31ème Derby : la Meije tient ses promesses
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31ème Derby : la Meije tient ses promesses

On vous raconte cette édition, un peu particulière, du mythique Derby avec un D majuscule
Texte Loïc Giaccone
Photos Christophe Stagnetto
On vous raconte cette édition, un peu particulière, du mythique Derby avec un D majuscule
Texte Loïc Giaccone
Photos Christophe Stagnetto
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Quel Derby mes aïeux ! Le suspens aura duré jusqu'au matin même de la course. Ça court ? Ça court pas ? Et tout ça dans un endroit inédit pour le Derby, les vallons de Chancel, le terrain normalement réservé à la Meidjo Télémark de mi-avril (c'est ce weekend pour les retardataires !). Avec nos envoyés spéciaux sur place, Christophe Stagnetto derrière l'objectif et Marine Stratta sur les skis pour sa première participation, on vous raconte ce trente-et-unième Derby de la Meije qui a eu lieu, comme tout bon Derby qui se respecte, le premier vendredi du mois d'avril (vendredi dernier donc)

Une "bleue"

Nous donnons la parole à Marine pour vous raconter sa première participation au Derby : 

« Après quatre ou cinq années de longues hésitations, il est grand temps de se lancer pour participer au mythique et Ô grand Derby de la Meije ! Tout a commencé par une petite reco' trois semaines avant l'événement : trois runs de repérage dans les Vallons (la classique, lieu de la course depuis trente ans) avec deux chevronnés du Derby, également bien connus des services de modération du forum. Est-ce que j'ai vraiment bien fait de participer à ce truc ? A partir de la gare de P2, ça chauffe déjà beaucoup les cuisses et il faut aller jusqu'à Chalvachère... Je me dis que ça va être dur, p***** qu'est-ce qui me prend parfois ! 

Allé, on assume, c'est fait de toute façon ! J-8, la nouvelle tombe : le comité prend la décision de changer le tracé, le Derby passera par les Vallons de Chancel, une première dans son histoire. Les habitués grognent, pour moi le stress monte car je n'ai pas du tout repéré ce côté (et je ne semble pas être la seule, bien sûr - presque rassurant finalement). Je ne pourrai pas aller repérer sur le terrain avant le mercredi, deux jours avant la course. L'attente s'annonce angoissante... Je me renseigne à droite et à gauche pour piocher quelques infos, on dirait qu'on essaie tous de se rassurer comme on peut ! » 

Ci-dessous, les photos postées par l'organisation pour signaler le nouvel itinéraire avec les zones interdites et les possibilités de lignes. L'organisation a choisi de modifier le tracé en raisons des conditions d'enneigement difficile de l'entrée des Vallons, qui ne permettait pas la bonne tenue de la course avec le passage de nombreux participants. 

 

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« Je suis donc sur place trois jours avant la course. Premier jour de reco' le mercredi, la météo n'est pas vraiment au rendez-vous mais nous arrivons à faire les deux premiers runs avec une visibilité relativement correcte. Premier repérage pour moi dans ce nouvel itinéraire, les conditions sont assez compliquées : il y a une fine couche de neige fraîche dans les fonds de bosses qui a tendance à prendre les skis, et quelques requins dissimulés de-ci de-là, qu'on repère et tente d'esquiver à la dernière seconde... Il ne faut pas dormir quoi ! Mais ça se fait plutôt bien, il faut passer aux bons endroits pour éviter les champs de mines. La journée se termine sous la neige et dans le brouillard, le terme de "reconnaissance" perdant de son sens... 

Le jeudi, il a posé pendant la nuit, vu les conditions nous sommes à 8h sur la passerelle pour aller faire les premières traces ! Apparemment, 1m20 est tombé sur le glacier, les recos attendront ! Finalement, cela n'ouvrira pas, déception générale... 

Au débrief de 19h, il est annoncé qu'une nouvelle commission de sécurité aura lieu le vendredi matin, juste avant le Derby. En gros, suspens jusqu'au bout, on ne sait pas si on va courir ou non. Tout le monde se pose des questions... Dans tous les cas le départ est retardé d'1h30. En attendant, tirage du dossard : ce sera le 511 pour moi ! »


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« Jour-J : Le départ est confirmé... Merde.

Il va falloir se sortir les doigts. La pression monte d'un coup. Elle n'était tellement pas montée la veille, que le matin même nous nous retrouvons à farter en deux-deux. Pas que je vise la perf', juste pour avoir le minimum syndical hein ! Le Derby ça se joue en partie sur le plat du glacier...

Il est temps de faire la queue pour grimper là-haut. On croise des déguisements tous plus loufoques les uns que les autres : des lapins géants et leurs "bâtons-carottes", la famille de Schtroumpfs ou encore des bouteilles de bière… Tout cela dans une ambiance musicale sympathique. La montée est longue et de plus en plus stressante. »


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« Nous arrivons sur le glacier, petite marche d'échauffement pour aller chercher le téléski, puis nous commençons à nous chauffer les jambes une fois au sommet du glacier de la Girose. Une fois de plus, la vue des départs est fantastique ! Le dragon géant, la famille patates ou encore les airboards font le spectacle pour le plus grand bonheur de tous.

