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On commence par un portrait de Fabien Maierhoffer... Action!

Freestyler freerider engagé et adepte de Jackass, Fabien Maierhoffer concocte des vidéos démentes qui commencent à faire parler d’elles. Avec ses potes du Darker Team, il donne un nouveau sens au mot freestyle... et parfois ça fait mal.


Fabien MaierhofferSauter d’une voiture à 70 km/h dans un fossé. C’est dans la vidéo du Darker Team.... ou comment appliquer les leçons du ski freestyle à la sécurité routière. Le tout en vidéo, bien sûr, pour avoir une preuve. “On faisait des conneries entre potes, on a vu Jackass, on s’est dit pourquoi pas nous ? En intersaison en station, on s’emmerde, on veut choper l’adrénaline de l’hiver”, explique Fabien, 19 ans des Menuires.
Et ces fans de punk-rock-métal déclenchent l’apocalypse sur l’écran, version douleur aux jointures, écrasement de colonne, assis sur une télé tirée par une voiture, sautant dans un bac à fleurs ou dans un sapin du premier étage, s’éjectant d’un caddie Provencia lancé à pleine vitesse, à poil dans les rouleaux de nettoyage de voiture,
descendant des escaliers dans une baignoire en plastique, etc, etc. L’imagination de ces garçons est fertile en conneries. Mais pour rassurer les moins de 18 ans, il n’y a jamais eu de blessés, sauf une foulure et deux agrafes sur la tête de Fabien : “en droppant en skateboard les 50 mètres bétonnés du barrage de la Coche, on était deux et la board du premier est restée à la surface de l’eau, je l’ai prise en pleine face”.
Le Darker Team s’appelait au début “Darker side of the snow”, pas en référence à l’album des Pink Floyd (autre génération, autres moeurs) mais pour s’opposer au hip hop du milieu glisse et au ski alpin lisse et carré. “On veut être ce qui se fait de pire, dans le mental, dans le milieu du ski”, explique calmement Fabien, un garçon raisonnable et propre sur lui, étudiant en commerce au Cesni ESC à Chambéry, à qui Mamie confierait bien son chat. Leur prochain DVD suit à la lettre cette profession de foi : 35 minutes de délires distribués “sous le manteau” cet hiver... avec la bénédiction de Salomon (Fabien est dans le team international). Malheureusement, peu de ride au générique, “je me suis fais voler les cassettes avec les images de freeride... dommage, mais on va se rattraper cette saison”.

Fabien Maierhoffer

Car Fabien et ses potes sont tout aussi furieux et inventifs sur la neige : barres énormes avec trick en bonus, gros niveau sur big air. Déjà au club des sports, étape incontournable des enfants de stations, le but de Fabien “était de sauter plus haut que les entraîneurs”. Il y arrivera dans le bien nommé “couloir de la mort, aux Menuires, on nous avait toujours dit que c’était impossible à sauter. Avec un copain, on y est allé, on a testé, c’est passé. J’avais réussi mon pari”. Il ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Après une année en FIS alpin et une première compétition de freeride à Tignes à 15 ans (“Le freeride ne me plaît pas en compétition, la dernière fois, j’ai attendu deux heures au sommet de la face”), il tente de plus en plus de sauts et glisse vers le freestyle. Christophe Lecomte, à l’époque entraîneur du club de snowboard local, le prend sous son aile, le filme et passe la cassette à Salomon. La marque l’embarque illico sur la tournée snow DJ.

Fabien MaierhofferOn l’a vu l’hiver dernier sur le “Candide Invitational”, au Nerfs and Style” à Pralognan, et on peut lui prédire un bel avenir freestyle : du style et de la dimension. “Mon inspiration, c’est Jon Olsson pour le style propre, Candide Thovex bien sûr pour l‘amplitude et Boyd Easley pour l’esprit déconne et sa fascination pour les années 80. Entendre Kiss dans la vidéo “Happy Days” m’a fait plaisir, je ne l’avais pas entendu depuis le collège”. Au programme de cette saison, une nouvelle vidéo bien sûr (“celle-là sera tip-top”) et monter d’un cran le niveau freestyle : “le fakie au-dessus d’une barre rocheuse. J’ai réussi sur des petites, je veux essayer sur des grosses”. Et ça, même Jackass ne l’a jamais fait.

 

texte : Guillaume Desmurs
photo portrait : Mike Steegmans
photos d'action : Guillaume Lahure