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Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015
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Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015

Analyse d'une avalanche survenue fin janvier à Châtel

Texte Colin Gomez, Dennis Corbet, Loïc Giaccone, Fred Jarry
Vidéo Colin Gomez, Dennis Corbet
Texte Colin Gomez, Dennis Corbet, Loïc Giaccone, Fred Jarry
Vidéo Colin Gomez, Dennis Corbet

Analyse d'une avalanche survenue fin janvier à Châtel

Au delà des images spectaculaires, skipass.com reviendra à chaque fois que cela sera possible sur des cas concrets et documentés d'avalanches, afin de tenter de les expliquer au mieux et de sensibiliser les pratiquants, confirmés ou non, aux risques. Il ne s'agit en aucun cas de fournir un mode d'emploi ou une illusoire assurance, mais d'apporter des éléments de réflexion, à intégrer lors de vos futures prises de décisions.

Colin et Dennis sont deux skieurs d'une vingtaine d'année. L’un deux a déclenché une plaque lors d’une journée en dehors des pistes à Châtel et il s’est fait ensevelir. Ils ont accepté de revenir sur cet incident et nous avons à nouveau demandé à Fred Jarry de l’ANENA de nous aider à l’analyser.

Conditions météorologiques du jour (samedi 31 janvier 2015) : Ciel légèrement voilé le matin et se couvrant dans l’après-midi, pas de vent, températures assez froides. 

Conditions nivologiques : il avait neigé fortement la semaine précédant l’avalanche (plus de 50 cm de neige fraîche accumulée sur les différentes chutes), pas beaucoup de vent les jours précédant l’accident, pas de redoux. 

Forme du terrain : le terrain se divise en trois parties : la première n’est pas très pentue et est constituée de quelques petits sapins, la deuxième est la partie la plus raide, il n’y a pas de sapin et la pente s’incline de plus en plus. Au bout de cette partie il y a des petites barres (entre 3 et 5 m), puis la dernière partie est un replat (pente de max 30°) dégagé et sans rupture de pente, là où l’avalanche s’est déclenchée. Le lieu vu sur skitrack, où le figuré rouge représente approximativement les zones où la pentes dépasse les 30°, et le rectangle jaune l'avalanche :

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015

Récit.


- Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

- Nous sommes Dennis Corbet et Colin Gomez, deux étudiants de 20 ans qui vivent entre Lausanne où nous étudions, la Haute-Savoie et le Pays Basque. Nous skions ensemble depuis maintenant 3 saisons et avons l’habitude de skier dans les Portes du Soleil, la Clusaz, Chamonix et la Suisse mais nous essayons au maximum de voyager pour découvrir de nouveaux spots.

- Comment s'est déroulé l'accident ?
- Dennis est le skieur en jaune et noir qui déclenche l'avalanche, et moi, Colin, celui qui fait la recherche en orange et bleu. En haut du run je suis parti en premier afin de tester la neige, j'ai fait plusieurs virages sautés ainsi que des petites traversées afin de voir si des petites plaques partaient (au vu de la neige à cet endroit le plus probable était une plaque à vent), rien n’est parti. Plus loin la neige était plus profonde, plus légère et n’avait absolument pas transformé (ni par le vent ni par la température). Je me suis arrêté à l’abri d’un rocher sur la gauche de la face en descendant.

Ensuite Dennis a commencé sa descente en skiant de manière rapide, en diagonale, jusqu’à se retrouver au dessus des barres de la zone centrale de la face. Il a d’abord testé la neige, puis une fois confiant, il saute le rocher se trouvant devant lui. Il pose son saut et rien ne semble bouger, mais quelques mètres plus loin des fissures apparaissent… Il continue de skier sans les remarquer avant de voir le bourrelet de neige devant lui. Il ne comprend malheureusement pas tout de suite que c’est l’avant de la plaque sur laquelle il est qui se met en mouvement. Lorsqu’il fait son virage le bourrelet a grossi, et en essayant de le passer il chute. Une fois tombé il relève la tête, dos à l’avalanche, et se fait percuter puis ensevelir. Il ne refera pas surface.

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015 

- Quelles étaient les caractéristiques de l'avalanche ?  
- Environ 40m de large en haut, 60m en bas pour 200m de long, sur une pente moyenne de 28°. La hauteur de la fracture est d’environ 70/80 cm, déclenchée à une altitude de 2000m et sur une pente orientée Ouest.

