Notre découverte de Verbier :  freeride avec Xavier De Le Rue, rando et fromagerie

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Notre découverte de Verbier : freeride avec Xavier De Le Rue, rando et fromagerie

Notre mission début janvier : découvrir un maximum de facettes de la station valaisanne en compagnie de deux skipasseurs durant quatre jours !
article Suisse tourisme
Staff
letapir1997
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Janvier 2024, nous rallions Verbier pour mener à bien la mission qui nous a été confiée : découvrir la mythique station valaisanne sous ses différents versants, qu'il s'agisse d'explorer le domaine skiable, de tester les itinéraires freeride, de découvrir son potentiel rando, mais aussi la vie à la station.

Pour mener à bien cette entreprise qui s'annonçait ô combien périlleuse, il nous fallait constituer une équipe taillée sur mesure pour ce genre d'aventure. C'est donc bien accompagnés par deux skipasseurs dont les qualités de chroniqueurs n'étaient plus à prouver que nous nous sommes rendus à destination. Pour jouer les découvreurs en notre compagnie, nous étions donc (bien) accompagnés par :

  • Constance33, connue à la ville sous le nom de (attention énorme révélation) : Constance. Venue des Pyrénées et des pentes de Cauterêts chères à son coeur, ce lointain voyage était là l'occasion d'une première visite dans le Val de Bagnes
  • bihjichou, alias Benjamin, freestyler le jour et papa la nuit, familier des 3 Vallées, mais aussi des sorties en famille autour des stations chambériennes, il s'agissait également pour lui d'une première visite à Verbier.

Pour pouvoir vous partager au mieux notre visite, nous n'avons pas lésiné sur la composition du reste de l'équipe. Nous avions confiés les manettes de nos réseaux sociaux à Lola, chargée de jongler entre la caméra et les stories entre autres. Tandis que pour vous offrir les belles images que vous aurez l'occasion d'admirer dans cet article, nous avions glissé Oliver dans nos bagages. Enfin pour finir de composer cette équipe, c'est votre rédacteur préféré qui s'est porté volontaire pour recueillir le récit de cette visite à Verbier.

Une arrivée sur des rails

Pour rejoindre la station, nous avions fait le choix de rallier notre destination en train, afin de vérifier l'exactitude de la réputation des chemins de fers helvètes. A l'exception d'Oliver qui nous rejoignait depuis la région de Chamonix, nous avons donc tous emprunté la ligne Genève - Le Châble, puis nous nous sommes glissés dans la télécabine qui rejoint directement la station. 

C'est donc à la gare de Genève Cornavin que nous abandonnons la voiture, sans regrets après avoir affronté les bouchons sur la route, et nous ne boudons pas le plaisir de nous installer dans notre siège pour nous laisser porter tranquillement. Un changement à Martigny nous conduit à la fin du parcours sur rail au Châble, et nous effectuons là-bas la courte transition à pied (5 minutes avec nos bagages moyennement optimisés) vers la télécabine qui mène à Verbier. Depuis décembre 2021, celle-ci a un statut de transport public, et voit donc ses horaires de fonctionnement adaptées. On peut donc désormais l'emprunter entre 5h15 et 23h50 pour circuler entre le fond de la vallée et la station, et s'épargner ainsi les presque 10 kilomètres de route. 

Ces quelques changements sont l'occasion de constater que nous ne disposons pas tous du même équipement en matière de bagagerie, qui lorsque l'on voyage en transports en commun peut faciliter -ou compliquer, le trajet. Le nec plus ultra demeure le sac à ski à roulettes si l'on peut en avoir un à disposition, mais les plus débrouillards du groupe prouveront que l'on peut s'en sortir avec deux housses à ski, une valise à roulette, et un sac à dos. Depuis, la télécabine, une petite marche descendante de cinq minutes nous conduit à notre camp de base pour les quatre jours à venir, l'Ermitage hôtel, situé dans l'artère commerçante principale de la station. L'ambiance est belle et hivernale à notre arrivée, et nous déambulons sous une légère chute de flocons qui nous prennent à rêver de belles conditions de ski.

Un rapide changement de tenue dans les chambres, un crochet par la sandwicherie située en face de l'hôtel, et nous retrouvons Clément, chargé de relations presses à l'Office de Tourisme prêt, à nous faire découvrir le domaine. 

