Cette année une formule légèrement étirée s'est fait jour pour le derby de la Meije. Et c'est donc sur la semaine entière que les glisseurs de tout poil pourront explorer La montagne sous toutes ses coutures. Si on s'occupe de la course proprement dite, arrivons le jeudi, pour la "reco". Dès très tôt, une queue rédhibitoire encombre le téléphérique. Au moins une heure d'attente. Pour retirer les dossards (l'inscription donne droit à une réduction de 2 euros sur le forfait), même topo. C'est un peu la rançon du succès, ou comment réunir de façon harmonieuse plus de 1100 glisseurs dans une "station" dont l'unique remontée n'en débite que 450 à l'heure...


Mais le Derby ce n'est pas la montée. Et le jour de la descente est arrivé. Prévoyant du vent, les organisateurs avaient averti que le départ serait, une fois n'est pas coutume, peut-être donné au Ruillans. Mais le départ historique sera finalement respecté et les petits dossards (ainsi que les bénévoles!) se retrouvent bien tôt, ce vendredi, sur le dôme de la Girose, à 3600, avec en prime un joli soleil.
Le schuss sur le glacier, un classique, plutôt bon cette année (pti lapin, plein d'poils...), le mur des vallons, que certains prennent à droite, d'autres à gauche, avec le même but : éviter les bosses au maximum (tilapin plein d'poils partouuuut). Puis le bas de la moraine (tilapinpleind'poilstilapinpleind'poils) et la longue partie plate jusqu'à Chalvachère, encore une arrivée historique.
Une autre nouveauté : des puces accrochées au bas des chaussures des glisseurs par l'équipe italienne de chronomètrage permettent un meilleur contrôle du temps et évitent ainsi les problèmes de dossard à l'arrivée.

`


La météo jouera un peu les capricieuses avec quelques bourrasques de vent glacial au départ, mais en gros la visibilité est là, et les temps s'en ressentent : 5'28 pour Olivier Meynet, 25 secondes de gagnées sur le meilleur temps de l'an dernier. Déjà vainqueur du grand raid cette année avec son frère Cyril (12ème place), Olivier a encore une fois impressionné tout le monde

La fin de la course, c'est la fin des cuisses : descente dans la boue au village, pour s'attabler devant un bon (enfin, ça dépends des goûts bien sûr) repas tibétain. Miam et remiam.
Le soir, remise des prix. L'occasion pour Xavier Duret, vainqueur pour la 7ème fois en monoski, de faire chanter son public (le lapin! le lapin!) et pour Mossieur Creissel de blaguer sur la veine de cocu des organisateurs ("Ils devraient veiller à ce que leurs femmes restent à la maison"). L'ambiance encore une fois est chaleureuse, les premiers boivent leurs bières aux cotés des derniers, l'odeur du tchaï et de l'huile de massage flotte encore autour des chapiteaux, la musique tripante "boîte de Lhassa" s'est tue, remplacée par le concert live dans le chapiteau, et le brouhaha des voix avinées dans la salle des fêtes.

L'an prochain, il s'agira d'être "meilleur que last year", merci Le Derby de nous donner envie...

texte : Mathieu Ros
photos : Benoit Tellier