Test K2 Shreditor 136 (Powabunga) 2017

1 test K2 Shreditor 136 (Powabunga).

Donnez-nous votre avis !
Postez un avis de qualité et augmentez vos chances de recevoir gratuitement du matériel dans le cadre de notre programme de Tests privés.
Shane Harrisson

L’arme ultime que les dieux tant de la pow que du plaisir peuvent confier aux mortels

K2 Shreditor 136 (Powabunga)
Avis sélectionné
Profil du testeur : 47 ans | 1,86m | 82kg | Avancé
Taille testée : 191
Acheté : 400€ en ligne
Conditions du test : Malheureusement, seulement en indoor, confinement oblige donc SnowWorld à Landgraaf (NL) le 17 Août 2020 en soirée, t° de l’air -3 à -5 °C. Compte tenu de la saison qui s'annonce, peu de chance de les tester ailleurs.

Points forts

« Facilité » de prise en main pour des skieurs habitués aux fats
Cohérence et flex rocker avant/arrière et spatule/talon
Pop vraiment sympa
Potentiel hors-piste
Facilité en switch
Facilité de refartage et de raclage, comme c’est trèèèès large, pas besoin de (trop) s’emmerder avec des élastiques pour les stop-skis (quand même un peu pour le raclage)
Les skins groomers (petits trous en spatule et au talon) sont sympas pour mettre des peaux et éventuellement pour passer un câble antivol.

Points faibles

Faire vraiment gaffe à la position de perçage
La différence de poids n’a plus ici tellement d’importance.
Couleurs échappées des années ‘80
Prévoir un sérieux « budget fartage » car la surface à enduire est vraiment conséquente.
La rebouche des petits trous sur les semelles vert fluo devra être précautionneuse.
Finition (très) mauvaise voire indigne, épaisseur des talons différente (2mm) et à terme un risque de délaminage. On est clairement sur des « Factory Second » (j’ai eu 50% dessus, donc je vais pas trop me plaindre, mais quand même)
Forte hantise de se les faire piquer pendant les pauses vu qu’ils sont extrêmement rares et maintenant introuvables
Discrétion à minima « difficile » dans les files aux remontées mécaniques et totalement impossible dans les bulles ou les bennes
Malheureusement, on en fait plus des comme ça

Testeur : 47 ans, 82 kg (avec l’équipement – les 3 couches de vêtements, chaussures, sac ABS, DVA, pelle, sonde, dorsale, casque, masque… on doit facilement dépasser les 100 kg), 1,86 m

Skis : K2 Shreditor 136 Powabunga 191 cm avec des Marker Jester, montage à -3 cm vers l’arrière par rapport au centered, +4,5 cm par rapport à traditionnel (lire ci-dessous), Salomon QST 118 185cm 2017, Salomon Warden 13 centrées sur le repère, Zag H-96 182 cm avec des Tyrolia démo, centrées sur le repère,

Chaussures: Rossignol All Track Pro 130, 29.5 Mondopoint, 338 mm et K2 Mindbender 130 28.5 Mondopoint

Snowboard: Nidecker Ultralight 163 2013, Salomon Quantum Shadow 2019, -13/+13

Chaussures : Burton Imperial 2017 en 45


Zeus a son Foudre (κεραυνός / keraunós le masculin est ici de rigueur), Poséidon son trident, Odin sa lance Gungnir, Thor Mjöllnir, Indra a son Vajra, Elric a Stormbringer… Les Dieux de la pow et du plaisir confient parfois aux mortels, en général quelques jours par an quand les astres et les flocons sont correctement alignés, ces armes pour tracer les lignes les plus belles qui soient. Certains mortels, ceux de la race des héros et presque des demi-dieux, se les voient confier plus fréquemment, mais ils habitent bien souvent des contrées dont les noms laissent rêveur : Gulmarg (গুলমার্গ ou गुलमर्ग), Niseko (ニセコ町), Arlberg, Jackson Hole, Squaw Valley, Machapuchare (माछापुच्छ्रे ou कतासुँ क्लिको), Portillo, Las Leñas, Petropawlowsk-Kamtschatski (Петропавловск-Камчатский)… 

A vous de leur rendre grâce.


Conditions du test :

SnowWorld à Landgraaf (NL) le 17 Août 2020 en soirée, t° de l’air -3 à -5 °C. J’aurais rajouté la Grande Première ou le High Test, mais les conditions politiques et sanitaires (je crois que l’ordre dans lequel je les énumère a son importance) en auront décidé autrement.


Note Initiale

Ecrire un test aussi long (vous êtes prévenus) et « décalé » (vous êtes re-prévenus) est « exceptionnel », pas sûr que dans le futur je passe autant de temps sur un autre, désolé si mon style littéraire vous plaît.


Skis testés

K2 Shreditor 136 dits « Powabunga » 191 cm avec des fix Marker Jester. Montage à -3 cm vers l’arrière par rapport au centered, +4,5 cm par rapport à traditionnel. Rayon de courbure 25 m, cambre classique et double rocker. Fix serrées à 9+.

Le perçage initial a été fait sur une base Mondopoint à 29,5 (taille de la coque) et j’ai par la suite changé de chaussures en passant à du 28,5 ; donc on peut considérer un décalage de 5mm vers l’avant du ski.


Specs

J’ai compilé ci-dessous quelques infos glanées sur cette paire de lattes tant en français qu’en anglais pour en faire un résumé ayant du sens (enfin, j’espère) car parfois, il y avait des infos contradictoires sur les chants et la fibre.

« La vision de McConkey, qui a changé le ski de poudreuse à jamais, perdure avec le légendaire Pon2oon, conçu pour skier dans la poudreuse plus facilement, plus vite et en fournissant moins d’efforts. La spatule et le talon Powder Rocker ont une forme fuselée particulièrement adaptée à la poudreuse, pour des déclenchements de courbe prévisibles, plus de confiance et une vivacité hors pair. »

« Lancez-vous dans des quantités incroyables de pow et faites des gros airs lors du retour vers la station.

