Se développer ou mourir !

alexdeladombes
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C'est ce que l'on entend régulièrement des petites et grandes stations : "Le développement des infrastructures est obligatoire pour survivre". Je suis à la fois d'accord et contre et je pense qu'il n'y a pas de généralité dans ce domaine. Je prends l'exemple des gros sites tels que les 3 vallées. Pour celles-ci, je suis entièrement d'accord. Elles ont une renommée internationale et elles ont besoin de cette renommée pour vivre. Leur budget doit être énorme pour poursuivre l'exploitation et elles ont donc besoin de ramener des clients assez aisés si ce n'est fortuné pour payer les prix élevés pratiqués (+60€/j/personne). Ces stations sont obligées de vivre une fuite en avant et d'avoir un impact écologique visible ( je ne parle pas forcément du CO2).
Pour les petites/micros stations isolées à basse altitude, ma vision est inversée. Je prends l'exemple de Hauteville lompnès, Lacoux, le sappey en chartreuse et au plus grand Meaudre, le Mont Serein. Se sont des stations qui devrait avoir un avenir limité dans le domaine du ski. La plus part sont endettées et investir dans l'enneigement artificiel est difficile. De plus, pour les plus précaires, l'enneigement est devenu très limité et l'équilibre n'est pas atteignable. Seul un soutien financier des collectivités locales est primordial. Pourtant, celles-ci ont une fonction de découverte du ski aux populations locales pouvant être un peu éloignée des grands sites de ski comme dans le massif centrale, Jura, Vosges. Souvent, ces stations sont accompagnées d'une ou plusieurs activités annexes comme le ski de fond, les raquettes,...
Pour les micros stations un peu plus haute, en fonction de leur positionnement, elles sont soumises à la concurrence. Je pense au col de porte ou au col de barioz. Certaines ont trouvé une parade, la gestion via une association et/ou l'utilisation de nombreux bénévoles. Celles ci, sont souvent bien soutenues par les collectivités territoriales et ont souvent un budget à l'équilibre.
Pour les stations de taille moyenne, elles sont très nombreuses et il existe de nombreuses caractéristiques. Je mettrai trois critères pour simplifier, celles qui investissent dans de lourds travaux pour rénover leurs domaines tel que le Grand bornand qui est bien à la mode sur ce forum, celles qui peuvent investir un peu sans tout refaire non plus comme le collet d'Allevard et saint pierre de chartreuse ou celles qui ne peuvent/veulent plus investir comme le massif des brasses ou le Sambuy.
Pour le premier cas, ces stations se sont mis dans une position qui, pour l'instant, gagnent. On peut le voir avec les 7 laux, Chamrousse ou les contaminés. Cependant, ce développement et cette montée en qualité de nombreux domaines peut avoir des effets contre productif. En effet, ce procédé fait monter inexorablement le prix des forfaits et met ainsi de côté une partie de la clientèle de côté au risque de la perdre définitivement par une orientation vers d'autre ou vers des sites plus attractif. Elles voient aussi des clients mettre quelques euros de plus pour des domaines plus grand. Souvent lorsqu'une station investit massivement dans les remontées, le remodelage des pistes et l'enneigement artificiel, il y a une idée comme une liaison, un agrandissement du domaine... Cependant, on commence à voir les limites de cette course en avant. Par exemple, les monts Jura ou chalmazel qui ne montent plus ou peu en chiffres d'affaires. Chalmazel a investi il y a longtemps maintenant et à permis un fort développement au moment de la transformation. Elle est arrivée à un développement maximum et le réchauffement climatique la poursuit maintenant. Pour les monts Jura, surtout pour Lélex, le développement est plus lent mais plus régulier. Malgré ces efforts, les touristes locaux (principale population visée) ne se font pas beaucoup plus nombreux. Peut être là une des premières failles de la fuite vers de nouvelles technologies.
Ceci a une raison, l'érosion de la fréquentation. En effet, les prix trop chers, l'image écologique, éloignent les jeunes et les populations moins privilégiées. Certains autres se tournent vers un ski moins cher (plus petites stations ou ski de fond) ou vers un ski plus "écologique" comme le ski de randonnée ou les raquettes. Tout ceci fait vieillir la population qui fréquente les stations et s'organise une image de sport démodé, un sport de vieux malgré les efforts de tous les acteurs avec de nouvelles pratiques.