- Est-ce que vous pouvez nous raconter précisément comment s'est passée la recherche ?
- Je vois d'abord passer Dennis dans la partie haute, puis apparaitre en bas des barres au moment où la plaque se décroche. Voici la chronologie : 
- 0min00s : Dennis est enseveli, c’est le début des 15 minutes décisives. Je ne le reverrai pas faire surface.
- 0min00s - 0min10s : Je garde les yeux sur l’avalanche tant qu’elle est en mouvement, et en même temps je demande de l’aide aux skieurs qui se trouvent plus bas.
- 0min10s - 0min31s : Une fois l’avalanche arrêtée  je sors mon DVA et le met en mode recherche. 
- 0min32s - 0min55s : Après quelques hésitations sur l’itinéraire à emprunter pour rejoindre l’avalanche je saute la barre au-dessus de laquelle je me trouve et rejoint l’avalanche. C'est une première erreur : il aurait été plus prudent de faire le tour pour ne pas se retrouver dans la même configuration que Dennis, ou bien laisser le DVA en position émission tant que la barre n’était pas sautée. 
- 1min00s - 2min48s : Arrivé sur l’avalanche (j'ai eu un problème pour remettre mes gants, pensez bien à les remettre c’est important pour ne pas laisser son odeur pour les chiens d’avalanche) c’est le début de la recherche en traversée à skis. Aucun signal n’est reçu.
- 2min49s-2min59s : Le premier signal est reçu (deuxième erreur, il aurait fallu laisser un objet à cet endroit) et je m’approche du signal encore à skis.
- 2min59s - 3min19s : Je déchausse les skis à environ 10m de Dennis selon le DVA et poursuis la recherche en ralentissant un peu.
- 3min19s - 3min45s : A environ 3m de distance d’après l’appareil, Dennis me sent au-dessus de lui et crie pour se faire remarquer, je l’entends. Je crie aussi, mais Dennis ne m’entend pas.
- 3min45s - 4min05s : La recherche en croix commence (après un peu trop de temps, j'étais trop concentré sur la voix de Dennis) et le signal le plus faible est reçu.
- 4min05s - 4min43s : A ce moment-là un témoin de l’avalanche arrive à mes côtés pour m'aider, je sors la sonde et simultanément le témoin tombe sur la jambe de Dennis en creusant. Les témoins n’avaient pas de pelle et ont donc aidé à dégager à la main.
- 5min02s - 5min40s : Je commence le pelletage.
- 5min40s - 6min04s : La tête de Dennis est sortie de la neige, les voix respiratoires sont dégagées et il répond à mes questions, il est conscient et respire. Il s’est écoulé environ 6 minutes depuis le moment où l’avalanche est partie. 

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015

- A ce moment Dennis respire et est conscient mais il n'est pas encore dégagé. Combien de temps a-t'il fallu pour le sortir ? 
- Il faudra encore 5 minutes pour le dégager complètement. Dennis était enseveli à une profondeur d’environ 1m-1m50. Pendant ce temps les pisteurs arrivent et entament leur travail de sécurité, récupération des informations, etc. Ils voulaient tout d'abord être surs que personne d'autre n'avait été emporté. J'ai appelé Dennis en criant pendant toute la recherche, ce dernier nous apprendra ensuite qu’il n’avait rien entendu, même lorsque j'étais au dessus de lui. Il ne s’en sort pas complètement indemne : il s’est blessé au genou, rupture des ligaments croisés et fissure du ménisque.


Analyse.

Fred Jarry de l'ANENA revient sur cet incident.

La neige, c’est compliqué, mais…

L’accident de Dennis et Colin rend bien compte de la difficulté d’estimer le risque d’avalanche : les deux skieurs sont engagés dans des pentes a priori similaires et les skient de la même façon (saut d’une petite barre), à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre. Pour Dennis la réception du saut se solde par un déclenchement de plaque. Pour Colin … rien.

Certains pourront y voir le jeu du hasard, de la fatalité et se résigner. Franchement, autant jouer à la roulette russe ! Si l’on veut skier vieux, et toujours avec la banane, mieux vaut parler d’incertitude. Parce que l’incertitude, ça se gère. Pour le skieur, le but du jeu est de réduire au maximum cette incertitude pour répondre à la question « cette pente est-elle plutôt risquée ou plutôt saine ? ». Selon la réponse, certains comportements devraient être adoptés, d’autres évités.
Alors, pouvait-on imaginer une plaque à cet endroit ?

