Les mille et un trésors du Pays de Gex

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Les mille et un trésors du Pays de Gex

Ou comment faire le plein de nature, de culture et d’aventure
Paysdegex
Fanny Caspar
Texte :
Photos :
OT Pays de Gex et sa station Monts Jura, Fanny Caspar

Rendez-vous en terre inconnue

Partir à la découverte du Pays de Gex est une véritable odyssée. Territoire d’un peu plus de 400km2 situé dans le département de l’Ain, entre la Suisse et le Léman à l’est, les montagnes du Jura au nord et celles du Bugey à l’ouest, il se nourrit d’influences diverses.

Côté montagne, se mélangent forêts, pelouses et falaises qui abritent des espèces emblématiques et juste ce qu’il faut de remontées mécaniques pour glisser durant la saison d’hiver, sans dénaturer un site situé au cœur de la Réserve Naturelle Nationale de la Haute Chaîne du Jura.

Coté plaine, prairies, forêts, vignes, zones agricoles et humides cohabitent avec les espaces urbains et, non loin de là, le Lac Léman. Une multitude de paysages en somme, dont le contraste est surprenant autant que saisissant, selon qu’il s’habille de vert ou de blanc.

Hameaux et villages témoignent de la vie d’autrefois, quand les agglomérations et villes thermales insufflent leur dose de modernité, montrant l’évolution des modes de vie au fil des siècles. Ici on voyage dans le temps en quelques kilomètres, on vit le quotidien d’un terrien du 21ème siècle, puis on s’évade en pleine nature en un instant.

Ici le champ des possibles semble infini…

Attrape-moi si tu peux

Et si on se prenait pour un trappeur durant quelques heures ? Tenté ? Alors rendez-vous du côté de Mijoux, au bout d’un chemin à peine dégagé, au milieu des plaines enneigées et des pâturages boisés.

Gérard, musher professionnel et fondateur de Qimmiq Aventure, vit dans un paysage digne du grand nord avec sa famille et sa meute de 40 chiens dont il comprend chaque jappement, tout aboiement autant que le langage corporel. Il accueille toute l’année les aventuriers pour un tour en traîneau ou une cani-rando.

C’est avec Céline et Cédric que j’ai la chance de tenter l’expérience pour la première fois, en tant que pilote, s’il vous plaît. Après quelques minutes théoriques sur les techniques de conduites, le repérage - indispensable - des différents systèmes de freinage, on lâche les chiens, c’est le cas de le dire.

Chacun à la tête d’un attelage de cinq bêtes, nous voilà partis sur les pistes tracées au milieu des prés immaculés. Les sensations sont dingues. Les chiens aboient, la caravane passe et on se prend vite au jeu en les encourageant pour avancer, en poussant le traîneau dans les montées et en freinant quand même de temps en temps pour ne pas voler dans le décor. Pendant quelques minutes nous étions à Mijoux mais loin de tout, concentrés sur notre équipage, la vie devant nous. Une belle occasion de voyager sans trop s’éloigner.

On ne va quand même pas en faire un fromage

Au Pays Gessien, le fromage est souverain. La spécialité locale est le Bleu de Gex AOC, qui se caractérise par sa pâte persillée et son goût doux et léger. Il fût, dit-on, le préféré de Charles Quint. Deux autres AOP sont également produits dans la région, le Morbier et le Comté.

Tous trois sont fabriqués avec du lait de vaches de race Montbéliarde ou Simmental, alimentées de façon traditionnelle selon un strict cahier des charges.

Pour en savoir plus sur leur fabrication, nous nous rendons à la ferme bio de Philippe Bonnet à Lajoux, qui parle de ses vaches et raconte son quotidien comme personne. Une visite pleine de saveur et de senteurs au cœur d’un élevage à taille humaine. Il est ensuite possible de poursuivre le parcours du lait en passant par la fromagerie de l’Abbaye à Chézery-Forens, pour y découvrir les secrets de préparation du Bleu de Gex.