Premières glisses sur le domaine

Nous suivons notre guide du jour dans quelques télécabines confortables, qui nous permettent de déjeuner confortablement et rapidement, et ainsi de ne pas perdre une miette de l'après-midi qui nous attend. 

Une fois les skis chaussés au sommet de la première piste, l'ambiance hivernale que nous trouvions en bas tout à fait plaisante pour découvrir la station se révèle ici être un brin plus taquine en termes de visibilité. Nous laissons donc courageusement Clément passer devant, et restons sagement dans sa trace sur ces premières descentes. Notre appréhension est d'ailleurs assez vite atténuée car les pistes sont recouvertes d'une neige fraîche qui présente une bonne accroche, ce qui permet de skier aux sensations sans mauvaises surprises.

Au fil de l'après midi, la luminosité augmente, et si la station est toujours difficilement discernable en contrebas, le jour blanc laisse place une belle lumière dorée qui permet d'ouvrir un peu plus les courbes et de jouer avec les reliefs. Nous nous aventurons même sur quelques bords de piste pour apprivoiser quelques sensations en zones non-damées. A ces altitudes, la couche de neige fraîche est relativement fine et on retrouve assez rapidement le fond trafolé regelé qui vient mettre à l'épreuve nos aptitudes toutes neiges.

Si le début de l'après-midi passé à skier sans trop de visibilité laissait présager une rapide migration vers un chocolat chaud, la nette amélioration de la visibilité nous conduit finalement à skier jusqu'à la fermeture des remontées, qui viendra interrompre notre joyeuse session, histoire de nous laisser impatients de rechausser pour le lendemain. 

Nous déchaussons à l'endroit où la télécabine nous a déposé le matin, et rallions notre hôtel par la même brève promenade. La circulation se fait très bien à pied, les trottoirs de la station sont larges, et la rue principale est jalonnée de commerces et restaurants qui donnent une atmosphère conviviale à la station. L'option navette est également possible, mais plus longue pour le peu de distance que nous avons à parcourir, nous profitons de notre bonne forme en cette première journée pour découvrir ainsi les lieux à une allure de sénateur. 

Un nouveau changement de tenue à l'Ermitage, et nous prenons la direction du Fer à Cheval où nous sommes attendus pour le dîner.

Après avoir revêtu notre plus belle polaire, nous retrouvons Alexa, directrice de Suisse Tourisme France au Fer à Cheval pour notre premier dîner à Verbier. L'apéritif est l'occasion de goûter les spécialités suisses, avec la dégustation d'un Rivella pour l'équipe Dry January, et d'une bouteille de bière Valaisanne pour les plus hédonistes.
Pour faire notre choix en matière de plat, nous nous en remettons à Alexa, qui nous oriente rapidement vers la Croûte Valaisanne. Son conseil est toutefois accompagné d'une mise en garde sur le caractère copieux de l'affaire dans laquelle nous nous engageons. En effet, pour ceux comme qui nous ignoraient jusqu'alors l'existence de ce plat, la Croûte au fromage est une tartine de pain grillée arrosée de vin blanc, recouverte de raclette fondue dans sa version valaisanne. Pour ne donner aucune chance à nos bonnes résolutions de début d'année, nous opterons pour la Croûte complète, qui propose un ensemble sublimée par un oeuf. L'option Mont d'Or remportera également une partie des suffrages.

Un dessert plus tard, nous voilà plus que repus et au lit, désormais tournés vers la journée du lendemain, qui présage grâce à la chute de neige toujours en cours d'une session poudreuse en bonne compagnie.

