Janvril

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Janvril

La magie des séquences poudreuses printanières.
Janvril
yrlab
Texte :
Photos :
Aurélien Labry
Cet article est issu du mag communautaire skipass.com, dans lequel les membres de notre communauté peuvent partager librement leurs plus belles histoires de montagne. Publiez la votre !

Les saisons se suivent mais se ressemblent rarement. Cela dit, il se dégage quelques tendances ces dernières années avec un début de saison souvent prometteur suivi de longues semaines dominées par les hautes (dé)pressions. Les vacances d’hiver passées, la machine à flocons se remet souvent en route et la disponibilité immédiate est de rigueur. Fin mars/début avril, le redoux est la plupart du temps très rapide et souvent violent. Et bien cette année, Janvril, dans les Pyrénées, sera mémorable pour sa froideur durable et la générosité de ses précipitations. La goutte froide était bien annoncée synchrone avec le poisson d’Avril; elle fût de belle ampleur.

+ 25 cm, prudence

Le 1er, les montagnes flamboyaient à nouveau de blancheur et la première couche invitait déjà à retrouver les remontées mécaniques et profiter des derniers jours d’ouverture des domaines skiables.

Direction Gourette, au cœur de la vallée d’Ossau, pour retrouver les bons itinéraires hors-pistes. En ce vendredi, quasiment personne, la météo est capricieuse, hésitante entre jour blanc et éclaircies furtifs. Lorsque le soleil pointe le bout de son nez, presque toutes les pentes sont vierges de traces. La godille est interdite, la fenêtre est trop rapide pour tricoter. Cette première couche cache aussi de bons requins d’avril et mes Ripstick 106 s’en rappellent.

+ 60 cm, extase

Le 2, retour encore et toujours au Grand Tourmalet et à la station de La Mongie, ma seconde station de cœur avec Les 7 Laux. L’ambiance matinale est follement hivernale, les flocons se sont invités dès 600 m d’altitude, la Haute Bigorre a littéralement changé de décor. A 1800 m, les -8°C n’empêchent pas la neige de continuer à tomber. Merci à la densité de l'air froid et au faible gradient thermique. A 9h, le temps est encore bouché et la visibilité n’invite pas trop à faire des images. Le matelas de première fraicheur est désormais conséquent, les grosses spatules prennent énormément de plaisir. Jusqu’à en changer durant la journée pour passer sur du patin supérieur, de lourdes armes , des BC Sevun. Le cumul des derniers 48h autorise de lâcher les chevaux et tester les différents drops possibles. Après quelques heures de patience, le bleu polaire apparût et les instants furent justes magiques. La pleine vision de somptueux tableaux vierges précédait un traçage méthodique. Le tout, avec les flocons défiant en permanence les rayons solaires.

Les choses vraiment sublimes, nous les sentons, mais nous ne les apprenons pas, et nous les comprenons bien moins encore.

Henry Russell-Killough 

+ 75 cm, cinéma

Le 3, c’est la fermeture du domaine skiable mais il ne s’est pas arrêté de neiger pour autant. Encore une chute notable et toujours une atmosphère terriblement froide. Rien n’a bougé, les dendrites stellaires sont intactes, le tapis est léger, la ouate vole quand on tape du pied. Exceptionnel pour un début avril. Peu de remontées ouvertes mais celle du Pic du Midi a refait notre dimanche. Le platrâge conséquent de la séquence hivernale a transformé ce fameux observatoire des étoiles. Les terrasses remplies, tout comme le couloir des Poubelles aussi beau que terrifiant à l’idée de s’y jeter en premier avec un risque 4. Nonobstant les risques, un groupe de 3 snowboarders l’a fait mais cela s’est conclu avec une fracture ouverte et un hélitreuillage dans le couloir. Pendant ce temps, la primeur de la descente de la face Sud fût un privilège de glisse immense car assez rare. Encore une journée où toutes les expositions n'ont montré aucune coulée ou pire avalanche. La cotation du B.E.R.A. semblait un peu exagérée. Des secteurs fermés lors de cette fâcheuse dernière journée de saison, offraient une pléthore de lignes à faire dans un décor splendide. De façon certaine, les meilleures journées de la saison pour la qualité de la neige !

Durabilité

Les deux jours suivants, les conditions restant particulièrement bonnes dans les orientations Nord, il fût opportun de profiter de cette grâce printanière. Avec Laurent, nous partons non loin d’un sommet bien connu des locaux. Je ne manque pas de casser la butée arrière de ma fixation au moment d’enclencher le mode descente. Sauvé par une paire de sangle à clip, nous avons encore pu profiter de belles courbes dans une neige parfaitement conservée. Janvril magique !

Ce qui nous captive le plus dans la nature, ce n’est pas sa beauté, c'est sa virginité, bien plus que ses atours et ses richesses.

Henry Russell-Killough 

yrlab
Texte yrlab
"Ascensionner, sentir, écrire"
Henri Béraldi

2 Commentaires

neverstopowderiding Le pic un jour, le pic toujours ^^
Dur dur de changer de crémerie, surtout quand cette dernière propose régulièrement de la Chantilly…
yrlab oui c'est assez plaisant d'avoir une remontée arrivant sur le point culminant d'un sommet :)
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