21 avril 2009

C'était la dernière étape du Grand Raid Gore Tex, dans la neige printanière recouverte d'une belle épaisseur de poudreuse, qui s'est disputée à Tignes samedi dernier.  Je rappelle les fondamentaux de la course pour ceux qui n'ont pas suivi : cinq spéciales, des équipes de deux (46 pour cette dernière étape), des cuisses de malade et du speed sur un terrain non préparé et non reconnu. A cela il faut rajouter la bonne ambiance qui mêle pros (David Allemoz en team avec Guilbaut Colas, Thibaud Duchosal, Olivier Meynet, Cédric Pugin, Nicolas Anthonioz - vainqueur du Derby de la Meije) et amateurs, grands et petits.


Chaque spéciale est une surprise : tout le groupe suit les vestes colorées de l'organisation (assurée depuis la création de l'évènement en 1992 par l'école Evolution 2) de l'arrivée jusqu'au nouveau départ (avec un stop ravitaillement). Le départ se dresse au bord d'une piste ou sur une crête après une petite marche et à peine le parcours tracé, les premiers concurrents se lancent dans la pente. La difficulté est d'aller vite en gérant son ski tout en levant la tête pour ne perdre le fil des jalonnettes oranges et des portes directionnelles.

Ensuite, chacun sa méthode. Dans l'avant-dernière spéciale, un grand mur de bosses terminait dans un schuss. La plupart des concurrents négociaient prudemment l'obstacle... les meilleurs mettaient les skis droit dans la pente et sautillaient de bosse en bosse, les skis à peine contrôlés... "J'ai entendu : "prend tout droit", j'ai quand même fait un virage et j'ai pris tout droit ! Ca sopatait sévère, il y avait un peu de glace en dessous, les skis tordaient dans tous les sens, tu es content quand tu arrives en bas sur les deux skis", raconte Thibaud Duchosal, 6ème au Freeride World Tour 2009, qui n'a pas les guibolles en guimauve (cf la fin de son run à la Freeride de Tignes droit dans les boulettes dures d'une avalanche).

La course s'est jouée entre huit équipes au gros gros niveau de ski, puis les enjeux se sont resserrés autour des paires menées par Cédric Pugin et Olivier Meynet. "On n'avait que trois secondes d'avance, tout s'est joué sur la dernière spéciale, la face de Petite Balme", raconte Cédric Pugin, face plus technique par rapport au profil roulant des précédentes, où il a pu marquer la différence. "Au début, c'était frustrant, on se prenait des secondes dans les plats, il n'y a pas beaucoup d'option pour creuser l'écart, au maximum trois secondes. Dans un run technique, si tu engages, tu peux prendre 20 secondes d'avance".

C'est une bonne grosse tartiflette / salade / tarte aux pommes qui a ponctué cette journée bénie par le soleil. Pour l'année prochaine, Hervé Favre, créateur et organisateur, nous prédit quelques changements : "on va récompenser la fidélité avec un classement général qui prendra en compte tous les points marqués pendant les étapes (il y en avait huit cette année : Sainte Foy, La Rosière, La Clusaz, La Mongie, Chamonix, Serre Chevalier, Paradiski). On réfléchit également à aller dans les pays voisins".

Texte, photos et vidéo : Guillaume Desmurs

L'édition de l'année dernière.