Journée backside Mont-Fort, avec Xavier De Le Rue bien sûr

Au réveil de cette deuxième journée, en ouvrant les rideaux, nous avons le plaisir de découvrir un beau ciel bleu, ainsi qu'une petite couche de neige fraîche au dehors. Depuis le pied de la station, on ne distingue pas les sommets convoités du jour, mais l'ambiance est d'ores et déjà prometteuse. Nous prenons tout de même le temps d'apprécier le petit déjeuner de l'hôtel, puis filons rejoindre nos guides du jour au pied de la télécabine. Nous retrouvons là-bas Gilbert Crettaz, directeur du bureau des guides Adrénaline de Verbier, qui nous salue plein d'entrain et d'énergie, manifestement aussi enthousiaste que nous à l'idée de vivre cette journée. Puis, nous reconnaissons un visage que nous n'avions jusque là que vu en vidéo : celui de monsieur Xavier De Le Rue, tout juste arrivé en VTTAE sur l'esplanade au pied de la télécabine. Nous le saluons, tout de même intimidés par cette rencontre il faut l'avouer, car nous avons encore du mal à réaliser que nous nous apprêtons à passer la journée avec la légende du snowboard et triple champion du monde de snowboard. Les premières discussions joviales dissipent rapidement notre trouble, tandis que la montée dans la cabine est l'occasion pour les maîtres des lieux de nous détailler notre itinéraire du jour. L'idée est de profiter de la belle matinée qui s'offre à nous, pour découvrir l'un des beaux itinéraires classique de Verbier en ralliant le sommet de la télécabine du Mont-Fort, dont l'arrivée se trouve juste sous le sommet éponyme à 3300m d'altitude. Depuis ce point, on trouve différentes entrées plus ou moins alpines vers le "backside Mont-Fort", avec à la clef plusieurs variantes possibles selon les conditions et les envies. L'équipe est bien évidemment partante pour cette proposition, « ça joue ! » comme on dit par ici.

Le passage au sommet est l'occasion pour Gilbert de nous détailler les noms des 4000 suisses qui s'étendent à l'horizon : Dent Blanche, Cervin, Grand et Petit Combin, mais aussi de profiter d'un panorama inhabituel sur le massif du Mont Blanc.

Après une brève présentation de l'itinéraire à venir par Gilbert et Xavier, nous nous élançons prudemment à tour de rôle en direction de l'envers du domaine. Les premières pentes qui plongent en direction du glacier du Petit Mont-Fort sont assez raides, et la couche de neige fraîche tombée pendant la nuit glisse assez facilement sur le fond dur. Nous démarrons tranquillement pour trouver nos marques dans ce décor déjà bien alpin. Nous sommes à plus de 3000m d'altitude, et le souffle se fait plus court que d'ordinaire : pas facile d'enchaîner proprement les virages. Enfin, pas pour tout le monde, puisque dès ses premières courbes, Xavier plante le décor et nous rappelle qui est le rider du groupe.

A peine descendus au bas de cette première pente, nous déchaussons les skis pour les fixer sur le sac et nous attaquer à la remontée du couloir dit de "La Cheminée". Quelques binômes nous précèdent ce jour de neige fraîche, et nous profitons d'une bonne trace pour remonter ce passage qui vient apporter une jolie touche montagne à notre itinéraire. 

De l'autre côté, nous découvrons de belles pentes douces, entrecoupées de quelques zones plus raides : le terrain idéal pour tenter de lâcher davantage les chevaux et jouer avec cette neige fraîche qui se révèle de plus en plus agréable car moins travaillée par le vent à mesure que nous descendons.

Les courbes continuent de s'enchainer avec plaisir dans ce vallon, où les virages se font quasiment sans effort. Tant et si bien que certains membres du groupe se relâcheront un peu trop, et que malgré la place disponible, leurs rêveries les conduiront jusqu'à la collision... Sans dommages heureusement ! Aucun nom ne sera dévoilé, mais nous laisserons tout de même les photos distiller quelques indices.

 Nous profitons du reste de la descente pour dessiner d'agréables courbes sur ces dernières pentes avant d'arriver sur le barrage de Cleuson, qui marque la fin de ce bel itinéraire. Un petit plat où nous devrons secourir un jeune snowboarder en détresse, quelques virages serrés et un boardercross plus tard, et nous voilà déjà à Nendaz, dont les pistes sont reliées à celles de Verbier par l'intermédiaire du domaine des 4 Vallées. Quelques remontées nous permettent donc d'être rapidement à table au Dahu, et de profiter ainsi de la belle lumière de ce début d'après-midi (oui nous avons un peu traîné) derrière la verrière.

L'après-midi se déroule plus tranquillement, après l'énergie dépensée le matin. Gilbert en profite pour nous faire découvrir le domaine via la découverte de quelques hors pistes de proximité, ainsi que des itinéraires freeride balisés que propose la station. Mention spéciale au très esthétique Col des Mines, qui propose un passage atypique dans un goulet étroit qui serpente entre de hauts murs de neige shapés par les services des pistes, avant de déboucher sur une grande zone dégagée surplombant la station, offrant ainsi une belle vue d'ensemble sur Verbier. 

