SwissHeliRider (16 jun 2010) disait:
c'est vrai que le niveau du skieur n'a rien à voir avec les connaissances de la montagne. Mais bon, c'est tout de même une minorité de skieurs qui pratique la rando et le HP, et dans cette minorité, une majorité possède tout de même une relativement bonne connaissance de la montagne.
Mouaif ! En montagne, on entend trop souvent je sais, je sais, je connais. Si l’on s’amuse à la décomposition classique du savoir (savoir, savoir être et savoir faire ), on constate qu’il y a certes, quelques bribes de savoir théoriques généralement complètement sur estimées et brouillées par une montagne de croyance. Le savoir faire est quasiment absent. Dans bien des situations, si tu demandes à un skieur une analyse objective de la situation, tu auras souvent le droit à de grandes approximations.
J’en ai personnellement la preuve quotidienne à propos de la préparation des skis par exemple (c’est HS mais c’est pour l’exemple ). Beaucoup de croyance ou de pratiques anciennes, mais peu de connaissances. Ensuite quand il faut passer au geste dans l’affûtage par exemple, on constate à l’évidence qu’il y a un monde entre savoir ce qu’il faut faire et savoir le faire.
On a tous appris à se servir d’un Arva. On a tous la connaissance théorique. Mais je vous jure que lorsque c’est pour de vrai avec le stress qui s’additionne à la peur, c’est un autre business. Et là on est beaucoup moins performant. Et nos belles connaissances s’évanouissent.
Perso, j’ai une peur bleue des mecs qui pensent posséder une relativement bonne connaissance de la montagne sous prétexte que depuis des années de HP, ils n’ont pas encore eu d’accidents. Je reste fidèle à cette phrase qui m’a été dite par un officier du PGHM : Tant que tu n’as jamais eu à le faire pour de vrai, tu ne sais pas même avec mille formations et entraînements.
SwissHeliRider (16 jun 2010) disait:
Conclusion : faut pas interdire le HP, mais le ski de piste !!!
En France, un secours en montagne (à la charge de la force publique ) coûte bien plus cher à la société qu’une saison complète de secours sur piste (à la charge des blessés ). Il ne faut donc évidement, pas interdire le HP. Il faut juste renvoyer les gens à leurs responsabilités et ne pas leur laisser l’espoir que les accidents de leur pratique ludique puissent être assumés par la collectivité…
En France, les secours en montagne reposaient à l’origine sur la solidarité des gens de montagne. C’est-à-dire que lorsqu’un guide était en difficulté avec son client, les autres guides partaient à son secours. Le touriste qui était parti seul en montagne, on ignorait même son existence (puisqu’il n’était pas passé au bureau des guides ), donc pas de secours. Devant la montée en puissance des pratiques non encadrées par les professionnels (et donc non secouru par le principe de solidarité des gens de montagne ), la France c’est dotée de moyen de secours publics (Gendarmerie, CRS et protection civile ) et privés sous contrat avec l’Etat.
Rétablissons l’épreuve de secours dans le BE de guide et le principe de solidarité des gens de montagne. Privatisons et rendons payant les secours non pris en charge par le principe de solidarité des gens de montagne. Et la donne sera très differente.