derrière aussi pour shooter. Dans le pire des cas on part à deux faire des plans de coupe, ou dans des coins à nous, c?est clair qu?on va pas faire des journées d?hélico à deux.

S** Meilleure journée la saison dernière ?

Nico : J?en ai une belle où Loris était pas là, une face nord de l?aiguille d?Argentière, on a pu poser à mi chemin en hélico, le reste était tout bleu, il y avait genre 5 cm de neige qui avait bien collé, mais sur de la glace, ça allait vraiment vite. Et puis on s?est fait 2-3 belles journées, mais pas pour filmer.
Loris : En général quand il fait très beau puis qu?il y a de la poudreuse et puis que tu pourrais faire une journée incroyable, ben tu passes ton temps à remonter à pied pour de la photo ou pour filmer, donc tu profites jamais à fond de grandes journées. Les meilleures journées qu?on a eu c?est quand il a neigé tout ce qu?il pouvait et qu?il y avait trop de nuages pour faire quoi que ce soit niveau images. On s?est fait de la forêt haut en bas, des trucs qu?on avait jamais découverts de la petite station des Marécottes, c?était... à en bouffer.

S** Pour finir, sur le plaisir du saut de barre?

Loris : La barre dont Nico te parlait tout à l?heure, qu?on a fait cette année, c?est une barre terrible parce que t?as pas d?autre choix que de sortir par là. quand t?es au sommet de ta barre, comme aux Marécottes ce gros truc, tu te demandes ce que tu fous là. Pis après quand tu as posé ta barre, tu as eu un tel shoot que tu en trembles. Moi après ça j?ai plus rien pu faire de la journée : tu as une telle fatigue nerveuse que tu en tremble, ça m?a épuisé sur le moment.
Nico : Il y a un truc que j?apprécie aussi pas mal c?est qu?avec juste une paire de lattes aux pieds et des chaussures de ski, tu peux faire des trucs incroyables, t?es superman. A poil tu peux pas faire ça! Ou avec tes mains nues. D?avoir ce matos, t?es quelqu?un d?autre, t?es autre chose, t?es plus un humain, t?es un skieur.


Texte : Mathieu Ros
Photos : Benoit Vollmer, Jancsi Hadik, Loic Chardonnens



Huck&Chuck est disponible dans la petite boutique skipass.com...

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9 Commentaires

Slann Superbe.. et ca fait plaisir de voir un peu des images de Lausanne dans un film de ski!
 

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skaride Ces 2 font vraiment des images sublimes, et j'aime bien leur état d'esprit...
 

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ElCantalou Je voudrais citer Loris: ''En général quand il fait très beau puis qu’il y a de la poudreuse et puis que tu pourrais faire une journée incroyable, ben tu passes ton temps à remonter à pied pour de la photo ou pour filmer, donc tu profites jamais à fond de
 

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Banditflex Un travail remarquable de ces deux garçons ''autodidactes''.La 5ème photo est exceptionnelle(je me ferai bien en straight down la pointe enneigée à gauche... ) .
 

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sky.pie Y a quelqu'un qui peut me donner le modèle des lunettes qu'il a le type dans la 6e photo de l'article? elles déchirent!
 

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