(Fournie par K2) »

Ligne de cote : 158-136-153

Rayon (m) : 25 (en 184 cm)

Taille : 184, 191 cm

Fixation : Sans

Poids du ski (gr.) : NC

Technologie & Construction : Sandwich fibres de verre triaxiale et noyau bois en Bambou / Peuplier / Paulownia, chants TwinTech/Hybrid Tech, Powder Rocker (50 % de rocker en spatule et talon, 50 % cambre)

Manufacturers description

“Taking its cues from the likes of Fujas, Mahre, and the rest of the K2 Factory Team, the super-wide Powabunga is designed to slash, surf, and stomp anything deep, white, and delicious. Dive head-first into hidden stashes with this powder ski’s trifecta of aspen, paulownia, and bamboo in the Double Barrel Core. K2’s Powder Rocker has tapered tip and tail that effectively reduce deflection in the tip and release turns quickly from the tail.”

https://www.evo.com/outlet/skis/k2-shreditor-136

Mystère sur la semelle, la dureté des carres (par exemple, Liberty annonce eux de l’acier HRC 48)

https://www.youtube.com/watch?v=zzR2QSI86-Q

https://www.youtube.com/watch?v=IQczv5QEHRc

https://www.youtube.com/watch?v=87_6FGgS75g

Rajouter à cela les petits trous en spatule et au talon appelés skin grommets qui servent à accrocher les peaux prévues par K2 qui au vu des photos sur le web n’existaient pas sur la version 2015.

Quelque chose qui serait intéressant de la part des fabricants serait de donner la surface des semelles (en cm²), mais faut pas trop demander – à vous de vous démerder (et je compte pas pousser le bouchon jusque-là).


Préambule

Achetés neufs en cette fin juillet 2020, j’ai sans doute acheté une des dernières paires neuves si pas la dernière à l’Est et à l’Ouest de Seattle (siège de K2) (en clair au monde) au monde. Cool ; la chance !


Merci à D’Store, shop et e-shop belge (je suis les consignes, j’ai acheté local) situé entre Leuven et Bruxelles pour leurs conseils de perçage (Olivier, Jeroen et leur expert freeride qui a les mêmes). En effet, cela semble très difficile de s’y retrouver avec ces lattes. Les photos Facebook, Instagram, recherches Google… montrent souvent que « Monsieur Tout-Le-Monde » a opté pour un centrage fort marqué vers l’arrière (sur ce qui est photos de revente/seconde main, etc.) – la position « Traditional », ce qui ne me correspond pas trop. Je voulais aussi qu’airborne (même si je suis très loin d’être un expert), je ne sois pas déstabilisé (même s’il n’y a aucune chance que je rentre des tricks plus complexes qu’un 360 – ou alors, « ‘pas fait exprès chef, j’ai glissé » et c’est souvent mauvais signe pour la réception).


Même K2 après les avoir contactés sur leur SAV aux States me disaient par le biais de leur service Europe en Allemagne (les chemins des e-mails dans les SAV sont et resteront toujours mystérieux) « the Powabunga is aspecialy for Powder, and so take the mountingpoint. You don`t need to change the bindingposition » ce qui veut tout dire et rien dire (je passe sur les fôtes d’orthographe). Merci les gars, mais vous pouvez franchement mieux faire (déjà sur l’orthographe, la ponctuation et le non-sens de la première partie de la phrase).


D’un autre côté (ici, pas « Monsieur-tout-le-monde »), sur les vidéos YouTube et les photos FB, Andy Mahre ( https://www.facebook.com/andymahre/photos ) et Tyler Ceccenti (https://www.facebook.com/Tyler-Ceccanti-248974391791312/photos/ et https://www.facebook.com/K2Skis/photos/a.108944062681/10152637374042682/ ) semblent les avoir montés centrés (ou pas loin). Pep Fujas aussi. Sur Skipass, Tatsuya Tayagaki les ride plus ou moins centrés aussi (voir les photos dans le reportage de Guillaume Lahure https://www.skipass.com/news/157102-un-jour-sans-fond.html et dans la vidéo de Fab Maierhofer https://www.youtube.com/watch?v=BsVpsNskcwE&ab_channel=FabienMaierhofer à 9’23’’ et directement une vidéo de Tatsuya https://www.youtube.com/watch?v=tDv4wvXhuEA&ab_channel=SKIDAY qui visiblement les a ressorti sur une piste cette année).


Préambule 2

A cet endroit du test, tout lecteur va se dire « c’est quoi ce baltringue qui en juillet post confinement, achète neuf une paire de super voire hyper BC qui n’a plus d’équivalent actuel et qui, de plus, habite en Belgique, pays bien connu pour ses montagnes et ses champs de poudreuses vierges à obligatoirement explorer en hélicoptère tant il y en a ».


Même dans les Alpes, ils ne doivent être à leur aise que 4-5 jours par an (voire plus si vous faites de l’héliski mais en termes de budget, ça risque de pas le faire). A part de l’approche avec peu de D+, au vu de la largeur, ça ne doit pas être évident de monter avec ; je ne sais même pas s’il existe en standard des couteaux suffisamment larges (ou alors des couteaux de snowboard ?). A cela, je vais vous lister plusieurs réponses faciles en prêt à penser, à vous de faire votre(vos) choix (et d’arrêter la lecture de ce test après ces quelques options – je ne vous en voudrai pas) :

