La première fois que mes parents m’ont amené à Valmorel, je devais être un nourrisson de deux mois à peine. J’y ai appris à skier, au Bois de la Croix, pendant toutes mes vacances de Noël/février. J’ai aussi fêté beaucoup de mes anniversaires dans les restaurants de la station (RIP le Grenier), sans compter les Noël et les Nouvel An. C’est là que je venais passer mes week-ends avec les copains pendant mes études.
Et aujourd’hui, la boucle est bouclée : ma fille est venue à Valmorel pour la première fois juste avant ses deux mois, et elle apprend aujourd'hui à faire du chasse-neige au téléski du Cheval Blanc.
Mon avis sur la station est donc forcément teinté de cet attachement sentimental. Vous pouvez aussi le prendre comme l’avis global d’un habitué qui a vu Valmorel évoluer au fil du temps, au gré de visites régulières : d’abord comme vacancier (à chaque Noël, en février et l’été), puis quatre ou cinq week-ends par an, entre les saisons d’hiver et d’été.
Quel est votre programme ?
(1) Freeride
Je commence par mon programme à moi. Les possibilités en dehors des pistes sont nombreuses. Le domaine est majoritairement exposé nord et conserve une bonne neige. Il est préférable de se tourner vers l’ESF ou l’ESI pour intégrer un groupe. Ils sont nombreux, ce qui crée d’ailleurs un peu de compétition sur les itinéraires les plus prisés.
Pour vos débuts en freeride : j’ai l’habitude de guider la famille et les amis qui cherchent leurs premières sensations sur des itinéraires faciles d’accès, avec des pentes douces et la possibilité de retrouver rapidement les pistes. Ces hors-pistes de proximité sont nombreux.
Pour progresser : le domaine propose 4 ou 5 zones freeride non damées. Soyons clairs : c’est la ruée vers l’or dès qu’elles sont ouvertes. Celles du Mottet, du Riondet et de la Procureuse sont souvent bosselées. Celle qu’il faut cibler pour faire vos gammes est celle du Gollet. Elle est suffisamment large pour continuer à faire sa trace à J+2. On enchaîne les rotations rapidement avec le téléski du Gollet. Il est bien raide. Ce sont vos cuisses qui, une fois qu’elles chauffent, vous diront stop, pas forcément le manque de place.
Les grands itinéraires : plusieurs secteurs offrent de longues descentes accessibles par gravité. Le Mottet et le Riondet bénéficient d’une bonne orientation nord. Personnellement, je boude la Lauzière, qui prend le soleil trop tôt, alors que c’est justement là que se trouvent certains des tracés les plus réputés.
Un peu de portage ? Oui. Si l’enneigement est suffisant, vous pourrez porter les skis sur quelques dizaines de mètres au-dessus du col du Gollet, en direction de Crève-Tête. La longue descente jusqu’à Côte Soleil est anthologique. Pour du plus technique, vous pourrez aller chercher les couloirs du Niélard et simplement suivre la crête au-dessus du téléski du Riondet. Bref, là aussi, il y a de quoi faire à J+3 ou J+4, quand le reste est déjà tracé.
Et si c’est la tempête ? Il n’y a pas beaucoup de forêts suffisamment espacées sur ce domaine, où les arcosses sont légion. De récentes tempêtes ont fait tomber les arbres de la forêt de Côte Soleil, qui n’est désormais plus praticable. Mais les jours de tempête restent parmi mes préférés, tant que je peux enchaîner les rotations au Prariond ou aux Lanchettes.
Pour de la freerando : là, c’est assez limité. Toutes les pentes sont déjà exploitées, sauf du côté des Bachals où les premières remontées mécaniques avaient été installées et sont maintenant démontées. Pour les grands itinéraires, la freerando vous permettra soit d’accéder au Riondet lorsque le téléski est fermé (un vrai bon plan), soit éventuellement de basculer côté Belleville au col du Mottet.
(2) Ski en famille
Valmorel est la station familiale par excellence.
Première neige : un tapis et un téléski sont accessibles gratuitement à côté de Pierrafort. C’est l’idéal pour ma fille de trois ans. D’abord parce que la pente est douce, et ensuite parce que c’est gratuit : elle peut vouloir arrêter après deux ou trois descentes, ce n’est pas grave ! Idéal pour les enfants, donc, mais aussi pour les adultes qui chaussent pour la première fois ;-)
Débutants : plusieurs zones d’évolution sont accessibles avec un forfait à tarif réduit. D’abord en haut de Pierrafort et de Planchamp si l’enneigement est trop faible plus bas. Ensuite à Doucy d’un côté, ou à Côte Soleil de l’autre. Encore faut-il qu’il ait suffisamment neigé… Sur le reste du domaine, quelques parcours ludiques (sur le thème des pirates et des dinosaures, allez savoir pourquoi) permettent aux petits de progresser.