Une bonne alternative consiste à mêler découverte de la nature, de l’histoire et des traditions de la région à une approche sportive. C’est ce que propose Nicolas Guitton, accompagnateur en moyenne montagne, avec la randonnée en raquettes à la découverte du Bleu de Gex. 4h30 suffisent à peine pour en apprendre autant sur le patrimoine que sur la faune et la flore locale, les traditions d’autrefois, la vie pastorale sans oublier, bien sûr, la dégustation de la spécialité locale.

Un vrai régal !

Pas de vrai esprit montagne sans (un bon) saucisson

Impossible de terminer cette première journée sans rencontrer une des personnalités phares des Mont-Jura, Claude Grosgurin, boucher-charcutier à Lélex, spécialiste des saucissons secs dont il tient la recette de son père. Passionné et passionnant, il explique avec enthousiasme l’histoire de l’établissement familial fondé par son aïeul en 1936, qu’il a tenu jusqu’en 2013, date à laquelle il l’a transmis à ses fils à qui il donne encore la main. Il parle avec tendresse de ses saucissons qu’il parfume au goût du terroir (Comté, Bleu de Gex ou Vin Jaune), de la langue de boeuf fumée dans le fumoir maison qui fonctionne par sessions de 12 heures pour chaque fournée ou de ses tournées sur les marchés.

Claude n’est pas avare non plus de récits et anecdotes sur la vallée et son évolution, la construction de la station, les changements dans le Pays de Gex. Il partage volontiers sa vision du futur, ses envies et ses espoirs, lui qui connaît si bien les atouts et les charmes de son territoire. 

A vos marques. Prêts ?... Skiez !

Après une bonne nuit de repos à l’hôtel du Centre, simple mais confortable, aux chambres plutôt spacieuses, ce qui est rare en station, il est temps de tester le domaine skiable. Il n’y a pas long à faire, le départ de la télécabine de la Catheline se trouve juste en face.

Au menu de cette journée 100% glisse, ski alpin le matin sur le secteur de Lélex-Crozet et ski de fond l’après-midi sur celui de La Vattay, mais j’y reviendrai. Commençons par l’alpin.

Trois secteurs composent le domaine skiable alpin des Monts-Jura : Mijoux-La Faucille, Lélex-Crozet et Menthières. Ce dernier secteur est particulièrement adapté pour l’apprentissage du ski et convient parfaitement aux familles avec jeunes enfants grâce à son tapis roulant qui permet de remonter sans se fatiguer. Du côté de la Faucille, on trouve tout type de piste. L’idéal pour qui souhaite progresser en toute sérénité. Quand à la partie centrale du domaine, celle de Lélex-Crozet, elle constitue le fer de lance des Monts-Jura avec ses pistes offrant le plus grand dénivelé de tout le massif du Jura (1680 – 900m). C’est cette partie que j’ai skiée, bien sûr.

Les Alpes plein les yeux

Avec ses 23 pistes et ses 10 remontées mécaniques, le domaine est certes modeste, mais largement suffisant pour s’amuser et avaler du dénivelé dignement. En revanche, l’atout incontestable de la station, repose sur sa vue absolument imprenable sur l’ensemble de la chaîne des Alpes. Du nord au sud, les cimes, les cols, les pics se découpent et se succèdent dans l’azur du ciel, c’est absolument unique. Les sommets suisses à gauche, le Massif du Mont-Blanc pile en face, puis les Aravis, la Vanoise, les Bauges, les Ecrins, la Chartreuse s’étirent indéfiniment. Derrière nous, ce sont les Monts d’Ain et toute la chaîne du Jura qui s’étendent. Le spectacle est moins impressionnant, mais tout aussi fascinant.

Cette vue de dingue s’offre au détour de chaque virage, derrière chaque sapin, à tel point qu’on en oublierait presque de regarder où l’on pose ses spatules. En cette journée de fin janvier ensoleillée, le panorama était magnifié par une mer de nuages blanche et moutonneuse qui s’étendait à perte de vue, dont immergeaient à peine, telles des îles, les sommets du Salève à nos pieds et un peu plus loin le Semnoz. Difficile de décrocher son regard de cette immensité.

Pas de perspective sur le Lac Léman et la plaine pour cette fois, mais mon esprit de montagnarde y survivra. Ne serait-ce que pour ça, ce point de vue extraordinaire, j’ai bien envie de dire que la venue dans les Monts-Jura s’impose au moins une fois dans sa vie pour tout amoureux des montagnes qui se respecte.

