Freeride World Tour Val Thorens : interview avec Lolo Besse, directeur de course autour du choix des faces et de la sécurité sur les étapes
Freeride World Tour Val Thorens : interview avec Lolo Besse, directeur de course autour du choix des faces et de la sécurité sur les étapes

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Freeride World Tour Val Thorens : interview avec Lolo Besse, directeur de course autour du choix des faces et de la sécurité sur les étapes

Nous avons pu échanger avec Lolo Besse, qui nous a parlé de son rôle sur le Freeride World Tour, ainsi que du choix des faces sur l'étape de Val Thorens
article Freeride world tour
Photos :
header/vignette : Jérémy Bernard

Le Freeride World Tour revient cette saison à Val Thorens. Personne n'a oublié la très belle étape poudreuse de la saison passée, qui avait offert des conditions permettant aux riders de se lâcher sur leurs runs. Pour la deuxième saison consécutive, les riders reviennent donc à Val Thorens pour une compétition que l'on espère tout aussi belle. 
Cette année, le choix de la face, ainsi que du jour de la compétition auront su proposer un beau casse-tête aux organisateurs. En effet les conditions sont changeantes ces dernières semaines, la récente chute de neige a laissé une période de douceur prolongée, et que le temps s'annonce à nouveau perturbé ces prochains jours. Nous avons profité de la venue du Tour à Val Thorens pour échanger avec Lolo Besse, légende du snowboard, et désormais chef juge, et directeur de course sur le circuit en compagnie de Berti Denervaud. On a parlé des critères pour le choix des faces, des options à l'étude pour l'étape de Val Thorens, ainsi que de la sécurité des riders. 

Tu peux te présenter ?

Je m'appelle Laurent Besse, mais je suis plutôt connu sous le nom de "Lolo" Besse, je suis juge depuis 2008 sur le Freeride World Tour, et chef juge depuis une petite dizaine d'année, ainsi que "commissioner", c'est à dire commissaire de course. Cela implique de devoir choisir les faces sur lesquelles ont lieu les compétition, faire le lien entre les riders et l'organisation du Freeride World Tour, s'assurer que les conditions de sécurité soient respectées, et déterminer le placement de la zone de finish, le placement des juges, il y a donc pas mal de choses à faire.

Le Freeride World Tour revient en Alaska cette année pour la première fois depuis 2017, est-ce que tu peux nous en dire plus sur la manière dont sont déterminées les destinations des différentes étapes ?

L'an dernier par exemple, on s'est dit que ce serait cool de retourner au Japon ou en Alaska, car ce sont des destinations que l'on apprécie pour l'organisation, pour les images, et que les riders affectionnent pour le ski qu'ils ont la possibilité d'exprimer là-bas. C'est ensuite le budget des stations qui est déterminant, car le partenaire numéro un de chaque étape, est la station, etleur budget est ensuite complété par celui des partenaires du Tour.

Pour le choix des faces, quels sont les éléments du terrain qui sont déterminants ?

On a un cahier des charges qui est effectivement inscrit dans le règlement : pour être éligible, une face doit faire au moins 300 mètres de dénivelé, et présenter un choix de sept lignes différentes minimum. Et puis, on va dire qu'il faut qu'elles présentent une technicité digne d'une étape d'une compétition de Freeride World Tour Pro. Ce dernier paramètre, c'est mon expérience qui va permettre de le valider, car on peut avoir une face qui correspond aux critères de dénivelé et de nombre de lignes, mais qui offre un profil trop plane pour correspondre aux standards que l'on veut offrir. Ces critères participent également de facto à faire un tri vis à vis des destinations, car même si certaines pourraient avoir la volonté et le budget, il arrive qu'il ne soit pas possible malgré tout d'organiser une étape du Tour là-bas car le domaine ne présente pas de faces qui correspondent aux standard. Dernièrement, Nicolas Hales-Wood, le fondateur du Freeride World Tour s'est rendu en Chine pour essayer de voir ce qui pourrait être organisé là-bas, et avant de parler d'une quelconque signature de contrat, la première étape a consisté à repérer des faces qui seraient susceptible de pouvoir accueillir l'évènement.

