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6h50 : «Qui c'est qui se lève tôt le matin, et qu'empêche les autres de dormir ?»
Les gens qui bossent de Didier Super retentit doucement dans la chaumière en ce dimanche matin. Les enfants se réveillent en fredonnant cette mélodie si familière. Ils sont heureux car aujourd’hui, ce sont les gens qui skient qui embêtent le reste de la planète.
En ce dimanche post fêtes de Noël, l’habitude de se lever tôt a déjà commencé à quitter les corps embrumés des grands. Ceux des plus petits, toujours marqués par la magie de Noël sont toutefois heureux d’avaler un petit déj pour bientôt pouvoir glisser skis aux pieds.
Hier lorsque je demandais aux enfants «ça vous dirait d’aller skier demain ?» la réponse était comme à chaque fois limpide : un grand «ouai!!!» dont eux seuls ont le secret.
Trop mimi, ils avaient préparés leurs affaires la veille au soir tels des costumes de pompiers prêts à bondir dès le réveil. Chez ma fille, c’est vraiment bien pensé : tout est parfaitement empilé de la dernière couche à la première, efficacité redoutable. Pour son frère, c’est à peu près la même chose, avec un effet empilé en boule remarquable.
7h40 : j’ouvre la porte de la cave, chacun récupère ses affaires et se prépare à marcher un kilomètre jusqu’à la gare.
Ce petit kilomètre est sans doute la chose à optimiser. Ils sont braves les deux pioupioux à porter les skis comme ils peuvent, tandis que le papa se coltine son matos et les chaussures… C’est lourd le ski. Mais le dimanche matin la ville est endormie et qu’il est agréable de marcher sans un bruit.
L’échauffement est terminé, il est 7h59, nous montons dans le train direct pour Goppenstein. Quel bonheur de ne pas avoir de correspondance.
8h01 : le destin a choisi de nous ouvrir la porte face au wagon bistrot, d’un confort redoutable. Les banquettes sont presque des canapés, et alors que le train fend la brume à l’aube blafarde, le réconfort d’une petite boisson chaude permet de gommer les crampes du portage matinal.
8h04 : le premier «papa j’ai faim» de la journée retentit. Premier d’une longue série. Il est donc déjà l’heure d’ouvrir le sac de 35l qui accompagne systématiquement nos journées de ski.
8h46 : vers Frutigen, nous émergeons des nuages. Quelques minutes pour laisser libre court à la contemplation des sommets dominant le Kandertal. Au loin l’Altels est majestueux.
Si aller skier en train demande un poil d’organisation (surtout en famille…), pouvoir s’abandonner au paysage est un plaisir garanti. Mon fils s’émerveille à chaque gare devant les aiguillages tandis que nous organisons un week-end ski avec une copine de ma grande pour février…
Nous arrivons doucement à Kandersteg, l’heure de plonger sous la montagne pour en ressortir côté Valais. Sur le quai des voitures par dizaines s’engagent sur les wagons dédiés de ce tunnel ferroviaire. Mon fils est aux anges.
9h13 : Goppenstein, il est l’heure de sortir du train et sauter dans le car postal. Nous ne sommes pas seuls, le car est bondé. 10 petites minutes de route debout dans un bus ou il n’est nul besoin de s’accrocher tant la densité humaine fait office de solidarité face aux mouvements du véhicule.
Sur la route, au loin, Blatten a toujours disparu. Les regards de mes semblables sont tous emplis d’empathie face au désastre, ça met du baume au coeur.
9:43 : après quelques minutes d’attente, nous voilà dans le téléphérique qui en une seule minute nous dépose à presque 2000m. Lauchernalp, arrivée, il est temps de changer de chaussures.
10h30 : après 2 télésièges et un œuf, nous voici à 3100m au Hockenhorngrat. La météo est incroyable : blue bird, il fait doux, pas de vent. Nous restons un moment à observer les sommets environnants. Face à nous, le Bietschorn siège en maître des lieux. Il est omniprésent. Au loin, le Cervin et tous les autres aussi.
Les enfants sont contents, mais : «bon papa, on skie oui ??». Quel plaisir.
La qualité de la neige est étonnamment bonne. En haut, et malgré une expo sud, la piste est douce et l’accroche parfaite. La fréquentation importante de ce jour a toutefois déjà formé des bosses non négligeables, on n’est loin de la piste billard qui pourrait inviter au carving.
Il y a du monde sur les pistes, mais je n’ai pas vu d’inconscience. Tout le monde skie globalement avec maîtrise et pas au dessus de ses moyens.