Autant dire que le déjeuner sur les pistes s’impose. Le Yéti, sa longue terrasse avec vue imprenable, son immense cheminée, sa carte de spécialités locales et son snack constitue un bon choix pour faire une coupure.

Nature & Léman

J’étais là avant tout pour skier et il y a de quoi faire. Avec leur exposition est-sud-est, les pentes du Crozet sont à privilégier en début de journée, alors que les longs dénivelés de Lélex, au nord-ouest, se dégustent à tout moment grâce à une neige qui se conserve longtemps. Les descentes, régulières, se font au milieu des sapins et on imagine aisément que lorsque la neige tombe, il doit être plaisant de s’amuser dans la forêt.

D’autres hors-pistes, accessibles depuis le sommet du Montoiseau, du Monthoisey ou en montant vers le Crêt de la Neige en peaux se devinent. Attention toutefois à bien se renseigner et ne pas s’engager dans la Réserve Nationale de la Haute Chaîne du Jura. Il est aussi possible de s’aventurer hors des sentiers battus sur les pentes douces des alpages du Colomby de Gex et du Mont Rond. Celles-ci forment d’ailleurs un des terrains de jeux favoris des amateurs de snowkite quand le vent souffle. Ici encore la zone est règlementée, il est donc préférable de s’informer avant de s’élancer. Pas de couloirs interminables, pas de grandes faces raides, mais des montagnes joliment vallonnées et juste ce qu’il faut d’arbres pour sinuer dans la poudreuse, dès qu’elle pointe le bout de son flocon.

Au retour, une surprise m’attend. La toute dernière piste avant d’atteindre le parking de Lélex et le front de neige est une belle noire prénommée L’Edgar. Mais qui est donc cet Edgar ? Il s’agit tout bonnement du champion olympique de bosses français, né à Lélex, et oui. Son grand-père, Jean Grospiron, fût maire de la commune pendant trente ans et participa activement à son développement.

Ainsi fond, fond, fond

Qu’on ne s’y trompe pas, qui dit Jura, dit poussée sur les bras. Impossible donc de passer sans s’arrêter du côté de La Vattay, domaine nordique classé « site d’excellence » par le Label Nordic France.

Avec ses 142 km de pistes damées TOUS les jours, ses doubles traces qui facilitent les dépassements autant que le ski en groupe, son enneigement parfaitement entretenu tout au long de la saison, ses itinéraires balisés qui sillonnent la forêt et mènent jusqu’en Suisse dans le Canton de Vaud et sur les rives de la Valserine jusqu’au village de Mijoux, le domaine est fantastique.

Il est possible d’y découvrir la pratique, en skating ou en classique, autant que d’améliorer son style ou augmenter ses performances auprès d’une des écoles du plateau. On ne peut décemment pas parler de La Vattay sans évoquer l’emblématique Alain Girod, fondateur du site et aventurier nordique, tout premier skieur à avoir gravit et descendu le Mont-Blanc en skis de fond - et sans conversion - dans les années 80. Sa méthode d’apprentissage du ski « sans fatigue » privilégie la glisse par la décontraction en opposition à la force, méthode qu’on aime à appliquer aussi en version alpine et poudreuse du côté de Skipass.

Artisanat d’art

Dans ce pays qui conserve une large part d’authenticité, subsistent quelques producteurs de produits de bouches typiques de la région, comme on l’a évoqué plus haut. D’autres métiers moins connus perdurent encore, tel que celui de lapidaire, typiquement jurassien.

Pour en savoir davantage sur cette profession, une visite au musée qui lui est dédié, à Mijoux, s’impose. C’est à l’étage de la Maison Trabbia Vuillermoz que vous le trouverez, juste au-dessus de l’atelier du dernier tailleur de pierres du Pays de Gex encore en activité. Gageons que vous ne repartirez pas sans avoir craqué sur une des merveilles proposées dans la boutique du rez-de-chaussée.

Je ne vous en dis pas plus.