L'incidence pourrait on penser, et que les stations moins cher qui n'investissent pas se retrouve avec cette population recherchant un prix alléchant. Il n'en est rien, ces stations n'ont pas ou pas assez investi dans l'enneigement artificiel, souvent à des altitudes modestes, elles peinent à ouvrir leur domaine. Les populations habituées à se retrouver le bec dans l'eau devant les remontées fermées. Elles se détournent de ce type d'installation et celles ci se meurent lentement. Certains élus, malgré l'opposition d'une certaine catégorie de population, investissent quand même dans l'enneigement artificiel pour redonner un second souffle. Ceci n'est parfois pas suffisant à long terme car il y a mécaniquement une augmentation des coût d'entretien et de personnel sans compter les travaux. Bien-sûr, des subventions existent mais il faut monter un dossier.
Cependant, certaines semblent revenir à l'équilibre et l'on sent dans le secteur comme un regain d'activité pour celles ci. Par exemple, ce reportage qui fait la publicité d'un ski pas onéreux.
Pour moi, se sont les prémices d'une tentative de redoré l'image du ski en montrant que la montagne n'est pas si cher et bien équipée. Elle garantit aussi un enneigement (c'est limite mensongé de moins de vu). Tout ceci pour attirer une population peu ou pas habituée au ski en montagne. Redonner goût et mieux faire connaître les activités de la montagne est quelque chose qui est pour moi essentiel si l'on veut redynamiser le secteur et sauvegarder notre patrimoine culturel qui est la vie touristique en montagne. Cette population potentiellement touchée par ce type de reportage, si elle est satisfaite de son séjour risque de vouloir s'ouvrir de nouveaux horizons, ainsi, une partie souhaitera aller dans des stations de plus en plus grande, d'autres resteront dans des petites/moyennes stations et trouverons ce plaisir là pour me plus grand bonheur des petites stations. Certains seront encouragés à connaître la montagne en saison estivale. Des clients potentiels pour l'après ski. Une vie à la montagne qui se poursuivra malgré le changement climatique grâce à ma garantie de fuir la chaleur.

C'est ainsi, de mon point de vue, que la montagne et nos stations de moyenne montagne peuvent avoir n avenir malgré le réchauffement climatique et la fin du ski à la condition d'avoir une transition réussi par la reconquête de l'image, aujourd'hui détériorée, d'une montagne belle, accueillante, authentique et surtout la préservation de lieux pour penser à l'après ski. Nous sommes dans une époque charnière pour pas mal de site de basse et de moyenne montagne. On risque de rapidement voir les mauvais choix pris par les élus et l'industrie du ski. Mais j'ai l'impression que les stations à l'endettement limité or toutes leurs chances.
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais voilà mon avis.
alexdeladombes
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Désolé, il y a des fautes !
brochaus
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Investir dans le respect’ de l’environnement où mourrir dans l’attente de la neige naturelle ou artificielle....le combat pour redonner de l’attractivité aux stations de montagne passe par le projet’ de station 4 saisons pour faire profiter de l’esprit montagne toute l’annee à toutes les jeunes générations des centres urbains de proximité des stations petites et moyennes. Je crois avoir entendu dire que le Groupe Rossignol a investit’ dans les Pyrénées au Puigmal station fermée depuis 6 ans et revoilà ouverte avec vtt ski de rando’ rando nordique etc...N’oublions pas que le ski et les sports d’hiver en général c’est aussi’ le cadre naturel et les gens qui vous accueillent : deux vecteurs de développement des activites en montagne.
En ce qui concerne l’avenir à moyen terme, le ski en dessous de 1600 mètres risque de devenir impossible plus de 6 semaines par hiver et les stations plus hautes qui ferment’ en mars alors’ que la neige continue à tomber en avril ...c’est aussi une réalité.
Pour les tarifs oui c’est un frein de voir un forfait à 40 euros par jour parfois pour 4 bleues 5 rouges et 6 vertes 1 noire par domaine....la aussi un regroupement de tarification modulable’ par secteur zone de pratiques inter stations serait Valable pour les familles les jeunes baroudeurs qui’ cherchent’ les bons spots...et entre potes..
Dernier point l’engagment Des collectivités pour faire découvrir le ski et autres aux jeunes c’est vital pour le milieu montagnard de faire valoir ses atouts touristiques et pédagogiques du sport bien être pour tous.
