Coup dur d'apprendre la mort d'Antoine. Plus qu'un speed flyer, Antoine était un glisseur-né, un esthète de la pente et des airs. Ce fils du vent a grandit une voile au dessus de la tête et, selon les premières informations, est mort de ne pouvoir l'ouvrir lors d'un saut en base jump dans le secteur de Sixt Fer à Cheval. 

Il était le roi de la toute jeune discipline du Speed Flying (il avait gagné trois fois le Speed Flying Pro) avec un mélange de brio technique (hérité de son passé en parapente acro), de glisse maitrisée (venue de son expérience de skieur), d'une prise de risque parfaitement équilibrée (même si cela sonne comme une contradiction) et d'un esthétisme inné.  Difficile d'oublier une ligne d'Antoine, sa façon bravache d'attaquer une face, de l'exploiter, d'aller chercher la trajectoire improbable et pourtant tellement évidente quand c'est lui qui la dessinait.

Il avait hérité du surnom d'Antoine Mutant, ou "la charge", rapport à son hallucinante séquence sur l'Aiguille du Midi où il fait partir une avalanche.

Son dernier "exploit" avait été de rider des câbles de l'ancienne gare du téléphérique de l'Aiguille du Midi. Malgré son talent stratosphérique dans tout ce qui touchait à l'air, Antoine n'avait jamais pris la grosse tête, sa gentillesse, son humour et sa passion du vol étaient indissociables l'un de l'autre.