/ Texte Thomas Diet et Alexis Sylvain _ Photos Alexis Sylvain (Bardonnechia) et Christopher Beaud (Chamonix) _ Vidéo PVS


La neige manque ? Ces deux chercheurs de poudre ne se sont pas découragés et ont trouvé de quoi nourrir leurs cuisses avides de dénivelé. Pour le premier récit, Thomas "Bichon" Diet a mis en route son radar à poudre pour trouver du blanc à se mettre sous les semelles du côté de Chamonix. Jérôme Chanal, quant à lui, est allé dénicher le précieux flocon sur les pentes de Bardonnechia. 

"Après un début d'hiver chaotique en terme de neige dans nos montagnes, et en terme d'images pour nos riders, c'est donc par contrainte que j'ai collé mes peaux de phoque sous mes skis... Eh oui, cette année j'ai choisi de découvrir le ride en France...  Je tiens parole en allant me mettre des missions en rando pour côtoyer les sommets encore frais. Nous sommes le 7 février, il fait 8°C, normal quand on habite à Nice mais pas à Val Thorens ! 

Mon objectif principal est de faire un kick backcountry en altitude, je suis donc parti dans l'idée de TROUVER L'ENDROIT IDEAL pour faire un bivouac et un kicker : Chamonix. J'ai la chance de connaître un local surmotivé (Christopher Baud) qui a déjà skié et repéré pour moi différentes pentes pendant plusieurs semaines pouvant correspondre à mes attentes.  

Mon idée de kick en altitude était bien belle, mais avec cette neige sans cohésion, mon kick aurait été bien minable... En arrivant sur place, il me présente plusieurs itinéraires et nous concluons qu'une belle pente enneigée dans un endroit de ouf est bien ce qui nous manque le plus en ce moment. 

Nous partons sur le massif des Aiguilles Rouges, dans une combe à deux heures de rando en sachant que chaque run rajoute une heure de rando supplémentaire. On peut dire que la rentabilité de ski/heure n'est pas optimale. 

Notre choix se porte sur la combe du Pouce et l'ensemble des pentes nord qui lui font face. Elles sont particulièrement abritées du vent et orientées plein Nord. Le jour suivant, nous voilà partis avec Bouli, cameraman de PVS, pour filmer ces quelques lignes. Arrivés en haut, après cette rando sous un soleil printanier, nous ridons la première pente super fraîche assez raide... avec un bon petit sluff. Je sais à ce moment-là pourquoi je me suis donné la peine de monter jusque là... C'est fin BON ! 

Du bas de la première ligne nous pouvons facilement repérer la seconde pente prévue au couché du soleil. Elle est moins raide mais avec un accès plus merdique... Christo m'assure avec la corde au départ, malheureusement je fais partir cette neige sans cohésion, et lui comme bon chamoniard, est vissé dans le granite ! Nous descendons dans une lumière rose vers 17h45, énorme ! Neige, couleurs, impression, environnement de dingue ! On est seuls au monde, tous les trois vraiment contents de cette journée. Pourtant, c'est loin d'être terminé, nous sortons la frontale et nous finissons à pied vers le parking du Brévent. A notre arrivée, il est 21h45." 

Prix du trip: un bon copain moniteur rider tout-terrain de Chamonix : 0 euros + un forfait de ski 4h : 36 euros + un sandwich : 5 euros + deux petites bouteilles d'eau 50cl : 5 euros (eh oui, on est à Chamonix...).


Et maintenant, direction Bardonnechia... 

"C'est Jérôme Chanal qui m'a contacté dans le but de réaliser des clichés de pow : grosse blague vu les quantités de neige cette année en France, ce mec est fou !
Le temps de quelques explications, nous tombons d'accord, et décidons de quitter la France pour nous diriger de l'autre côté de la frontière, en Italie. 
Mercredi 2 Janvier, 7h30 du matin, le fameux jour est enfin arrivé ! Un beau ciel bleu annonce une belle journée, le départ pour Modane ne se fait pas attendre. Après avoir traversé le Fréjus en bus (4 euros aller-retour, pensez y), je découvre enfin en Italie cette neige tant attendue avec un grand soulagement : elle est si bonne, fraîche, légère, un véritable or blanc. Avec la neige tombée deux jours plus tôt, la station n'est pas tracée entièrement, les forêts très denses sont encore vierges pour la plupart. Les pentes ne sont pas très raides : seule déception de cette belle et petite station. On se rattrape sur la qualité et la quantité. Arrivés au point culminant du premier versant de la station, se tient à quelques mètres de nous un petit chamois ! 
Jérôme attaque le sommet à pied, me laissant à cette occasion un petit temps pour me positionner correctement et réaliser quelques clichés de l'animal. Quelques minutes d’attente et il s’élance, les premières courbes sont dans la boite. Satisfaits nous continuons ainsi notre balade dans la dense forêt. Le soleil tape fort, le temps passe et la fin de journée et déjà là. 17H30, l’heure de l’apéro italien.
Retour coté France : le contraste est saisissant, le jour et la nuit, l’hiver et le prinptemps, la joie et la déprime... Après un bref visionnage des photos, nos pensées sont déjà au lendemain.
Réveil matinal un peu difficile, notre deuxième journée nous attend avec impatience, le soleil est toujours là mais les nuages commencent à apparaitre au loin. L’objectif de la journée est de sortir une photos stylée avec un arbre couché assez haut pour balancer quelques petite tricks sympathiques, nous voila donc partis à la recherche du SPOT. Avec son oeil affûté, Jérôme le trouve rapidement et, motivé comme jamais, sort un énorme hand plant 3.6 sur son premier trick ! 
C’est quand même avec un petit pincement au coeur que nous quittons cette bonne et belle neige pour retourner chez nous la tête pleine de souvenirs et l'appareil plein de photos."