La table ronde organisée la semaine dernière à Chamonix, entre autres par Recco, réunissait les professionnels concernés pour faire le point sur la prévention, l'information et les technologies de la sécurité en montagne, un rendez-vous que les organisateurs voudraient annuel.

Il a bien évidemment été question d’ARVA-pelle-sonde, de pastilles Recco, d’Avalung, de sacs Airbag ou autre Avalanche Ball... mais pas seulement. On a surtout parlé de culture de la sécurité.






« On dit aux skieurs qu’ils doivent apprendre à se servir de leurs ARVA-pelle-sonde, mais aussi et surtout à ne pas avoir à s’en servir », estime David Ravanel, de l’association de secours La Chamoniarde. Le matériel de sécurité n’est rien sans cette culture de la sécurité. Comme l'explique Christophe Boloyan, pisteur aux Grands Montets : « le trio Arva-pelle-sonde vous sauvera peut-être d’une avalanche. Peut-être pas. La technologie permet en général de vous retrouver sous une coulée. Peut-être vivant. Peut-être mort. »

Cette culture de la sécurité montagne, selon certains comme Christian Reverbel, vice-président de l’association nationale des directeurs de la sécurité des pistes, se perd aujourd’hui : « avec les remontées mécaniques, on a surfacilité l’accès à la montagne. On n’a plus à faire le cheminement vers l’altitude que faisaient les anciens, si bien qu’on oublie que la montagne est un milieu hostile. Ceux qui ne connaissent pas la montagne doivent apprendre à la connaître avant d’y aller. »

A la Grave, on fait passer dans les messages de publicité que « c’est un endroit où on peut mourir », précise Marc Gardent, guide et élu. « Ce n’est pas un frein au niveau commercial : le client aime qu’on lui laisse une certaine responsabilité. » La responsabilité d’aller prendre la météo avant de partir, de savoir s’orienter et surtout de renoncer si on n’a pas le niveau. Les bases finalement.

Pour finir, un chiffre donné par l’Anena : seuls 37% de skieurs hors pistes retrouvés sous des avalanches étaient équipés d’Arva/pelle/sonde, alors que 70% des pratiquants de ski de randonnée l’étaient. Une question de culture de la montagne ?

Texte et photos : Floriane Macaire

Sur la photo de gauche à droite : Gilles Bruno (Météo France), Didier Tichadou (Recco), Jean-Sébastien Knoertzer (Guide et prof à l'ENSA présentant l'Avalanche Ball), Christophe Boloyan (Pisteur aux Grands-Montets), Régis Lavergne (Commandant du PGHM de Chamonix).