Go Explore #6 : Bassin d'Argentière
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Go Explore #6 : Bassin d'Argentière

Aurélien Ducroz et Tony Lamiche dresse leur camp de base au refuge d’Argentière 
Aurélien Ducroz et Tony Lamiche dresse leur camp de base au refuge d’Argentière 
Quand on habite au pied du Mont-Blanc et que les meilleures conditions de neige sont à la maison, autant partir explorer son jardin entre voisins ! C’est donc avec Tony Lamiche, qu’Aurélien est parti au cœur du bassin d’Argentière redécouvrir certaines lignes mythiques du massif pour 3 jours intensifs au rythme de la montagne. Des conditions uniques en plein février entre poudreuse froide et neige de printemps à 3600 mètres, le réchauffement climatique laisse paradoxalement de belles opportunités. 

- Commencer par la Nord-Est des Courtes dans 30 cm de poudre c’est plutôt accueillant ? 

Les Courtes c’est la meilleure ligne que j’ai skié de ma vie, c’est majeur, c’est grand, c’est haut, c’est long. Je l’avais faite en 2009 pour la première fois et là, elle paraissait vraiment en bonne conditions. Ce coup-ci on est descendu par le couloir Cordier pour faire une ligne dans 30 cm de peuf, ce sont des conditions rares ! Là on s’est dit qu’on était au bon endroit au bon moment !

- Stop ou encore ?

Le deuxième jour, on est parti direction le Col de la Verte pour une ligne bien raide mais avec un plan clair, si c’est béton on redescend. Me retrouver sur de la glace dans des pentes à 55 degrés en dérapage et virages sautés, c’est pas mon truc, ça ne m’amuse pas. Alors on est parti pour voir et au bout de 300 mètres, pour moi ce n’était pas les bonnes conditions, on avait mieux à faire ailleurs. C’est important en montagne de se respecter et respecter la stratégie, on reviendra quand ce sera le moment. 

- Quel était votre plan B ?

On était parti tôt du refuge donc on avait le temps d’aller tout au fond du bassin d’Argentière, chercher le couloir sud de l’Amône. C’est une ligne qui me faisait envie depuis longtemps. Un beau couloir en mode ski de printemps à 3600 mètres en plein février, c’est complètement hallucinant.

- Au final ce sont vraiment les conditions de neige qui ont dicté les règles ?

Pour le troisième jour il y avait aussi du mauvais temps qui rentrait mais en partant tôt on pouvait être en amont de la grosse dépression. On est donc monté au col des Cristaux pour faire une ligne au ras de l’Aiguille qui remue. C’est un éperon qui descend, magnifique à skier.  

- En immersion dans un refuge au cœur des éléments, ça semble être comme au milieu de l’océan sur un bateau ?

C’est exactement la même chose. Tu vis complétement décalé, au rythme du soleil et de ce qui se passe autour. On a beaucoup discuté avec Fred Laurenzio, le gardien du refuge d’Argentière. La manière de faire tourner un refuge est la même chose qu’en bateau. Il fabrique son eau, la passe dans des filtres, en bateau c’est pareil avec des dessalinisateurs. Toute la logistique de nourriture, l’énergie à créer, les similitudes sont nombreuses. En immersion là-haut j’avais vraiment l’impression d’être dans mon bateau. Et ce bassin d’Argentière est immense, il y a tellement de choses à faire que tu es très facilement isolé dès que tu sors des grandes classiques.

- Et toi Tony, tu as fait de belles découvertes avec ces lignes ?

J’avais fait le couloir des Autrichiens aux Courtes et le Nant Blanc à la Verte mais je ne connaissais pas bien le bassin d’Argentière, ça m’a donné l’occasion de trainer mes guêtres par là-bas. Là c’est la qualité de la neige qui nous a fait choisir les lignes, on est monté en altitude alors que ce n’est pas normalement des endroits où tu vas skier à ces périodes-là. Faire de la neige de printemps à 3600 mètres ça ne m’était jamais arrivé. C’était un manteau neigeux d’hiver avec ses différentes strates mais en conditions de printemps. On a vraiment fait un chouette trip à la maison ! 

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