Intermédiaires : Valmorel a la (mauvaise ?) réputation de proposer BEAUCOUP de pistes bleues. Si certaines seraient cotées rouges sur d’autres domaines, la plupart offrent en effet un grand terrain de jeu pour les skieurs intermédiaires. Biollène en particulier. Ici, vous skierez au soleil, et le temps d’attente aux remontées a bien diminué depuis l’installation d’un débrayable six places.
D’ailleurs, petite parenthèse « remontées mécaniques ». Le domaine s’est beaucoup modernisé en l’espace de dix à quinze ans. Exit les vieux télésièges deux places (il en reste un). Les équipements sont modernes et performants, ce qui joue beaucoup sur la diminution du temps d’attente aux remontées. Certes, vous goûterez encore aux joies des téléskis, mais c’est aussi un bon moyen de progresser. Ces investissements ont été largement permis par l’arrivée du Club Med, qui a relancé l’économie de la station et boosté les investissements.
(3) Ski engagé
Carving de sagouin : si vous avez déjà un bon bagage technique, vous trouverez de bonnes pistes pour carver d’un bord à l’autre. Plutôt sur les bleues que sur les rouges, d’ailleurs. Pour ça, je préfère rester sur Pierrafort/Prariond, Planchamp, voire basculer côté Saint-François, à Marquis. On peut reprocher aux pistes d’être relativement courtes : ce n’est pas ici que vous ferez vos gammes.
Des bosses ! Quand j’étais ado, je m’amusais à enchaîner toutes les pistes noires du domaine. Ce sont de gros champs de bosses qui vous brûleront les cuisses. Allez-y si c’est votre kiff. Il y a du choix.
Deuxième parenthèse pour parler du prix des forfaits. Aie aie aie, on raque ! Pour vous donner une idée, il y a 10 ans je payais mon forfait étudiant moins de 35€. Comptez 50€ en 2026/2027 ! Alors je fais marcher les bons plans : promos week-end et Skiogrande. Ça vaut le coup, renseignez-vous. Et on ne dirait pas non pour que Valmorel réintègre le concours Skipass Live...
Valmorel tire une partie de sa réputation de son architecture, qui est très élégante. L’ambiance est résolument montagnarde et cosy, avec des bâtiments aux façades boisées : pas de barres d’immeubles en béton ici. Chaque nouvelle construction respecte ce principe, et les anciens bâtiments ont bien vieilli. Il en ressort un ensemble très harmonieux.
La rue du Bourg, où se concentre la majorité des commerces, est entièrement piétonne. Forcément, c’est agréable : on peut s’asseoir en terrasse sans respirer les pots d’échappement, ce qui ajoute au charme de la station. Il est également interdit d’y skier, ce qui permet de s’y déplacer à pieds tranquillement.
Récemment, la station a aménagé plusieurs chemins piétons qui permettent de rejoindre le bourg et les commerces sans emprunter la route. C’est franchement plus agréable de traverser une forêt pendant cinq minutes plutôt que de marcher à côté des voitures et des navettes.
Le stationnement est, selon moi, l’ombre au tableau. Dans la station le parking est payant depuis quelque temps. Si vous ne l’anticipez pas, votre arrivée peut vite devenir un calvaire. Ma solution a toujours été de décharger la voiture à l’arrivée (trois heures de gratuité quand même), puis de redescendre au Pré ou à la Charmette pour trouver une place gratuite. Mais dans ce cas, il faudra prendre une navette (gratuite) pour remonter à la station. Comptez bien une heure pour faire le trajet, qu’il faudra d’ailleurs refaire le jour du départ. C’est une logistique un peu démotivante, surtout quand le séjour ne dure qu’un week-end.
Si vous venez skier à la journée, vous pouvez aussi vous garer à Celliers ou à la Charmette. Ici on peut y acheter son forfait à une borne et emprunter les téléskis du Rocher et de Côte Soleil pour rejoindre le domaine lorsque l’enneigement est suffisant. Si la neige vient à manquer, les navettes vous emmèneront au départ des télécabines.
Côté commerces, on trouve une grande variété de choix pour la location de skis, les restaurants, les supérettes, etc. Les prix sont ceux d’une station de Tarentaise, sans être pour autant excessifs. J’ai mes habitudes au Petit Prince pour manger (réservez dès votre arrivée), au Café de la Gare pour boire un coup et à la Coopérative du Beaufort pour mon fromage.
Valmorel s'agrandit d'année en année. Les grandes résidences de haut standing poussent comme des champignons. Peut-être que ça boost les investissements, mais ça fait de la peine de voir une forme d'artificialisation des terrains. En bon gros grincheux je grogne à chaque fois qu'un promoteur soulève l'idée de construire un enième building qui viendrait gâcher la vue de notre appartement familial. Franchement, à quoi bon ? La station a bien assez de lits...
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