Je préfère m’attarder sur un artisan pas comme les autres, installé dans la plaine de Saint-Genis-Pouilly, qui a mis son expertise au service de sa passion pour le ski. Arnaud Trentesaux est un spécialiste du bois. Ebéniste de formation, puis de métier, il travaille le bois pendant trente ans avec dextérité. En 2016, sa vie prend un nouveau virage quand il décide de se lancer dans la fabrication de skis.

La particularité de son projet réside avant tout dans son histoire, dans le fait qu’Arnaud ne conçoit pas ses produits comme le font les acteurs gros ou petits du marché, non. Arnaud travaille avant tout le bois. Il choisit le frêne du Jura, dont la fibre souple ne rompt pas et confère une skiabilité toute particulière à ses skis, garantissant tolérance, confort et pilotage précis.

Il sélectionne avec attention chaque noyau qu’il découpe, rabote, calibre, ponce longuement selon les gabarits qu’il a établi au préalable, avant de l’assembler avec les semelles et carres, les fibres de lin et de carbone, le placage bois qui donne son aspect final au ski. L’ensemble est encollé avant moulage à froid dans une presse bricolée par ses soins, comme le reste de son outillage d’ailleurs. Enfin vient le temps de la finition, du marquage au laser. La dernière étape est celle de l’enduction du ski avec un traitement à base d’huile végétale pour en assurer sa protection et sa longévité.

S’il est vrai que cette conception n’est pas si différente de celles des grands fabricants, c’est surtout le choix du bois, la manière dont il est travaillé, la démarche éco-responsable qui privilégie l’approvisionnement en matériaux les plus propres et les plus locaux possible, et surtout le temps. Il faut compter 20 heures de travail réparties sur 20 jours pour fabriquer une paire de ski à la main. Bref, plus qu’un objet de glisse made in Pays de Gex, les produits AT-Skis sont de véritables œuvres d’art.

Je suis tombée par terre…

Le Pays de Gex possède tant de richesses, tant de choses à faire et à voir, tant de gens à rencontrer que deux longues journées, commencées aux aurores, terminés bien après la nuit tombée ne suffisent pas à en faire le quart de tour. J’aurais voulu me cultiver et revivre l’histoire du côté de Fort l’Ecluse ou du château de Voltaire, m’instruire au CERN (1) ou au CIEL (2), me détendre aux Thermes de Divonne-les-Bains, visiter quelques expos et faire les magasins à Genève, mais après tout, ces quelques heures au grand air dans une nature préservée m’ont permis de me ressourcer.

Je reviendrai. L’avantage c’est que, même si je déménage, le voyage ne sera jamais trop long. Genève et les vols internationaux sont à 20 minutes à peine, Lyon à 1h30 de route, Paris à 3 heures de train.

Trèves de philosophie, j’ai encore pas mal à faire… c’est la faute à Voltaire !


(1) – Centre européen de la recherche nucléaire

(2) - Centre d'Immersion Educatif et Ludique de Valserhone

Renseignements et réservation

Pour en savoir plus sur les multiples possibilités qui s’offrent à vous, s’assurer d’être au bon endroit au bon moment, ce ne sont pas moins de 13 conseillères en séjour qui sont là pour vous, réparties dans les 4 agences d’accueil du Pays de Gex.

Côté plaine et ville, rendez-vous à l’Office du Tourisme de Gex. Côté montagne, retrouvez-les à La Faucille, Mijoux et Lélex. Peu importe l’altitude, vous serez toujours chaleureusement reçus.

Si vous n’êtes pas sur place ou avant d’arriver à destination, vous pouvez bien-sûr vous renseigner par téléphone ou encore organiser votre planning directement sur le site de l’Office de Tourisme du Pays de Gex et sa station Monts Jura.

Vous y trouverez une foultitude d’informations concernant l’accès, les activités, l’hébergement, et pourrez même effectuer vos réservations en ligne.

Un immense merci à toute l'équipe de l'Office de Tourisme du Pays de Gex et sa station Monts Jura, ainsi qu'aux différents acteurs de la destination pour l'accueil aux petits oignons et les réponses à mes nombreuses questions.

Cet article est une production Skipass.com réalisée avec le soutien de l'Office de Tourisme du Pays de Gex et sa station Monts Jura
Fanny Caspar
Texte, Photos Fanny Caspar
happy women in the mountains

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