On a ici des itinéraires freeride qui sont sécurisés pour les avalanches, mais aussi balisés pour indiquer l'itinéraire. Ils ne sont pas damés et contrôlés en fin de journée, mais permettent de proposer une introduction au freeride.

Gilbert, notre top guide


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Nous terminons la journée par une bonne bière dans l'un des bars qui se trouvent autour du front de neige, avant de filer dîner à l'Ecurie, établissement qui a la bonne idée de se trouver au rez-de-chaussée de notre hôtel. Cette économie de dépense d'énergie nous permet de nous trouver dans les meilleures dispositions pour la journée du lendemain, prévue sous le signe de la rando !

Peaux de phoques à Bruson : le Val de Bagnes versant moyenne montagne

Au réveil, l'ambiance au dehors est... différente de celle que nous avons connu la veille. Le ciel bleu a laissé place à d'épais nuages d'où tombe une triste pluie qui vient dégrader la belle ambiance hivernale qui régnait jusqu'alors à la station. Nous essayons de nous donner de l'espoir en consultant la météo au petit déjeuner, mais la limite pluie-neige semble bien haute ce matin. Un message de Gilbert vient nous tirer de la torpeur dans laquelle le combo météo pluvieuse et délicieux petit-déjeuner était en train de nous plonger "On se retrouve au Châble, on part côté Bruson". 

Le versant Bruson est celui qui fait face à Verbier. Orienté Nord-Est, il propose une option très intéressante les jours de mauvaise visibilité par temps de grosse chute de neige par exemple. On y trouve des pentes relativement douces, ainsi que de nombreux mélezins qui permettent ainsi de conserver des repères visuels par temps perturbé.

Ce jour-là malheureusement, la limite pluie-neige s'invitant fort haut, le plan est relativement simple : emprunter les remontées mécaniques jusqu'au plus haut, et espérer nous trouver sous les flocons plutôt que sous les gouttes histoire de pouvoir profiter de la matinée. Fort heureusement, c'est une télécabine qui nous permet d'avaler la plus grande part du dénivelé, et lorsque nous prenons le dernier téléski, la pluie commence à tirer sur la neige, même si celle-ci reste encore fort humide. Si les gore-tex semblent présenter quelques signaux avant coureurs de faiblesse, le moral des troupes est lui toujours bien intact, et nous mettons les peaux en direction de la montagne de Six Blanc, située 400 mètres plus haut, un plan somme toute raisonnable au vue des conditions du jour. Le temps de faire nos manipulations, le temps tourne plus franchement à la neige : les dieux du Val de Bagnes semblent être favorables à notre entreprise matinale. Nous emboitons la trace de Gilbert, qui, du pas régulier et sûr du guide, nous conduit vers le sommet que nous devinons à travers les flocons.

Un peu de bottage et quelques conversions plus tard, nous voilà parvenus au sommet du Six Blanc et de ses 2445m d'altitude. Malgré la mauvaise visibilité, nous distinguons l'envers du massif du Mont Blanc, et la route du col du Grand Saint Bernard, non déneigée et fermée à cette période de l'année.

Le temps n'incite pas à s'attarder, et nous retirons aussi vite que faire se peut les peaux pour passer en mode descente.

On aurait aimé vous dire que c'était poudre et sympa, mais le miracle n'a pas transformé la neige mouillée en poudreuse légère durant notre transition sommitale. Tant est si bien que nos virages là-haut sont assez hésitants avouons-le. Difficile de faire bonne figure devant les objectifs de Lola et Oliver dans cette neige lourde et collante, dans laquelle l'objectif principal reste de regagner les pistes à moindres frais.

Une fois le domaines rejoint, nous prenons plaisir à retrouver des sensations de glisse plus familières. Sans pour autant profiter de conditions exceptionnelles, le damage rend les pistes largement praticables, d'autant plus que les précipitations se sont à présent calmées. Nous effectuons quelques descentes sur ce versant Bruson, avant de regagner le côté Verbier pour un déjeuner au sec à l'Inkontro, adresse récemment ouverte dont l'intérieur lumineux tranche agréablement avec le temps maussade au-dehors, et réchauffe nos corps rafraîchis par nos aventures matinales.