  • 136 cm au patin, il doit avoir un zgeg minuscule et compenser en achetant des gros skis.
  • J’hésite entre il est con ou il est con. Ben finalement, je crois que je vais prendre il est con.
  • Il a acheté des lattes collectors et il veut faire un bénéfice dans 3-4 ans quand il se sera lassé de se carboniser les cuisses et voudra les revendre.
  • Faut croire qu’il aime le vert pomme fluo et qu’il n’est jamais sorti des années ’80 avec ces couleurs improbables (en plus, il a un froc jaune et une deuxième couche jaune fluo). D’un autre côté, ce sera facile de le retrouver s’il se fait coffrer, on peut pas rater ses skis, il devrait pas être trop loin.
  • Il voulait juste essayer des trucs introuvables et une fois son test écrit et publié, il va les virer rapidos.
  • Il a vraiment trop de thunes cet enfoiré de richard de belge buveur de bière trappiste, bouffeur de croquettes de crevettes en entrée, moules/frites ou waterzooï ou lapin à la Kriek ou boulets ! (j’insiste sur l’orthographe siouplait, on plaisante pas avec ça) sauce lapin frites mayo en plat et de tarte au riz en dessert.
  • Encore un bolos qui veut se prendre pour Andy Mahre, Tyler Ceccenti ou Tatsuya Tayagaki dans les indoors en BE ou NL.
  • Ouah, le mec qui veut dépanner l’hélico du PGHM de Modane en leur proposant des pales de rechange


Préambule 3

Si vous êtes arrivé(e) ici, tant mieux, vous ne vous êtes pas arrêté(e) au prêt-à-penser. La société actuelle faisant en sorte qu’on pense pour vous et qu’on vous dise quoi penser (et surtout quoi ne pas penser), je suis content de savoir qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.


Pour faire simple, j’ai maintenant 47 ans, et pas mal d’années de ski (au moins 42, la réponse est toujours 42 – là, j’en ai surement perdu quelques-uns) et malheureusement aussi, pas mal de blessures derrière moi (j’en ai d’ailleurs repris une énooooorme couche cette année – c’est vraiment, vraiment, vraiment pas passé loin, voir mon test de casque Salomon Sight Mips). Si je ne teste pas ces hyper-fats maintenant, je ne crois pas que physiquement, dans 10-15 ans, je sois (encore ?) en pleine capacité pour le faire (perso, je voudrais bien et j’y travaille). Qui plus est, comme les fabricants ne proposent plus ce genre de lattes qu’à de rares exceptions près (et encore moins souvent pas dans une configuration cambre et rocker), c’était maintenant ou jamais.


Je n’avais pas tellement d’options d’achat à savoir des Liberty Genome en 141 au patin (encore plus introuvables pour une paire récente mais qui auraient été mon premier choix en juillet 2020 – addendum, sur le site de Liberty ce 21 octobre 2020, j’ai vu qu’ils les ressortaient officiellement pour 2021. Mega-Fuuuuuuuck. Et merde !). A part ça, le DPS Spoon qui lui est full rocker et donc, qui m’intéressait moins, le Fat*Ypus A-Lotta mais qui n’a pas de rockers, le Lib Tech Megapow (avec son magnétraction – se faire chier à refaire les carres – son shape pow/pas pow suivant qu’on chausse le droit ou le gauche, comme chez Dupraz et son shape arrière au mieux pas évident en switch), le Prior A-Star a un cambre plat (ou un très léger cambre) mais est moins large, le Bluehouse Maven qui était à prix imbattable mais qui n’existe plus malheureusement depuis 2013, etc.


Autre point important à souligner, par référence au cinéma français : « Et le plaisir ? Bordel ! ». Pas sûr que le mot cinéma soit le plus approprié… Enfin bref… Ridant depuis maintenant 4 ans des Salomon QST 118 par tout temps, ayant kiffé grave pour parler en me retirant quelques lustres, les Wed’ze PowChaser en 115 en tout cas en prototype (voir mes tests https://www.skipass.com/tests/ski/salomon_qst-118-1/2017_22271.html et https://www.skipass.com/tests/ski/wedze_prototypes-115-edition-val-thorens-p/0_25363.html), je me suis dit que plus large, en gardant du cambre pour la piste, des rockers pour la facilité, une touche de souplesse en plus pour le pop (ou de pop en plus pour la souplesse), cela devait bien donner quelque chose de bon.


Préambule 4

Ayant demandé au shop de me les percer mais de ne pas serrer les fix (Marker Jester 6-16 DIN) pour les préserver, et voulant faire comme toujours le réglage juste avant d’aller skier (la première fois en indoor à SnowWorld à Landgraaf NL), j’ai sorti mon petit outil Burton (le Bullet Tool) et pour la première fois, grosse déconvenue.


Impossible d’atteindre les vis de réglages, que ce soit la partie avant ou arrière des fix. C’est la première fois que cet outil est incapable de régler une fix et pourtant, des fix, j’en ai réglées, en plus des miennes, celles de mon épouse mes filles : moults potes, skieurs en perdition sur les pistes qui s’engagent sur du rouge ou du noir et qui déchaussent intempestivement car les skimen (petit cours d’anglais : man [mæn] au singulier, men [mɛn] au pluriel, donc skiman et skimen, pareil pour skiwoman avec une prononciation différente) n’ont pas correctement fait leur boulot… J’ai été bon pour prendre un gros tournevis pour les régler. Où ça risque de me poser un problème, c’est en montagne, car il n’est pas question que je prenne avec moi un gros tournevis avec une belle pointe. Trop dangereux. J’ai donc racheté un embout plus long que je mettrai dans une petite housse avec le tool.


Préambule 5

Ok, ça commence à faire long. J’ai déjà eu des commentaires sur le comment j’arrivais à écrire des tests aussi longs (sur un essai en salle, entre autres). Pour citer Michel Chevalet : « Mes tests, comment ça marche ? ». Facile, après 2-3 descentes en indoor (moins en outdoor, forcément), je sors mon téléphone et je m’enregistre (ou me filme) par rapport à mon ressenti, mes observations… Chaque fois, les staffs techniques (D4, Wed’Ze, Salomon, Nidecker, Ride) ou les rideurs(euses)/staffs à côté de moi sur la/les piste(s) se sont demandés ce que je pouvais bien foutre. D’un autre côté, si on veut faire les choses sérieusement, il n’y a pas 36 solutions. Également IT Business Analyst dans mon autre vie, cela explique peut-être ceci.


