3h du matin...

Le réveil sonne, ça tombe bien je n?avais absolument pas besoin de sommeil... 4h30 enregistrement des bagages à l?aéroport St Exupery (20 kg, un record à la baisse!)... 6h30 1er décollage... 8h arrivée à Francfort, joie bonheur 4 heures à tuer dans un aéroport blindé de monde et de contrôles de sécurité... 12h30, 2eme décollage pour 10h30 de vol ce coup ci... Déception : la ligne Francfort-Denver est normalement WiFi (si si, je vous assure) mais uniquement sur les Boeing... Et forcément aujourd?hui c?est un A340... Tant pis, pas de skipass.com, pas de censure abusive sur nos forums le temps d?un trajet trans-atlantique et surtout une belle occasion de perdue de se la jouer geek pathétique... Mais bon, en échange nous avons droit au remake US de Taxi, objet cinématographique complètement improbable. Les voyages forment la jeunesse qu?y disaient : ben avec les compagnies aériennes la jeunesse est mal barrée.

Des efforts, continuez!
Une petite note encourageante pour nos amis de l?immigration américaine, étonnamment plus détendus cette année, bien moins soviétiques en quelque sorte. Une photo et un relevé d?empreintes plus tard, direction Vail via les très pratiques navettes au départ de l?aéroport, presque familier, de Denver (Colorado Mountain Express, vans de 8 personnes, départ toutes les heures pour toutes les stations du Colorado. C?était le conseil voyage du jour).
Au passage, un détail troublant : il fait 16° à Denver...
2h et des poussières (passé 20 h de trajet, on ne compte plus les minutes) et un passage de col de 3300 m (sur une autoroute, tout est normal) plus tard et c?est enfin l?arrivée à Vail pour retrouver le team Dynastar, arrivé depuis quelques jours, avec lequel je vais passer les 5 premiers jours de cette escapade...

Vail, US Open Land
L?US Open est, avec les X-games, la plus grosse compétition de ski freestyle de l?univers... Voilà qui est dit.
En revanche, le contraste avec les X est amusant : en arrivant ce matin, nous nous serions presque crus à une compet? de province : peu de monde, organisation décontractée. On est bien loin de l?énorme machinerie du grand frère d?Aspen, où il n?est pas possible de faire 1 mètre en zone bleue si on a un badge rouge... Et inversement...
Sportivement, la différence tient en un mot : ?Open?. Alors que les X-Games sont strictement sur invitation, l?US Open laisse à quelques centaines de plus ou moins anonymes en pantalons larges et bas une possibilité de se distinguer, au cours de 2 jours de qualification... Du coup, ça fait un peu casting TV Réalité par moments (allez coco, t?as 2 runs, sors ton plus beau switch 7.2, le jury te regarde) et à l'instar des castings c'est parfois un peu longuet.

Quand on ne les a pas vues depuis quelques mois, la qualité des infrastructures freestyle américaines choque toujours. Les Etats Unis ont toujours une énorme longueur d?avance sur l?Europe, la comparaison n?est d'ailleurs même pas possible. En plus d'un park public pas bien loin de la perfection, le slopestyle de la compétition présente des modules énormes dont le plus gros, monumental, ne sera ouvert qu?à partir des demi-finales, vendredi. Déception en revanche sur les rails qui avaient longtemps été une marque de fabrique de l?Us Open : mal placés, plutôt mal foutus... On rate le sans faute.

Sur les skis
Coté Frenchies, seul Laurent Thevenet passe les qualifs du slopestyle. Il faut dire que le niveau général moyen est proprement hallucinant et d?autant plus impressionnant que les riders à niveau ne sont pas qu?une poignée de stars mais des dizaines de parfaits anonymes, techniques, aériens et surtout très jeunes : ça pousse très très fort au portillon!

Pour Laurent Favre, la compétition ne commencera que vendredi (il fait partie des pré-qualifiés) mais cela ne l'empêche pas de massacrer consciencieusement le park, de concert avec Tanner Hall... Au vu du niveau de forme de l?animal, tout semble plus que possible dans les 2 semaines à venir... On va suivre ça de très près aussi.

Tour de table rapide avant de passer à table :

Arnaud Rougier sur le park :
C'est bien l'Amérique... le parc est gros, les modules sont nickels et il y a de moins en moins de cascadeurs et de plus en plus de vrais bons riders.

Pierre Espargilière, la galère
un bon contest américain avec entrainement de 8h à 8h45, 9h départ, hop c'est parti, tricks de boucher obligatoires. A froid et avec un seul run d'entrainement, dur de déchirer...

Laurent Thevenet, sur sa qualification
je suis bien content car il y a quand même du monde et je pensais pas être qualifié. C'est cool, je me suis fait bien plaisir, y'avait un bon park, il faisait chaud... tranquille...

Bon, ben on passe à table, à demain...


Texte & photos : Guillaume Lahure