Le Peak Performance King of Style, c'est du bel événement urbain à Stockholm. Dans un beau stade à l'austérité toute suédoise, on retrouve une structure comparable à celle du Freestyle.ch (en mieux d'après les riders), un froid de circonstance (quand on déverrouille son téléphone avec le nez pour ne pas avoir à enlever ses gants, c'est que ça picote), des réceptions qui claquent (voir la vidéo), des double flips dans tous les sens...
Le King of Style c'était le Week End dernier et nous y étions en force pour vous proposer ce compte rendu photos et vidéo, une vidéo dont on n'est pas peu fiers pour tout dire et qui augure plutôt pas mal de la saison freestyle.



qualifications

Les entrainements débutent à 8h30, ce qui est tôt pour un freestyler, suivis des qualifications, sous une neige abondante, recouvrant la ville de quelques 5 cms. Sur les premiers runs, on serait presque sur du FS backcountry (on exagère un peu, Ok). S'en suit une quête du Graal du bon angle pour les photographes et filmeurs, sachant que ces 2 petites heures seront les seules opportunités de shooter de jour pour ceux qui ne savent pas / ne veulent pas se servir d'un flash, et une quête de la qualif pour la nouvelle garde bien décidée à en découdre avec les seniors ce soir...

On retiendra le double cork de Ian Cosco, JF Houle qui s'y met aussi (aux doubles) tout comme Gus Kenworthy d'ailleurs, Phil Casabon qui prouve qu'une bonne dose de style permet de tenir tête aux doubles, le style de Wallish en flat 5.4 shifty mais qui n'accède pas aux finales...
Coté frenchies, ni Xavier Bertoni (qui aurait bien voulu casser son image de pur rider de Pipe) ni Sam Favret, toute nouvelle recrue de Peak performance et Dynastar, n'accèdent aux finales.

les 6 qualifiés sont donc : Ian Cosco, Gus Kenworthy, Phil Casabon, JF Houle, Oscar Sherlin, Henrik Harlaut.


Finales

C'est la tendance lourde de ce début de saison : la double manoeuvre la tête en bas est "de rigueur" comme disent les américains... Le problème, c'est qu'à se sentir obligé de faire quelque chose qu'on ne maîtrise pas parfaitement, on tombe. Et ça fait plutôt mal.

Coté ça passe pas, Henrik Harlaut, sans bâtons, veut tellement envoyer qu'il se colle tarte tarte sur tarte. Ian Cosco et Gus Kenworthy ne posent plus leurs doubles.
Jacob Wester lui pose un splendide double cork qui fait hurler le stade mais échoue sur le "plus facile", le kangoroo... Dommage, il avait la victoire sous les spatules. JF Houle, en transition de sponsor skis, éblouit avec son 1000 mais échoue lui aussi sur son double underflip.
Richard Permin remettait sa couronne en jeu et avait moyennement la forme, il faut bien le dire. Tant est si bien qu'il se blesse lors de son second run (une cote à priori). Il devrait se remettre rapidement.
La surprise vient aussi de Simon Dumont, bien atone sur cet événement, sans grande inspiration, avec des tricks certes maitrisés mais qui figurent à son répertoire depuis bien longtemps. Même son matos laisse perplexe d'ailleurs : une paire de ses pro models mais dans leur version 07/08, sa fameuse tenue Oakley jaune qui a visiblement plus que vécu (et le jaune, c'est salissant). Bref, l'avait l'air tout perdu. Espérons que cela ne soit qu'un petit passage à vide.

En revanche, Phil Casabon, qui encore une fois ne rentre pas dans ce jeu de culbutos, sort switch 1000 et switch 900 et tire son épingle du jeu avec style. Il termine troisième et c'est bien mérité.
En haut du podium, Pk Hunder maîtrise ses doubles cork en 1000 et en 1260... Il l'emporte de façon incontestable.
Il est talonné par la machine suédoise au sourire Ultra Bright, j'ai nommé Jon Olsson, toujours aussi propre sur lui et dans les airs avec ses doubles flat. Rien à reprocher à ce grand monsieur du freestyle.

En conclusion, un bel événement, gratuit de surcroît ce qui mérite d'être signalé, même si le format de Big Air urbain a ses limites.
On aurait d'ailleurs pu s'attendre à un public plus dense, mais le froid en aura certainement découragé plus d'un...

texte et photos : Guillaume Lahure
vidéo : Wildrush pour skipass.com

remerciements : Camilla de l'organisation, Karin et Olivier de Peak Performance