Toutes mes références ci-dessous par rapport aux Wed’Ze Wedze (un dir’ comm’ a estimé que l’apostrophe était too much) Pow Chaser 115 sont basées sur les prototypes d’avril 2019, les Proto 115 Val Thorens Edition (‘faut avouer que ça claque comme intitulé).


Prise en main et test à proprement parler

Bon, quand c’est qu’on commence à parler des skis en eux-mêmes parce que jusque-là…


Tout d’abord, en termes de prise en main, ben la prise en main à proprement parler. Ils sont « incroyablement » légers pour cette taille (longueur, patin…). La sérigraphie vert pomme fluo est comment dire… fluo avec un côté « échappée des années ’80 voire d’Apocalypse Snow ». D’un autre côté, faut croire que cela revient à la mode (voir l’Atomic Redster X9 S de 2020-21). Les dessins sont imprimés dans la même couleur, mat sur brillant et ont un côté métal (hardcore, trash, punk, gothic, grind, heavy, doom, death… enfin, vous voyez). Ces dessins n’apparaissent jamais sur les photos sur le web et j’ai été un peu désappointé surpris en déballant la caisse (que le livreur avait au demeurant balancé par-dessus la clôture sans se tracasser de rien, merci à lui). Mwouais, je ne suis pas un afficionado de ce genre de graphismes trop compliqués (graphisme et pas musique) et comme sur mes autres skis, mes stickers Albator (Captain Harlock pour les puristes et pour les super puristes キャプテン・ハーロック) et Cobra (Space Adventure Cobra - コブラ) auront vite customisé l’expérience visuelle.


Bon, et sur la neige, ça donne quoi. Ben pour commencer, indoor à SnowWorld à Landgraaf (NL) le 17 Août en soirée (T° de l’air -3° à -5°), avec presque personne ni sur les pistes ni dans le snowpark. « Clack » à gauche, « clack » à droite, télésiège (eh oui, télésiège dans l’indoor) et on se lance.


A basse vitesse, clairement ce n’est clairement pas le ski idéal. Le « dérapé » est relativement correct même si c’est physique de ramener son ski pour revenir parallèle et qu’il ne faut pas être trop pressé. L’abrasivité de la neige artificielle joue aussi énormément – Landgraaf est bien plus abrasif que les autres indoors m’a confirmé un moniteur ESF que j’ai croisé 2 semaines plus tard dans son shop (Aldo Campione de La Glisse pour ne pas le nommer). D’un autre côté, j’ai eu bien pire comme galère pour revenir parallèle avec des skis pure piste de loc’ avant d’acheter les miens. Pas moyen de se faire une idée sur le travail du cambre ou des rockers à une allure d’escargot.


Cependant, dès que le rythme augmente, on se sent bien plus à l’aise, ils retrouvent un côté intuitif dans leur utilisation. Je dirais qu’à moyenne vitesse (entre de 30 et 40 km/h ce qui pour un indoor est « rapide »), en partant du postulat que votre position est (suffisamment) bonne, ils commencent à donner le sourire aux lèvres. Les relances commencent à être bonnes même si elles restent relativement lentes (ou alors ‘faut vraiment pousser des cuisses).


Sur la piste « rouge » (pfff… ne pas rire siouplait, j’ai failli me pisser dessus quand j’ai vu ce qu’ils appelaient rouge), j’ai carvé en lâchant le frein (autant que je pouvais dans cet indoor) pour voir ce que ça donnait et le résultat est positif. Les skis s’engagent et on sait carver relativement facilement, mais pour en profiter, il faut correctement se pencher et s’alléger quand on doit pour que la relance soit bonne sans trop devoir pousser sur les cuisses et les genoux. La difficulté étant de conserver suffisamment de vitesse sans quoi, ça devient flou dans les réactions et on repasse en conduite glissée voire dérapée (comme un peu tous les skis en fait). Les relances dans l’autre sens sont honnêtes tout en me semblant un peu (je dis bien un peu) plus exigeantes qu’avec mes QST 118 en termes de précision de positionnement. Cependant, aucune différence en termes de mojo nécessaire dans les jambes. Cela peut sans doute s’expliquer par les valeurs de rayons de courbure quasi identiques : 25m sur les K2, 26m sur les Salomon à tailles équivalentes.


La stabilité et le pop en sortie de courbe (avec le retour d’angulation certes extrêmement modéré dans la salle) sont corrects pour des lattes de cette largeur/longueur (la position de perçage doit aussi y être pour quelque chose). Avec sur ce point, quelque chose à souligner : la différence de flex entre la spatule et le talon et le cambre sous le pied se ressent. Clairement, on sent que les ingénieurs ont bien bossé dessus : les fibres, les différentes essences de bois... C’est en termes de ressenti moins uniforme sur les QST. Donc ici, clairement il va falloir, en conditions plus appropriées, dompter ces skis (lire s’habituer et utiliser cette spec’ qui, au final, est un plus en termes de personnalité et de fonctionnalité), ce que les PowChaser (prototypes je re-précise) et les QST vous dispensaient de faire. Ils n’ont pas le côté (aussi facilement) prévisible et neutre que j’ai pu mettre en lumière sur les Salomon ou les Wedze. Plus tard dans la journée, lorsque quelques (petits) tas se sont formé, le pop permet de vraiment rebondir « 2 fingers in the nose ». L’appui sur le talon est bon correct malgré l’importance des rockers et la présence des spatules arrière, merci le presque centrage sans quoi, je me dis que sur du « plus dur », ce serait mauvais. On en revient encore au perçage et de son impact qui pour moi est énorme sur ces lattes.