J’avoue que lorsque je skie avec les enfants durant les vacances scolaires, j’ai souvent peur de la collision. Alors on essaie de s’habiller flashy. Plus c’est petit, plus c’est flashy. Et j’essaie d’éduquer mes petits bouts à bien lire une pente, analyser et choisir un peu sa manière de skier suivant ce qu’il y a sous les spatules. Lauchernalp est nouveau pour eux, les pistes ne sont pas si simples à première vue, mais on se fait graaave plaisir.
La matinée nous permet de tester plusieurs pentes différentes. La neige est bonne jusqu’à Staffel, 2100m, on ne descend pas en dessous. Finalement on trouve notre rythme en skiant depuis le haut jusqu’au TK à 2400m. Une belle rouge peu fréquentée offre le meilleur ski.
12h00 : «papa, j’ai faim» retentit pour la 12e fois de la matinée, mais il est l’heure. Posés face au sommets valaisans, nous apprécions les sandwichs rosette de lyon/fromage de brebis du pays basque. Nöel a été l’occasion de se faire ravitailler, c’est bon le terroir.
Quelques boules de neige volent, on contemple et on rigole.
12h40 : «papa, on va skier oui ???» Ils sont parfaits mes gosses. Quand ils vont au ski, c’est pour skier. Et ils ont vite compris que pendant la pause de midi, c’est plus calme sur les pistes. Alors clic clac, on fait chanter les fixations et rebelote. L’attente est moins importante aux remontées, on enchaîne en mode digestion.
Les conditions sont toujours bonnes, mais de plus en plus de bosses apparaissent à mesure que l’après midi s’allonge. Cela devient de plus en plus technique à skier, et vers 14h30, je vois sur les visages de mes petits choux que la fatigue commence à gagner du terrain.
Nous décidons donc de remonter une dernière fois puis de descendre jusqu’à Lauchernalp pour s’amuser un peu différemment dans la neige.
Petit message aux famille pour descendre jusqu’à la station : pour rejoindre Staffel depuis Gandegg, seule une piste noire est ouverte. En fin de journée, elle n’est pas facile à skier, plusieurs chutes ont eu lieu là bas aujourd’hui. Les pioupioux s’en sont bien sortis malgré la fatigue naissante. Alternative possible si besoin : descendre ce tronçon en télésiège.
14h40 : DVA mon amour.
Vers Staffel, il y a un grand replat. Un terrain de jeu parfait pour s’amuser à la recherche DVA. C’est quand même un truc hyper ludique. Dans mon sac de 35l (bien moins lourd depuis le pique-nique), j’ai mon barryvox S et un viel ortovox d’un autre temps. Après avoir expliqué aux enfants comment fonctionne le truc, je suis allé leur planquer le vieux dva dans la neige.
Ça faisait longtemps qu’on avait pas joué à ça. Ils ont adoré. C’est un peu comme chercher les œufs de Pâques. Chaque année, je dois les planquer et les re-planquer sans cesse, ils en oublieraient presque de les manger.
Là, on a fait l’exercice au moins 5 fois. Toujours de manière légère et drôle, et toujours motivés.
Après quelques bugs, les kids sont rapidement devenus redoutables d’efficacité même en recherche fine. Toujours très fiers de leur trouvaille.
Conclusion, le mode simple du barryvox est à la portée d’un enfant de 10 ans, il faudra que j’écrive un test à l’occasion :-)
15h20 : La terrasse
Juste au dessus du téléphérique, nous nous asseyons pour boire un coup et apprécier les derniers rayons. La piste est un champ de bosse, certaines chutes méritent de belles notes artistiques.
Un coup d’œil à l’horaire de train, il est doucement temps de penser au retour maison.
Tiens, le direct passe dans pas longtemps.
16h : le téléphérique descend et nous déverse dans le car postal. A Goppenstein, le train est pile à l’heure. Encore une fois face au wagon bistrot. Tiens, c’était le même train. Un véritable copier-coller du matin. Le trajet passe vite, concentré sur une partie de puissance 4 qui n’en finit plus de finir.
Nous partîmes à la nuit noire et nous revînmes à la nuit noire. Un dernier kilomètre de marche avec les skis sur l’épaule. Tous les trois fatigués, mais au combien heureux de cette superbe journée.
En rentrant, l’un est content de retrouver son légo, l’autre sa musique. C’est beau d’être passionné-e-s. Demain ce sera repos et pas de réveil, mais après-demain… ça vous dirait d’aller skier les enfants ? «Ouai !!!». C’est merveilleux les enfants.
S’il leur fallait un slogan, j’opterai pour un truc du genre : «quitte à avoir une paire de gosses, autant les amener au ski.»
#skifamille
Pas de lauchernalp dans le choix des stations, j'ai mis Leukerbad car très proche pour pouvoir valider.
Sortie en station du 28 décembre 2025
Lieu
Note globale de la sortie 6/10
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