On l'avait annoncé mort un peu vite : le DVD fait de la résistance et reste un support de choix pour les long métrages, un bon complément aux edits postés uniquement sur le Web. Car oui, regarder un film sur un grand écran, vautré dans son canapé et sans être interrompu toutes les 10 secondes par un mail ou un message Facebook, c'est quand même vachement bien. Et si vous êtes équipés Bluray, ça peut toucher au grandiose...

Nous vous proposons un petit tour d'horizon des meilleurs films de la saison, que nous avons visionné attentivement à l'occasion de l'IF3 Montréal début septembre, skipass étant représenté dans le jury... Avec nos vrais avis, et des liens vers la Boutique car c'est bientôt Noël et qu'on a vraiment décidé de sauver cette industrie finalement.

Catégorie 1 : les Poids Lourds

The Grand Bizarre
Après un Revolver qui ne nous avait qu'à moitié convaincus, après un teaser bien mais pas non plus incroyable, nous étions un peu anxieux de voir ce que la bande de Johnny Decesare nous réservait. Pari gagné avec The Grand Bizarre qui est un Grand Poorboyz : rythmé, créatif et bien meilleur niveau son que l'an passé. On en prend plein les yeux : Poorboyz is back!
à l'IF3 : palme du meilleur film et palme du "best single shot" (Simon Dumont)

DVD et Bluray : 27 euros (acheter)

Attack of La Nina
Une overdose de neige qui n'en finit pas, le film de Matchstick est une chronique de l'hiver incroyable qu'a connu l'Amérique du Nord la saison passée (et il semble qu'ils soient repartis pour le même). L'image est impeccable, la musique au top et le casting à l'avenant (grosse visibilité pour Richard Permin, aux cotés d'un hallucinant Sean Pettit).
Ben si c'est si bon, pourquoi n'ont-ils pas gagné à 'lIF3? Parce qu'il fallait un seul gagnant et que les recettes employées, la structure même du film, les spots choisis dans Attack of La Nina restent très proches de The Way I See It, qui avait eu la palme du meilleur film l'an passé.
à l'IF3 : palme du meilleur rider européen (Richard Permin), de la meilleure skieuse (Ingrid Backstrom) et du meilleur skieur tout court (Sean Pettit). Tranquille.

DVD et Bluray : 27 euros (acheter)

One for the Road
le TGR (Teton Gravity Research) de l'année est une très bonne surprise, un de nos préférés! 100% Freeride à l'exception d'un segment de Tom Wallisch (pas fou), on ne s'ennuie pas une seconde. Les amateurs de ski avec un tuba seront comblés, et la bande son fait du bien aux oreilles. 
à l'IF3 : meilleur film Big Mountain et meilleure bande son

DVD : 27 euros (acheter)

Catégorie 2 : les européens

Animus
Les français de PVS (ex SVP) ont choisi depuis plusieurs saisons la différenciation par la scénarisation. Animus est à ce titre leur projet le plus abouti, avec un énorme travail sur les transitions et le jeu d'acteur (Enak Gavaggio y est magistral). En France, on n'a pas de pétrole neige, mais on a des idées! Bref, un film indispensable qui ne se contente pas de présenter la scène française mais s'attache à la mettre en valeur.

DVD : 19 euros (acheter)

Being There
Le meilleur film européen à l'iF3, point barre. Un gros budget (soutenu par Discovery Channel et Disney), de la RED en veux tu en voilà et l'amour du travail bien fait de Filip Christensen : Being There impressionne par sa qualité. Si on devait être tatillons, on demanderait une plus grande variété de spots mais à la place on va se regarder pour la centième fois le segment de Jesper Tjader, meilleur rookie à l'IF3. Incroyab'
à l'IF3 : meilleur film européen et meilleur rookie

DVD et Bluray : 27 euros (acheter)

Catégorie 3: les urbains

After Dark
Aux USA, tourner avec une boite de production plutôt qu'une autre confine au choix religieux. L'église de l'urbain millimétré y a son nom : Level 1. Car même si les films de Josh Berman contiennent de plus en plus de grosse montagne, il a bati son culte sur l'urbain. Sans doute moins rythmé que les Poids Lourds (catégorie à laquelle on aurait pu le rattacher ceci dit), After Dark est de ces films qui se bonifient au fil des visionnages répétés.

DVD et Bluray : 25 euros (acheter)

Weight
Surprenant Nick Martini qui nous propose un petit bijou de ski urbain, avec une forte dimension documentaire. Ca sonne juste, c'est étonnant de maturité et de professionalisme, l'image est belle, le montage aux petits oignons : incontournable pour les amateurs d'urbain qui veulent plus que des tricks en boucle, et comprennent l'anglais (c'est mieux).
à l'IF3 : meilleur film de jib

DVD et Bluray : 20 euros (acheter)

Catégorie 3: l'outsider OVNI

All I Can
Ah ah, on entend déjà les remarques : "comment osez vous mettre All I Can en outsider alors que c'est le meilleur film de l'année voir de l'Histoire du Film de Ski?". Et bien sans doute car on ne partage pas (totalement) cet avis sur ce qui reste au demeurant un excellent film.

Le film de Sherpas Cinema a bénéficié d'un gros buzz par le biais de ses deux teasers, petit bijoux esthétiques, qui laissaient espérer beaucoup de ce projet de deux ans. Au final, on retrouve dans le film à la fois un fort parti pris esthétique et créatif (usant et abusant parfois du timelapse) mais également un parti pris éditorial (c'est bien) parfois troublant (c'est troublant) lorsqu'à la réflexion sur l'environnement vient se mêler par exemple un vrai gros segment de motoneige Freeride décomplexée. Au final, un beau film qui en met plein (trop?) les mirettes (certains effets nous ont paru superflu), avec du gros gros ski et surtout la meilleure part de ski urbain de tous les temps avec JP Auclair. Hands down, comme on dit en Espagne.
à l'iF3 : palme du meilleur documentaire et palme du meilleur effet visuel.

DVD et Bluray : 29 euros (acheter)

Catégorie 4 : le Hors Sujet qui fait pleurer

The Art of Flight
Tout a été dit sur The Art of Flight, ses hélicos, ses hélicos, ses super slow mo et son Travis Rice. On se contentera donc de confirmer la claque visuelle tout en ne manquant de pointer certains abus tant au niveau de la prise de vue (le fameux hélico qui filme l'hélico qui lui même filme l'avion) que de la scénarisation (le correcteur orthographique suggère Schématisation, il n'a pas forcément tort) avec notamment la scène de la course poursuite dans le couloir to traversée de la rivière à la nage pour rejoindre l'hélico avant que la tempête n'arrive. Etait-il bien raisonnable de traverser une rivière à 3° avec son équipement (une pensée pour le camerama et sa RED), en nous faisant croire que cette feignasse d'hélico ne pouvait pas se déplacer de 30 mètres? La question est posée.

Reste un monument visuel sans égal dans le monde du film de choses qui glissent sur la neige.

DVD et Bluray : 32 euros (acheter)