Course d’arête dans le Rioumajou

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Course d’arête dans le Rioumajou

Où quand les conditions modifient un peu l’engagement !
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NobruDude
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Premier week-end où, pour moi, les planètes s’alignent enfin depuis un moment, je suis dispo et une superbe fenêtre météo se profile. C’est clair, je vais monter… mais la tempête Barbara est passée par là, et il n’est plus question de sortir les lattes, à mon grand désarroi ! Mais la montagne reste la montagne, même sans les skis, alors j’hésite entre quelques sommets pyrénéens non encore visités. Un coup de fil au PG de St Lary (super accueil) me permet de mieux évaluer les conditions là-haut, et j’abandonne l’idée d’aller taquiner qulques 3000s de plus, je vais me diriger vers une course de crête un peu plus basse.

Comme d’habitude, le site rando-marche est là pour me proposer une superbe course d’alpi avec une arête de plus de 2,5km !! Ce sera donc le Pic de la Haille (2730m), le Pic de Thou (2743m) et le Pic de Bocou (2714m), avec donc entre les 3, une arête avec plusieurs passages en II/F+ (voire III+/PD+ juste avant le Thou). De quoi bien s’amuser, et quant au niveau d’engagement, j’y reviendrai. Le topo est dispo là !

http://www.rando-marche.fr/_38165_695_randonnees-pic-de-thou-crete-de-la-haille

En cette période de Covid, on nous rabâche 158 fois par jour qu’il faut respecter les gestes barrière, comme si on n’avait pas compris que c’est essentiel. Et bien, je peux témoigner que cette sortie est parfaitement adaptée à la distanciation sociale ou physique : je n’ai pas vu un seul être humain de la journée !! Seul avec les quelques isards croisés, notamment à la montée.

La montée 

Le topo indique que l’itinéraire est en partie hors sentier, c’est pas faux. Et en plus encore une fois la tempête est passée par là, et malheureusement on trouve pas mal d’arbres couchés en travers du chemin. Chemin donc qu’il n’est pas du tout facile de trouver, en fait il n’y en a plus par endroit, et on remercie le GPS de constamment nous recaler. Franchement tendu, je pense, sans la géoloc ! Comme on est parti du parking de Frédançon à 1380m, il faut quand même s’enquiller 1400 de D+, et je dirai que le plus dur dans l’histoire, c’est d’éviter/contourner/enjamber tous les pièges : un vrai parcours sportif, faut même parfois ramper sous un sapin couché.

Vers 2200m environ, on trouve la neige ; celle-ci date de la nuit d’avant, une petite couche de pas plus d’un cm, assez pour rendre les paysages jolis, et surtout pour tout rendre super glissant, on y reviendra !!

Les crêtes de la Haille

Une fois arrivé au niveau de l’arête, on pose les bâtons (on repassera par là) et clignotant à gauche pour parcourir le fil de l’arête jusqu’au Pic de la Haille (environ 300m plus loin). Et là, une évidence s’impose : ça va pas être comme dans les livres ! Le rocher est recouvert d’un gros cm de neige, juste assez pour le rendre super glissant, mais pas assez du tout pour que ça cramponne (j’avais pourtant pris les crabes, mais ils resteront dans le sac !!). Du coup, il faut redoubler d’attention, je fais super gaffe à mes prises de main, sachant que les pieds, bon ben, c’est pas très sûr.

C’est un peu irréel de se trouver sur cette arête engagée, avec de la neige, et pas mal de gaz des 2 côtés. Tout d’un coup, l’escalade « plaisante » selon le topo, devient beaucoup plus tendue. Il est clair que l’engagement n’est pas le même.

Arrivé au pic de la Haille, et c’était ça aussi l’idée que j’avais derrière la tête, je sors mon tout nouveau drone (un DJI Mavic 2 Pro) pour essayer de faire des images qui bougent. C’est vraiment sympa de pouvoir filmer d’en haut, ça rend pas pareil, c’est sûr. C’était mes 1ers vols en montagne, et mon 1er montage, alors soyez indulgents !!

La vidéo https://youtu.be/cmTnc9ZQmbE 

Le parcours d’arête jusqu’au Pic Bocou

Une fois le matos de vol rangé, il faut reparcourir l’arête dans l’autre sens pour aller jusqu’au Pic de Bocou, en passant par le Thou : on parle donc de 2,5km sur le fil de l’arête, 2,5km !! C’est énorme ! Une fois les bâtons récupérés, je les plie et les range, je n’en aurai pas besoin pour cette crête, je dirais même que ça pourrait compliquer les choses.

Pour l’orientation, c’est pas compliqué, il suffit de suivre le fil de l’arête, on surplombe en permanence les lacs de Consaterre à gauche, c’est magnifique. Par contre, ça caille un peu, je ne sais pas combien il faisait, mais avec le souffle habituel sur une crête, mon ressenti perso était de l’ordre de -5°C… d’ailleurs le rocher qu’on est obligé de toucher constamment pour les prises est glacé, et je finis par mettre des gants plus conséquents pour ne pas avoir les doigts gelés !

Le fil de l’arête monte et descend, et quelques gendarmes, plus ou moins méchants barrent le passage. Le contournement est difficile, à gauche au NE, c’est quasi vertical, et à droite au S-O, même si c’est un peu moins gazeux, avec la petite couche de neige, ça donne pas envie d’essayer ! Donc faut s’envoyer les quelques pas d’escalade sur rocher neigeux, disons que j’ai un peu serrer les fesses .

Au pic de Thou, un gros cairn confirme qu’on s’est pas trompé de lieu, et je ressors le drone pour quelques images. Et là encore, j’ai serré les fesses, mais cette fois de peur de perdre l’oiseau, pas évident quand on débute ! Ça fera surement marrer les vrais dronistes, mais avec le vent et tout, heureusement que ces petits joujoux se démerdent pas mal tout seul !!

J’en profite pour aussi faire des photos, le Pic du Lustou, le patron local, en impose vraiment avec ses 3023m.

Le débrief 

Au final, ce fut une bien belle sortie, à presque 1700 de D+, et surtout avec un parcours sur la crête vraiment long. Le fait d’avoir dû redoubler d’attention tout le temps m’a un peu carbonisé, c’est sûr qu’il faudra y revenir, avec soit beaucoup plus de neige pour pouvoir cramponner, soit en mode tout sec ! Le topo disait « rando alpine difficile », et bien je ne peux qu’être d’accord avec ça.

La bonne nouvelle au final, c’est que, à la fois le drone et moi, on est revenu vivants !!

PS : note pratique, le départ de Frédançon s’atteint en un peu moins de 1h45 de Toulouse via l’autopiste, c’est à un quart d’heure de St Lary, et la route est excellente jusqu’au parking, qui est lui-même assez grand. La vallée du Rioumajou est d’ailleurs un super endroit pour venir flâner au bord de la rivière en famille.

NobruDude
Texte, Photos, Vidéo NobruDude
Enjoy the ride...

2 Commentaires

yrlab Effectivement un peu tendu l'arête tout seul! Petite couche surprise et aujourd'hui grosse couche, les skis vont ressortir je crois :)
 

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