On respire une sensation de « puissance » – terme sans doute galvaudé – qui s’en dégage, un peu comme les Salomon Force Bold que j’avais testé il y a un an et demi mais en moins intense. Ni les QST, ni les PowChaser ne m’ont donné ce feeling. J’ai un peu peur qu’à l’instar de ces fameux Salomon Force Bold, dans des conditions plus appropriées et à allure bien plus soutenue, ils n’arrêtent pas de crier « Encore ! » et « Plus fort que ça, mauviette ! » et que par péché d’orgueil on se fasse à un moment proprement jeter. Dans la poudreuse profonde, pas grave (quoi que se décapsuler le genou c’est pas ce qu’il y a de plus sympa), mais sur du dur, j’ai plus de réserves quant au résultat. Ça a, et ça demande du « poil aux pattes ».


Sur cette neige artificielle, et à vitesse « soutenue » (en salle c’est pas pareil, je reviens au 30-40 km/h), les spatules vibrent assez peu, malgré le fait que la neige soit dure, pareil en virage mais de façon modérée ; on est plus sur du visuel que du ressenti au pied. Je ne me suis pas retourné pour voir les spatules arrière, mais je n’ai en tout cas rien senti sous le pied les concernant. Ça n’a rien à voir avec les ZAG H-96 qui tremblaient pas mal sur du dur (à m’en déchausser les plombages). Sur la vidéo de Tatsuya Tayagaki les ayant chaussés et que j’ai référencée plus haut, on peut voir les vibrations « en mode piste ». Je dirais que j’ai constaté à peu près la même chose mais moins intense car la piste indoor était moins « bosselée ».


La combinaison avec les Marker Jester est très bonne : la réactivité est vraiment im.pec.ca.ble. On ne sent absolument pas qu’on a 136 au patin. En ressenti pur, c’est comme le Wedze PowChaser en 115, impossible de dire qu’on est si large sous les shoes.


Pour l’anecdote et être complet, j’ai aussi fait un slash et à part le côté « ouilleeeeuhh mes cuisses », ça en envoyé du gros. Donc rien à dire.


Quelque chose qui m’a assez surpris c’est que, même avec presque 2 cm de plus en largeur partout, je ne cogne pas plus les lattes l’une contre l’autre qu’avec les QST (pareil qu’avec mes ZAG ou mes Q85). J’ai donc bien désappris la godille old-school et le « collage des boots » sur le mono. A ce sujet, le top sheet m’a l’air « solide ». Le profil des chants du ski (Twin Tech/Hybrid Tech) semble jouer sur ce point. Je n’ai quasi aucune griffe après cette session.


Encore un autre point à aborder, le ride en switch. Im.pé.rial. même si je ne suis encore loin d’être un spécialiste. Le double kick spatule talon est vraiment bon. La position de perçage est bonne (ici, un centrage plus important aurait encore facilité la manœuvre). Clairement, c’est supérieur à mes QST qui sont plus rocker avant et arrière sans réelle spatule. A ce sujet, les spatules me semblent plus marquées que sur les liberty Genome qui a un profil un peu plus comme le QST et donc, le résultat final est peut-être plus polyvalent (j’ai un peu honte quand même d’utiliser ce mot pour ce genre de lattes).


C’est pas en salle que je vais faire parler la poudre (on est en Hollande, pas en Colombie au Japon), donc je me rabat sur le snowpark. Sur des petites bosses, ça saute bien, le décollage est facilité par le pop du ski. Les ollies sont vraiment aisés (merci le pop). L’atterrissage est également bon avec un bémol : sur cette neige artificielle et en atterrissant à plat (petite bosse), c’est vraiment dur et ça tape fort (plus que les Wedze Powchaser ou les QST) ; le retour dans les pieds est plus intense. A ce sujet, sur mes QST, entre les fix (Warden 13) et le ski, il semble y avoir, intégrée aux fix tant à l’avant qu’à l’arrière, une partie jaune en caoutchouc absorbant (on parle pas d’un sopalin haut de gamme ici). Ce bonus donne pour moi aux Warden 13 un avantage en termes d’amorti et de confort, mais un désavantage en termes de réactivité. Difficile de tout avoir. Sur un kicker, avec un atterrissage dans la pente, rien à dire (à part que les zones sont complètement gelées et dures). Ça pose coolos (même si je me suis retrouvé sur le dos comme une grosse bouse la première fois).


Sur du gelé ou vraiment glacé, les carres mordent suffisamment pour être à l’aise mais ici, l’importance de la combinaison fix bien réglées et à transmission de forces immédiates / position du ski sur la glace / flex et fit de la chaussure autour du pied prend tout son sens. Je déconseille fortement ce genre de lattes avec des chaussures « molles » (flex inférieur à 110 ou 120) et également à des skieurs ayant une configuration taille/poids/niveau faisant que leur point de déclenchement DIN optimal est inférieur à 7-8 (allez, excluons le moins possible, en mode croquette disons 6 ½). Cela ne me semble pas raisonnable compte tenu des forces en jeu dans les virages avec de forts appuis. Si c’est pour rester sur piste bleue à 30 km/h, ça le fera. Si par contre, c’est pour carver à 50+ km/h en se penchant et en poussant sur les cuisses, pour sauter dans un snowpark ou dans la poudreuse et rentrer des tricks avec des réceptions approximatives ou encore pour envoyer de gros et faire des virages cartes postales dans la poudre, ça, ça le fera clairement pas. C’est quasi certain que les prochaines nouvelles rencontres que vous allez faire, ce seront les pisteurs dans un premier temps et ensuite, dans un second temps, le médecin de la station. Au pire ce seront les gendarmes avec l’hélico – on en reviens au « Vous avez pas besoin de pales sur votre MBB-Kawasaki BK17 euh Eurocopter EC145 euh Airbus Helicopters H145 juste pour rendre service? » - je connais bien l’appareil pour voir un modèle de ce type survoler ma maison quelques fois par jour (le CMH de Bra-sur-Lienne pour ceux qui connaissent). Pas plus tard que cet été, il s’est posé dans un pré à 100m de chez moi pour aider un cycliste ayant fait un malaise, donc oui pour les pales ça peut le faire 😊. Pour les capacités des pilotes, ayant vu de près les 2 se poser, avantage à la Gendarmerie Nationale.