Question terrain…

La pente est suffisamment raide pour qu’un départ de plaque ait lieu. Petit rappel : en neige sèche (pas d’eau liquide dans le manteau neigeux), tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire que les déclenchements de plaque se font à partir de 30° d’inclinaison. Dennis s’engage dans une sorte de petit couloir, entre des rochers. Dès qu’on a ce type de configuration, avec des rochers qui ressortent, on est à minima dans du 35°-40°. La sortie de cette pente doit donc avoisiner les 30°. 

Question manteau neigeux… 

C’est essentiellement là que réside l’incertitude : le manteau neigeux est extrêmement variable, et on n’a pas encore inventé un détecteur de plaque ! Donc, sur le terrain, on ne peut que faire des hypothèses, sur la base d’une bonne préparation et d’observations.

Le BERA, pour la préparation :

Le samedi 31 janvier, sur le Chablais, la situation était un peu tendue : on sortait de deux jours en risque fort (4) et le Bulletin Avalanche de Météo-France pour ce jour-là passait d’un risque fort à un risque marqué (3), dans toutes les orientations de pente

Autrement dit, on était dans un niveau de risque maximum pour ce qui est des déclenchements skieurs (bien que l’échelle européenne du risque d’avalanche court jusqu’au niveau 5, la matrice utilisée par les prévisionnistes de Météo-France pour déterminer le niveau de risque lié aux départs provoqués par les skieurs s’arrête au niveau 4. Le 5 est utilisé comme niveau de risque maximum pour les départs spontanés, soit les avalanche naturelles). Les dessins ci-dessous illustrent schématiquement ce que ces niveaux de risque représentent en termes de taille d’avalanche et de nombre. Le terrain de jeu est quand même limité !

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015

Distribution possible des zones dangereuses en risque Marqué. Source CD-Rom White Risk / IFENA.

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015

Distribution possible des zones dangereuses en risque Fort. Source CD-Rom White Risk / IFENA.

Le samedi était un jour d’accalmie après le passage d’une grosse perturbation ayant apporté 20 cm le mercredi, 40 cm le jeudi et encore 20 cm le vendredi. Selon le Bulletin Avalanche, on pouvait s’attendre à de nombreuses plaques friables, avec de gros volumes (60 cm à 100 cm) possibles, dans toutes les orientations et surtout à plus de 1800 m. d’altitude. 

Selon le Bulletin de Synthèse Hebdomadaire émis le jeudi, cette grosse perturbation poserait la neige nouvelle sur une sous-couche froide et légère … couche fragile. Le « problème avalanche » du jour était essentiellement dû à des plaques formées par la neige récente sur une sous-couche plus froide et légère.

Observation de la neige sous les spatules et plus loin :

La vidéo de Dennis renseigne un peu sur les conditions réelles rencontrées dans cette face. Que pouvait-il observer ? 
- Les premiers virages se font sur une neige travaillée par le vent. Le relief est typique d’une zone d’érosion, exposée au vent. 
- La forme de ces « crêtes de coq » donne la direction du vent : latéral, gauche-droite, remontant légèrement la pente. 
- Les petits sapins présentent grosso-modo une face déneigée (gauche) et une face encore enneigée (droite) et une congère à leur abri (« sillage » sur la droite des sapins). Vent latéral gauche-droite.

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015

Que pouvait-il en conclure ?  
- La neige récente a été transportée. 
- On peut s’attendre à des accumulations/plaques dans certaines zones.
- Ces zones sont situées à l’abri du vent latéral.

La suite de la vidéo, au moment où Dennis réceptionne son saut, montre que la sortie du couloir est une zone abritée du vent. La petite ligne de crête avec sapins, sur la gauche, créé une barrière au vent. Dans cette zone, la surface de la neige est différente : beaucoup plus lisse. C’est la zone d’accumulation. Un peu plus loin on distingue même un effet de « dunes », typique. Même s’il est toujours plus facile d’expliquer un déclenchement une fois qu’il a eu lieu, ces éléments pouvaient permettre de se dire « cette pente est plutôt risquée » :
- L’inclinaison est suffisante pour un déclenchement skieur ;
- Il y a un gros cumul de neige récente sur une neige ancienne plus froide et légère (structure de plaque friable) ;
- Le couloir et sa sortie sont des zones d’accumulations, potentielles plaques à vent.

