Tourner
un film, ça ne s?improvise pas vraiment, cette idée
peut même paraître assez incongrue : pourquoi se lancer dans
la réalisation d?une vidéo freeride, sans trop d?expérience
dans le domaine, alors que de grosses boites de production le font, et
ce avec brio ? Comment espérer arriver à un résultat
probant avec des moyens dérisoires comparés aux superproductions
ricaines ? Il faut être objectif et honnête dès le
début : il n?est pas possible d?atteindre la même
qualité : la vidéo n?a pas le rendu du 16mm, et accessoirement
les riders candidats à des barres de 35 mètres tête
en bas ne courent pas les rues. Le but n?est pas de faire mieux,
c?est de faire quelque chose de différent.
Un millième des Alpes est un appel au ride tranquille, un film
qui montre que pour faire du beau ski, pas besoin de prendre l?avion
(puis l?hélico), il suffit de chercher pour finalement se
rendre compte que les Alpes, c?est très vaste, et qu?une
vie ne suffit pas pour les explorer.
L?idée est ici de montrer que ce qui est souvent montré
dans les films est bien éloigné du quotidien du rider, aussi
passionné qu?il soit ! Pour chercher la poudre, les dollars
sont certes un moyen efficace, mais il existe des alternatives pour skier
seul dans des grandes pentes vierges, à deux pas de chez nous.
Une envie d?apporter un petit regard « montagne » là
où l?image « glisse » a tout envahi. Essayer
de fabriquer des images qui pourront rassembler tous les riders autour
de ce qu?ils aiment, loin des clivages ski/snowboard et autres freeride/freestyle?
Nos spots ne s?appellent pas Valdez ou Whistler, mais ont des consonnances
bien plus baguette fromage : Prapoutel-Les-Sept-Laux, le Col de Porte,
Serre Chevalier?Pas une course au spectaculaire donc, ce qui rend
les financements d?autant plus difficiles à trouver mais
parfois, certains riders ou des marques comprennent notre esprit, ce que
l?on cherche à faire passer et ils s?agglomèrent
autour du projet. On rencontre des musiciens, des photographes, pas mal
de monde qui finalement s?associe à cette idée. Chacun
propose, parle des images qu?il aimerait voir. Beaucoup de discussions,
beaucoup (trop !) d?idées d?images impossibles à
réaliser, mais une sorte d?excitation causée par l?idée
de fabriquer quelquechose de nouveau, qui sera accessible à un
maximum de monde.
Voilà
le fil conducteur du film : montrer de belles images de ski, fluides,
mais surtout à la portée de tous. Dans cette optique, les
riders qui participent ne sont pas les plus connus : certains ont un métier
à côté et vivent une sorte de double vie, mais tous
ont été choisis pour leur style fluide et technique, une
image esthétique et abordable du ride ?
Le fait de tourner des images sans voyager impose des contraintes plutôt
strictes : les bonnes conditions en station sont assez rares, le ciel
n?est pas toujours bleu et la poudre est de plus en plus vite tracée
! Il faut alors accepter de parfois rider dans le brouillard, et mettre
les skis sur l?épaule ou sortir les peaux quand les pentes
intéressantes ne sont pas accessibles par gravité du sommet
des remontées.
On accède alors à une autre dimension du ski, loin des télésièges
débrayables 12 places et de la course à la première
trace. La montée permet d?apprécier la neige et de
mieux repérer les pentes, chacun prend son temps pour profiter
des plus belles lumières et choisir la ligne qui correspond le
mieux à son ski. Une autre définition du freeride ?
Une pratique qui est à la portée de tout le monde, et affirme
le lien entre le ski et la montagne.
texte : Benoit
Vollmer
photos : Beatrice Frison
musique : Simon Caporossi
Partenaires : Défi
Jeunes, Millet, Dynastar, Weps, Urge Snowproducts, Naxo, skipass.com
Remerciements à tous les partenaires, Hubert Lampin / OT Serre
Che, George Marchand / Les 7 Laux...
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