Un petit point à rajouter sur le flex des chaussures, j’insiste, car j’ai vraiment peur que si elles ne sont pas suffisamment rigides, ce soient les skis qui les baladent et pas l’inverse. Une latence entre ce qu’on veut faire et le moment ou ça commence à le faire est vraiment proscrite avec cette largeur au patin (j’y vois vraiment un risque de se décapsuler les genoux). Mon premier test s’est déroulé avec mes Rossignol All Track 130 Pro en 29,5 mais c’est du 29,5 qui a 4 ans et le chausson a « vieilli » et donc, j’avais un peu de jeu. En salle, rien à caler, mais ailleurs, pas pareil, ce pourquoi j’ai racheté des K2 me permettant au demeurant de gagner 760g par pied.


Sur la piste en toute fin de journée, avec de la neige skiée, donc plus lourde sur une épaisseur entre 3 et 6 cm, c’est plus difficile à emmener et peu avant la fermeture, dans les files du télésiège, sur de la neige « raclée » (en station, c’eut été le moment de faire du zodiac), on sent la largeur et là, la manœuvrabilité est en baisse sans en devenir trop pénible. Comme déjà mentionné plus haut, Landgraaf ajoute quelque chose lors de la fabrication de sa neige de culture (terme maintenant politiquement correct à employer) qui fait que c’est très abrasif. A ce sujet, tout le toit du complexe est tapissé de panneaux solaires pour en diminuer l’empreinte écologique ( https://www.google.be/maps/@50.8747964,6.0218304,315m/data=!3m1!1e3 ).


Un petit mot sur le fart d’usine maintenant. Bon, ce sont des skis 2017, certes neufs mais de 2017, et en plus sur une neige super abrasive. L’effet « ponçage » est présent, surtout à basse vitesse et dans le plat de la salle mais les semelles ne sont pas « blanches » à la fin de la session (pas comme ma fille qui a étrenné sa GNU Semi Gloss, qui elle, est complètement « blanche » tant sous la partie Flying-V (Ok, d’accord, chez GNU on dit C2e camber hybrid contour) que sous les points de rocker avants et arrières – note pour plus tard, ‘faut absolument que je poste un test sur ses fix Flow). Vivement l’application d’une bonne couche de Vola Mx rouge (je n’irai pas jusqu’à mettre du fluoré, pas question de m’intoxiquer dans ma cave en l’appliquant – pour l’info/rappel et les courageux, je vous renvoie à ce document https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00623884/document ). Je ne peux pas vraiment comparer avec les QST que j’ai aussi emmenés en indoor car eux avaient été (amoureusement) fartés par mes soins avant. Tout au plus, par rapport aux journées test Décathlon en indoor au Aspen à Antwerpen proposant à l’essai les skis qu’ils proposent en magasins, cela me semblait grosso-modo similaire en termes de frictions (la largeur en plus ici). Donc, fart d’usine, comme tout le monde… circulez, y’a rien à voir.


J’ai par acquis de conscience, donné un coup de lime sur les carres et ce qu’il en ressort, c’est qu’elles sont dans la moyenne en termes de dureté. Ni trop ni trop peu. A ce sujet, c’est une carre intégrale. On est pas sur un truc du style Ben Chetler/pelle à tarte qui griffe pas le plateau quand on se sert ni en spatule ni au talon. N’ayant pas essayé l’Atomic, je ne sais pas dire sir ce genre de structure de semelle (un peu comme la 3BT™ – Triple Base – des Bataleon) est bien ou pas, je le reconnais (j’aurai sans doute plus facile de tester un jour une Bataleon que les Ben Chetler). Par contre, la carre complète est utile pour les bennes des remontées quand un bourrin gentil préposé vous jette les skis dedans – vu leur profil, ils devront être dans un endroit séparé, un peu comme les couverts dans un lave-vaisselle –, pour également planter ses lattes dans la neige pendant la pause déjeuner – J’avoue que que c’est super-galère, il faut les planter un par un toujours de par leur profil… Les risques de délaminage et de dégâts au ski sont moindres, c’est purement mécanique.


K2 Powabunga Reloaded, sorties suivantes.

J’ai à partir de ce moment, comme je l’ai mentionné, changé de chaussures : je suis passé de Rossignol AllTrack 130 2016 en 29.5 Mondopoint à des K2 Mindbender 130 2020 en 28.5 (ou comment se libérer de 2 enclumes 760+ grammes à chaque pied – je vous laisse faire le total). Qui dit 1cm de moins sur les chaussures dit donc un recentrage d’1/2 cm sur le ski).

Ah ben pour le Reloaded, comme je l’ai dit, avec ce confinement et ces reports d’ouverture tous azimuts, ben y’a pas encore de Reloaded et je ne crois pas qu’il y en aura avant janvier voir pas pour cette saison (en tout cas en Europe).


Avis général.

Un grand sourire, donc forcément, un avis positif. A la base, je n’avais jamais essayé de K2 (ni de Marker hormis des démos sur des skis de loc’ il y a perpète), donc ce fut encore une première pour moi. Essai concluant.


Je vais quand même « nuancer » ou à tout le moins rajouter quelque chose à mon avis : j’ai un ressenti assez étrange à savoir qu’à côté de la technique minimale à maîtriser, à côté de la condition physique nécessaire à avoir, il y a autre chose et c’est difficile à exprimer mais je vais essayer.


