Mercredi, 10h30. On tourne encore un peu le sucre dans le café, dehors il neige, quelque chose de sec, fin, inconséquent et presque horizontal. Car il vente aussi. Et la visibilité est faible. Trop faible pour faire courir une freeride. Rien à faire d'autre qu'attendre midi et la décision finale sur la journée, ou une éventuelle amélioration. Comme hier, mardi, finalement annulé à cause de ce même temps trop mûr (allez, pourri quoi).

On a parfois la joie indicible de voir une grosse tâche jaune apparaître derrière le blanc opaque qui cache le ciel. Mais las! Ce n'est que de courte durée, car les cieux n'ont pas décidé d'être cléments avec nos nerfs. La tripotée internationale de freeriders ronge son frein dans le bar multicolore, on est aux Arcs 1950, et ça papotte, de moins en moins tranquilement. C'est aussi ça, être compétiteur freeride, attendre, attendre, au risque de se voir dire "allez, tout le monde en haut de la face, c'est maintenant que tout se joue." Il faut des nerfs, hein, et pas qu'au dessus des barres.

11h30. L'appel est lancé de rejoindre le secteur Robert Blanc pour une reconnaissance du terrain (les petits flocons vicieux ont pas mal recouvert les rochers). Le soleil apparaît franchement maintenant, mais on voit que ce qui arrive n'est guère prometteur. Tout le monde se retrouve dans l'aire d'arrivée, la neige est repartie de plus belle, et le jour blanc. Deux heures plus tard, le couperet tombe, annulation de la journée.

Comme le mardi, et comme ce mercredi, le jeudi fera lui aussi (on s'excuse) chou blanc. Triste épilogue pour un évènement qui mérite mieux, pour son terrain exceptionnel et son organisation itou. On reviendra l'an prochain, avec de l'encens et de menues offrandes aux dieux de la météo.

Rendez-vous du 29 mars au 3 avril à Kirkwood pour la dernière étape de ce Worl Tour, pour l'instant dominé par Monsieur Guerlain Chicherit...