Le Valais, terre de raclette

Ce jour là, notre après-midi ne se déroule pas sur les skis, puisque nous nous apprêtons à découvrir une autre facette de Verbier. 

Si en termes de fromages, nous français manquons difficilement une occasion de faire preuve de chauvinisme, force est de reconnaître que nos voisins suisses ont également su ériger sa fabrication et sa dégustation au rang d'art de vivre. 

Dès la première soirée, Alexa n'avait pas manqué de nous détailler le processus rigoureux qui régit par exemple la dégustation de la raclette en Suisse. En effet, chez nos voisins, nul poêlon individuel placé dans l'appareil au centre de la table : la demie meule est ici disposée à côté de la table, et l'art de la raclette helvète commande qu'une personne dédiée : le "racleur", serve le précieux fromage fondu dans les assiettes des convives au fil du repas. Le tout en respectant une gestuelle adéquate, mais dont nous n'avons pas assez approfondi la rigueur pour pouvoir vous la restituer dans cet article. Tout cela pour dire que dans un pays qui semble apporter au fromage autant de considération que nous, ne pas nous fendre d'une visite en fromagerie aurait été un impardonnable manquement.

Si certains fromages suisses tirent leur nom de leur région d'origine, à l'instar de l'Emmental qui provient de la vallée de l'Emme, ou de l'Appenzeller, spécialité des cantons d'Appenzell, le Valais est pour sa part la terre de la raclette. 

Afin de découvrir les secrets de la fabrication du fromage dans le Valais, c'est à la Laiterie de Verbier que nous nous sommes rendus. Le trajet à pied jusqu'à la Laiterie est d'ailleurs l'occasion d'une découverte des petites ruelles de la station, qui bien qu'en marge des zones les plus animées ne manquent pas de charme.

Nous sommes accueillis à notre arrivée par Philippe, biologiste, qui a par le passé travaillé à la fromagerie, et qui anime encore aujourd'hui quelques visites des lieux. Nous sommes rapidement mis à notre avantage pour les photos qui suivront, grâce au port des charlottes et protèges-chaussures de rigueur dans l'enceinte de ces lieux. 

Nous débutons la visite par le tour des installations, qui permet à Philippe de nous détailler le processus de fabrication des fromages issus de la laiterie, dont la majeure partie de la production sort de ses portes sous la forme de raclette. Il s'agit d'être attentifs, puisque passée l'étape de ces explications vient notre tour de nous mettre au travail. En effet, notre apprentissage du savoir-faire local passe également par la pratique, et nous enchaînons donc avec un un atelier fabrication. Toujours bien guidés par Philippe, nous faisons monter le lait en température, et suivons scrupuleusement ses instructions. Nous manions thermomètre et présure animale avec la plus grande minutie, et nous sentons pousser des ailes de fromager. Une demie-heure plus tard, nous pouvons enfin verser le fruit de notre labeur dans son moule afin de l'envoyer à l'affinage. 

Pour conclure cette visite, Philippe nous fait descendre au sous-sol, afin de nous faire découvrir les caves d'affinages. Chaque pièce correspond à une durée d'affinage, et leur température décroit à mesure que cette période s'étend. Nous terminons la visite par celle de la cave à 7°C... il est temps d'aller se mettre au chaud autour d'un bon dîner !

Ceci n'est pas une vente aux enchères, mais une démonstration des tests que subissent les fromages pour vérifier leur conformité aux critères de l'appellation. Ici, Philippe essaie de détecter la présence d'éventuelles bulles d'air indésirables à l'intérieur des meules.

Ajoutez des photos (2020px)

Et après pareille visite, comment ne pas désirer autre chose qu'une bonne raclette en guise de dîner ? D'autant plus qu'il s'agit de notre dernier soir à Verbier. Direction Le Caveau donc, pour tester la raclette à la suisse afin de voir si le raclage par un professionnel donne une saveur supplémentaire. Pour le goût, nous vous laisserons juges lors de votre future visite, mais si vous hésitiez encore, sachez qu'ici le fromage et les pommes de terre sont servis à volonté !

En quittant l'établissement, nous trouvons quelques traces d'un slogan qui nous parait familier, mais impossible de nous rappeler où nous pouvons déjà l'avoir vu ou entendu...

