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Exercice: quinze minutes pour sauver les victimes d'une avalanche
LE MOURTIS (AFP) - Cinq personnes sont ensevelies par une avalanche, 80 sauveteurs se donnent quinze minutes pour sauver les victimes lors d'un exercice mené en commun jeudi par les pelotons de gendarmerie de haute-montagne (PGHM), les CRS, le SAMU et les services de secours des stations de ski de Haute-Garonne.
"Venez vite! il y a 5 personnes ensevelies": le témoin donne la toute première alerte à 11H00. Son coup de téléphone est répercuté à William Montano, directeur de la sécurité des pistes de la station du Mourtis (commune de Boutx), qui arrive en scooter des neiges et met en branle neuf services concernés, dont les pisteurs de la station et la mairie.
Sur la pente, au milieu des sapins, cinq "victimes" se sont enfouies profondément sous la neige en différents endroits avant le début de l'exercice: elles devront être repérées en temps réel par les sondeurs, les chiens d'avalanche ou le matériel de détection, puis dégagées.
"L'idée force, c'est avant tout de sensibiliser les personnels de la station à l'importance de la première phase de recherches: une personne ensevelie perd 92 % de ses capacités de survie au bout d'un quart d'heure", explique le gendarme maître-chien André Viros.
En quelques minutes, deux équipes de six sondeurs armés de piques sont sur place, et un espace d'opération matérialisé par des fanions de couleurs.
L'adjudant Jean-Luc Gomez, commandant le PGHM de Luchon, et le brigadier-chef Didier Nogès, de la CRS 29 de Lannemezan, qui co-dirigent l'exercice, notent, chronomètrent.
Outre la balise Arva (appareil émetteur-récepteur de recherche des victimes d'avalanches), les sauveteurs utilisent également un détecteur de pastilles inertes Recco, portées par les skieurs et qui renvoient un écho.
"Les nouvelles pratiques poussent les jeunes vers le hors-piste, c'est à dire vers des zones dangereuses, à la recherche de sensations fortes, alors que la méconnaissance du milieu reste importante", se désole le gendarme Viros.
Pour lui, le pire danger provient de la formation de lourdes plaques neigeuses dites "à vent" qui peuvent broyer les skieurs qu'elles emportent.
"Les secours en montagne, c'est une question de méthode et de rapidité, et le rôle des personnels sur place est primordial", souligne le préfet de Haute-Garonne, Jean Daubigny.
Lors du debriefing au pied des pistes, bons et mauvais points sont passés en revue sans complaisance devant tous les participants: William Montano, le chef d'opération, véritable chef d'orchestre des premiers secours, doit être "plus directif", il faut que les "chefs de vague", responsables des sondeurs, restent face à leurs hommes et veillent à une progression régulière, afin d'éviter que les plus lents ne soient tentés de sonder moins profondément pour rattraper leur retard....
"Par contre, c'est bien d'avoir conservé le +témoin+ à proximité pour avoir le maximum d'informations", signale l'adjudant Gomez.
Face à "ce quart d'heure décisif qui passe très vite", dans ce moment de stress, le gendarme et le CRS n'ont qu'un credo: "il faut bouffer de l'entraînement".
inscrit le 8/11/01
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