L’incertitude est déjà moins incertaine !

Quel comportement dans cette situation ?

Finalement, il n’y a pas de réponse automatique : tout dépend du « seuil de tolérance au risque » de chacun. Petit rappel tout de même : l’avalanche est potentiellement un risque de mort.

La raison voudrait que l’on renonce et attende que la structure de plaque friable disparaisse. La neige récente et celle plus ancienne peuvent se lier … et le niveau de risque diminuer. Suite à de grosses chutes de neige, le vieil adage « attendre 2-3 jours », dans une certaine mesure, a du sens.

En ce qui concerne Dennis et Colin, leur comportement est plus ou moins adapté. Ils progressent un par un, chacun dans leur section, mais en se surveillant (Colin attend que Dennis ait fini son run). Dennis teste le manteau neigeux en entrée de pente et ne s’attarde pas une fois lancé. Les deux skieurs sont équipés du trio DVA/Sonde/Pelle. Ce sont de bons points.

S’ils ne voulaient pas renoncer à skier de la poudre ce jour-là, les conditions auraient dû au moins leur faire lever le pied … et les empêcher de chercher une ligne raide où ils devaient sauter. 

La cause initiale de la rupture de la plaque est la surpression administrée par le skieur sur celle-ci. Plus la surpression est importante, plus on risque de rompre la couche fragile et de démarrer le mécanisme de déclenchement. Grosso-modo, une chute en ski équivaut à administrer 10 fois son poids sur le manteau neigeux. Sauter une petite barre doit bien valoir un peu plus… En sautant dans la zone d’accumulation, Dennis augmentait de fait la probabilité (déjà grande) de déclencher la plaque. Pas une bonne idée ce jour là !

Le stress de l’accident.

La vidéo, le son et les explications de Colin donnent la mesure du stress subi lors d’un accident. Colin revient sur son erreur principale : sortir le DVA et le mettre en réception, alors qu’il n’a pas encore atteint le dépôt d’avalanche… Avec le gros risque de déclencher lui-même une plaque (même configuration, même façon d’aborder la pente). Il a une bonne étoile au-dessus de la tête.

Au-delà de cette erreur, il gère bien la phase de secours : dégager les voies respiratoires d’une victime ensevelie sous 100 cm en 6 minutes est un score honorable. Le fait que l’un des témoins commence à dégager la zone où Colin finit sa recherche (croix finale) permet de gagner beaucoup de temps (parce qu’il tombe sur la jambe).

Avalanche : analyse de cas. Châtel, 2015 

Lorsqu’il y a plusieurs sauveteurs pour une victime, c’est la bonne méthode : un sauveteur finalise la recherche fine avec le DVA, d’autres commencent soit à sonder (si la neige est compacte, le dégagement à la main sera beaucoup plus difficile que dans cette vidéo), soit à dégager un peu à l’aval de la zone de recherche. On n’attend pas forcément qu’une phase soit terminée pour commencer l’autre et on gagne du temps.

Conclusion : oui, mais…

Colin, qui était à peu près dans la même configuration, n’a rien déclenché, lui. On peut penser que ça relativise la portée de l'analyse !

Finalement pas vraiment, car c’est le « à peu près » qui fait toute la différence. Le manteau neigeux et le terrain sont suffisamment variables pour que, à plusieurs dizaines de mètres, l’un déclenche effectivement une plaque, l’autre non. Mais, l’analyse montre que la situation générale était réellement bien tendue et que, pour ces pentes, on était plus dans des conditions « risquées » que « saines ».

A cause de cette variabilité, de ces « subtilités », il est très difficile de discerner ces différences de danger d’une zone à l’autre sur le terrain. C'est tout un art. Si l’on veut tout de même limiter sa prise de risque, c’est la « situation générale » (dans ce cas : pente raide + gros cumul sur couche fragile + accumulations probables) qui devrait nous faire adopter, par principe, un comportement adapté. Une sorte de règle qu’on applique face à une situation type. Pour certains, ce sera le renoncement, le contournement, pour d’autres simplement de skier espacés, plus soft. Selon son seuil de tolérance au risque.