Dernière matinée, poudreuse à volonté

Pour notre dernière matinée de trip, nous avons quartier-libre pour profiter un dernier coup de la station. Par la fenêtre au dehors, le temps est le même que la veille avec une bonne pluie qui tombe au village. Au-dessus, les nuages ne permettent pas d'estimer l'altitude à laquelle celle-ci laisse place à la neige. Ma foi montons, nous verrons bien. 
Dès notre arrivée au sommet de la première télécabine, nous retrouvons une magnifique ambiance hivernale : la neige tombe à gros flocons, le vent est modéré, et une bonne vingtaine de centimètres de neige sont présents sur les pistes malgré le damage nocturne. Cerise sur le gâteau, il y a pour l'instant assez peu de monde sur le domaine, et les pistes ne sont pas encore trop trafolées. Quelques premiers runs sur piste nous mettent rapidement en confiance malgré la visibilité limitée : la neige est homogène et on peut bien se laisser aller à skier aux sensations. Nous nous lançons à l'assaut de quelques bords de piste, histoire d'inspecter de plus près la qualité et l'épaisseur de la neige. Les cumuls nous surprennent très agréablement, puisque sur certains runs, nous nous retrouvons avec de la neige fraîche jusqu'au dessus du genou.

Seuls quelques reliefs sournois et cassures dissimulées dans le jour blanc viennent parfois troubler notre festin de poudreuse.

On tente de redescendre un peu en altitude pour essayer de skier au milieu des sapins afin de pouvoir profiter d'un zeste de visibilité supplémentaire. Tentative mitigée, car si le gain de clarté est indéniable, la neige est un peu plus lourde à cette étage. Bon cela ne nous empêchera pas de profiter de quelques bons virages dans ce terrain joueur, mais on est exigeants que voulez-vous, alors on remonte. 

Quelques dernières rotations sur la partie haute du domaine nous permettent de profiter encore de la bonne neige présente en quantité, même si les skieurs se font plus nombreux à nos côtés désormais. Les pistes sont à présent bien trafolées, et il faut s'éloigner davantage des bords de piste évidents pour trouver des champs véritablement vierges. Pointillisme, quand tu nous tiens. Au vue de la qualité du ski, nous n'avons pas vraiment besoin de nous forcer pour consentir à ce petit effort.
Mais l'heure tourne et tourne, et nous devons songer à interrompre ce banquet poudreux pour songer à notre retour. Nous mettons les spatules en direction du 3023, établissement qui tire son nom de sa localisation sous le sommet du Mont Gelé, cime emblématique de la station qui culmine à ladite altitude. En montant les escaliers, nous résistons difficilement à la tentation de nous jeter dans les tas de neige qui commencent à être conséquents aux abords du restaurant, puis filons nous mettre au chaud pour un dernier repas convivial ensemble.

Retour à l'hôtel pour récupérer nos bagages, puis nous reprenons le trajet en sens inverse vers nos foyers respectifs. Le trajet en train se déroule de manière toujours aussi impeccable, et comme à l'aller, c'est au moment de récupérer la voiture qu'il faut faire à nouveau preuve de concentration et de patience : la sortie de Genève chargée en trafic, et le passage de la frontière sous une pluie battante marquerons de manière assez radicale la fin de notre parenthèse enchantée, faite de belles découvertes en bonne compagnie. 

Nous repartons de Verbier plein de beaux souvenirs émaillés des rencontres avec les locaux qui nous ont accueillis, désireux de nous transmettre leur mode de vie et de nous faire vivre la singularité de leur territoire. Nous espérons que cet article vous donnera envie de poser là-bas valise et spatules à votre tour !

Nos recommandations pour un séjour à Verbier

Après avoir passé 4 jours là-bas, voici nos petites recommandations pour vous permettre d'organiser au mieux et profiter de l'expérience Verbier.

S'y rendre :

De notre côté, nous avions fait le choix de nous rendre en train à Verbier pour tester la fluidité de cette solution. Comme énoncé dans l'article, on recommande largement l'expérience : une fois montés dans le train à Genève, on voyage sereinement, il faut simplement effectuer une correspondance à Martigny, puis transiter du train vers la télécabine une fois arrivé au Châble. L'aller retour coûte CHF 62.20, et les billets sont réservables sur le site de la Compagnie des Chemins de Fer Fédéraux. Petit conseil, essayez d'arriver à Genève par le train depuis une gare de campagne pour éviter de payer un parking à Genève.