Enfin, rien de tel qu’un bon prof des écoles qui se bat pour emmener ses élèves au ski, le lien social par le sport, il n’y a que ça de vrai......
alexdeladombes
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Je suis entièrement d'accord avec toi. Il serait bien que des communes plus éloignées puissent aussi venir à l'aide des classes de neige ou classe verte.
alexdeladombes
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En parlant de Rossignol, tu prends cet exemple, ils ont aussi investi a Saint Pierre de Chartreuse.
brochaus
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Je viens d’en consulter le site de pugmal 4 saisons il y a des itinéraires de’ trail et un lien avec des applis pour connecter ses parcours et performances bon c’est le mouvement’ actuel de partager sur la toile ses résultats en tous cas sur le fond l’idée est top car l’investissemnt Est réduit environ 150 000 euros c’est rien au regard d’un équipement ultra moderne que les stations doivent amortirent sur plus de dix ans voir quinze ....
J pense que le jumelage entre clubs sportifs pourraient aussi créer du lien.
Exemple un club nautique échange avec un club montagne...
alithear
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Mouhais problématique compliqué mais en tout cas ce qui est sur c'est qu'il faut arrêter la fuite en avant en dessous de 1600m.

Je suis sur qu'il y a plein de truc a faire en plus j'ai rarement vu des trucs bien foutu en dessous de 1600 pour aller voir les animaux par exemple.
Des spots de nichage de certaines espèce sur le trajet d'une rando, des démonstrations de techniques d’élevage etc.
Des indications pour les randonnées un peu particulière du genre familiale avec aire de pique nique en altitude.

En plus faut trouver l'équilibre pour les locaux et ça doit pas être facile vu que la plupart des choses sont assez saisonnière. par exemple le guichetier l'hiver doit peut être être forestier l'été etc. Bref vaste problématique.
alexdeladombes
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1600m, je ne serai pas aussi catégorique que toi. Je dirais que cela dépend du massif et de l'orientation. Pour les activités estivales, il est sûr qu'il reste du boulot. Ce qui peut aider, paradoxalement, c'est le réchauffement climatique. Avec la multiplication des étés chauds, on voit une fréquentation plus importante pour les stations.
yone74
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Stations : 4 avis
En tout cas, les reflexions sont lancées dans le milieu du nordique Jurassien
alithear
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Oui l’orientation et la massif compte je suis d'accord. C'est juste que cet hiver entre 1600 et en dessous il y a une différence vraiment très marqué je trouve.
alexdeladombes
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Oui, cet hiver passe à l'étape supérieure pour toutes les stations de basse altitude. Je pense qu'il faut compter sur ce contexte dans 10 ans. C'est difficile à admettre pour moi qui adore les stations de petites tailles, souvent jurassienne ou pré alpines ( plus proche de la maison) mais il est urgent de passer à un autre concept. Celui-ci dans un premier temps devra être très réactif. Par exemple, vendre un forfait ski d'une semaine à un certain prix. S'il n'y a pas de neige, le gestionnaire des remontées mécaniques proposera des activités, comprise dans le forfait dans ces cas là comme une randonnée pédestre accompagné d'un guide avec accès à quelques remontées comme en été. La location journalière de vélo électrique ou fatbike, une visite gratuite et accompagné des musées, accès à la piscine, accès aux curiosités locales comme le train de la mûre.
Le but n'est plus de garantir la neige mais le divertissement et/ou les activités. Ainsi, on habitué le touriste à connaître la montagne autrement.
alithear
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Il y a de bonnes idées après je vois que le grand absent c'est le polluant principale malheureusement. D'après le sujet de loic sur la pollution en montagne transport c'est 56% de la pollution. Et je vois rien qui en parle curieux.
alexdeladombes
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Ce sont 2 sujets qui sont importants et dont les professionnels du tourisme ET les autorités publiques n'arrivent pas à faire évoluer les exigences pour limiter le trafic automobile dans les zones rurbaines et rurales. On peut le voir aussi dans toutes les zones touristiques qu'elles soient sur le littoral, dans les campagnes ou en montagne. Combattre la pollution, certaines grosses stations commencent à en prendre "conscience" tel que la Clusaz (station d'actualité;) ou Chamrousse qui essaient de se trouver un projet. Pour être honnête, l'argument pollution est plus un argument présent pour choper un max de subvention qu'un réel intérêt et une facilité à communiquer pour l'acceptation du projet. Aussi, on le sait, un accès facile aux domaines augmentent la fréquentation (cf les arcs...)