Colin et Dennis souhaitent remercier tout particulièrement les témoins de l’avalanche qui ont réagit de manière très efficace en appelant le 112 et en venant aider Colin à creuser, ainsi que les pisteurs du domaine (François Debergé et Sylvain Thibodaux) qui sont arrivés très vite sur place et ont très bien fait leur part de travail. Vous pouvez suivre Colin et Dennis sur la page Facebook de leur team, le ODOS Project.

Ils espèrent que cette vidéo explicative sera un exemple constructif de plus pour vos recherches sur les avalanches et comment se comporter pendant un tel scénario. N’hésitez pas à leur poser des questions si vous en avez et à réagir afin de faire avancer le débat sur les méthodes de recherches en avalanches et sur la manière de les éviter. 

27 commentaires

Hugone83

inscrit le 05/01/13
19 sujets, 1797 messages
Ouais à souligner que le gars a été très très efficace et connaissait parfaitement ses gammes ! @ SFFG dans une avalanche tes skis tu leurs dis adieu en général ... à moins qu'ils restent en surface mais bon ..

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Prorider74

inscrit le 13/09/09
3 sujets, 1163 messages
Belle analyse, les vidéos rendent un bon témoignage, personnellement je pense que j'y serai aller aussi.
"deuxième erreur, il aurait fallu laisser un objet à cet endroit" . Au moins j'aurais appris quelque chose, je n'était pas au courant de ce "détail" ( qui me parait essentiel effectivement maintenant)

Sinon pour l'ABS, en possédant un je me suis posé la question aussi. Si il en avait eu un, il se vautre donc n'aurais pas pu le tirer sur le début, après lorsqu'il se fait entrainer peut-être aurait-il pu le déclencher mais ça me parait incertain. En gros c'est toujours bien de l'avoir mais on voit encore une fois ici que ça ne sauverai pas forcément de l'avoir.

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Lapinou67

inscrit le 28/11/10
3 sujets, 13 messages
Excellent réaction de Colin: sang froid, méthode Bravo! D'où l'intérêt d'avoir des potes qui savent quoi faire dans les situations critiques. Un brin de chance aussi, mais bon il en faut! Comme dit plus haut, peut être investir dans un ABS la saison prochaine!!

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larapiette

inscrit le 29/12/11
1 sujet, 178 messages
Ambiance cauchemar... o_o Vidéo impressionnante.
J'ai deux question pour Denis : on voit pas bien dans la video la hauteur du bourrelet sur lequel tu te bourre. Comme il t'as décapsulé le genou, j'imagine que ca devait être assez haut et dur. Mais penses tu que si tu avais vu le déclenchement et anticipé l'obstacle tu aurais pu le passer ?
Aussi, on voit bien que la phase ou tu te fait transporter est relativement longue. Penses tu que tu aurais pu te mettre en boule, ou au moins ramener tes mains vers ton visage ? Ou seule la force de la neige pouvait décider de ta position finale ?
En tout cas je suis content de voir que ca vous a pas trop refroidi. Beaucoup arrêtent le HP après ce genre d'événements, notamment ceux qui ne se font pa ensevelir mais qui cherchent leurs potes...
Et merci pour le partage d’expérience.

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Sauvy Christian

inscrit le 30/12/11
0 sujet, 0 message
On voit des petits départs de neige à l'approche de la barre ( à partir de 00:30'';) qui sont des signes précurseurs. Avec la rupture de pente juste derrière ce spot ne sent pas bon du tout... C'est sûr , c'est facile de commenter après coup. Merci pour cette vidéo, qui confirme que le HP est un jeu de semi hasard. C'est du poker sauf qu'ici on ne joue pas des jetons, on joue sa vie.

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limp13

inscrit le 19/03/14
0 sujet, 1 message
les mecs, pensez à appeler les secours AVANT de faire quoi que ce soit. Vous serez sur que c'est fait, et bien fait.
si tu te fais coffrer en second en rejoignant l'avalanche, ou meme si tu te fais un genou sur une chute à la con, il n'y a plus personne pour prévenir.

(prévenir / sécuriser / secourir. toujours dans cet ordre)

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mp11374

inscrit le 25/04/13
0 sujet, 4 messages
Sauf que l'erreur de se mettre de suite en recherche DVA avant d'arriver sur site aurait pu faire deux victimes....
pour le reste, bon rétablissement au blessé qui a eu très chaud (si j'ose dire !)