Skier :

  • On va commencer par le domaine. A l'issue de notre séjour de quatre jours passés à Verbier, nous avons au total skié environ 3 vraies demi-journées sur le domaine, le reste du temps ayant été bien occupé par nos activités freeride, rando, visite de fromagerie et autres joyeuseries. Autant vous dire que nous n'avons pas eu le temps de tout inspecter, mais les parties visitées nous font dire que la réputation des lieux n'est pas usurpée, avec une grande variété de terrains, d'expositions entre notamment le versant Verbier et le versant Bruson. La modernité des infrastructures de la station permet en outre de profiter de tout cela sans friction. Un forfait adulte vous coutera CHF 83.00. Toute la grille tarifaire est à retrouver ici.
  • Le domaine est également une très belle porte d'entrée vers des itinéraires freeride. Le backside Mont-Fort que nous vous présentons dans l'article est une superbe classique de la station, mais Verbier regorge d'une myriade de possibilités supplémentaires. Que ce soit pour découvrir les itinéraires freeride ou pour partir en rando, nous ne pouvons que vous conseiller de faire appel au bureau des guides Adrénaline. Si vous avez de la chance, vous serez accompagnés par Gilbert, mais on ne doute pas que ses collègues sont d'aussi bon compagnons de découverte !

Faire du fromage

Pour percer les secrets de la raclette valaisanne, et fabriquer votre propre fromage, on ne peut que vous conseiller d'aller faire un tour à la Laiterie de Verbier. Attention, vous risquez de repartir avec quelques pièces de fromage dans la valise !

 Se loger

Nous ne pouvons que vous recommander le très bien tenu hôtel Ermitage dans lequel nous avons séjourné durant trois nuits. Un hôtel 3 étoiles confortable, qui saura constituer un agréable camp de base pour découvrir Verbier. On recommande son petit déjeuner gourmand, et le petit plus : la zone bien-être et son sauna (on garde les photos de cette partie là pour nous). 

Verbier dispose par ailleurs d'un vaste choix d'hôtels, dont l'architecture "chalet" s"intègre de manière homogène parmi les autres édifices de la station.


Enfin, pour organiser un séjour hivernal en Suisse et découvrir le pays sous son versant ski, nous ne pouvons que vous recommander de faire un tour sur le site de MySwitzerland qui constitue une bonne porte d'entrée pour y puiser idées et bons conseils.

Remerciements

Sans partenaires, pas de voyage, c'est pourquoi nous remercions tout d'abord l'équipe de Suisse Tourisme France pour avoir rendu cette aventure possible, et tout particulièrement Sandra pour la coordination, ainsi qu'Alexa pour les virages partagés là-bas.

Merci également à l'Office de Tourisme de Verbier pour la co-organisation de ces quatre belles journées qui nous aurons permis de découvrir la station sous son versant ski, mais pas seulement. Nous remercions Clément pour son accueil lors de notre premier jour.

Nous remercions également Xavier pour cette belle session partagée que nous ne sommes pas prêts d'oublier, ainsi que Gilbert pour les deux journées passées ensemble au cours desquelles il nous aura transmis sa passion à travers quelques beaux virages vécus ensemble sur les pentes de Verbier.

Merci à Philippe pour les secrets de fabrication d'un bon fromage, on essaie de venir récupérer nos créations prochainement pour vous en dire des nouvelles !

Enfin, un grand merci à nos deux skipasseurs de choc, Constance33 et bihjichou. Ce fut un plaisir de mettre un visage sur vos deux pseudos au cours de ces quatre journées passées ensemble. Merci pour la bonne humeur et les bonnes vibes, on espère que vous avez pris autant de plaisir que nous !

Cet article est une production Skipass.com réalisée avec le soutien de Suisse Tourisme
Staff
letapir1997
Texte Alexandre
La justice a deux vitesses, la Lamborghini en a six

3 Commentaires

freeryan Les différents « live » de votre séjour laissaient transparaître que vous vous êtes régalés , ce récit en est également une belle illustration ..
 

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bihjichou une parenthese enchantée et de belles rencontres! Big up à toi Jean Luc, euh Alex, et merci pour ces 4 jours hors du temps!
 

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