Du 21 au 24 février se déroule la seconde édition du Nippon Freeskiing Open, le rendez-vous du ski freestyle au pays de Soleil Levant.
Depuis Tokyo la géante et ses 13 millions d'habitants (33 si on compte la mégalopole), il suffit d'à peine plus d'une heure de Shinkansen (le TGV local) et de 20 minutes de navette pour arriver à Joetsu Kokusai. Joetsu, c'est quelques remontées, un domaine plat et un immense complexe hôtelier austrio-helvetico-nippon pour tokyoïtes et chinois en goguette. Ici même le Onsen (bain traditionnel) est industrialisé : on est quand même assez loin des clichés de poudreuse magique du Japon, même si cette année la neige est au rendez-vous, sous un soleil printanier. Pour la pente en revanche, faudra repasser, pas de terraformage en vue, ce qui n'empeche pas de prendre plaisir à quelques traces en bordure de pistes, bordures d'ailleurs totalement boudées par la clientèle locale : la règle ici est une interdiction absolue de sortir des pistes (ce n'est pas le cas partout au Japon). Mike Douglas lui même, pourtant membre de l'organisation, subira un sermon d'une bonne demi heure pour avoir enfreint cette règle. Il n'y a de toute façon pas (encore) grand chose à resquiller, on verra demain matin si la tempête a tenu ses promesses.
Coté compétition, le plateau n'a rien à voir avec celui de l'an passé : de très nombreuses têtes d'affiche se sont faites porter pâle, pour assister à l'évènement conjoint de Simon Dumont et Jon Olsson à Breckenridge, qui ont décidé de faire la nique à l'US Open. Oh, un event de plus dans le Colorado...
Ce qui est d'ailleurs l'occasion de pousser un petit coup de gueule : dans un pays ou le respect n'est pas un vain mot, organiser ce North American Open en même temps que le Nippon Open, en pleine connaissance de cause, témoigne d'un grand manque de respect. Pour les organisateurs, le public, les riders locaux, bref la scène du ski freestyle japonaise dans son ensemble à qui certains disent à peu de choses près qu'ils ne valent pas le déplacement. D'ailleurs, franchement : COMMENT peut on ne pas avoir envie de venir au Japon? Bref.
Un plateau moins relevé à l'international donc mais les locaux ont progressé de façon fulgurante en un an : les skieurs japonais ne sont plus là pour faire de la figuration ou les trompe-la-mort pour la TV (notez que le terme kamikaze a été soigneusement évité). Pas les plus simples à identifier au moment du debrief photos, mais ils méritent! Et il en est de même pour le parcours qui est de l'avis de tous superbement shapé (c'est tout de suite plus facile avec de la neige), avec une superbe table en step-up, un modèle du genre dixit François Raymond (arrêtez de l'appeller Franck). Une table de plus n'aurait peut-être pas été superflue mais on chipote.
C'était la tête de série N°1 et il repart avec son million de yens : Jossi Wells poursuit sa très belle saison, avec un run parfait et sa décontraction habituelle (il faut l'avoir entendu chanter pendant son saut sur le gros step-up, sans même perdre son souffle dans la rotation), son switch disaster 630 to 2.7 out concluant un run fluide et technique. Il coiffe donc au poteau Mike Clark, qui re-investira 10% de ses gains le soir même pour arroser tout le monde au bar (un geste que nous avons su apprécier) et Charles Gagnier, vainqueur de l'édition précédente, lui même pas très loin de la perfection. Xavier Bertoni, seul frenchie en finale mais pas un grand spécialiste de la discipline, termine 8ème.
Chez les filles, un peu moins d'animation, c'est Kim Lamarre qui l'emporte alors que la seule représentante française, Anaïs Caradeux, est grippée et se réserve pour le Pipe.
Coté Style de Vie, on retrouve l'ambiance si particulière du Japon, que ce soit en solo à Tokyo ou avec tous les riders et confrères ici à Joetsu. Et parce qu'un kicker reste un kicker, même au Japon, et qu'il y a tant à raconter visuellement, c'est une version longue du portfolio qui vous est proposée aujourd'hui, mélange d'impressions tokyoïtes (et encore ce n'est qu'une micro sélection de clichés), de ski et de lifestyle. En attendant Hokkaïdo.
txt & photos Guillaume Lahure
ps : oubliées les températures printanières, le temps tourne au mauvais, jour blanc, vent et neige en vue... la suite du programme du Nippon Open est incertaine. Mais c'est pas grave, on est au Japon ;)
1 : #111 / Wells Jossi / NZL / 94.6
2 : #106 / Mike Clarke / USA / 92.6
3 : #103 / Gagnier Charles / CAN / 88.0
4 : #105 / Kalle Leinonen / FIN / 78.6
5 : #49 / Matt Walker / NZL / 74.0
6 : #100 / Aurdal Aleksander / NOR / 70.2
7 : #91 / Ueno Yuta / JPN / 66.8
8 : #109 / Bertoni Xavier / FRA / 62.4
Nippon Freeskiing Open
23 février 2008
PORTFOLIO
Felix Rioux, Franck Raymond et Xav Bertoni au dessus
oui, c'est un terrain de foot. Shibuya
Xavier Bertoni
JF Cusson, joyeux
Shoya Okasaki
Aleksander Auerdal
Shibuya, vue depuis la chambre d'hôtel
hello my name is G
un japonais qui cache son dossard, c'est main tiens
Elvis Harshleim, yeah
Xavier Bertoni
Jen Hudak au service
François Raymond
Ebisu
Xavier Bertoni
le cablage tokyoïte, tout un poème
Yazuka Akiharu
Shibuya station
Shinji Osada
le Green Plaza, le complexe hotelier local
Shibuya
à droite : la piste. à gauche : interdit (et ma trace extrême ouh pinaise le rebelle). 2 jours après la dernière chute...
mmmmm
coupains
le big air. Fat, mais pas sur qu'on le voit un jour
Perdu? pas de problème
Shibuya

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(15 réactions)
non mais
Le japon, aaaah, mon reve de gosse, mon reve de toujours, mon reve de maintenant, mon reve de... et en plus avec un contest magique, des photos superbes, une Shibuya grouillante, et un temps parfait !
le meilleur article depuis longtemps, très longtemps... puis merde quoi, le japon quoi !!
Alors le Japon c'est comme les USA? Interdit de sortir des pistes damees ?
C'est quoi ton fish eye ?
culture japonaise : zéro !
G a un mac, mais il fait toujours du surf.. tss tss, il faudrait devenir raisonnable et passer au télémark.
merci ©