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Dennis Corbet

inscrit le 13/09/14
0 sujet, 0 message
Bonjour et merci à tous pour votre soutien et vos commentaires constructifs !
@larapiette :
Pour ce qui est de la taille du bourrelet j'aurais du mal à te répondre. L'action s'est passée très vite et je n'ai pas compris immédiatement ce que le bourrelet représentait vraiment, à savoir l'extrémité d'une plaque. Néanmoins je dirais une cinquantaine de centimètres de haut. Je n'ai réalisé que c'était une ligne de fracture qu'au moment où je suis arrivé son niveau et n'ai donc pas réussi à l'anticiper. De plus j'étais en plein virage. La combinaison surprise + virage a fait que je me "enfoncé" dedans d'où la chute. Je pense vraiment que si j'avais mis les skis droit ne serait-ce que 5m avant j'aurai pu passer devant la plaque et m'en sortir...
Pour ce qui est du genou, ce n'ai pas la chute qui m'a blessé... C'est une fois recouvert et pendant que je me faisais trainer que je me suis blessé. Mon ski a tardé à déchausser et c'est le genou qui a déchaussé en premier...
Pour ce qui est de la phase de "transport" par l'avalanche je ne pense pas avoir eu la bonne attitude. Dans un premier temps j'ai voulu "nager" pour rester en surface, mais ça ne servait à rien, je ne savais même dans quel sens j'étais en fait. Ensuite j'ai compris que c'était inutile et ai essayé de me mettre en boule et de rapprocher mes mais pour faire une poche, mais c'était trop tard, l'avalanche avait déjà ralenti et il était de plus en plus compliqué de bouger. Mais quoi qu'il en soit on se fait vraiment chahuter et il très dur de se mettre volontairement dans une certaine position...
Enfin pour ce qui est de l'ABS... j'en ai un... Mais nous étions tellement convaincus de ne pas skier ce genre pente ce jour là et de rester dans la forêt que j'avais décidé de ne pas le prendre... Je pense que j'aurai pu l'actionner juste après la chute et qu'il m'aurait pas mal aidé.

Voilà j'espère avoir répondu aux questions posées jusqu'à présent, n'hésitez pas à en poser d'autres, que ce soit à Colin ou moi !

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larapiette

inscrit le 29/12/11
1 sujet, 178 messages
Ah oui, c'est dommage il t'aurais bien aidé l'ABS. Une fois où un ami s'est fait prendre sans pouvoir déclencher, c'est qu'il avait déclenché l'avalanche derrière lui sans s'en rendre compte. Il a rien entendu et il s'est fait percuter la fesse par surprise. Heureusement pour lui, c'était bien pentu, l'avalanche était pas énorme puisque c'était un petit couloir avec 15/20cm de fraiche, et il y avait des mélèzes. Il s'est fait projeter dedans (il a bien du faire un vol de 15m quand même) et est resté accroché, sans trop de bobos.

En tout cas je vous remercie. C'est pas des moments évidents à partager, et c'est pourtant extrêmement utile. Il y a énormément de choses à discuter qui aident à survivre dans des terrains non sécurisés. Que ce soit, comme cet article le suggère, en termes de prises de risques, d'analyse du terrain, de prises de décisions, et de méthode de recherche, mais aussi en termes de technique de ski, et d'alpinisme, de déminage, voire de réflèxes de dernière minute.

Je trouve qu'on se rend pas compte du tabou qu'il y a autour des avalanches. Ce sont des événements extrêmement traumatisants, et il est normal qu'ils soient tout aussi difficiles à partager dans des cercles publiques. Alors à tous ceux qui partagent ces très mauvais moments, comme à ceux qui les diffusent et les analysent, je leur dis bravo et merci. Vous avez du courage et le sens du partage :)

(Ce serait cependant bien d'avoir des analyses mêmes anonymes de cas ou il y a plus d'erreurs car il y en a pas mal, et on apprends peux-être mieux de ces erreurs, que de "cas d'école" où tout est bien qui finit bien)

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Sinq_Deft

inscrit le 03/09/15
11 sujets, 259 messages
Je suis pas expert mais je me demandais si il n'aurait pas pu gagner une bonne minute en commençant à chercher à partir du dernier endroit ou il l'avait vu avant d'être totalement enseveli ? Pourquoi commencer à cherche depuis le début de la cassure alors qu'on voit clairement que le mec en enseveli 50 m plus bas ?

