clash
clash

inscrit le 22/10/01
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A une époque où de nombreux sports sont laminés par les coups bas de la presse au sujet du dopage (et avouons-le, le cyclisme le mérite bien en ce moment), un oasis de tranquilité, d'honnêteté et de santé demeure pourtant dans le triste monde du sport: le bienheureux Tennis, véritable école de vie saine, aux réalités si dures mais si belles.

A l'heure où la Suisse semble frétiller toute entière de plaisir de retrouver sa petite princesse sur les courts éclosent moultes articles à la gloire de ce sport, comme celui d'un certain Christian Despont dans Le Temps d'aujourd'hui, qui nous retrace le parcours de Justine Henin et de son ex-entraineur, nouveau coach de Martina Hingis, parcours qui , entre parenthèse, ferait passer la vie de Cosette pour celle d'une sale gamine privilégiée.


Morceaux choisis:

Le forçat [Pat Etcheberry, l'entraineur en question] a notamment "construit" Justine Henin, dernière réponse à la brusquerie depuis la retraîte de Martina Hingis. La Belge, 20 ans, était venue frapper à la porte du mentor, le regard effarouché, petite fille fluette à la maturité anormale, forgée dans un destin cabossé. [...] Justine possède un sens du sacrifice extraordinaire. Je ne l'ai jamais entendue se plaindre.
[...]
Supplicier Justine Henin ne fut pas plus difficile [je saute le passage qui conte son enfance malheureuse]. Esclave de ses tourments, de ses propres exigences, Justine Henin a soulevé des poids jusqu'à en vomir et s'arracher des larmes. Certaines nuits, les courbatures l'ont empêché de trouver le sommeil.
[...]
[Justine Henin:] J'ai décidé de mettre un terme à notre collaboration. Je ne pense pas que mon corps soit encore capable de supporter de telles charges. [...]
[Navratilova:] Mon Dieu, cette femme travaille très dur. Je me suis demandée combien de temps elle pourrait durer à ce rythme. J'ai eu la réponse.
Justine Henin, frappée par un virus mal identifié, vaguement déprimée, a passé dix mois chez elle, recule dans la solitude.


[je passe sur le passage qui décrit les bienfaits de la méthode d'entrainement d'Etcheberry, ciblé sur les qualités spécifiques de chacune de ses recrues. Le passage se termine par:]

Rien de sorcier. Rien d'inédit, même, selon les spécialistes, si ce n'est une manière subtile, joviale, voire fraternelle d'enseigner la souffrance, dans ce qu'elle sécrète de confiance en soi. Quand Henin fut poursuivie par des rumeurs de dopage, Pat Etcheberry l'a enhardie en ces termes: "tu vois, Justine, si les gens imaginent que tu es dopée, c'est que tu as drôlement bien travaillé. Il faut accepter ce compliment".

Enfin, l'article se termine en se demandant si le retour de Martina Hingis se fera à ce prix là, prix de larmes et de souffrances.

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Fort bien, le tennis est donc un sport où, pour percer, il faut multiplier les sacrifices au point d'entamer sa chair, se donner corps et âme pour atteindre son but, quitte à se détruire. Une certaine définition de l'héroïsme quoi, certes un peu vain, mais héroïque quand-même.

Soit.

Maintenant, je me pose la question: pourquoi, quand on parle de cyclisme, le tableau est-il dépeint de manière complètement différente?
Où donc est passé le malheureux virus jouant le rôle de sentance face à une pauvre petite courageuse qui a trop tiré sur son corps, endurant toutes les souffrances du monde?
Il s'est transformé en "regardez le peloton, les grippes, rhumes, mononucléoses et autres maladies se succèdent à un rythme tout bonnement hallucinant alors qu'on parle de sportifs en bonne santé; regardez les certifs médicaux, le nombre d'asthmatiques... Pas normal tout ça."

Alors que la pauvre Justine est reclue chez elle dans la solitude, victime malheureuse de son surentrainement, Pantani se shoote à la cocaïne à force d'avoir trop tiré sur l'EPO.

Quelle sale hypocrisie, du deux poids deux mesures d'une pureté à faire vomir.
Je ne dis pas que Henin est dopée, je n'en sais rien, même si mon avis sur le dopage dans le sport de haut niveau s'est solidement forgé au fil du temps. Simplement, personne ne niera que ce qui se passe dans le tennis, feminin en particulier, est pour le moins surprenant, avec des numéros un mondiales qui jouent au yoyo dans les classements en jonglent avec titres et blessures ou autres maladies aussi soudaines qu'à répétition (au hasard, Henin, Clijsters, Williams, Williams...).
Mais puisqu'on vous dit que si elles se blessent, c'est du surentrainement...

On pensera ce qu'on voudra du dopage ou pas du monde du tennis, mais quoi qu'il en soit la différence de traitement par rapport au vélo est... proprement scandaleuse.

Enfin bref, ce genre d'éloges à l'entrainement auxquelles à droit Henin dans cet article, on connait.
On disait aussi qu'un certain cycliste d'outre-atlantique était le meilleur parce qu'il s'entraînait comme un fou pendant que tous les autres bouffaient des hamburgers et jouaient à la Nintendo pendant tout l'hiver.
On sait ce qu'il est advenu depuis.
Monsieur Despont et autres journalistes sportifs, il faudrait voir à arrêter de nous prendre pour des cons...
powpow9
powpow9

inscrit le 12/2/05
4315 messages
Très juste!

Mon opinion du sport de compétition est faite depuis qu'on m'a dit implicitement que j'avais aucune chance de percer dans le hockey-sur-glace sans prendre de créatine... J'avais moins de 16 ans... Alors bon, même si c'est pas considéré comme un produit dopant, ça reste limite et va savoir à quoi ils carburent plus tard!

Je crois qu'à partir du moment où un sport peut rapporter du blé, c'est le début de la fin. C'est terriblement triste (j'adore le sport) mais c'est comme ça, et je commence à m'y faire.
Modo
skipass.com
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inscrit le 1/2/01
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Skipass