Les départs font franchement flipper : tricotage des skis pour certains, faute de carre pour d'autres... Mon estomac fait quatre frontflips sur lui-même en attendant mon tour ! »


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« À mon tour. L'idée est de pousser fort au départ pour rapidement passer devant tout le monde et être tranquille. Je pars troisième de ma ligne (départ par 10, toutes les minutes), et je passe devant les deux skieurs devant moi à la fin du schuss. Tout le monde m'avait prévenu pour le plat : "étape clé : souffler, s'économiser et commencer le pas de patineur le plus tardivement possible". Boum, chose faite, Antoine (Tonido)  m'a fait un fartage aux petits oignons le matin, ça passe crème et j'en rattrape certains de la ligne de départ précédente. Six ou sept pas de patineurs plus tard, l’entrée dans le mur après P2 se passe sans encombre. »

Le chantier dans les vallons de Chancel, avec de la neige fraîche ayant plus la consistance du plâtre en train de prendre que de la poudreuse :

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« La suite est moins glorieuse, je me retiens tout le long dans l'idée de ne pas me cramer, un peu trop visiblement... Je passe la ligne d’arrivée presque en forme ! Merde, à aucun moment je lâche réellement les chevaux ! Gros effet psychologique supplémentaire pour ma part, la peur de la blessure me hante tout au long de la descente... Ça ne m'a vraiment pas aidée ! Tout ça dans 50 de poudre trafollée. Et pendant ce temps, j’en vois certains du coin de l’œil sortir d’endroits complètements improbables : "mais c’est pas possible ils sont allés pisser ou quoi ?!"

Conclusion, rien ne vaut un bon terrain bleu glace pour ne pas se faire un genou ! Pas trop de surprise sur les résultats : 201ème au scratch et 11ème féminine catégorie ski.

À l'année prochaine pour passer trois jours bien sympas au pays de la Reine Meije ! »

La zone d'arrivée, avant la traversée de retour à P1 :

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Résultats

Le podium Scratch : 

1 00:04:17.72 113 MAYER SEB ski
2 00:04:21.98 67 CRET PIERRE-LOUIS sks
3 00:04:43.54 741 DE BEYTIA JULIEN ski

Il y a presque autant de catégories que de coureurs à la Meije, pour voir les résultats en détails c'est par ici : Derby de la Meije résultats. On notera notamment Xavier Duret vainqueur en monoski (son meilleur Derby d'après lui - et Olivier Meynet qui courait en mono cette fois, quatrième), Hope Meyer première chez les femmes (et 36ème scratch, à 16 ans !), Aymeric Cloerec qui remporte la catégorie télémark (et son acolyte Bertrand Clair troisième), Corinne Koppenhague toujours fidèle au poste en vétéran monoski, un Jean-Louis St Arnaud qui a réussi à caler un run entre deux Pans du Rideau, un javelot envoyé en plein schuss... Et on en oublie surement !

Pour le plaisir des yeux, le run gagnant de Seb :

Egalement pour le plaisir des yeux (avec la stabilisation l'entrée dans les vallons... wow), le run de Julien Masson, 14ème au Scratch avec une belle roulade :

Après l'effort... 

Le Derby, c'est aussi et surtout l'after : comme d'habitude le repas devant le chapiteau, l'affichage des résultats, puis la remise des prix, la chanson du lapin et la fête jusqu'au bout de la nuit... Mais ce qui se passe à la Grave, reste à la Grave (surtout ce qui se passe dans la Turbopool)

Les skipasseurs n'étaient bien sûr pas en reste, pour plus de détails sur ce qu'il s'est passé (ou non), il suffit d'aller voir le fameux topic officiel.

Quelques citations ramassées en vrac :

« Une bonne bûche dans de la poudre ça n'a jamais tué personne » (un skipasseur qui porte bien son pseudo)

« I'll be back ! » (un skipasseur qui a enfourné malencontreusement, laissant son ski dix mètres plus haut...)

« Le Derby c'est toujours aussi con, mais c'est toujours aussi bon ! » (un skipasseur qui a fait un top 100 alors qu'il n'avait pas décuité de la veille)

« C'était génial, les faces Nord étaient privatisées » (Joe Vallone, qui s'est régalé ce jour-là)

« Le Derby, c'est dans les Vallons » (des skipasseurs qui n'aiment pas le changement)

« Vivement le trente-deuxième ! » (tout le monde)


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5 commentaires

ak
Statut : Gourou
inscrit le 06/02/03
méchant le run de soif de ride... je sais pas qui c'est... mais il envoie la soudure...
et pour karama... je sais pas...
 

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