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Provencal_le_Gauloi

inscrit le 25/06/06
4 sujets, 249 messages
Salut,
Je vois ce commentaire de Dennis "Enfin pour ce qui est de l'ABS... j'en ai un... Mais nous étions tellement convaincus de ne pas skier ce genre pente ce jour là et de rester dans la forêt que j'avais décidé de ne pas le prendre... "
Cette saison j'ai fait aussi fait l'erreur de sous-estimer les risques que j'allais prendre dans la journée, et je me suis aussi fait prendre dans une coulée, moins grosse mais plus raide.
Dans mon cas c'était rando tranquille par risque 2. Puis on voit un couloir sympa. On monte sur une une crête à coté du couloir. Et en redescendant ca part...
Je pense que dans les deux cas on part en se disant "je prends pas (trop) de risque aujourd'hui". Et on s'emballe avec la neige. Mais comme on est parti avec l'idée de skier sûr, on sous-estime le risque. En tous cas c'est comme ça que je l'ai vécu. Est ce que c'est pareil pour toi Dennis?

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larapiette

inscrit le 29/12/11
1 sujet, 178 messages
@ Simon :
Il est absolument indispensable de commencer la recherche depuis le début de la coulée, ou, au pire, du dernier endroit où tu est absolument certain d'avoir vu ton pote, même si effectivement, le skieur à 80% de chance de finir dans la cuvette ou s’arrête l'avalanche. En effet, si tu fais une recherche ARVA et que tu dépasse malencontreusement ton signal, tu auras toutes les peines du monde à remonter. Dans des pentes à plus de 40° avec beaucoup de neige, c'est même presque impossible.
De plus, l'avalanche peux toujours trimballer tout ce qu'il y a en sous-couche (rochers, morceaux d'arbres morts, etc..) qui peuvent, dans l'action, facilement ressembler à un bout de ton pote, et qui risquent de t'induire complètement en erreur. C'est de toutes façons parfaitement impossible d'estimer l'emplacement d'un skieur pris dans une avalanche d'après sa dernière position, si il y a une crevasse sur la route, il peux tout aussi bien être resté coincé à l'endroit où il a disparu. C'est encore pire si la coulée est parti d'une arrête. Car il peux tout aussi bien être parti d'un côté que de l'autre.
C'est pourquoi il faut être méthodique, et commencer ta recherche depuis le tout début de la coulée, en faisant des "Z" largements plus petits que la portée max de ton appareil, car si il est enfoui profondément, le signal est pas toujours facile à chopper.

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Dennis Corbet

inscrit le 13/09/14
0 sujet, 0 message
@Provencal_le_Gauloi :
C'est un peu l'idée oui. Cependant la différence principale entre toi et moi, est, je pense, que je savais que le risque général était fort et que c'est ça qui avait motivé mon choix de ne pas skier certains types de pentes ce jour là. De plus pour ce qui me concerne ce n'est pas la neige du jour qui m'a fait de l'oeil. On a eu plusieurs évènements imprévus qui ont fait que nous nous sommes retrouvés en haut de cette face sans vraiment le vouloir, puis on vu des gens skier n'importe comment à 5 en même temps sans équipement, ce qui a dû inconsciemment nous mettre en confiance, et enfin notre analyse du risque local n'a pas été la bonne. Nous pensions que le vent avait travaillé en remontant vraiment verticalement la face et que donc il n'y aurait pas d'accumulation sur celle-ci. Or comme il a été mis en évidence dans l'analyse de l'anena, le vent avait travaillé aussi un petit peu de travers, et ça je ne l'avais pas réalisé. Arrivé au dessus de la barre je me suis concentré sur la neige que j'avais sous les pieds et ai négligé celle sur laquelle j'allai atterrir. Or cette dernière provenait du transport par le vent qui avait soufflé latéralement...
Enfin bon tout ça pour dire que les facteurs humains ont aussi une grande influence dans ce genre d'accident et que ce sont surement les plus sournois.
De notre côté nous avons débriefé, les divers causes de l'accident, tant techniques qu'humaines, nous sont claires et nous avons pris des résolutions pour ne pas réitérer ces erreurs.

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