Tout d’abord les conseils que t’ont donné Flatounet et Niouti sont bons… Sauf que Niouti te parle d’appui sur la languette avant de tes chaussures avec le mollet. Donc bien évidemment c’est un appui avec le tibia sur la languette qui va te permettre de conduire ton ski ! Certains ont essayé de le faire remarquer mais il y a moyen de le faire de manière plus sympathique…
Tous les « trucs » que je mets en application, je les ai chopé sur skipass et bien souvent auprès de ceux qui aujourd’hui ne peuvent pas parler de passer un virage en ski sans l’aborder par l’angle de la physique quantique. Je ne sais pas comment c'est abordé par l'ESF ou autre, je ne sais pas si c'est académique, je ne sais pas si c'est esthétique. Mais ce que je sais c'est que pour moi l'application de ces quelques règles a bien marché et que je skie mieux, plus vite et plus relâché quand je me les applique.
Par ailleurs, je m’étais aussi mis au roller en ligne et cela m’avait bien aidé pour le placement général et les appuis.
1- Toujours en appui sur l’avant, en roller ou en patin, si tu te laisses aller en arrière, tu finis sur le cul. En ski, ce n’est pas pareil car tu as le talon du ski qui t’empêche de basculer… Mais en dehors de ce détail, c'est exactement pareil, interdiction de se laisser aller sur l'arrière ! Alors imagine que tes skis se terminent à l’arrière de tes chaussures. Tu restes donc bien fléchi vers l’avant, tu dois sentir des tibias appuyer sur les languettes de tes chaussures en particulier du ski extérieur tout au long du virage. Tu verras qu’au bout d’un moment, on peut être en appui sur l’avant, les tibias sur les languettes en étant très relâché musculairement. Essaye sur les tire-fesses, c’est plutôt plus confortable que raide sur ses jambes en fait…
2- Tu rentres les genoux vers l’intérieur du virage (au moins le genou extérieur, idéalement les deux mais au début ça n’est pas évident) pour mettre tes skis sur les carres et en appuyant avec les tibias vers l’avant du ski ça doit tourner.
3- Tu gardes tes skis parallèles avec un écart équivalent à celui de tes épaules. Ca va te permettre de les faire travailler tous les deux, au lieu du seul ski extérieur quand tu skies très serré.
4- Tu laisses tes épaules face à la pente du début à la fin du virage. Tes épaules, pas tes hanches qui doivent suivre l’axe des skis ! Après tu pourras laisser les épaules revenir un peu dans l’axe des skis, mais au début ça permet de ne pas se laisser embarquer par le virage et à en garder le contrôle. Pour cela tu peux t’entraîner en mettant tes bras presque tendus devant toi et en mettant les bâtons perpendiculaires aux bras en équilibre sur les bras. Tu descends une petite piste verte en enchaînant les virages sans que les bâtons tombent et en les laissant toujours perpendiculaires à la pente.
5- Le regard loin devant pour anticiper les prochains virages et ne pas se faire surprendre par le relief. Là c’est comme en vélo, si tu regardes ta roue avant, au premier nid de poule tu te casses la gueule !
6- Pour utiliser tes bras, et donc tes bâtons, imagine que tu tiens un volant. Tu places donc tes mains devant toi, mais pas bras tendus non-plus et tu tournes légèrement ton « volant virtuel » vers la direction que tu veux prendre en regardant dans cette direction. Assez naturellement, tes épaules vont « rentrer dans le virage » et le mouvement du virage va s’enclencher, tes bras et les bâtons qui les prolongent vont trouver leur mouvement de balancier équilibrant.
7- Plus la pente est raide, plus on a envie de « refuser » le virage et de se mettre en arrière. C’est exactement l’inverse qu’il faut faire. Quand tu déclenches ton virage, imagine que tu plonges dans la pente épaules en premier et tes skis vont naturellement tourner autour de ton bâton intérieur au virage.
Déjà avec ça tu as de quoi faire. Il te faut travailler tout ça à très petite vitesse (piste verte, puis bleue) pour trouver ton placement sur tes skis et une gestuelle équilibrée. Personnellement, quand je n’ai pas skié depuis un an, je me fais une petite heure d’enchaînement de virages sur piste bleue pour tout bien replacer. Ensuite tu peux accélérer progressivement. Lorsque tu te sentiras plus à l’aise et que tu voudras boucler des virages de manière plus agressive, une fois que tu es bien dans ton virage pense au truc du genou intérieur qui doit remonter vers le centre du virage. Ca va t’obliger à garder les skis un peu écartés et à avoir un appui qui va naturellement venir se répartir aussi sur ce ski intérieur. Et surtout, ça va t’obliger à skier les tibias parallèles et écartés : secret du ski moderne face au ski classique (où les skis sont collés et où on a une fente prononcée (ski intérieur avancé par rapport au ski extérieur).
Pour la poudreuse de bord de piste où tu commences à t’aventurer, essaye de mettre en pratique un virage en pensant à te mettre en appui sur le ski intérieur. En fait tu ne seras pas en appui réellement sur le ski intérieur, mais le fait de penser à le faire te permettra de tourner en répartissant bien le poids sur les deux skis… En tout cas plus que sur neige damée. Si tu te retrouves avec le ski extérieur qui s’enfonce et l’intérieur qui remonte (dernière chose que tu te dis avant de te retrouver la tête dans la neige) c’est que tu n’as pas assez appuyé sur le ski intérieur. Dernier truc sur la poudreuse : il faut de la vitesse ! On n’ose pas au début mais plus on va vite plus on contrôle.
Enfin, tu te demandes si c’est normal d’être plus à l’aise pour tourner d’un côté que de l’autre, oui c’est normal, on a tous un pied d’appui privilégié (goofie ou regular pour utiliser le langage du surf), en ski c’est pareil. Mais en progressant tu ne sentiras bientôt plus beaucoup de différence.
Voilà amuse-toi bien et tiens-moi au jus de ta progression !
Message modifié 2 fois. Dernière modification par Ricolerouquin, 05/01/2011 - 16:23