Il faut un côté « barbu », « brut », un peu « bucheron », « viking », « titan » pour en profiter, chose que je n’ai jamais ressenti avec une autre paire de ski (pas plus qu’avec un snowboard). La seule autre paire m’ayant laissé un goût en bouche un peu du même ordre étaient les Salomon Force Bold 2020 montés en X12 avec leur côté à toujours en vouloir plus, chose que d’une certaine façon, j’ai retrouvé ici. Donc, cool mais faire gaffe quand même. Force restera toujours aux lois de la physique jusqu’à preuve du contraire (si vous arrivez à les tordre, faites-moi signe et dites-moi comment vous faites). Ces lattes ne sont pas « neutres », dans le sens qu’elles ont pour moi une personnalité « agressive » marquée. On est à des années-lumière d’un ultra-consensuel Rossignol Sky7 que j’ai testé il y a un an – j’ai trop la flemme d’écrire un test dessus même si j’ai encore mes enregistrements, mais comme ils ont été retirés du catalogue, ce serait leur rendre hommage. Ma fille en a une paire et je voulais voir ce que ça avait dans le sac (que celui dans le fond qui a crié « Et tu cherches encore ? » se dénonce).


Par rapport au titre de mon test, ce sont effectivement des armes ultimes que les dieux peuvent vous confier lorsque les conditions sont rassemblées.


Retour aux K2, n’étant pas allé les essayer dans les montagnes d’Hokkaido ou au Cashmere à Gulmarg (mes destinations phares hors Europe si j’avais plus de moyens – ‘faut peut-être que j’achète moins de matos ?), pas moyen d’affirmer qu’ils sont totalement insubmersibles, mais je me dis que s’ils ne le sont pas, ils n’en sont pas loin.


Améliorations ?

En un, la communication du SAV de K2 est mauvaise. Donc facile de travailler là-dessus.


Compte tenu du fait que ces skis sont une fin de race que rien n’a remplacé, et que rien à l’horizon ne semble vouloir remplacer tant chez K2 qu’ailleurs, il n’y a rien à en dire. Les largeurs 112 – 120 semblent maintenant être la norme maximale des super fats et un anachronisme en 136 n’a semble-t-il plus sa place. Pourtant, ce serait facile de les réhabiliter en relançant leur production mais cette fois avec un graphisme plus passe-partout en sortant de temps à autre, une petite série « Legacy », avec une seule longueur comme les MegaPow de Lib Tech. D’un autre côté, si (presque) toutes les marques ont arrêté ces largeurs, il y a une raison au minimum commerciale : cela ne se vend pas/plus. A noter que Liberty a quand même sur son site US ressorti le Genome cette année mais toujours avec la sérigraphie 2017. Donc, c’est qu’il y avait quand même une forme de demande.


D’un autre côté, ce genre de paires de lattes n’est bien souvent jamais seule dans nos quivers. C’est vraiment celle en plus pour les jours extraordinaires où une offrande en fin de journée aux dieux de la neige (Chioné chez les grecs, Bertha et les géants des glaces de Jöthunheim chez les nordiques…) ainsi que les dieux de la chance (Fortuna chez les romains, Tyché chez les grecs, les Shichifukujins (七 福神) au Japon…) est obligatoire et indispensable (vous avez bien fait de continuer à lire jusque-là, vous avez encore appris quelque chose). Je peux aisément comprendre que lâcher 800 boules hors fix pour des lattes qui serviront 3-4 fois sur l’année (et encore), c’est un peu déraisonnable.


Montage et Fixations

Au vu de la communication à tout le moins lacunaire de chez K2 quant à l’endroit où placer les fix (ainsi que ce que l’on peut trouver sur les forums – faut en plus bien savoir lire l’anglais), quelque chose de clair serait acceptable. Une erreur de perçage sur des lattes à 800 boules prix plein vous donne rapidement la haine soit du shop et du ski(wo)man qui vous les a percés soit du type de chez K2 qui vous a raconté n’importe quoi. Donc cela sous-tend une certaine expérience des fix et de leur positionnement pour ne pas se chier dessus (et aussi de ce qu’on veut – powpow pure ou joueur et airborne). Ou alors, monter des fix démo. Pour ce genre de lattes super fat, avec de grosses torsions et un besoin de sécurité pour ne pas déchausser, j’avais vu qu’il existait des Marker Jester 16 démo, mais pas dispo ici en Europe (ou alors au compte-goutte). J’ai finalement prix les Jester classiques (DIN 6-16) modèle 2018-2019 avec stop-skis en 136 (circonstances atténuantes, mea culpa, le shop s’en débarrassait avec 50% dessus). La discussion avec leur staff et leur skiman en ayant déjà percés et ridant avec a fini de me convaincre.


Marketing, Sérigraphie, Finition…

Une couleur « on aime ou pas ». Perso, c’est un rien trop fluo pour moi (et comme je l’ai dit, j’aurais préféré de loin un Liberty Genome). D’un autre côté, j’avais pas trop le choix… Le top sheet brillant avec les dessins mats dessus est en tout cas original.


Encore une fois, les ingénieurs et les markétings – surtout les markétings – (de chez K2 ici) ne pensent pas aux gentils skieurs qui bouchent les trous eux-mêmes et qui ne sont pas sponsorisés ou qui ne servent pas de modèle « carte postale ». Comme le dit le boss Guillaume Lahure pour ses photos, « faut de la couleur pour l’autofocus ». Ici donc, seul a compté le coté total flashy typé « pilote d’usine » quand les spatules sortent de la poudre (c’est vrai qu’en photo ou vidéo, c’est hyper sexy).


Bref, une semelle de la même couleur que le top sheet : super pour faire fondre ses mèches et être suffisamment prudent pour qu’aucune trace de suie ne se dépose. Vraiment merci les gens ! On pouvait pas faire des semelles noires avec le logo K2 en vert et pas l’inverse ? Non, pas possible ? Vraiment ? Siouplaît ? Vous m’avez forcé à acheter un pistolet, j’ai trop peur de dégueulasser mes réparations.


Un autre point, très fortement négatif ici est la spatule arrière d’un des skis a une épaisseur bien plus importante que l’autre, comme s’ils avaient mis une tonne de résine et que cela était resté dedans lors du pressage. Bad move les gens, really bad shitty fucking job (You’re fired ! pour citer un animateur télé/businessman/président US). Sur des lattes à 800 boules, c’est inadmissible ou alors, il faut les vendre comme le fait entre autres Burton, sous le label « Factory Second » avec un sérieux discount dessus et une empreinte 2nd sur la semelle. J’espère que dans la durée, je ne vais pas me retrouver avec un puta@!n de délaminage. Il y a 2mm d’écart en épaisseur à cet endroit entre les 2 skis.