Ces dernières saisons, on a une évolution du style de ski exprimé sur les étapes : plus big mountain auparavant, et désormais davantage freestyle : est-ce que c'est un élément dont vous tenez compte pour sélectionner les faces, où à l'instar d'un Bec des Rosses où les riders évoluent depuis toujours, vous estimez que c'est à eux de s'adapter ?

Un peu les deux, mais ce sont plutôt les riders qui abordent les faces différemment désormais. Effectivement, le Bec des Rosses, les riders ne l'abordaient pas de la même manière qu'aujourd'hui. Reine Barkered a été le premier rider sur Verbier a tirer des grandes droites, à sauter des grosses barres, et à ajouter de la vitesse à la ligne, chose que ne faisaient pas les riders avant. En tant que commisioner, je suis obligé de prendre en compte ce paramètre en disant "la qualité de la neige n'est pas assez bonne par rapport à la vitesse à laquelle skient les riders aujourd'hui, avec leur nouveau matériel". Le Freeride World Tour s'adapte à leur nouveau style, et à l'engagement actuel, où les riders skient plus vite, et plus dans l'axe, ce qui demande au niveau sécurité d'avoir plus d'espace pour s'arrêter, ainsi que plus de neige.

De votre côté, quels sont les paramètres que vous prenez en compte pour assurer la sécurité des riders ?

On est trois à se saisir de la problématique : un binôme de guide, et moi. Et c'est d'ailleurs un peu réducteur de dire trois, car les guides sont à chaque fois en relation constante avec le service des piste local, qui a vraiment la connaissance du site et de son évolution au fil de la saison. De leur côté, les guides vont prendre en compte l'aspect nivologique principalement, mais aussi les potentielles problématiques glaciaires comme on pourrait les rencontrer là où nous allons nous rendre en Alaska. Il y a en effet une zone avec les restes d'un glacier, et potentiellement des crevasses, et du coup on a travaillé pour que la compétition ait lieu en dehors de cette zone. Pour les avalanches, c'est également une problématique qui est traitée par les guides. 

Pour ma part, je vais regarder des sujets tels que la présence de sharks cachés qui pourraient déstabiliser ou blesser des riders. Est-ce qu'il y a des barres que je considère trop grosses et qui pourraient tenter des riders alors que la réception est plate ? Dans ce cas je ferme la zone par exemple. 
La qualité de la neige est également prise en compte bien sûr. Etrangement, ce n'est pas forcément la dureté de la neige qui est déterminante, mais plutôt sa texture. Pour le premier face check que l'on a fait à la Cime Carron, il y avait de grosses crêtes de coq : pour descendre là-dedans en mode repérage, moi ça allait, par contre, un rider à la vitesse où il va en compétition, il risquait d'aller au crash de se faire très mal.

Et pour Val Thorens, vous avez plusieurs possibilités qui se dessinent avec les conditions actuelles ?

On avait Cime Carron qui était bien évidemment notre plan A : c'est une face de renom, qui se voit du bas, et qui offre quelque chose d'atypique avec le téléphérique qui arrive depuis le sommet.
On avait également des faces comme l'arête de Lauzùn, située juste en-dessous, et qui prend moins le vent, et permet d'avoir une option abritée.

On a aussi Caron Ouest qui peut se skier en neige transformée, je suis allé voir en début de semaine, c'était top, mais ça marchait parce qu'on était sous un flux de Sud-Ouest qui amenait de la douceur, et permettait d'avoir une neige souple. Là avec les prévisions de Nord-Est, ça va devenir dur, et c'est donc malheureusement une face que l'on a du écarter du jeu de cartes.
Sinon on a également les Rocs Saint-Père, ou la Pointe de Thorens que l'on est allés repérer tout à l'heure qui pourrait faire une belle optionC''est une très belle face super esthétique orientée Nord, que l'on était allé voir l'an dernier en fin de saison passée avec Kévin Guri. En avril elle prenait le soleil, mais là ce serait à l'ombre, ce qui donnerait une teinte sombre, mais présente une belle neige super lisse. Ce n'est pas souple, au contraire c'est plutôt ferme pour l'instant, mais c'est une bonne neige pour la compétition car elle est plutôt prévisible, les riders ne vont pas faire des front punchs, et comme on attend un peu de neige,  elle devrait pouvoir s'assouplir, on croise les doigts !

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