Les carres du ski, lors de la livraison avaient l’un ou l’autre petit point superficiel de rouille, mais je ne formalise pas dessus compte tenu que ce sont des skis qui ont quatre ans et que l’entreposage dans un shop ou un entrepôt n’est pas toujours optimal (même s’ils étaient sous blister).


Les plus

  • « Facilité » de prise en main pour des skieurs habitués aux fats
  • Cohérence et flex rocker avant/arrière et spatule/talon
  • Pop vraiment sympa
  • Potentiel hors-piste
  • Facilité en switch
  • Facilité de refartage et de raclage, comme c’est trèèèès large, pas besoin de (trop) s’emmerder avec des élastiques pour les stop-skis (quand même un peu pour le raclage)
  • Les skins groomers (petits trous en spatule et au talon) sont sympas pour mettre des peaux et éventuellement pour passer un câble antivol.
  • Lire à qui cela ils se destinent


Les moins

  • Faire vraiment gaffe à la position de perçage, je crains qu’ils perdent leur côté joueur assez rapidement si on se déporte vers l’arrière, pareil une fois airborne ou alors, posez des fix démo pour pouvoir jongler suivant le terrain. La différence de poids n’a plus ici tellement d’importance.
  • Couleurs échappées des années ‘80
  • Prévoir un sérieux « budget fartage » car la surface à enduire est vraiment conséquente. J’ai halluciné en regardant ce qui restait de mon pain neuf de Vola Mx Rouge après les avoir tartinés. J’ai cru que je venais de refaire mon snowboard 163W en étant particulièrement généreux.
  • La rebouche des petits trous sur les semelles vert fluo devra être précautionneuse.
  • Finition (très) mauvaise voire indigne, épaisseur des talons différente (2mm) et à terme un risque de délaminage. On est clairement sur des « Factory Second » (j’ai eu 50% dessus, donc je vais pas trop me plaindre, mais quand même)
  • Forte hantise de se les faire piquer pendant les pauses vu qu’ils sont extrêmement rares et maintenant introuvables
  • Discrétion à minima « difficile » dans les files aux remontées mécaniques et totalement impossible dans les bulles ou les bennes
  • Malheureusement, on en fait plus des comme ça
  • Lire à qui cela ils se destinent


Pour qui

Ça, c’est un peu la question principale car compte tenu du fait qu’ils ne sont plus produits, et que seul le marché de l’occasion pourra vous alimenter, c’est difficile de le définir.


A mes yeux, en plus bien évidemment d’un minimum de bagage technique, d’un certain physique voire d’un physique certain pour les exploiter, il faut une volonté de skier « fort », un peu façon bucheron. C’est pour moi au niveau du mental qu’on fait la différence avec ces lattes, plus qu’une technique sans faille. Une maîtrise parfaite vous permettra de prendre votre plaisir, mais si le côté brut, un peu viking vous manque, vous risquez de passer à côté, chose que je n’ai pas ressenti ni avec les PowChaser ni avec mes QST, bien plus passe-partout et neutres de ce point de vue. Comme la Twingo, « A vous d’inventer la vie qui va avec » mais en gardant à l’esprit qu’ils semblent savoir vers où vous amener c’est-à-dire (très) loin, (très) fort et pas toujours où vous, vous seriez allé.


Cependant, cet aspect ne doit pas vous déborder et comme mentionné plus tôt, il faut savoir se réfréner avant de se faire/qu’ils ne nous fassent mal (on pourra toujours dire que c’est la faute des skis).


Un skieur « lambda » voulant élargir son terrain de jeu tombant sur une paire d’occasion peut en tirer quelque chose pour peu qu’il corresponde aux critères mentionnés plus haut, mais à moins de savoir ce que veut vraiment dire « rider avec des fats » ; il passera à côté de son sujet.


Il faut aussi savoir encaisser les remarques du genre « Tu rides avec 2 monoskis ? », « T’as pas mis les fix dans le bon sens sur tes snowboards ? », « T’as oublié la deuxième fix de to skwal ? », « Cool, si les gendarmes du PGHM viennent te récupérer et qu’ils ont un problème avec les pales de l’hélico, avec toi, ils ont de quoi les changer »… Ces lattes sont tout sauf discrètes.


Conflits d’intérêts

Je ne suis employé/rémunéré/sponsorisé par aucune marque relative au matériel testé (ici en l’occurrence, K2 et Marker). Ayant mentionné d’autres marques, je ne suis pas non plus employé/rémunéré/sponsorisé par l’une d’entre elles.


Note Finale (comme la Note Initiale)

Ecrire un test aussi long et décalé est « exceptionnel », je ne « perdrai pas mon temps » à ce point la prochaine fois.

Pour qui ?

Lire dans le test

commentaires

3 commentaires
Shane Harrisson
Statut : Expert
inscrit le 09/10/17
Stations : 4 avisMatos : 63 avis
Je l'ai publié ce jour de déprime qui a plus ou moins vu la mort des programmation d'ouverture des stations en 2020.
0
Oliver_64
Statut : Expert
inscrit le 23/03/15
Stations : 1 avisMatos : 14 avis
Whouaa, les QST ressemblent à des allumettes à coté.. :D
1
Shane Harrisson
Statut : Expert
inscrit le 09/10/17
Stations : 4 avisMatos : 63 avis
La chose intéressante à voir, et ce pourquoi je les ai alignés (y compris les Sky7 de ma fille), c'est le centrage des fix, avec l'énorme décalage des fix vers l'arrière des Zag (voir mon test) et donc, leur côté limitant.
0
Laissez votre commentaire Connectez-vous pour laisser un commentaire
.